Quelle définition de l’interdisciplinarité ?





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« Territoires »

Les 26 lettres de l’alphabet


Edith Dufaux – Editions L’Inventaire

  1. Quelques observations sur l’album





  • L’objet livre :




  1. La couverture :


Elle représente la lettre G, le dessin de girafes et de drapeaux, de la neige, des ombres : l’illustration semble se poursuivre, faire partie d’un tout.

On peut lire le titre, le nom de l’auteur et de l’éditeur.


  1. Les pages de garde :


On peut y lire une dédicace, le titre, l’auteur, l’éditeur. Pas d’illustration.


  1. La 4ème de couverture :


L’album y est présenté par l’auteur, à déduire car il n’y a pas de signature, seule la typographie est différente de celle du texte signé Brigitte Ouvry-Vial.


  1. Format à l’italienne :


Idée de chemin que l’on emprunte pour circuler dans ce pays imaginaire

  • Contenu :




  1. Page de gauche :


Chaque phrase ou court texte est composé de mots contenant la lettre ciblée en position initiale ou dans le mot.

La lettre est en majuscule d’imprimerie de grande dimension en début de phrase, plus petite dans les mots.

Au-dessus du texte figure un élément de l’illustration de la page de droite.


  1. Page de droite :


C’est une illustration comportant toutes les représentations des mots utilisés dans le texte.

Elles sont réalisées à la peinture.

Chaque page reprend en bordure un élément de la page précédente. On déduit un cheminement dans l’album (puzzle)


  1. Poster :


Les illustrations sont rassemblées et forment un paysage.

L’ordre des lettres de l’alphabet est respecté, le sens conventionnel de lecture aussi.

  1. Quelle exploitation au cycle 2 ?



Projet d’écriture long d’un abécédaire à l’image de « Territoires ».

Période :
CP : le projet sera réalisé pendant les 2ème et 3ème trimestres.

CE1 : 1er trimestre, il permettra de revoir les différentes lettres et les phonèmes correspondants.

C 3 : toute l’année ( en fonction des notions grammaticales visées, abordées en ORL ).
Objectifs :


  • Classer les mots du capital-mots de la classe selon leur lettre initiale

  • Classer les prénoms des élèves de la classe (dans quel territoire tel ou tel élève pourrait-il habiter ?)

  • Ranger les mots dans l’ordre de l’alphabet selon la lettre initiale

  • Ecrire une phrase contenant des mots sélectionnés commençant par la même lettre

  • Ecrire un album à l’image de « Territoires »

  • Au cycle 2 (pour l’avoir vécu), il semble très profitable, pour les élèves, de procéder à une écriture collective en amont ou en parallèle, si on ne veut pas que la production écrite se transforme en une tâche trop complexe et fastidieuse.

  • Au cycle 3, différentes modalités de travail sont envisageables (écriture individuelle, collective, en bînome…).


+ C3 :

  • Cf. unités 1, 2, 3

Exemples :


  • Des mots de liaison (connecteurs logiques et temporels) pour allonger la phrase

  • Des mots pour en dire plus :les adjectifs qualificatifs, les adverbes

  • Des groupes de mots pour en dire plus, la relative, les compléments du nom.



Objectifs grammaticaux :


  • La phrase :



    • majuscule, point

    • ordre des mots

    • phrase affirmative




  • Le mot :



    • accord déterminant/nom

    • a
      + C3 :

      • Cf. unité 7 (le nom)

      • Cf. unité 4, 5, 6
      ccord sujet/verbe

    • accord nom/adjectif



Objectifs d’orthographe :


  • écriture des mots du capital-mots

  • genre et nombre des noms


Objectifs de conjugaison :


  • observation d’un texte au passé

  • écriture d’un texte au passé


Vocabulaire :


  • recherche orale de mots nouveaux, travail de phonologie (mots qui commencent par le son […].

  • recherche dans le dictionnaire.



  • C’est aussi l’occasion d’opérer des classements de mots du type :



Je vois « a »












J’entends [a]



Je n’entends pas [a]




une arène

……….


une autruche

……………




    1. Déroulement :




  1. Lecture de l’album :


Il sera lu intégralement en alternant lecture du texte par le maître et observation des illustrations.

Pour découvrir l’album, il semble intéressant (même si pour l’avoir expérimenté, c’est quelquefois difficile avec de jeunes élèves, plus adapté au cycle 3), de partir des illustrations et de faire une recherche des mots commençant par la lettre du territoire concerné (les élèves énoncent, l’enseignant écrit sous la dictée des élèves)


  1. Observation d’un texte :


Il sera agrandi (affiche ou tableau ou rétro-projecteur). Toutes les observations seront notées :

Typographie : taille des lettres, casse

Lexique : mots contenant tous la même lettre dans un même texte ; jeux avec les mots, inventions d’objets ou d’animaux (Diplodocus à Double-tête)

Phrase : code conventionnel gardé sauf pour chaque lettre initiale qui est en majuscule alors qu’elle devrait être en minuscule.

Lien texte/image : chaque image représente le contenu exact du texte.

  1. Projet d’écriture :


Collectage de mots contenant chaque lettre de l’alphabet

Classement des mots

Rangement selon l’ordre de l’alphabet

Ecriture des textes qui permettront au CP de travailler en 2 temps : rappel des lettres étudiées au 1er trimestre puis écriture de textes au fur et à mesure de l’étude de nouvelles lettres.

Au CE1, l’album se construira parallèlement à la révision des lettres au 1er trimestre.

Utilisation possible du dictionnaire, ou de listes de mots (avec des intrus) faites par l’enseignant, qui permettent d’enrichir le lexique des élèves. On peut aussi envisager des chasses aux mots dans les autres livres et albums de la bibliothèque de classe (ex : chasse aux mots qui commencent par la lettre « A », les élèves les recopient, même s’ils n’en connaissent pas le sens, l’explication se fera ultérieurement avec l’enseignant, éventuellement lors d’un classement des mots en catégories, cf.infra *).

    1. Illustration de l’album par les élèves :


Elle pourra se faire avec des collages d’objets découpés, mis en scène car les représentations sont encore difficiles pour des enfants de cet âge (Cycle 2).

ou

mise en scène d’objets réels + photos numériques

ou

les enfants peuvent décalquer, découper et coller sur un support différent, les « objets » dont ils ont besoin pour illustrer leur production écrite.

C’est peut-être l’occasion de travailler les enluminures, la calligraphie pour une mise en valeur de chaque lettre et ainsi un enrichissement plastique du futur album.
D’autres idées pêle-mêle:
Pour la production écrite, on peut après avoir recensé les 26 territoires (lieux, où se situent les différentes scènes), définir d’autres territoires possibles (occasion de développer le lexique des élèves).
Exemple :


Lettre du territoire

Nom du territoire de l’album

Autres territoires possibles

a A a A

une arène

atlas, abîme, ailleurs, allée….

b B b B

la baie

balcon, boulangerie, bananeraie

c C c C

des canaux

côtes, chenil, cirque, chemin…











Ce qui permet à chaque élève de définir le lieu (le territoire), où va se dérouler l’action, la scène qu’il va imaginer.

*Pour chaque territoire, chercher des mots (commençant par la lettre concernée) en les répertoriant dans un tableau de catégories (affiché dans la classe et proposé comme aide à l’écriture aux élèves en format « classeur »/ « cahier »)

* Exemple :


FAUNE

FLORE

METIERS

OBJETS

l’autruche

un anaconda

l’aigle royal

un albatros

…………..

une anémone

un arbousier

un artichaut

un amaryllis

……………..

un artiste

un aviateur

un acrobate

un acteur

……………….

un avion

un arc

un arrosoir

une armure

……………..


Tableau qui s’enrichit au fil des lectures de la classe (lecture par les élèves / lecture par l’enseignant).
Tous ces mots (noms) ne suffiront pas pour écrire des phrases. De quel « genre » de mots auront nous besoin pour écrire notre livre ?

Des mots pour dire ce que font les choses, les objets, les animaux…. (sous-entendus les verbes), pour dire ce qui se passe….
Reprendre sous forme simplifiée les phrases de l’album, et chercher collectivement les verbes.
Exemple :


  1. Des autruches s’attardaient dans une arène.

  2. Des ballons venaient buter contre ces barrières.

  3. Cinq cloches carillonnaient au centre de cages.

  4. Des diplodocus à double têtes dormaient.

  5. ……………………..


Même opération, classer les verbes dans un tableau.

Même type de travail avec les adjectifs qualificatifs. Si en cycle 2, la terminologie grammaticale n’est pas acquise, il convient de trouver avec les élèves une définition « provisoire » de ces mots (les mots qui servent à dire comment sont les choses, les mots qui expliquent…….).

Il faut faire confiance à l’implicite grammaticale des jeunes élèves et en tirer profit. Se convaincre qu’il n’est pas nécessaire de maîtriser toutes les règles de la grammaire française pour produire des phrases, des textes…pour jouer avec la langue !



On pourrait imaginer la mise en place ( en plus des listes murales), des boîtes images-mots qui serviraient aux élèves lors de la production autonome de phrases, de textes……

Boîte du A, boîte du B…….
Sûrement d’autres pistes à creuser…….la mutualisation des pratiques, des idées viendra enrichir cette modeste réflexion pédagogique.








Un exemple d’exploitation de la première page de l’album en cycle 3
Attentives Aux Anneaux Accrochés A des Arches d’Acier,

(comment sont les autruches ? dans quel « état » ?)
d’Agiles Autruches en Armures Azurées s’Attardaient

(qui ? sujet) (verbe)




dans une Arène Abandonnée.

(où ?)





Attentifs Aux Anguilles Accrochées A des Abaques Aborigènes,
d’Amusants Acrobates Attendaient
dans un Arbre Africain.


Les mots en gras ont été conservés afin de faciliter l’écriture (structure « aidante »).
On repère l’intérêt d’un tel travail d’écriture, qui outre l’enrichissement du lexique, permet de repérer les différents groupes syntagmatiques, oblige le respect d’une syntaxe « littéraire », le respect des différents accords en genre et en nombre, et invite à l’imaginaire…


  • D’autres albums au service de la production d’écrit :




« La mouche qui lit », J.P.Siméon, Rue du Monde

L'ouvrage est un ensemble de fragments de textes originaux, dont on ne

connaît ni ce qui précède, ni ce qui suit. Pierre Siméon, un poète, joue

avec ces textes et avec les mots ; il nous livre un itinéraire de lecture

inhabituel, très ludique pour les élèves. Chaque extrait de texte est

accompagné d’une illustration (photo d’un lecteur avec un livre ouvert à

la page, qui doit correspondre au morceau de texte choisi).


Dans chaque texte proposé, un mot est surligné. Lorsque l’on lit ces mots, les uns derrière les autres, en tournant les pages de l’album, on obtient une phrase : « Un enfant entendit les mots de diamants imaginés par une mouche de bibliothèque. Cette fois-ci, sans hésiter, le gamin affamé se précipita sur le livre de tous les livres. »

On peut inviter les élèves à choisir des extraits de texte rencontrés dans des lectures collectives ou personnelles, en prenant soin de noter les références (auteur, titre du livre, page, édition), puis de les réunir dans un même livre, en y surlignant un ou plusieurs mots par page, afin d’écrire une ultime phrase ou histoire courte. Ce travail en production d’écrit peut être collectif ou individuel, il peut s’accompagner d’une mise en valeur esthétique de la production réalisée lors de séances en arts visuels (Par exemple : le carnet de voyage de mon année de lecture en CM2, en reprenant les lectures faites pendant l’année scolaire).



« L’attrapeur de mots », J.F.Dumont, Albums du Père Castor

En pleine conversation avec des amis, un garçon se fait voler le mot « croche-pattes » par un étrange monsieur muni d’un vieux sac. Intrigué, il se met à suivre l’étrange personnage dans ses pérégrinations. Au fil des rues et des conversations, il l’observe à la dérobée saisir des mots pour en remplir son sac avant de s’en retourner chez lui.
À la nuit tombée, l’enfant découvrira qu’il était parti à la pêche à l’inspiration pour terminer un poème : « Des jours et des nuits que je le cherche, celui-là (…) dans un poème, si un mot ne se plaît pas, il a vite fait de déranger tous les autres ».

