Cette histoire commence très précisément le 14 mai 1643





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« On vient de prendre un lion (Condé), un singe (Conti) et un renard (Longueville) ».
C’est finement observé… mais bien sur l’histoire ne s’arrête pas là…
On s’en doute, arrêter les princes et Longueville, le puissant gouverneur de Normandie, va entraîner de nombreuses réactions de la part de leurs partisans.
De leurs proches d’abord, de la mère de Condé qui en appelle au Parlement, de la sœur amazone - la duchesse de Longueville – et même de la propre épouse de Condé, qui tentent toutes les deux de soulever des régions amies, la Guyenne et la Bourgogne notamment…
De leurs amis politiques ensuite, notamment du duc de la Rochefoucauld, qui avant d’être l’auteur de célèbres maximes, fut un frondeur impénitent, et du maréchal de Turenne qui lui se battrait plutôt pour les beaux yeux de la duchesse de Longueville…
Passons ici sur toutes ces tentatives plus ou moins réussies de soulèvements, d’accords secrets passés entre eux, y compris avec l’ennemi espagnol, de combats locaux, finalement de peu d’envergure, qui échoueront faute de coordination, faute de chef déclaré aussi…car Condé est toujours en prison….
Bref, début octobre 1650, après quelques mois de soubresauts, tout le monde est soulagé de signer un compromis.
D’un côté les insoumis rendent les armes, au grand désappointement de la mère, de l’épouse et de la sœur.

De l’autre, ils sont amnistiés pour la plupart.
Quant à Condé, ses affaires vont mal.
Il reste en prison, loin de la capitale, Mazarin l’ayant prudemment transféré de Vincennes au Havre pour être tranquille…

Condé est-il définitivement coincé. Va-t-on l’oublier ?

Et bien non, une nouvelle fois, un certain nombre de circonstances vont favoriser un retournement de situation.
En cette fin d’année 1650, Mazarin est de nouveau au centre d’une avalanche de critiques.
Les parlementaires continuent d’exprimer leur mécontentement à tout propos, Gondi attend encore son chapeau de cardinal, Gaston d’Orléans n’admet toujours pas d’avoir moins de pouvoirs que le favori de la reine, de nombreux nobles sont choqués que trois d’entre eux soient en prison, deux princes et un duc, qui plus est…
Cette fois-ci, il y a carrément union des deux frondes contre un seul homme : Mazarin.
Bientôt le Parlement exige à la fois que les princes soient libérés et que le « gredin de Sicile » soit chassé.
Ce dernier, conscient qu’il faut libérer toute cette vapeur sous pression accepte habilement de s’exiler provisoirement, en Allemagne, début février 1651.
Mais un point important demeure.

La reine, sans son conseiller, est certes déstabilisée, très inquiète même pour son fils, mais choisit de ne pas lâcher son ministre, car elle n’a confiance qu’en lui.

De fait, ils vont correspondre comme jamais et Mazarin va continuer, de son exil forcé, à tirer les ficelles…
En attendant, Condé triomphe…

Il est libéré en février 1651 par Mazarin lui-même, qui se présente à lui en pénitent.
Admirable comédien qui quitte discrètement…mais provisoirement la scène.
Quant au jeune roi et à la reine mère, ils sont plus ou moins retenus prisonniers au Palais-Royal, une nouvelle fois sous la garde vigilante des parisiens, à l’initiative de Gaston d’Orléans et de Gondi qui à ce moment font la loi dans Paris…
C’est d’ailleurs l’un des rares moments ou Gaston d’Orléans aurait pu prendre la régence.
Il ne l’a pas fait, n’osant pas se lancer, car décidemment ce n’est pas l’homme des décisions énergiques.

Il ne se sent bien que dans la trame initiale des complots…
Ces atermoiements permettent à la reine, toujours conseillé de loin par Mazarin, de reprendre la main en semant de nouveau la discorde chez les frondeurs.

Il faut à tout prix isoler Condé et les siens qui reprennent leurs insolences.

Car Condé n’a malheureusement pas changé.

Il est toujours le même prince exigeant et méprisant.
Pour créer la discorde, ce n’est pas bien difficile.

