RÉformes et révocation en béarn





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RÉFORMES ET RÉVOCATION EN BÉARN


Les répercussions de la Révocation de L’Edit de Nantes au Pays Basque

J.M.OLAIZOLA1

(extrait d’une conférence faite vers 1985, reproduit de « Réformes et Révocation en Béarn, p. 79-85, édition J&D, Pau)2
A l'heure actuelle, on veut faire passer les Basques pour des gens qui auraient toujours été fidèles à Rome et qui n'auraient jamais pensé par eux-mêmes sur des problèmes religieux.

Mais de telles allégations ne reposent sur aucun fondement. La vérité est que le peuple basque a été tardivement christianisé, et que la piété exagérée que l'on observe parfois chez les Basques est le produit classique de la foi des néophytes.

Les idées de la Réforme furent introduites au Pays Basque par Marguerite de Navarre, et par Jeanne III d'Albret (ou de Labrit). Au début, l'action de la reine Jeanne se limita à un appui à ceux qui fuyaient l'intolérance et la persécution catholiques romaines. Plus tard seulement, conseillée par Théodore de Bèze, elle essaya de convertir son peuple à la Réforme.

L'église romaine ne devait pas laisser passer l'occasion de mettre en pratique la politique papale concernant le royaume de Navarre. C'est ainsi que le Duc d'Albe se présenta à Pampelune avec une armée de 6 000 fantassins, 2 500 cavaliers et un nombre à peu près égal de soldats auxiliaires commandés par le Comte de Lérin, traître à son roi et à sa patrie. Cette armée était également soutenue par 20 pièces d'artillerie.

L'attaque fut menée en pleine paix de telle sorte que le royaume basque, le royaume de Navarre, ne put organiser sa défense.

Le roi d'Espagne, Ferdinand II d'Aragon (celui que les Basques appellent "le faussaire") s'appuyait sur une bulle du Pape Jules II, la bulle "Pastorille cœlestis". Ferdinand II d'Aragon et de Castille3 s'empara donc de la Navarre, prétextant que ce pays avait fait l'objet d'une excommunication papale, et le roi légitime dut abandonner sa patrie. La vérité est que la bulle alléguée par le roi Ferdinand II était un faux. Il est évident que le Pape aurait dû excommunier celui qui, abusant du nom de son Eglise, usait de telles méthodes. Bien entendu, il n'en fit rien : ce qui laisse supposer que le Pape fut fort satisfait d'avoir été le complice du vol de la Navarre par le Roi d'Aragon4.

Les Navarrais n'acceptèrent pas la félonie castillane-catholique et, tout en demeurant fidèles à leur religion, ils n'en continuèrent pas moins à obéir au légitime roi de Navarre.

La France, de son côté, se rendit rapidement compte des risques que représentait pour elle l'introduction de la Réforme au Pays Basque. Les rois de France, en tant que ducs du Pays Basque, s'opposèrent à la propagation du protestantisme dans ces terres qui, si elles avaient suivi la Réforme, se seraient trouvées spirituellement séparées de la France. On sait que le futur Henri IV lui-même dut se convertir au catholicisme romain pour échapper au massacre de la Saint-Barthélémy. Mais une fois de retour en Navarre, il réaffirme sa foi en la Réforme. Il laisse sa sœur Catherine de Navarre qui n'avait jamais abjuré le protestantisme, comme Régente du Béarn et de la Navarre, le 4 janvier 1577 (1).

Sous les règnes d'Henri IV et de Louis XIII, le Béarn et la Navarre ont pour religion officielle la Réforme, et c'est justement cette Réforme qui fortifie la conscience nationale de cette terre basque. Nous savons tous qu'au XVIe siècle, il y avait au Pays Basque beaucoup de lieux de culte et de mission avec un total de plus de 26 pasteurs basques. Pour le Béarn et le Pays Basque, il y avait un total de 70 paroisses protestantes et de 75 pasteurs. Et ce n'est pas sans émotion que j'évoque mes ancêtres de l'autre côté de la Bidassoa, passant la frontière séparant les royaumes de France et d'Espagne, pour aller entendre nos pasteurs basques de Basse-Navarre, du Labourd ou de la Soule.

Le roi Très Chrétien de France dut même promulguer un édit par lequel on permettait aux habitants des villes et villages espagnols du Pays Basque de venir assister aux sermons publics des protestants dans le Pays Basque français.

Aussi, les Assemblées Générales de Ordizia (Villafranca) en Guipuzcoa de 1565 se présentèrent devant le Roi Catholique d'Espagne pour lui demander la révocation de cet édit français. Cela provoqua une démarche de Philippe II, par l'entremise de son ambassadeur auprès du gouvernement français, le Duc d'Albe, pour demander la révocation de l'édit en question. Les protestants basques, de leur côté, comme nous le dit l'historien Thnano, publièrent une note dans laquelle ils disaient que l'injustice de la réclamation du gouvernement espagnol provoquerait de graves préjudices au cas où elle serait acceptée. L'impact de cette note (et des considérations qui y étaient développées) fut si fort que la réclamation espagnole ne fut pas prise en compte par le gouvernement français (2)
Le Parlement de Navarre, du fait de sa majorité protestante, était le meilleur appui de la Souveraineté du Béarn et de la Navarre. Et tandis que la Réforme travaille en faveur du Pays Basque et de sa culture, l'Eglise romaine est au contraire une ennemie acharnée de la culture propre au Pays Basque. C'est elle qui insista pour que l'Université d'Orthez fût fermée en 1620, ce qui aboutira à la suppression culturelle du peuple basque. Mais au Sud des Pyrénées, les Cortès de Navarre revendiquèrent une université propre qui s'ouvrit à Pau en 1724.

Le mercredi 17 octobre 1685, le roi Louis XIV signa l'Edit de Fontainebleau, par lequel il révoquait l'Edit de Nantes qui avait été signé par son ancêtre Henri III de Navarre (Henri IV de France).

Rappelons que Louis XIV fut monarque à 5 ans. Sa mère fut régente et gouverna avec le Cardinal de Mazarin qui fut son Premier Ministre jusqu'en 1661, date de la majorité du jeune roi. Ainsi, lorsque Louis XIV signa l'Edit de Révocation, il était majeur depuis 24 ans.

L'Edit de Fontainebleau, qui révoquait l'Edit de Nantes, fut déposé au Parlement de Paris cinq jours après avoir été signé, le 22 octobre 1685. Le 31 octobre, c'est la mort du vieux chancelier Le Tellier, père de Louvois : il avait été le rédacteur des articles de l'Edit de Fontainebleau. L'Edit ne fut pas enregistré au Parlement de Navarre à Pau, car il n'arriva jamais dans notre pays.

Mais avant l'Edit de Révocation, les Nouveaux Testaments en langue basque, ainsi que d'autres livres, avaient été arrachés des mains des fidèles protestants. Ces Nouveaux Testaments avaient été traduits en notre langue millénaire basque par le premier pasteur basque, le grand réformateur du XVIe siècle, Joannes de Liçarrague. Ils furent imprimés par Pierre Hautin à La Rochelle en 1571. Les correcteurs de Liçarrague furent quatre pasteurs basques : le souletin Sanz de Tartas, