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Histoire 1ères générales Thème 5 : Les Français et la République

Question : La République et les évolutions de la société française



Sauf mention contraire, tous les documents cités proviennent du manuel d'Histoire 1e Hachette Istra, sous la direction de Pascal Zachary, 2011
Introduction : L’article 1er de la Constitution de la Ve République rappelle aujourd’hui que : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. » Pourtant lorsque nait la IIIe République la France est encore un pays profondément rural, conservateur et patriarcal. L’intensité des bouleversements qu’elle connaît par la suite amène la République à s’y adapter en intégrant progressivement certaines catégories sociales auparavant marginalisées.

Problématique : Comment la République s’est-elle adaptée aux évolutions sociales afin d’intégrer l’ensemble des Français ?

I/ La laïcité, fondement essentiel de la République

A/ Séparer religion et Etat, l’action de la IIIe République

B/ Evolutions et nouveaux enjeux depuis la Seconde Guerre mondiale
II/ Intégrer le prolétariat ouvrier : le Front populaire 1936-1937

A/ Un mouvement ouvrier de grande ampleur

B/ L’œuvre du Front populaire
III/ Les femmes dans la vie politique et sociale, entre marginalité et intégration

A/ Les femmes dans la vie politique au XXe siècle

B/ Vers l’autonomie sociale




I/ La laïcité, fondement essentiel de la République
Du Moyen-âge jusqu'à la Révolution, la France est intimement liée à la religion catholique et son souverain, le "Roi très chrétien", sacré (le plus souvent à Reims) grâce à la Sainte Ampoule, possède une autorité dite de "droit divin" qui lui a même permis, en quelques occasions, de contester la suprématie du Pape sur l'Eglise de France. Dans ces conditions, le catholicisme apparaît bien comme une religion d'Etat sous l'Ancien Régime, excluant de la société tous ceux (protestants, juifs,...) qui n'y adhèrent pas. Dès la fin du XVIIIe siècle, des réflexions s'engagent sur la place de la religion dans la société, notamment par le biais d'une interrogation sur la liberté de conscience (à définir), partiellement acquise lors de la Révolution. Cependant, le catholicisme conserve un poids important sur les consciences et l'Eglise sur la société tout au long du XIXe siècle : à partir des années 1880, les Républicains vont donc s'attacher à séparer de plus en plus nettement la religion et l'Etat républicain pour mieux intégrer tous les Français à ce dernier.
A/ Séparer religion et Etat, l’action de la IIIe République
Vers 1880, les Républicains ont réussi à stabiliser la IIIe République, face aux groupes monarchistes notamment. Cependant, la majeure partie du clergé (au moins au niveau épiscopal) reste hostile au projet républicain dans son ensemble, prouvant en cela un attachement très fort aux régimes conservateurs. Les Républicains mènent alors une offensive pour tenter d'extraire l'Eglise de l'espace public, de manière à laïciser la société (définition précise du terme à donner) pour permettre d'obtenir une vraie liberté de conscience pour tous les Français, mais aussi de manière à renforcer la République et ses valeurs.
Les premières tentatives de laïcisation (par exemple le retrait des crucifix, signe religieux ostentatoire, des tribunaux), dans les années 1870, sont restées limitées dans leur portée : ce sont donc les décisions des années 1880 qui apparaissent vraiment comme les premières mesures de laïcisation notamment dans le cadre scolaire. En effet, les Républicains et notamment Jules Ferry, combattent l'enseignement religieux, accusé de saper la République.

Etude de documents -"Le décervellement des enfants martyrs", Une de Les Corbeaux du 1er décembre 1907, doc. 1 p. 358 et "Lois républicaines de l'école laïque", 1881-1905, doc. 2 p. 358

Vous montrerez que les reproches adressés par les Républicains à l'Eglise se cristallisent dans la question de l'enseignement religieux.
Les Républicains cherchent à aboutir à une liberté de conscience qui paraît impossible d'après la caricature : on attend des élèves qu'ils relèvent tous les élément satyriques principaux : "enfants-robots" comme lobotomisés, présence de l'entonnoir qui permet au prêtre de directement déverser des crucifix, le diable et l'œil de la Providence à la place des cerveaux des élèves, représentation très négative du prêtre,...

