Quelle place pour la littérature européenne dans les programmes ?





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date de publication01.11.2017
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Quelle place pour la littérature européenne
dans les programmes ?

Avec

  • Monique NEMER,Conseiller du Président de Hachette Livre

  • Romain LANCREY JAVAL,Professeur agrégé de lettres

Le débat est animé par Eric PORTAIS.


Eric PORTAIS

Monique Nemer, vous avez été enseignante de littérature comparée pendant de nombreuses années ; puis, vous avez été directrice éditoriale de la maison Stock. Romain Lancray Javal, vous êtes professeur agrégé de lettres, vous enseignez en khâgne et hypokhâgne.

Pour ouvrir ce débat, je me demande si on entend par littérature européenne l’ensemble des ouvrages écrits par des auteurs nés dans les pays européens.

 

Monique NEMER

L’expression « littérature européenne » semble renvoyer à une définition facile à cerner : ce serait l’ensemble des écrivains – et des œuvres – issus des pays européens. Mais, immédiatement, plusieurs questions se posent:

Aimé Césaire, député d’un département français , est indiscutablement un écrivain français; le perçoit-on pour autant écrivain « européen » ?

Kafka a écrit en allemand mais il était tchèque – un pays qui ne fait pas partie de l’Europe politique. Est-il un écrivain européen ? Et Dostoïevski ? Qu’en est-il de cet écrivain russe ?

Quant à Salman Rushdie, qui est britannique, fondateur du Parlement européen des écrivains, vient-il spontanément à l’esprit de l’inclure dans les écrivains européens ?

En d’autres termes, qu’est-ce qui fonde la « littérature européenne » ? La langue ? L’entité géographique ? Les nouvelles instances politiques ? Paradoxalement, plus l’Europe s’établit politiquement, plus la notion de culture européenne devient difficile à cerner. De la Renaissance à la fin du XVIIIe siècle, cette culture commune est relativement claire – ce n’est d’ailleurs pas par hasard que les références du programme de cette rencontre sont Dante, Shakespeare et Goethe…

 

Romain LANCRAY JAVAL

Nous n’avons pas rappelé que Monique Nemer était professeur de littérature comparée. J’ai été son élève.

 

Monique NEMER

En effet, je participe à ce débat à deux titres. D’un côté, j’ai été professeur de littérature comparée et je crois profondément à la nécessité de transmettre de l’héritage. Cette partie de moi est complètement convaincue de l’existence d’une matrice de culture européenne : Cervantès est bien la matrice du roman européen et Shakespeare la référence de l’ensemble du théâtre européen. Mais une universitaire travaille surtout sur des auteurs « panthéonisés »…
D’un autre côté, je suis éditeur de la Bibliothèque cosmopolite de chez Stock et, à ce titre, je publie des auteurs au présent, qui appartiennent à notre modernité – et à sa complexité.

 

Romain LANCRAY JAVAL

J’occupe également deux fonctions : j’enseigne en khâgne et hypokhâgne et je rédige des manuels scolaires et para-scolaires chez Hachette. Je constate également une autre contradiction.

Quand j’étais lycéen, je n’ai pas du tout étudié la littérature européenne. Par exemple, je n’ai jamais lu une ligne d’Hamlet pendant toute ma scolarité, ni en français, ni en anglais. Les grands auteurs dont vient de parler Monique, Kafka et Dostoïevski, n’entraient pas à l’école.

Depuis, ces auteurs sont entrés dans les programmes. Dans les manuels de collège, on peut étudier une centaine de titres d’auteurs européens. Le programme de 1ère prévoit une ouverture sur l’espace européen. En terminale, des ouvrages européens ont été introduits : Hamlet de Shakespeare, La vie est un songe de Calderon, Les nouvelles de Petersbourg de Gogol ont été mis au programme du baccalauréat.

 

Eric PORTAIS

Quand on parle de Gogol, est-ce, ou non, de la littérature européenne ?

 

Monique NEMER

Le principe « Nous faisons l’Europe ; donc, ouvrons les élèves à la littérature européenne » est évidemment excellent. Je voulais simplement dire que la notion est moins facile à cerner qu’il n’y paraît. La littérature européenne, ce n’est pas la superposition des paramètres langue, nationalité, territorialité, concept d’Europe des quinze - j’inclus la « territorialité » à côté de la nationalité pour prendre en compte les écrivains français des Caraïbes comme Aimé Césaire, Patrick Chamoiseau, Giselle Pineau , Xavier Orville.