Il suffit de distribuer des prébendes (gouvernements de régions et charges lucratives) plus ou moins alléchantes aux uns et aux autres pour distendre des liens finalement ténus.
Le grand dessein surtout, c’est de casser l’alliance de circonstance entre Gondi, qui a beaucoup d’influence à la fois sur les parlementaires, sur une partie de la noblesse et sur les milices parisiennes et ce diable de Condé.
Pour y parvenir, une seule solution.

Faire enfin obtenir à Gondi son chapeau de cardinal… qu’il attend depuis tant d’années.

Mazarin, resté très en cour à Rome, va s’en occuper…
Début septembre 1651, une importante nouvelle change la donne.

Le jeune roi à 13 ans.

Il devient enfin majeur selon les us de la royauté française.

La régence se termine officiellement. Anne d’Autriche va enfin pouvoir souffler…
Dans un bel élan, tout le monde rend hommage à Louis XIV,… tous sauf un…Condé, toujours lui…

De façon finalement à peine inattendue, ce dernier se remet en rébellion, à partir de la région Guyenne, une terre indocile et si facilement aidée par les espagnols, toujours contents d’attiser les désordres en France.
Par réaction, la Cour, heureuse d’avoir un motif pour quitter de nouveau un Paris vraiment imprévisible, se dirige avec force armes et bagages vers Poitiers lieu de rendez-vous convenu pour rejoindre Mazarin, rentré discrètement en France, suite à la majorité du roi.
Ce rendez-vous est d’autant plus attendu que le cardinal est rentré à la tête d’une solide armée, appointée sur ses fonds personnels…qui sont importants comme chacun le sait.

D’habitude, on le lui reproche mais pas cette fois-ci !!
Un seul objectif : Faire front à Condé !!
Le problème c’est qu’en revenant, Mazarin re-coalise contre lui quelques uns des anciens frondeurs…qui finalement ne sont vraiment d’accords que sur une seule chose : son départ définitif de la cour !
Début 1652, tout ce petit monde belliqueux se retrouve donc dans le Sud-Ouest :

D’un côté l’armée des princes, celle de Condé, soutenu par Gaston d’Orléans et son étonnante fille, au caractère bien trempé, la duchesse de Montpensier, cousine germaine de Louis XIV (que l’on appelle aussi Grande Mademoiselle).
De l’autre, l’armée royale soutenue sans réserve à la fois par Turenne, redevenu loyal depuis la majorité du roi, et par ce caméléon de Gondi, enfin cardinal de Retz.
De février à juillet 1652, ces deux armées vont se livrer à une véritable course poursuite pour remonter vers Paris le plus vite possible. L’enjeu est de forcer la main au Parlement, resté indécis, pour qu’il se range finalement du côté du premier arrivé.
Là encore, passons sous silence la succession d’escarmouches entre les deux armées pendant cette course vers la capitale.
Heureusement cependant pour la cour que Turenne a choisi son camp car c’est le seul qui a l’envergure nécessaire pour contenir Condé.
Finalement, ceux qui ont le plus souffert de ces chevauchées et combats locaux sont les paysans et la population en général.

Ce n’est malheureusement pas nouveau.
Alors laquelle des deux troupes va investir Paris la première ?

Et bien, c’est celle de Condé…
Mais il s’en faut de peu.

La ville s’étant refermé comme une huître, l’armée des princes est sur le point de se retrouver coincée devant la porte Saint-Antoine, désespérément close, alors que les troupes de Turenne sonnent la charge.
Est-ce l’hallali pour Condé ?
Non… miracle…, et là encore l’épisode est resté célèbre, la Grande Mademoiselle fait retourner les canons de la Bastille contre les soldats du roi… son propre cousin, les bombarde et les disperse…
Elle parvient également à faire ouvrir les portes.

Condé et son armée se sauvent d’extrême justesse.
On est alors en juillet 1652…

Aussitôt, tous les postes sont généreusement distribués. Condé est généralissime, Gaston, Lieutenant général du royaume, Beaufort, gouverneur de Paris et Broussel, celui qui a failli aller en prison, prévôt des marchands, c'est-à-dire maire…

Alors, une commune parisienne au pouvoir, comme à l’époque d’Etienne Marcel ??