En réaction, les grandes lois républicaines à partir de Jules Ferry s'attachent à limiter, puis à interdire l'enseignement par les gens d'Eglise : fin de l'éducation religieuse obligatoire à l'école en 1882, impossibilité pour les prêtres d'enseigner dans les écoles primaires publiques dès 1886 et, en 1905, fin de l'enseignement religieux même dans les écoles privées.


Ainsi, dès 1882, l'enseignement religieux est fortement limité par les lois Ferry : s'il est toujours présent (mais facultatif)dans les écoles privées le plus souvent tenues par des membres de congrégations religieuses catholiques, il est interdit au sein de l'école publique. Les instituteurs deviennent de fait un corps laïque, d'ailleurs très protecteur des valeurs de la République (d'où le titre des "hussards noirs de la République" donné au instituteurs) et bien souvent fortement anticlérical. Progressivement, le but est de rejeter l'enseignement religieux dans la sphère privée et donc de le proscrire de l'espace public, afin que la liberté de conscience soit réelle : l'Etat ne favorise plus une religion en acceptant que le catéchisme soit professé dans ses écoles, les différentes religions sont donc théoriquement mises sur un pied d'égalité dans le cadre scolaire.
Les radicaux, au pouvoir à partir de 1899, accélèrent et globalisent ensuite le processus de laïcisation : au-delà de l'école, c'est toute la société qui est laïcisée avec la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905. Celle-ci entraîne plusieurs conséquences majeures :

- la liberté de conscience et la liberté de culte sont proclamées ;

- l'Etat ne reconnaît aucune religion et ne subventionne plus aucun culte, ce qui signifie par exemple que les prêtres, alors payés par l'Etat, ne sont plus rémunérés ;

- en échange, l'Etat ne demande aucun services public aux cultes, donc, par exemple, l'enseignement religieux est interdit ;

- de fait, la loi abroge donc le Concordat (1801) et les articles organiques (qui dataient du Consulat et de l’Empire) et met en place une nouvelle forme de relation entre les différentes religions et l’Etat : les ordres religieux deviennent des associations cultuelles (loi 1901) auquel l'Etat peut prêter des lieux de culte (cathédrales, églises,...),…

- … mais ces derniers appartiennent bien à l'Etat, qui réalise donc un inventaire de ces biens en 1906, entraînant une forte opposition des religieux, qui bloquent parfois les fonctionnaires chargés des inventaires (d'où le nom de "querelle des inventaires" prêté à l'événement).
Au final, cette loi pose les bases de la laïcisation de la société "à la française", qui font que notre pays est aujourd'hui l'un des rares à connaître une réelle sécularisation (notion à définir). Cette loi est d'ailleurs toujours l'un des fondements de notre société, puisque la laïcité est inscrite dans la constitution du régime actuel de la France, la Ve République.
B/ Evolutions et nouveaux enjeux depuis la Seconde Guerre mondiale
Depuis 1944-45, si la laïcité est toujours l'une des bases de la société républicaine française, les enjeux qui l'entourent ont profondément évolué.
Tout d'abord, la sécularisation de la société s'est fortement accrue à partir des années 1950, ce qui est lié à des évolutions sociales multiples et importantes (essor de la scolarisation, urbanisation, avènement de la société de consommation,...) : du point de vue de la religion, notamment catholique, apparaît de fait un phénomène de "déchristianisation" assez fort. Ainsi, en 20 ans, la pratique de la confession (qui apparaît comme un marqueur fort des pratiques religieuses traditionnelles catholiques) diminue fortement : de 15% des Français en 1952, elle n'en concerne plus que 1% en 1974. Dans ce contexte, et même si certains croyants accusent l'Etat laïc du phénomène de déchristianisation, l'enjeu de la laïcité devient proportionnellement moins important, car l'Eglise n'a plus une emprise assez forte pour concurrencer l'Etat républicain. Des moments de tensions peuvent néanmoins encore sporadiquement éclater, concernant notamment le statut de l'école privée (par exemple en 1983, lorsque les socialistes au pouvoir veulent unifier écoles publique et privée avec les lois Savary, ce qui entraîne de vastes manifestations).
Cependant, l'Etat laïc doit aussi progressivement faire face à la montée de nouvelles religions. Si les cultes protestants ou juifs ont été intégrés comme l'Eglise catholique à la réflexion sur la laïcité depuis longtemps, ce n'est pas le cas de l'islam, qui devient au détour des années 1990 la deuxième religion de France (environ 5 millions d'adeptes aujourd'hui). Dès la fin des années 1980, le débat médiatique se concentre sur les revendications culturelles et religieuses de certains musulmans (affaire "du foulard" à l'automne 1989, où trois collégiennes du collège de Creil dans l'Oise portent un voile islamique pour la rentrée scolaire). Une forme d'islamophobie s'empare alors de la France et fait renaître le débat sur la laïcité sous une nouvelle forme : la religion musulmane passe au cœur des enjeux, ce qui entraîne une réaction des pouvoirs publics.