Comme le petit garçon du livre on peut proposer aux élèves de commencer une collection de mots : mots nouveaux, mots étranges, mots amusants, mots compliqués, mots familiers, mots étrangers…. Plus tard, cette collection inhabituelle pourra servir à la création poétique, à l’instar de l’attrapeur de mots rencontré dans l’album.



« Se coucher avec les poules, être fort comme un bœuf, poser un lapin, un temps de chien, pleuvoir comme vache qui pisse, donner sa langue au chat…. ». Un album pour comprendre des expressions langagières couramment usitées et entreprendre une production écrite en utilisant plusieurs registres de langage.

« Cette étonnante bibliothèque réunit des couvertures de livres qui n’existent pas, créées pour l’occasion par 20 grands noms de l’illustration (Eric Battut, Quentin Blake, Olivier Douzou, Elzbieta, Aurélia Grandin, Pef….). Derrière chacun de ces titres, une histoire se cache. Au lecteur de la raconter, de l’inventer pour son propre plaisir, pour la partager. »
Collection « L’atelier de l’imagination », un livre qui donne envie d’écrire, d’inventer, de créer…..

On peut proposer aux élèves d’écrire la bibliothèque imaginaire de la classe en partant d’illustrations, de couvertures d’albums, découpées dans des catalogues de maisons d’édition.
Il peut ensuite être intéressant de comparer les productions des élèves et les résumés proposés dans les catalogues.

Cet exercice se révèle également profitable pour initier les élèves à la lecture d’image (lien avec les arts visuels).





  • Lire des albums pour aller à la rencontre de l’histoire :


A partir d’un album inscrit sur la liste ministérielle du cycle 3, « OTTO » ou la biographie d’un ours en peluche de Tomi Ungerer.

Une entrée par les images paraît judicieuse.

  1. Expliquer s'il est nécessaire le titre et les prénoms des personnages.

  2. Visionner les images : Diaporama Powerpoint (voir ci-dessous pour l’obtenir)

  3. Questionner les images pour reconstituer le récit : héros, personnages, narrateur, époque, lieux , actions ...)

  4. Revoir les images pour une lecture plus approfondie. Cette lecture est guidée par un questionnaire. (voir également ci-dessous pour le télécharger)

  5. Texte donné sous forme de puzzle : rendre le texte aux images

  6. Rechercher ce que le texte dit de plus ou de moins que les images (rapport texte/image).

Travail réalisé par l’ONL (Observatoire National de la Lecture)

http://www.inrp.fr/onl/accueil.htm

Le document a été extrait à l’adresse (document intégral):

http://www.inrp.fr/onl/ressources/prolongement/ouvrages/ouvr_trav/otto_tot.htm
Entrées didactiques :

Du côté du livre : énonciation, système des personnages

Du côté du lecteur : se situer dans un système de valeurs

Constellation : Histoire et valeurs

Genre : narrer

Cycle : cycle 3

Entrées didactiques : commentaire pédagogique

S'il évoque des faits historiques dramatiques, le récit se fait volontairement elliptique et délibérément optimiste dans son "happy end". Otto peut être lu dès le cycle 2, mais la lecture de l'album ne trouvera toute son extension qu'au cycle 3. Le jeune lecteur devra trouver une réponse à la question : qu'est-ce que cela veut dire, raconter cette histoire-là par la voix d'un ours en peluche ? Et qu'est-ce que cela veut dire encore, faire don de son ours, le confier à un autre, fût-il l'ami le plus proche ?

Evitons pourtant de prétendre éclairer d'un commentaire préalable les faits évoqués, ne plaquons pas un discours d'adulte sur la "naïveté" de l'histoire racontée. D'abord parce que les jeunes lecteurs trouveront eux-mêmes des éléments de réponse dans le récit rétrospectif que David et Oskar se font l'un à l'autre, une fois réunis. Ensuite parce que c'est à eux de trouver les mots qui désignent la ségrégation, les persécutions antisémites en Europe, les malheurs de la guerre, la brutalité des ghettos noirs aux Etats Unis, ou la misère de certains groupes sociaux.

