Littérature québécoise





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où je compte que vous servirez aussi bien que vous avez fait ci-devant ; je ne vous en demande pas davantage. » (Oraison funèbre du comte de Frontenac par le P. Olivier Goyer, Récollet, Québec, 19 décembre 1698). Frontenac avait alors soixante-dix ans. Depuis son rappel, il vivait à Versailles et jouissait de l’amitié de hauts personnages comme le maréchal de Bellefonds ; au reste, il recevait une pension royale de 3500 livres. Ses nouvelles provisions sont du 15 mai et ses instructions du 7 juin 1689. Il se rembarqua donc du port de La Rochelle au commencement d’août, tandis que le gouverneur de Montréal, Callières, qui avait eu un entretien avec le monarque touchant les affaires du Canada et en particulier la conduite de Denonville, le devançait. Peu après l’arrivée de Frontenac, deux vaisseaux portant des vivres et des munitions mouillaient à Québec]. Les Canadiens, qui connaissaient toute l’habileté de leur ancien gouverneur, osèrent alors, et alors seulement, se livrer à des espérances ; ils le reçurent avec des démonstrations de joie extraordinaires. Frontenac fit son entrée dans la ville, le soir, au bruit du canon et de la mousqueterie, et fut accueilli à la lueur des flambeaux par le Conseil souverain, et tous les habitants sous les armes. Québec illumina spontanément. Il fut complimenté par les corps publics, [les membres du clergé, les Jésuites comme les Récollets.] De même aussi les nobles, les marchands, les bourgeois, les indigènes alliés se portèrent à sa rencontre. [Spectacle parfaitement beau, hors d’exemple en Canada, témoignant bien qu’il est des situations critiques] où le véritable talent triomphe des factions, des jalousies, des haines et de toutes les mauvaises passions des hommes. [L’heure était maintenant venue pour Frontenac de donner toute sa mesure].

[À peine installé dans sa charge, Frontenac se rendit à Montréal pour conférer avec Denonville et Champigny et prendre les décisions nécessaires en face d’une situation aggravée par les raids iroquois. Cette visite ne laissa pas de l’impressionner péniblement. « Il serait difficile de vous représenter, écrivait-il au ministre, le 15 novembre 1689, la consternation générale que je trouvai parmi tous les peuples et l’abattement qui était dans la troupe, les premiers n’étaient pas encore revenus de la frayeur qu’ils avaient eue, de voir à leurs portes brûler toutes les granges et maisons qui étaient en plus de trois lieues de pays dans le canton qu’on appelle la Chine. » Les autres habitants alertés presque sans cesse, avaient dû transporter à Montréal le blé d’Inde des sauvages de la maison du sault Saint-Louis. Le gouverneur insistait en terminant sur le besoin qu’avait le pays de troupes et d’argent pour l’exécution de l’entreprise projetée et aussi « pour se soutenir et se défendre contre les Iroquois. »]

L’administration de Denonville avait duré quatre ans. Il était venu avec une grande réputation de capacité, et il la perdit en peu de temps. Il échoua presque toujours dans ses entreprises. Il rechercha sans cesse l’amitié des tribus indiennes, il ne put gagner leur confiance. Il fit d’amples préparatifs de guerre, et se trouva sans soldats au moment du danger. Il manquait à la fois de persévérance, de fermeté et de vigueur. Il connaissait mal les hommes et sa faiblesse lui attira le mépris des sauvages. On lui reprocha de ne pas s’être initié davantage aux affaires de la colonie, et d’avoir cru sur parole des gens qui abusaient de sa crédulité pour faire triompher leurs idées ou pour servir leurs intérêts. Mais, quel que soit le mérite des gouvernants, la condition du succès doit être la seule recevable de leur part, puisque la sûreté de l’État en dépend. Ainsi la puissance de Rome, selon Tacite, était conditionnée par la victoire que ce grand peuple exigeait de ses chefs pour leur accorder le droit de lui commander. Malgré tout ce que l’on a dit de Denonville afin de le justifier et d’atténuer ses fautes, il doit être regardé comme l’un des plus malheureux parmi les gouverneurs du Canada. [À son retour en France, Denonville fut nommé précepteur des ducs de Bourgogne, d’Anjou et de Berri. Plus tard il obtint le grade de maréchal des camps et armées du roi. Il mourut en 1710].

L’Angleterre avait déclaré la guerre à la France le 17 mai 1689. Frontenac, en reprenant le gouvernement de la Nouvelle-France, eut donc à lutter à la fois contre les colonies anglaises et contre les Cinq-Cantons. On verra que son énergie et son adresse eurent raison de toutes les difficultés. Cette guerre fut tout à fait glorieuse pour les Canadiens, si faibles en nombre en regard de leurs adversaires. [Leur population, en 1688, était de dix mille trois cents âmes, tandis que les colonies anglaises en comptaient de deux cent à deux cent cinquante mille]. Et loin de succomber, ils attaquèrent bientôt eux-mêmes les ennemis et portèrent l’effroi jusqu’au cœur de leurs établissements les plus reculés.

Avant d’aller plus loin, il convient de donner une description rapide des colonies anglaises, avec lesquelles nous avons eu à lutter tant de fois depuis sur les champs de bataille, et dont l’histoire se rattachera désormais chaque jour plus étroitement à la nôtre. Cette esquisse de leur origine, de leurs progrès, de leurs institutions, de leur puissance, nous fera mieux connaître aussi la force de l’ennemi que nous devions combattre, la force du peuple qui s’élevait à côté de nous, et qui forme aujourd’hui, par sa population et par son industrie, l’une des premières nations du monde.

Bibliographie


Ouvrages à consulter : Charles de La Roncière, Histoire de la marine française, tome V, Paris, 1920. – H. Lorin, Le comte de Frontenac, Paris, 1895. – Parkman, The Old Régime in Canada, Boston, 1904. – C. Mc L. Andrews, Colonial Self-government, New-York, 1905.
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