Etude de document -"Discours de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, au Bourget", 19 avril 2003, doc. en annexe


En quoi ce discours montre-t-il que la religion musulmane est aujourd'hui au cœur des enjeux liés à la laïcité en France ?
Le discours montre une volonté de bien séparer le culte (représenté par le CFCM fraîchement élu) et l'Etat afin d'instaurer un dialogue entre ces deux entités bien séparées. N. Sarkozy insiste également sur le but de l'opération : intégrer mieux les musulmans français à la communauté nationale, reproduisant en cela les objectifs affirmés en 1905, voire avant sous la IIIe République par les Républicains, et éviter tout débordement islamophobe.

Mais N. Sarkozy insiste surtout sur les devoirs de la communauté musulmane qui doit accepter les lois laïques de la France : en ce sens, le débat apparaît comme une volonté de "gommer" une partie des spécificités culturelles propres à cette communauté (par exemple le port du voile par les femmes hors de la sphère privée) pour mieux l'intégrer à la société française.




Ainsi, l'Etat crée en 2003 un Conseil Français du Culte Musulman, interlocuteur entre la religion musulmane et l'Etat (qui a, du point de vue de l'Etat, le même rôle "administratif" envers sa religion que d'autres hiérarchies religieuses, comme l'Eglise catholique), ce qui permet d'imposer la laïcité à l'ensemble des musulmans. Mais le débat se prolonge ensuite : l'Etat impose en mai 2004 le retrait des "signes religieux ostentatoires" de l'école (c'est à dire le port du voile, essentiellement, même si les autres religions sont touchées), répondant ainsi aux affaires telles que celle de 1989 à Creil et réaffirmant le caractère laïc de l'espace scolaire, puis l'interdiction du voile intégral (burqa) dans l'espace public en 2009.
Conclusion : ainsi, intégrer les Français par la laïcité est un combat que l'Etat républicain mène depuis un siècle et demi et qui a entrainé et entraine toujours des tensions fortes avec les représentants des religions qui souhaiteraient obtenir un traitement spécifique au sein de la communauté nationale. Il a néanmoins abouti à une sécularisation forte, dont l'un des témoins est l'émergence forte, au début du XXe siècle, d'un mouvement ouvrier actif et revendicatif.
II/ Intégrer le prolétariat ouvrier : le Front populaire 1936-1937
La IIIe République s’est appuyée essentiellement sur les catégories rurales et les classes moyennes nouvelles. Le monde ouvrier, souvent perçu comme dangereux, a longtemps été marginalisé sans relais politique à l’échelle nationale. La dureté des conditions de vie et de travail a poussé ceux-ci à s’organiser dans le cadre d’un mouvement ouvrier.
A/ Un mouvement ouvrier de grande ampleur
Les années 1930 présentent un contexte particulièrement difficile. Le chômage connaît une croissance continue jusqu’en 1935 date à laquelle il dépasse le million de personnes et devient un phénomène massif d'autant plus dramatique que moins de la moitié des chômeurs est secourue par les pouvoirs publics. On considère qu’alors près de la moitié de la population active française est victime de chômage partiel. Les pouvoirs publics envisagent des "solutions" à courte vue : retour des femmes au foyer (300 000, notamment dans le textile), expulsion main d’œuvre étrangère officielle dès 1934 (officieuse avant ex : mineurs étrangers Pas de Calais – 15000 (-30%) entre 1931 et 1936).
Ces difficultés contribuent à créer un climat politique malsain marqué par des oppositions très dures et parfois violentes. Cela amène les partis de gauche à réaliser (SFIO, Radicaux, PCF) leur unité dans le cadre d'une coalition électorale : le Front populaire. Lorsque celui-ci emporte les élections législatives d'avril-mai 1936 , la victoire s'accompagne d'un formidable mouvement populaire et très largement spontané de grèves, accompagnées d’occupation d'usines. Ce mouvement, d’une ampleur sans précédent, surprend et déborde les cadres représentatifs classiques, partis politiques comme syndicats, il entend peser sur le nouveau gouvernement issu des élections.