 

Cela dit, pour moi, « l’européanité » se définit surtout par des domaines d’influence, ou plutôt d’imprégnation. Par exemple, je dirais que Faulkner est un écrivain américain mais je me poserais la question concernant Henry James. Je mesure bien que tout cela est peu « scientifique ». Reste que pour le passé, il n’y a pas tellement de discussion. C’est plus compliqué pour les contemporains.

 

Romain LANCRAY JAVAL

Le problème que soulève Monique Nemer a déjà été posé par Tzvetan Todorov dans son livre « Nous et les autres » : il s’agit de la superposition possible de questions qui sont en fait des questions différentes : la question de la langue, la question de la culture, la question des valeurs et la question de l’espace et du territoire.

 

Todorov commence son essai par un constat : on peut maîtriser plusieurs langues et ne pas posséder pour autant les références culturelles de ces langues ; inversement, peut-on avoir accès à diverses cultures sans pour autant maîtriser les langues ?

 

Le pari d’une culture européenne, si elle existe, est le pari de la traduction qui donne accès au fonds culturel commun par-delà l’obstacle linguistique.

 

Monique NEMER

C’est vrai, mais je souhaiterais préciser deux points avant d’en arriver au problème de la traduction.

Je me demande en premier lieu si la question de l’accès à la littérature – ou plus globalement à la culture européenne doit être la préoccupation des seuls enseignants de littérature que nous sommes. Je pense qu’elle concerne aussi d’autres enseignants. Par exemple, quand on étudie en histoire la montée du nazisme, lire La résistible ascension d’Arturo Ui de Brecht ou regarder le film Cabaret – pourtant américain - peut être intéressant.

En second lieu – et c’est peut-être un propos un brin provocateur - je pense que nous devons nous interroger sur les raisons pour lesquelles il y a lieu d’étudier la littérature européenne : après tout, d’aucuns pourraient penser que le fonds de littérature française est déjà énorme. Pour ma part, je le crois, dans la lignée de la grande conception du cosmopolitisme du XVIIIe siècle : connaître les œuvres des autres pays européens, pratiquer l’échange intellectuel, c’est œuvrer à la fondation d’ une opinion publique commune européenne, établie sur une civilité et une sociabilité élargies, comme on disait au siècle des Lumières. Le dessein est alors politique – au sens ancien du mot : ce qui concerne la Cité. Il s’agit de penser une « cité » plus vaste, plus ouverte. Pour être plus claire – et moins « bas bleu » - disons que saupoudrer l’enseignement de quelques textes européens me semble moins intéressant que qu’organiser une réflexion ouverte, qui les inclut dans un projet.

 

Romain LANCRAY JAVAL

Certains professeurs de français s’inquiètent de l’entrée de la littérature européenne en classes de 1ère et terminales. Pendant des décennies, on a étudié la littérature française à l’école avec le Lagarde et Michard, ou d’autres manuels, parce que le système éducatif français s’était largement constitué après la défaite de 1870. Il y avait un grand enjeu national, idéologique et culturel de défense du patrimoine français, avec le classicisme comme fer de lance.

Mes amis anglo-saxons s’étonnent du fétichisme des Français attachés à leur littérature et se réfèrent pour leur part aux référe nces bibliques. Leur fonds culturel commun est la Bible alors qu’en France, on citera plus volontiers des vers de La Fontaine ou de Molière.

Les professeurs actuels ne défendent pas ce patrimoine de la France éternelle, porteuse de valeurs universelles mais ont d’autres craintes.

En premier lieu, les enseignants qui ont passé le concours de l’agrégation de lettres modernes avec son épreuve de littérature comparée, quelquefois contestée, ont été ouverts aux richesses des littératures étrangères. Par contre, ceux qui reçu une autre formation disent qu’ils connaissent mal la littérature européenne et qu’ils peinent à enseigner ce qu’ils ne connaissent que partiellement.