Pourquoi pas… mais trois faits vont une nouvelle fois redistribuer les cartes.
Premièrement, Condé, par sa brutalité habituelle et son manque de diplomatie, va de nouveau se mettre à dos rapidement les bourgeois et les parlementaires locaux,
Secundo, les troupes royales vont commencer naturellement un nouveau siège de Paris,
Tertio, Mazarin sort de sa manche un coup génial.

Il décide de s’éloigner une nouvelle fois de France mais s’exile cette fois-ci pas très loin…en Belgique.
C’est ce qu’attendait la plupart des frondeurs, enfermés dans Paris, pour se soumettre au roi.
Dès lors, Condé n’a plus beaucoup d’appuis et se retrouve quasiment seul.

Va-t-il céder lui aussi et faire allégeance au roi ?
Il aurait été trop simple que sa réponse soit positive…
Furieux que la coalition parisienne se délite, il quitte discrètement Paris en octobre 1652 et se met au service de l’Espagne, qui d’ailleurs l’accueille à bras ouverts.

Un tel général, ça ne se refuse pas…
En résumé, la coalisation parisienne n’a pas résisté à l’autoritarisme de Condé, aux hésitations de Gaston, aux états d’âme des parlementaires et à la lassitude des parisiens, bourgeois ou non…
Aussi, quand après le départ de Monsieur le Prince, Louis XIV fait enfin son entrée dans Paris le 21 octobre 1652, c’est une explosion de joie générale.
D’autant que le jeune roi propose habilement une amnistie collective y compris pour le Grand Condé, certes difficile à gérer mais qui a de tels états de service…

Vous serez à peine surpris d’apprendre que ce dernier, toujours aussi insolent et jusqu’au-boutiste, ne daigne même pas répondre à cette manifestation royale de bonne volonté.
La réaction du jeune roi tombe trois semaines plus tard.

Il y a crime de lèse-majesté, Condé est déchu de toutes ses dignités et fonctions, tout son patrimoine est confisqué…
Dans la foulée, le cardinal de Retz, dont les actes d’insubordination, sont désormais clairement avérés est arrêté et transféré à Vincennes.
Louis XIV, même jeune, montre déjà que l’époque des complots est révolue et que l’autorité royale est restaurée.
Tout ceci clarifie enfin la situation.

Le parlement de Paris est aux ordres, la quasi-totalité des frondeurs est amnistiée et bien contente de l’être.

Turenne domine la situation en France, au plan militaire, le roi qui a maintenant 15 ans et qui est très mur pour son âge est parfaitement respecté.
La seconde Fronde, celle dite des « Princes », est quasiment terminée.

Aussi, quand le cardinal Mazarin rentre à Paris en février 1653, personne n’y voit rien à redire…il est même acclamé… pour une fois que ça lui arrive !…
Quant à Condé, il fixe son quartier général en Belgique… à Namur précisément. Il peut compter sur un fort soutien militaire espagnol et confirme ainsi son hostilité au roi.
Bien que le concept de nation soit inconnu dans le royaume, la cour de France reste très choquée de sa trahison. Combattre Mazarin est une chose, se dresser contre le roi en est une autre…

Le Parlement le condamne à mort, par contumace, en septembre 1653 et le déchoit définitivement de sa qualité de prince du sang.
Mais, comme vous l’avez déjà remarqué, notre prince est un peu autiste et très sur de lui.

Il garde le fol espoir de reconquérir Paris et d’y rallumer une nouvelle fronde, histoire d’avoir le dernier mot !
Il va même y consacrer six ans de sa vie, de 1654 à 1659.
Malheureusement pour lui, non seulement il n’y parviendra pas mais ces six années furent laborieuses pour tout le monde.

Pourquoi ?
Et bien du côté français, si l’unité du royaume s’est enfin réalisée autour du roi, les caisses sont cette fois-ci définitivement vides.
Toutes ces batailles extérieures depuis 20 ans, ajoutées à 5 ans de frondes - en réalité de véritables guerres civiles - ont laissé le royaume dévasté et considérablement appauvri.