Etude de documents -"Première nuit d'occupation des usines Renault", par Emmanuel d'Astier, mai 1936, doc. 2 p. 354 et "Les grèves dans la joie", selon S. Weill le 10 juin 1936, doc. 3 p. 355


Montrez que les grèves de 1936 ont non seulement un caractère revendicatif mais correspondent à une réappropriation de leur outil de travail par les ouvriers.
Il convient de mettre en avant le caractère respectueux et le sens des responsabilités (service d'ordre, refus des débordements,...), le caractère massif de la grève et son rôle d'entraînement (impulsion depuis Boulogne, le reste suit) , tout autant que la volonté de s'affirmer en tant qu'individu marqué par la joie et la liberté d'expression dans un cadre autrefois aliénant, ce dont témoigne S. Weill. Les documents photographiques des pages 354 et 355 peuvent servir à cet égard d'illustration.


B/ L’œuvre du Front populaire
La victoire du Front Populaire les 26 avril et 3 mai 1936, conduit le leader socialiste (SFIO) Léon Blum à la tête du gouvernement. Il est nommé Président du Conseil le 4 juin 1936. Pour la première fois, un socialiste est appelé à diriger le pays. L. Blum doit absolument mettre un terme aux grèves mais il entend également se servir de cette formidable pression pour amener le patronat à accepter des réformes très profondes. Il décide tout d’aborde de rompre avec les politiques économiques traditionnelles et inspiré, en partie, par le modèle du New Deal de Roosevelt de relancer l’économie en augmentant le pouvoir d’achat par la hausse des salaires et la relance d’une politique ambitieuse de grands travaux.
L. Blum organise la tenue d’une réunion tripartite entre le patronat et la CGT sous l'arbitrage du gouvernement. Celle-ci débouche sur la signature des accords de Matignon du 7 juin 1936 complétés par la suite de lois novatrices : s'appuyer sur la frise chronologique p.353 et, éventuellement le doc. 2 p.367. Les accords de Matignon de juin 1936 constituent un "modèle" de négociation dans le sens où les représentants des salariés sont conviés à défendre les intérêts de ceux-ci et donc associés à la prise de décision. Il s'agit d'une véritable reconnaissance de leur appartenance à la République.

Plus globalement encore les réformes du Front populaire changent profondément la condition ouvrière, notamment car elles permettent aux salariés de disposer d'un temps libre qu'il faut chercher à occuper.