Le rôle de l'adulte est davantage de proposer, en complément ou en prolongement, des documents qui installent dans une argumentation convaincante le rapport de la fiction à la réalité historique, et qui fassent toucher du doigt le "scandale" que représente l'obligation faite de porter une marque stigmatisante C'est pourquoi nous proposons de donner place à cet album dans une constellation "Histoire et valeurs".

Enonciation

Autobiographie ou récit de vie ? En fait le texte fonctionne comme une "vraie" autobiographie et le lecteur est d'emblée invité à accepter la fiction ici mise en scène d'un personnage non humain qui est aussi le narrateur. "Objet transitionnel" par excellence et personnage de nombreux autres récits (ce qui fonde son acceptabilité), l'ours en peluche est posé comme narrateur de sa propre histoire (ce qui autorise un regard "naïf" sur le monde).

A partir des questions premières : qui parle? qui raconte? et de la définition donnée par le dictionnaire, le concept d'autobiographie est naturellement à construire, d'autant que les enfants ne repèrent pas forcément le sous titre, ni le mode de narration retenu, c'est à dire le récit rétrospectif.

Pour cela, il leur faut prendre en compte les implications du récit autobiographique, en explorer l'inscription dans le texte (par le jeu des pronoms et des temps verbaux), mais aussi dans l'image, en repérant les attitudes qui prêtent vie à l'ours en peluche (cf le jeu des bras, des regards...).

Cette mise en relation des traces dans le texte et des traces dans l'image donne vraisemblance au personnage narrateur, fait accepter le rôle qui lui est confié de conduire le récit, y compris en comblant les manques. La lecture conjointe du texte et de l'image est ici essentielle, et l'intérêt de l'album vient aussi des relectures qu'il rend nécessaires.

Système des personnages

Le système des personnages et le traitement du temps et de l'espace sont apparemment évidents : l'ours en peluche joue son rôle de relais d'un épisode à l'autre, de témoin que l'on passe d'un personnage humain à l'autre. A une scène près, son regard focalise les événements racontés. Et, une fois accepté le retour en arrière sur lequel s'ouvre le récit, l'histoire déroule de manière linéaire la progression temporelle qui mène des jeux de l'enfance aux désastres de la guerre.C'est la distribution des présences et des absences (les personnages qui s'effacent, ceux qui apparaissent, ceux qui réapparaissent, différents de ce qu'ils étaient) qui conduira à comprendre le rôle de l'ours dans la construction du récit.

Pour reconnaître sous les personnages vieillis les amis d'autrefois, les jeunes lecteurs ont à accepter le saut dans le temps et dans l'espace, qui détourne l'attention des premiers personnages, les fait disparaître dans une sorte de trou noir, avant de les faire réapparaître pour boucler le récit. II leur faut donc, et sans trop s'embarrasser encore des faits historiques représentés, faire une lecture qui soit attentive aux échos d'une séquence à l'autre (la machine à écrire par exemple), aux marques du vieillissement sur le corps même de l'ours en peluche (la tache d'encre, les "blessures", les reprises, l'exhibition dans la vitrine au milieu d'autres objets... autant de questions à se poser, de détails dans l'image à observer).

Se situer dans un système de valeurs

L'album est une invitation à porter sur le monde, passé et présent, un regard attentif et vigilant. Pourtant, ce qui fait l'originalité du récit, pour le lecteur adulte : donner à connaître, par les yeux d'un ours en peluche, les faits et méfaits d'une période historique, fera aussi, pour les jeunes lecteurs, la difficulté à comprendre la fiction et en apprécier la portée. L'histoire " privée " dont il est d'abord question (la fabrication de l'ours, cette sorte de naissance, le choix comme cadeau, David et Oskar, les jeux et les blagues des deux amis, Mme Schmidt…) ne débouche qu'à demi-mots sur l'Histoire collective (qu'est-ce que ce " gouvernement " qui impose le port de l'étoile jaune ? de quoi est faite cette " vie très difficile " vécue par les juifs ? qui sont ces " hommes en manteau de cuir " et ces autres en uniforme qui emmènent David et ses parents ? quelle est cette " destination inconnue " vers laquelle ils sont, avec d'autres, emportés ?). L'emblème nazi reste particulièrement discret. L'instance narrative retient savoirs et jugements de valeur. Il y a donc un référent à construire, des connaissances du monde à mobiliser, à réactiver au besoin par le dialogue collectif et les échanges dans le groupe, pour expliciter ce qui est suggéré et accéder à une réflexion lucide. Le livre d'Henry Rousso - Les années noires. Vivre sous l'occupation, Gallimard, collection Découvertes, 1992 - fournit quelques illustrations des mesures d'exclusion : jardins publics " réservés aux enfants ", mais " interdits aux juifs ", magasins désignés comme tels à la vindicte publique, passants dans la rue contraints de porter l'étoile jaune… Otto ne doit pas être lu comme une histoire exclusivement "allemande".