Côté espagnols, ce n’est guère mieux.
Le fait qu’ils soient obligés de se disperser sur de nombreux fronts, ne leur permet pas de mener autre chose que des sièges longs, difficiles et statiques.
Le Grand Condé qui piaffe d’impatience n’arrête d’ailleurs pas d’écrire à ses nouveaux bailleurs de fonds,… sans grand succès.
De plus, dans les accords passés avec les espagnols, il va s’apercevoir que leurs intérêts sont même souvent divergents.
Les espagnols se sentent davantage concernés par les combats côtiers (pour assurer notamment certains débouchés commerciaux) que par ceux qui pourraient les mener à Paris.
Des troupes nombreuses pour la guerre personnelle de Monsieur le Prince, oui, bien sur… mais raisonnablement…
Résultat : Condé vit entre Bruxelles, Namur et la frontière Nord, à moitié comme un véritable souverain en exil, à moitié comme un grand capitaine de guerre, avec le même faste qu’en France mais aussi en multipliant les mêmes éclats, voire les mêmes provocations.
Encore un peu et il organiserait une fronde en Pays-Bas espagnols.
Quant aux combats, malgré tout, il y en eut, notamment de 1655 à 1656 où Turenne et Condé, cette fois-ci franchement opposés, s’entrebattent sans quartier, avec respect mais finalement sans résultats probants, toujours faute de moyens…
On à l’impression que cette situation aurait pu durer encore longtemps si Mazarin n’avait pas décidé d’accélérer les choses pour imposer la paix à l’Espagne.
Pour y parvenir, et à la stupeur générale, il signe un traité d’alliance avec l’Angleterre de Cromwell, ce pays protestant « honni » qui n’a pas hésité à exécuter son souverain (Charles 1er en 1649).
L’enjeu de cet accord : Pour la France, contraindre l’Espagne à signer la paix et à soumettre de facto ce rebelle de Condé.

Pour l’Angleterre, récupérer plusieurs des colonies espagnoles.
L’explication finale commence en mai 1658 : Aidé des troupes anglaises, Turenne met le siège devant Dunkerque et bien sur, une nouvelle fois, le Grand Condé tente de s’interposer.

Mais, cette fois-ci, cela ne marche plus.

Il y a rupture d’équilibre entre les deux armées.
En juin 1658, Turenne et les anglais font sauter le verrou de Dunkerque, c’est la fameuse bataille des Dunes, une grande victoire de Turenne, malgré une défense acharnée de Condé.
Dès lors, tout devient plus facile.
De juillet à fin septembre 1658, les troupes royales françaises, toujours emmenées par Turenne, remontent inexorablement et victorieusement vers le nord, vers la Flandre espagnole.
Gand et Bruxelles sont bientôt à portée…
Les espagnols, affolés, font des contre propositions en catastrophe à l’Angleterre pour qu’elle se retourne contre la France.
Pas de chance, Cromwell qui n’était pas forcément hostile à ce retournement d’alliance décède brutalement (le 3 septembre 1658 précisément).
Les espagnols doivent donc traiter… Enfin… dirions-nous !!
Cela dit le dossier est lourd.

Si les pourparlers de paix commencent dès octobre 1658, les armes ne se tairont définitivement que 7 mois plus tard, en mai 1659.

Cette longue période transitoire s’explique par la nature des problèmes posés à tous les protagonistes.
D’abord, on parle mariage entre le jeune roi de France et l’infante d’Espagne et Mazarin finasse avec les espagnols.

Ensuite il y a les éternels trocs de fin de conflit dans ces époques où les terres, les villes, les points de passage, les accords secrets se négocient pied à pied.
Enfin, il y a le sort réservé à Monsieur le Prince et sur cette question sensible, les espagnols sont également très sourcilleux.
Le Grand Condé a été un allié certes exigeant et difficile, mais toujours loyal et l’honneur espagnol exige que l’on en tienne compte.
Au final, le traité des Pyrénées, signé le 7 novembre 1659, s’avère un bon texte de compromis, même si les français sont les mieux lotis puisqu’ils sont les derniers vainqueurs.
Mazarin peut savourer sa victoire.

Le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse est fixé au printemps 1660, la France consolide ses positions dans le Nord et dans l’Est et si elle renonce à la Catalogne, obtient en compensation le Roussillon et la Cerdagne.
Quant à Monsieur le Prince, après d’âpres négociations, il récupère beaucoup de ses biens, honneurs, dignités et privilèges de premier prince du sang.
Il récupère notamment le gouvernement de la Bourgogne et son cher château de Chantilly.