Etude de documents -"Témoignage recueilli par S. Bonnet" doc. 3 p.356, et "Le train des vacances", doc. 4 p.357


Montrez que les réformes du Front populaire ont permis par la démocratisation des loisirs d'améliorer nettement la condition ouvrière.
Insister sur les acquis en termes de réduction du temps du travail, et d'augmentation salaires ; mise en œuvre de moyens permettant le départ des classes populaires, les conséquences en termes de santé publique. Nouvelle visibilité des classes populaires qui sortent de leurs quartiers ce qui ne plait pas à tout le monde (voir la caricature de Polferjac dans le Canard enchaîné du 12 août 1936 doc. 2 p.375)



Conclusion : insister sur la postérité, à plus ou moins long terme, du Front populaire : visibilité nouvelle des ouvriers dominée par la figure de l'ouvrier de la grande usine, poids politique renforcé des partis de gauche, notamment du PCF qui sort de la marginalité à laquelle la stratégie classe contre classe (1927) l'avait conduite, avancées majeures dans la diminution du temps de travail, renforcement du rôle de l'Etat notamment dans sa fonction d'arbitrage des conflits sociaux.
III/ Les femmes dans la vie politique et sociale, entre marginalité et intégration
Dans une société dominée par la figure centrale du père et mari qui, avec la République, devient le dépositaire exclusif de la citoyenneté, les femmes ont longtemps été reléguées aux fonctions de la sphère privée liées notamment à la tenue du ménage et à la maternité. Pour autant en plus d'un siècle les évolutions ont été notables même si demeurent encore d'importantes inégalités sexuelles.
A/ Les femmes dans la vie politique au XXe siècle
Si les femmes obtiennent dès la fin du XIXe siècle un certain nombre de droits civils elles n'acquièrent que tardivement les droits politiques qui en font des citoyennes à part entière. C'est en effet seulement en avril 1944 que le GPRF du général de Gaulle prend une ordonnance qui rend les femmes électrices et éligibles sur un pied d'égalité avec les hommes. Huit ans auparavant Léon Blum avait confié trois portefeuilles ministériels à des femmes pourtant encore non citoyennes. Le 29 avril 1945 lors des premières élections, municipales, dans une France à peine libérée, les femmes votent pour la première fois.

Le suffrage en France est alors pleinement universel, c'est un premier aboutissement pour un long combat féministe qui avait pris de l'ampleur au XIXe siècle et dont on peut faire remonter l'acte fondateur à la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne  rédigée en septembre 1791 par Olympe de Gouges. Celle-ci exigeait la totale assimilation légale, politique et sociale des femmes. Pourtant très longtemps les revendications féministes se sont heurtées à des freins car le suffrage des femmes suscitait certaines craintes.


Etude de document -"Le débat parlementaire de 1919 sur le vote des femmes" doc. 3 p. 360
Montrez par l'analyse du document les éléments du débat pour l'attribution du droit de vote aux femmes dans la France de l'entre-deux-guerres
- favorables : l'exemple des démocraties suédoise (doit de vote complet en 1919), norvégienne (1913), danoise (1915) étasunienne (1919), canadienne (1918) et australienne (1902), on peut rajouter la Turquie en 1930 puis 1934 ; intérêt des femmes pour la dimension concrète de la politique (argument à double tranchant car empreint de paternalisme)
- défavorables : cléricalisme et abstraction métaphysique propres à orienter suffrages féminins vers les orientations de leurs "confesseurs"; nature de LA femme : mère et épouse, inaptes au "pugilat"

de "l'arène politique"