Il ne sera peut-être pas inutile, pour rendre compte de la " normalisation " de l'antisémitisme, de rappeler les termes de l'ordonnance du 29 mai 1942 : "L'étoile juive est une étoile à six pointes ayant la dimension de la paume d'une main et les contours noirs. Elle est en tissu jaune et porte, en caractères noirs, l'inscription "Juif ". Elle devra être portée bien visiblement sur le côté gauche de la poitrine, solidement cousue sur le vêtement".

La lecture d'Otto trouvera un écho dans la lecture d'autres ouvrages, par exemple :

Rose blanche, Roberto Innocenti, Gallimard, Folio Cadet, 1990.
Le temps des mots à voix basse, Anne-Lise Grobety, La joie de lire 2001.
Les enfants d'Yzieu, Rolande Causse, Petit Point Seuil, 1989.

Constellation : Histoire et valeurs

Nous proposons surtout de faire de cet album le centre d'une constellation dont on trouvera le développement sous le titre "Histoire et valeurs". C'est, nous semble-t-il, au prix de ce détour qu'Otto jouera pleinement son rôle d'éveil à des questionnements qui ne renvoient pas seulement au passé de l'Allemagne. "Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes : on devrait le rappeler avant chaque élection", dit Ungerer dans Vracs (Le Cherche-midi éditeur - 2000).

La lecture d'Otto pourra être aussi l'occasion de revisiter les albums de Tomi Ungerer, Flix naturellement, mais aussi les albums antérieurs, le Géant de Zéralda, les Trois brigands, Pas de baiser pour maman, Allumette…, pour apprécier la "morale" du dessinateur, le regard en biais, un rien décapant, qu'il invite à porter sur le monde et sur les histoires traditionnelle.

  • Albums et mathématiques au cycle 2 : les livres à compter.


A partir d’un livre d’art photographique :

« La cité des nombres » par l’approche graphique.


Faisant suit à « Alphabetville », qui a reçu le prix Sorcières en 1997, cet album fonctionne comme un livre jeu. Chaque page présente une peinture ultraréaliste dans laquelle on doit deviner un chiffre caché dans le paysage urbain. La couverture annonce le jeu, Deux corbeilles à papier accolées tracent dans la page le chiffre 8. On demandera aux enfants de faire des hypothèses quant au contenu de ce livre. Les chiffres se succédant dans l’ordre croissant, il est préférable de lire l’ouvrage dans un ordre aléatoire pour ne pas induire les réponses.





Déclinaison photographique :


    1. A partir de cartes postales représentant des paysages (urbains ou pas), l’enseignant demande aux enfants de reprendre ce travail. Plastiquement, il est préférable de les faire travailler à partir de collages réalisés sur fond de paysages, ou d’un montage de plusieurs photographies.

    2. En partant des montages réalisés à partir des 10 chiffres, on peut demander aux enfants de réaliser la suite des nombres par superposition de 20 à 50 par exemple (éventuellement sur calque ou sur transparent, tels les documentaires de chez Gallimard).

    3. Une autre façon de d’obtenir des images est de les mettre en scène dans le paysage et de les photographier.

    4. On peut penser, pour les plus grands, penser à jouer avec les nombres sur l’ordinateur qui est un outil facilitateur pour créer des images à la demande.


A partir d’un livre d’art, « Je découvre les nombres dans l’Art », Lucy Micklethwait, Bayard éditions.