En contrepartie, et c’est bien le moins, il doit écrire une lettre de soumission au roi.

Lettre de repentir qui dut lui coûter beaucoup…
Alors, après toute cette fureur, ces combats fratricides incessants, cette immense trahison et l’avènement du futur plus grand roi de France, quel rôle pour le Grand Condé ?
Nous sommes désormais en mars 1661, Mazarin vient de mourir.

Un an plus tôt, c’était « Monsieur », Gaston d’Orléans, l’éternel comploteur, qui avait quitté la scène.
Une page tumultueuse de l’histoire de France vient de se tourner.
Condé n’a jamais que 40 ans mais il n’a plus rien à voir avec le jeune capitaine fringant de Rocroi.
C’est déjà un homme usé par les milliers de kilomètres parcourus par tous les temps, par les blessures de guerre, par les séquelles de ces fièvres fréquentes qui l’ont toujours accompagnées et déjà également par des crises de goutte récurrentes qui bientôt l’empêcheront de monter à cheval.

Pour couronner le tout, le jeune Louis XIV lui a certes pardonné mais davantage pour des considérations diplomatiques (après tout, la France vient enfin de se réconcilier avec l’Espagne) et familiales (un prince du sang reste de la famille) que pour des raisons personnelles.
En réalité, Louis XIV se méfie encore de Condé…
Bref, notre héros est au chômage technique et cela va durer quelques années, jusqu’en 1668 précisément, jusqu’au jour où Louis XIV commence sa politique extérieure expansionniste avec ses deux premières grandes guerres du règne, la guerre de succession d’Espagne, dite encore de Dévolution, en 1668, et la guerre de Hollande qui suivra de 1672 à 1678.
Dans l’une et l’autre, Condé et Turenne vont encore s’y distinguer. Turenne y perdra même la vie en 1675.
Nous pourrions, à cette occasion, détailler encore quelques uns des grands faits d’armes de Condé (la conquête de la Franche-Comté en 1668, le passage du Rhin en 1672, le blocage de l’avancée irrésistible du prince d’Orange à Seneffe en 1674…) mais à quoi bon ?
Vieilli avant l’âge, perclus de goutte, ce n’est plus le héros de sa folle jeunesse...
Il ne fonce plus sur l’ennemi comme avant, il essaie de s’en sortir honorablement, sans plus, dans des conflits dont l’importance en hommes, matériels et stratégie le dépasse un peu.
Il est d’ailleurs davantage utilisé comme conseiller plutôt que comme homme de guerre.
Condé sortira définitivement des combats en 1675.
Il a alors 54 ans et en paraît 75.

Il est déjà impotent mais reste vivant… intensément.
Il va consacrer les quelques années qui lui restent à transformer son propre personnage en une espèce de vieux sage, lui qui fut fou,… de mécène bienveillant, lui qui fut égoïste et sans pitié,… et de bon chrétien lui qui fut libertin et athée.
A partir de 1676, le prince vieilli se retire dans le domaine familial de Chantilly, et reporte toute son énergie sur l’embellissement du château et surtout du jardin.
Car si Condé avait beaucoup de défauts, tous ses contemporains reconnurent qu’il était sincèrement attaché au beau, à l’harmonie des formes et des couleurs.
Et ce n’était pas seulement par goût des contrastes.
Lors de son séjour en prison, ce soldat qui répandait alors le sang sans compter cultivait avec passion un parterre de fleurs !!

Il fait des aménagements nombreux, mobilise le jardinier Le Notre, pour pouvoir notamment se promener avec des artistes qu’il pensionne à la manière d’un roi : Molière, Racine, Boileau, Corneille et La Bruyère ont fréquenté Chantilly bien avant Versailles.
Une petite cour se constitue.

Pour distraire ses invités et par goût personnel, il fait venir également des comédiens, des philosophes (Bourdaloue, Bossuet, Malebranche) et des poètes.
Passionné par la lecture, il se constitue une magnifique bibliothèque dans son hôtel particulier (aujourd’hui disparu) à Paris.
De temps en temps, discutant avec véhémence, un peu comme il commandait sur les champs de bataille, il intimide encore ses interlocuteurs :
Boileau rapporte par exemple :
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