Les constitutions des IVe et Ve Républiques garantissent la stricte égalité hommes-femmes dans l'ensemble des domaines, politiques notamment. Trois actes législatifs récents ont tenté de favoriser cette égalité (révision de la Constitution du 8 juillet 1999, loi du 6 juin 2006 et du 31 janvier 2007). La loi sur la parité hommes-femmes du 6 juin 2000 inscrit celle-ci dans le domaine de l'accès aux mandats électoraux et fonctions électives. Malgré cela l'inscription des femmes dans le domaine politique demeure très partiel, leur place dans les assemblées élues en France témoigne du maintien de fortes inégalités. Voir en annexe les tableaux, issus du site de l'observatoire des inégalités, qui peuvent utilement être projetés et sujets à débat avec les élèves.
B/ Vers l’autonomie sociale
Parallèlement à la conquête des droits politiques, les femmes françaises ont aussi dû se battre pour l'obtention de droits sociaux qui étaient jusqu'au milieu du XXe siècle l'apanage des hommes.
Le premier combat des femmes concerne tout d'abord l'accès à l'éducation et à la vie professionnelle. A la fin du XIXe siècle, l'accès à l'éducation des femmes est beaucoup plus restreint que celui des hommes : si les lois de 1882 entraînent une scolarisation obligatoire pour les filles dans le cycle primaire, elles n'ont pas vraiment accès au cycle secondaire et au sésame pour les études universitaires, soit le baccalauréat : en effet, la loi Camille Sée de 1880, si elle institue des lycées de jeunes filles (il n'y a en effet pas de mixité admise avant la Ve République), dissocie les programme masculin/féminin (pour ces dernières, une grande part des enseignements concerne les travaux ménagers tels que la couture et la cuisine) et les empêche de fait de suivre des études longues. Seules quelques jeunes filles, passant le baccalauréat en candidates libres, réussissent à accéder aux études supérieures, mais certains métiers leurs sont encore fermés (par exemple, une femme ne peut devenir avocate qu'à partir de 1900). Dans les années 1920, quelques aménagements supplémentaires permettent plus massivement aux jeunes filles de poursuivre leurs études, notamment avec l'unification partielle des programmes du lycée pour les filles et les garçons (décret Léon Bérard de 1924), mais, jusqu'en 1958, elles sont globalement écartées des cursus, donc des carrières professionnelles, les plus prestigieux.

C'est en effet avec la Ve République que les évolutions majeures ont lieu d'un point de vue scolaire : la création des CES (Collèges) démocratise le cycle secondaire et, progressivement, les filles rattrapent - et dépassent - les garçons en terme de pourcentage d'obtention du baccalauréat. Ainsi, pour la première fois, plus de filles obtiennent le baccalauréat que de garçons en 1965 et, actuellement, la tendance s'amplifie (par exemple en 2005, 68% des filles ont eu leur baccalauréat, tous bacs confondus, contre 57% des garçons). En conséquence, les études des filles s'allongent et sont aujourd'hui même plus longues que celles des garçons, les jeunes filles sont donc majoritaires dans un certain nombre de professions nécessitant des études longues. L'exemple de l'évolution des professions médicales (toutes spécialités confondues) est en cela très clair : les femmes médecins étaient moins de 1% du corps médical en 1905, 5% en 1950, aujourd'hui elles représentent 35% des médecins actifs, mais, surtout, 60% des étudiants en deuxième année (c'est à dire après avoir passé le concours de sélection) sont des femmes, de sorte que le métier se féminise actuellement fortement et que les femmes médecins seront majoritaires à l'horizon 2020.

Ainsi, les femmes ont progressivement quitté leur rôle traditionnel domestique pour s'émanciper économiquement des hommes : si 50% des femmes (25-59 ans) sont actives au début des années 1970, 75% le sont aujourd'hui. Cependant, elles cumulent encore majoritairement travail salarié et domestique et, surtout, des inégalités salariales (et en terme de position hiérarchique dans les entreprises) flagrantes demeurent, alors que les niveaux d'études des femmes sont plus élevés : ainsi, en 2007, les écarts de salaires (à travail égal) sont de l'ordre de 7% en moyenne entre hommes et femmes (dans le privé) et ont tendance à s'accroître avec l'âge (3% d'écart sur les 25-29 ans, 13% sur les 55-59 ans). Enfin, le chômage touche plus durement les femmes (12,5% contre 9% pour les hommes en 2009).
L'émancipation économique des femmes, même si elle est partielle, s'accompagne, dans les années 1960 et 1970 d'une véritable révolution sexuelle et d'une évolution des droits dans le cadre familial, qui représentent la deuxième conquête sociale des femmes. Jusqu'à la Ve République, en effet, la place de la femme dans le couple est globalement inféodée à celle de l'homme : aucun droit à la contraception ou à l'IVG, difficultés à divorcer,... Les évolutions majeures apparaissent alors dans les années 1960, notamment grâce à de nombreux groupes de féministes militantes (Mouvement de Libération des Femmes).