Dans cet album, 20 œuvres d’art, dans lesquelles il y a plusieurs objets, animaux ou personnages à découvrir. Et lorsque l’on aura joué à compter les oiseaux, les cerises ou les étoiles, il restera toujours dans ces images bien d’autres sujets d’observation, offrant à l’enfant l’occasion de faire ses premiers pas dans l’Art.
Une autre façon d’appréhender la géométrie : invitation à créer un parallélépipède avec le célèbre artiste César, à partir de l’album documentaire « Découvre la matière avec César », Editions Du Chêne.


  • Des albums pour une culture artistique :


L’école doit pouvoir compenser les carences du milieu de l’enfant afin que ce dernier acquière des savoirs multiples, notamment dans les divers domaines de la culture. En présentant aux élèves quantité d’objets culturels (albums, tableaux, musique, chanson, cinéma, théâtre..), on augmente les chances que la plupart d’entre eux mémorisent des petits savoirs variés.

A partir d’un album de la collection Réunion des Musées Nationaux, « Les secrets d’Illan », illustrés de 12 œuvres du célèbre peintre Cézanne. L’organigramme suivant propose des pistes d’activités à partir d’une collection de cartes postales représentant des œuvres d’art.



D’autres albums permettent une acculturation précoce de nos jeunes élèves :
« Les tableaux de Marcel », Anthony Browne, Editions Kaléidoscope.

« Panique au musée ! », Didier Baraud et Christian Demilly, Réunion des Musées Nationaux

« Pagaille à la cour », Didier Baraud et Christian Demilly, Réunion des Musées Nationaux

« Chefs-d’œuvre à la loupe », Claire d’Harcourt, Seuil jeunesse-Le Funambule




  • Des albums enregistrés au service de l’éducation musicale :


Quand la poésie ouvre les chemins de la musique, à partir de l’album « Tour de terre en poésie », Jean-Marie Henry, Editions Rue du Monde.




Réédition. Les éditions « Rue du monde » ont la bonne idée de rééditer cette anthologie qui avait connu un certain succès en 1998, ce qui est assez rare pour un album de poésie. Jean-Marie Henry est l’auteur de toutes les anthologies poétiques parues chez « Rue du monde », c’est lui qui est aussi à l’origine de ce remarquable travail de sélection et de publication d’une cinquantaine de poèmes, présentés dans leur langue d’origine et dans une traduction française. Véritable ouverture sur le monde, cette anthologie multilingue nous fait découvrir non seulement les langues les plus parlées dans le monde, mais aussi des langues régionales, ou parlées par une minorité : l’hébreu, le kurde, le touareg, le malgache, le cheyenne… la liste est longue. Les enfants s’amuseront à déchiffrer ces langages venus d’ailleurs et découvriront l’extraordinaire richesse des alphabets du monde entier (russe, chinois, arménien, arabe…), qui pour nous Occidentaux, recèlent une grande part de mystère. Mireille Vautier a parsemé ces pages de dessins d’inspiration enfantine, touches de couleur qui mettent en valeur la disposition du poème sur la page. C’est un très beau travail, qui nous offre un moment de lecture rare.

On pourra proposer aux élèves de dire des poèmes ou des extraits de poèmes, de les théâtraliser, puis de les enregistrer en ayant choisi une musique de fond en lien avec le pays d’origine du poème dit.
En hommage à Mozart et pour célébrer le 250ème anniversaire de sa naissance, « L’arbre qui pleure », raconté par Marlène Jobert.


  • Des albums pour créer des ponts vers l’EPS, initiation aux jeux du patrimoine, entre tradition et culture :


A partir d’un album consacré aux œuvres de Bruegel, « Les jeux d’enfants de Bruegel », de Marie Barguirdjian Bletton, Réunion des Musées Nationaux et « Peter Bruegel, Jeux d’enfants », Editions La Farandole. Ce livre deuxième vient en complément du premier, il permet une recherche plus approfondie sur le peintre lui-même (biographie, lien avec les arts), ainsi que sur les différents jeux, qui sont tour à tour explicités dans leur contexte historique (la Renaissance). Il serait profitable d’avoir une reproduction du tableau de Bruegel dans la classe.