En second lieu, de même qu’il y a une littérature franco-française, il y a des exercices franco-français, telle l’explication de texte et la dissertation française, qui n’existent pas sous la même forme dans d’ autres pays étrangers. L’explication de texte de 20 lignes, qui reste un exercice d’examen, est difficile à conduire sur un texte étranger.

Enfin, si on travaille sur des littératures européennes, quelle sera la langue travaillée ? Tout ce qui est de l’ordre de l’ancienne analyse stylistique devient évidemment problématique.

 

Eric PORTAIS

Adhérez-vous aux arguments que vous venez de nous présenter ?

 

Romain LANCRAY JAVAL

Je me suis interrogé sur l’intitulé de notre débat : s’agit-il de la place de la littérature européenne aujourd’hui ou de la place qu’elle devrait avoir ?

 

Monique NEMER

Je pense qu’on entendait la « place qu’elle devrait avoir ». Mais comment faut-il prendre la question ? Pour ma part, j’aimerais que ma petite-fille entre dans la culture européenne sous l’égide «  du même et de l’autre » : on se reconnaît quelque chose de commun, et on a des individualités. J’aimerais qu’elle prenne conscience de la richesse des regards croisés – ceux de Morand, de Larbaud, de Cendrars qui ont été des voyageurs littéraires, de l’apport des écrivains « translangues » - Bianciotti, Kundera, Kadaré –  bref de tout ce qui déborde les seules frontières nationales. Et en même temps, qu’elle garde le sentiment d’appartenir à un monde esthétiquement fort, à l’héritage littéraire exceptionnel – et pour cela attirant. Un pays dont la littérature s’enrichit sans cesse d’auteurs qui parlent sa langue mais qui possèdent un imaginaire différent, nourri d’autres références que celle du seul héritage hexagonal, soit parce que, bien qu’écrivant en français, étant français, ils appartiennent à un autre « espace » géographique et mental – je pense aux auteurs des Caraïbes, soit parce que – argentin, tchèque, albanais, pour reprendre les exemples précédents, ils ont choisi la langue et, pour partie, la culture française. Mais déjà là, je sors de la «   littérature européenne »…

Reste qu’il y a de nombreux thèmes littéraires qui autorisent des rapprochements européens – ce sont d’ailleurs les sujets traditionnels de la littérature comparée : les contes - avec

Grimm, Perrault, Andersen. Le thème de la jalousie dans des romans français, italiens, anglais. Ou des sujets moins rebattus : le jeu interculturel dans un texte de Kundera – ou de Montalban ! Quand ils sont de qualité - et il y en a - les grands polars sont de merveilleux et passionnants instruments de découverte d’autres modes de vie et d ’autres lieux.

 

Romain LANCRAY JAVAL

Il doit y avoir des parents d’enfants de dix ans qui ont vu traîner des Harry Potter. Agatha Christie fait aussi partie de la culture européenne.

 

Eric PORTAIS

Je joue les Candide en me demandant si on ne pourrait pas étudier la littérature étrangère seulement après avoir consacré suffisamment de temps à la littérature française.

 

Monique NEMER

Je ne pense pas qu’on puisse dispenser un cours, dans le secondaire, sur le théâtre si on ne parle pas de Shakespeare et Brecht. Je crois profondément qu’on ne peut pas se limiter à la littérature nationale, singulièrement sur les problèmes de genre. En d’autres termes, nous étudions notre littérature nationale sans souligner qu’elle est depuis fort longtemps traversées par des courants d’influences européens. Pour aller plus loin, je dirais que l’alternative n’est plus littérature française/littérature européenne mais, avec un brin d’exagération voulue, littérature européenne de langue française/littérature mondiale.

Alors que se fonde, depuis quelques décennies, l’Europe politique, il y a un paradoxe, ou plutôt un décalage dans le temps : notre vision patrimoniale de la culture européenne est née à une époque, à la Renaissance ou au XVIIIe siècle, où le multiculturalisme était à peu près uniquement « européen ». Aujourd’hui, nous sommes confrontés – et c’est tant mieux ! - à un multiculturalisme qui n’est pas européen mais mondial, et ceci dans le quotidien des écoles, des collèges, des lycées. Le Goncourt des lycéens vient d’être décerné à Kourouma, un écrivain ivoirien. Toute la difficulté est de souligner les continuités dans l’héritage et les disjonctions de la modernité. Une fois encore, le même et l’autre…

Pour terminer, je suis convaincue que dans le secondaire au moins, il faut aller vers les auteurs contemporains – disons du XXème siècle : Italo Calvino, Salman Rushdie, Stefan Zweig. J’ai d’ailleurs remarqué que les enseignants avaient moins de difficultés à intégrer les auteurs étrangers contemporains que français.