Etude de documents -"Affiche du mouvement français pour le planning familial", 1980, doc. 1 p. 370 et "Deux lois pour les femmes", doc. 5 p. 371
Quels sont les modes d'action et les conséquences du combat pour le droit des femmes à disposer librement de leur corps ?
- modes d'action : il faut ici voir l'action par la manifestation, le rôle de l'affiche, mais aussi le rôle des législateurs (dont une femme, Simone Veil)
- conséquences : droit à la contraception (loi Neuwirth), puis à l'IVG (1975)


Dès 1967, les femmes françaises obtiennent le droit à la contraception chimique (pilule), puis le droit le plus contesté, l'IVG, est octroyé par les lois Veil de janvier 1975 : les femmes obtiennent enfin le droit de jouir de leur corps comme bon leur semble. Ces évolutions entraînent une modification de la place de la femme dans le cadre de la cellule familiale, qui accompagne d'ailleurs l'émancipation économique : multiplication des divorces à la demande des femmes, volonté de partager les tâches quotidiennes (ménage, repas, éducation des enfants),...

Cependant, des limites à ces évolutions apparaissent : en 2000 par exemple, encore moins de 5% des hommes vivant dans le cadre d'un couple hétérosexuel prennent en charge certaines tâches ménagères (par exemple le repassage ou le nettoyage des sanitaires). De plus, les violences faites aux femmes au sein du couple sont toujours très présentes : les services de police constatent en moyenne chaque année(depuis 2007) environ 80 000 cas de femmes battues, qui ne représentent que celles qui osent porter plainte (peut-être 20% seulement). Les débats s'orientent aujourd'hui vers des types de violences qui sont restés pendant des siècles cantonnés à la sphère intime : selon la loi française, un conjoint forcé à des relations sexuelles peut porter plainte pour viol conjugal depuis 2006, ce qui représente aujourd'hui 10% des plaintes de femmes pour viol...
Conclusion : La place des femmes dans la société et dans la sphère politique a donc profondément évolué en un siècle et demi. Si les acquis sont réels, ils demandent encore a être approfondis, notamment grâce à des changements de mentalités qui sont toujours plus lents que la législation.
Conclusion générale : En 150 ans, l'Etat républicain s'est donc efforcé de "rassembler la Nation" dans toutes ses composantes et sa diversité. Cependant, les inégalités sociopolitiques demeurent fortes et constituent un frein majeur à la cohésion de la nation : le pari républicain ouvert dans les années 1870 n'est pas encore totalement relevé, ce qui suscite aujourd'hui de nombreuses tensions et des débats sur l'efficience du modèle social français.
Annexes
Les femmes dans les assemblées élues dans la France de 2011 ; source : http://www.inegalites.fr/spip.php?article59


Evolution de la part des femmes élues dans les conseils régionaux




Nombre de candidates

Part des femmes parmi les candidats en %

Nombre de femmes élues

Part des femmes parmi les élus en %

1986

2 883

22,5

156 (1)

9,0

1992

4 075

27,0

206 (2)

12,0

1998

6 333

35,9

467 (3)

27,1

2004

8 728

49,4

895 (3)

47,6

2010







902 (3)

48,0

(1) France métropolitaine (avec la Corse) et les régions d'outre-mer (2) France métropolitaine ( sans les conseillers à l'Assemblée de Corse) (3) France métropolitaine ( y compris l'Assemblée de Corse) et régions d'outre-mer

Source : Ministère de l'Intérieur
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