L’enseignant pourra se référer au titre « Les jeux du patrimoine, tradition et culture », collection Essai de réponses, pour une mise en oeuvre pédagogique du module EPS.

Pour une ouverture culturelle, « Jouons avec les enfants de Méditerranée », Cassandre Hornez, Editions Gallimard





Ce livre est le fruit de l’expérience atypique de ses auteurs. Co-réalisateurs d’une émission télévisée pour France 5 sur les jeux d’extérieur du monde, Cassandre Hornez et François Lecauchois nous proposent de revivre leur tour du pourtour méditerranéen hors du commun, à la rencontre d’enfants âgés de 9 à 12 ans.
Dix de ces enfants racontent simplement leur vie quotidienne et décrivent les coutumes de leur pays. Chaque présentation est illustrée de cartes, de reproductions d’objets, de ravissants croquis et de photos, notamment des enfants. Ces portraits instaurent une proximité entre le lecteur et le jeune témoin.
Chacun des dix enfants décrit deux ou trois jeux auxquels il a l’habitude de jouer et explique les règles. Le dépaysement est complet pour le petit écolier français qui apprendra des jeux simples avec Georges qui vit en Syrie, Ruben en Espagne, Joana au Portugal, Agostino en Italie, Sarh en Algérie, ou Fitore au Kosovo. Réunis par le jeu, ces enfants brisent à leur façon les frontières.
L’ouvrage séduit autant par son concept – l’ouverture sur d’autres cultures – que pour la facilité d’exécution des jeux : avec de la ficelle, des pierres et même… des noix dans les cours de récréation, en vacances ou à la sortie des écoles.
C’est une véritable immersion dans le monde de l’enfance à laquelle Cassandre Hornez et François Lecauchois nous invitent dans ce carnet de voyage. Laissez-vous prendre aux jeux !






Bibliographie
(non exhaustive)


Titres

Auteurs

Editions

Lire la littérature à l’école :pourquoi et comment conduire cet apprentissage spécifique de la GS au CM ?

C.Tauveron

Hatier 2002

La littérature de jeunesse à l’école

R.Léon

Hachette Education 1998

Livres et apprentissages à l’école

Collectif

CNDP 2003

A la découverte des documentaires pour la jeunesse

Collectif

CRDP Créteil 2001

Littérature :l’album, cycle 2

L.J. Gombault

Bordas pédagogie 2002

Albums, mode d’emploi (C1, C2, C3)

D.Alamichel

CNDP Créteil 2002

Enseigner le français à l’école

C.Tisset

R ?Léon

Hachette Education 2002

Activités à partir de l’album de fiction : de l’école maternelle au collège

R.Stoeckle

L’école 1995

Littérature :albums et activités artistiques, cycle 1

Nadia Miri

Bordas Pédagogie

Littérature :albums et mathématiques, cycle 2

Nadia Miri

Bordas Pédagogie




Sites internet





http://www.ricochet-jeunes.org/

Site de référence, mis à jour en continu par le Centre International d’Etudes en Littérature Jeunesse. Très riche !!

http://www.citrouille.net

Site réalisé par l’association des libraires spécialisés pour la jeunesse. La parole est donnée aux vrais spécialistes du livre pour enfant, instituteurs, professeurs, libraires, bibliothécaires, auteurs…. Nombreux thèmes d’étude, fiches critiques, dossiers thématiques très riches.

http://www.tomlitoo.com/livres.php3

Choix d’ouvrages important à destination des 0-6ans. Activités et jeux à imprimer.

http.//www.cndp.fr/1001livres/script/

Site classique. Livres sélectionnés s’adressant aux enfants de 2 à 11 ans. Recherche effectuée par thème ou par mot-clé.



A noter : les libraires délivrent gracieusement des catalogues de maison d’édition. Ces catalogues peuvent à la fois être sources pour découvrir de nouveaux ouvrages, bâtir des réseaux de livres et servir de matériau pour créer des montages, qui permettront de fabriquer des jeux de lecture attrayants pour les élèves.


Laurence Cathelin

CPC Châteaulin

Mars 2007


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