 

Eric PORTAIS

Pourquoi ?

 

Monique NEMER

C’est une conséquence un peu perverse de la richesse de notre héritage : est-il « légitime », se demande-t-on, de mettre à côté de Balzac ou Flaubert, Le Clezio, Sollers, Modiano ? La « panthéonisation » est la condition de base de l’introduction des écrivains français «  au programme », et elle est toujours post mortem ! L’implicite est qu’un grand écrivain est un écrivain mort – et on oublie au passage que c’est quand ils étaient vivants qu’ils ont écrit… Or les vivants français sont, si j’ose dire, trop « visiblement » vivants…. On en parle dans les journaux, on les voit à la télé. Pour les étrangers, tout se passe comme si, par cette sorte de compensation du temps et de l’espace qu’on connaît bien, ils étaient moins problématiques parce que plus éloignés. C’est pourquoi il est - hélas - plus facile de faire passer la modernité à l’école par l’intermédiaire des étrangers. J’ajoute qu’il y a pas mal de frilosité dans cette attitude très française : nos collègues étrangers sont beaucoup plus audacieux…

 

Romain LANCRAY JAVAL

C’est le critère éditorial que vous connaissez : on devient important quand on est traduit dans douze ou treize langues.

Des best-sellers ont néanmoins été reconnus sur le plan scolaire : Le parfum, Le nom de la rose.

Umberto Eco me fait penser par ailleurs que certains écrivains européens ont été critiques et ont fourni des instruments de lecture importants. Je ne sais pas si les formalistes russes appartiennent à la littérature européenne mais ils nous ont appris beaucoup de choses pour lire à l’école, de même que la critique marxiste. Certains modes de lecture des textes nous sont venus de l ’étranger.

A lire les programmes des collèges, je suis frappé par l’absence de poètes européens. On peut l’expliquer d’une part par le fait que la poésie est peu étudiée de façon générale - à l’exception de Baudelaire - ; d’autre part, parce qu’en poésie, la traduction pose la question du passage d’un langage à un autre. Je ne trouve pas indifférent que nombre de grands poètes aient été traducteurs. Enfin, les formalistes russes nous ont légué dans les années 60 un grand héritage critique qui a permis de transposer les catégories d’études de récits. Par contre, leur travail de lecture des poèmes n’était pas transposable ailleurs dans l’espace européen, du fait des particularités de la poésie russe.

 

Eric PORTAIS

La poésie est peu représentée de toutes façons.

 

Monique NEMER

C’est vrai que les éditeurs n’éditent pas de poésie, pour des raisons qui ne sont pas simplement esthétiques. Mais il faut aussi reconnaître que ce qui est le plus facilement communicable en traduction, c’est l’argumentation intellectuelle ou le récit classique : l’essai, le roman du XIXe siècle se traduisent sans difficultés insurmontables – même si c’est toujours un travail qui demande une très grande intelligence littéraire. Plus on passe dans la catégorie « lyrisme », dans le discours du « je », plus les implications connotatives deviennent essentielles et plus le travail de traduction devient complexe.

A mon sens, on ne peut travailler, même dans une pure perspective patrimoniale et d’héritage, en méconnaissant ce qu’on doit à Dante, Shakespeare, Goethe et Cervantès…Mais je ne suis pas sûre que ce soit les auteurs les plus propres à donner à de jeunes lecteurs le goût de l’étranger… Si j ’étais professeur en classes de 2nde ou 1ère, je ferais plutôt lire Le baron perché de Calvino, et comme poète, Rilke ... d’autant qu’il a aussi écrit en français !

 

Question de la salle

Quelle est la place qui doit être faite dans l’enseignement aux littératures régionales européennes, basques, occitanes, catalanes, bretonnes… et que pensent faire les éditeurs à cet égard ?

 

Monique NEMER

Quand j’ai parlé de Montalban et son Pepe Carvalho, j’ai dit que c’était le plus européen parce que le plus catalan. J’ai tendance à penser qu’il y a un rapport profond entre le plus régional et le plus européen.

Que font les éditeurs ? Réponse : rien. Sont-ils décidés à faire quelque chose ? Je vous réponds franchement : non. J’assume ce non. Si vous me proposiez de publier chez Stock un roman dans une langue régionale, je ne le ferais pas. En revanche, je serais ravie – et je l’ai déjà fait d’ailleurs – d’en publier une traduction. Je pense que des éditeurs régionaux – et il y en a d’excellents – sont mieux placés pour publier et diffuser dans la langue d’origine. C’est une question de proximité avec le public.

 

Romain LANCRAY JAVAL

J’ai envie de répondre à votre question sur la place dans les programmes de la littérature régionale par une question : êtes-vous pour une régionalisation de l’Education nationale ?

J’ai l’impression en effet que vous semblez souhaiter des programmes spécifiques à chaque région.

 

Monique NEMER

Le problème est de savoir si vous acceptez que la langue régionale soit traduite : s’agissant de la littérature européenne, nous avons parlé exclusivement de traductions.

 

Intervention de la salle

Encore faudrait-il que cette littérature régionale soit éditée !

 

Monique NEMER

C’est le même cas pour tout texte qui n’est pas écrit en français. Ne sont traduites pour être éditées que des œuvres qui ont déjà été publiées dans leur langue d’origine. L’édition directe d’un ouvrage étranger n’existe pratiquement pas – à moins qu’il s’agisse d’une commande, en « non-fiction », ou d’un cas « politico-historique » aussi singulier que celui de Soljenitsyne, qui n’était pas publié dans son pays d’origine pour des raisons que l’on connaît. Encore n’a-t-il pas été publié en russe, évidemment…

En tant que directrice éditoriale de Stock, j’ai beaucoup travaillé avec des auteurs des Caraïbes. La question de l’utilisation du créole a été posée. La réponse est d’autant plus difficile que s’y mêlent des procès d’intention post-colonialistes. Nous avons traduit les textes créoles. Je crois profondément qu’une maison d’édition publie une langue - pas un pays, pas un ensemble idéologique ou politique. Tous les textes arrivent certes d’une source linguistique déterminée, le français, mais aussi le basque, l’anglais, le russe – que sais-je. Mais les éditions Stock, Fayard, Grasset, Gallimard ou Le Seuil sont des maisons d’édition qui publient en langue française. Par vocation, pas uniquement pour des raisons économiques. Et cela ne nie en rien l’importance intellectuelle, la richesse esthétique du basque, de l’anglais, du russe…

 

Romain LANCRAY JAVAL

Concernant les contraintes économiques et les relations école-marché, je signale que l’école est très gênée quand elle doit travailler sur des traductions. Quand on fait travailler sur des textes français, on ne prescrit pas un éditeur. Au contraire, quand on fait travailler sur des textes étrangers, on doit prescrire une traduction. Sinon, c’est ingérable et nous avons connu cette situation quand nous avons introduit Gogol dans les programmes.

 

Monique NEMER

Il me paraît tout à fait légitime de prescrire une traduction, surtout dans les programmes de concours. Aux éditeurs de veiller à la qualité et au renouvellement de leurs traductions s’ils ne veulent pas être exclus de ces choix.

 

Intervention de la salle

Je pense qu’il n’a pas été assez dit que l’ouverture aux littératures étrangères ne devait pas se limiter à la littérature européenne. Je trouve qu’on ne parle pas assez de littérature africaine, ceci d’autant plus qu’on ne peut pas connaître une littérature sans connaître l’histoire du pays.

Je voudrais évoquer l’auteur Cheik An…..qui pose la question de l’appartenance de l’Egypte à un berceau de civilisation nègre.

 

Romain LANCRAY JAVAL

Le programme de seconde s’ouvre à la francophonie. Senghor fait désormais partie des auteurs au programme du Bac.

 

Monique NEMER

Comme je l’ai dit, le pluriculturalisme du XVIIIe siècle était européen, mais celui du XXe ne l’est plus uniquement. Je suis d’accord avec vous : on doit donc intégrer et faire connaître d’autres modalités de la différence.

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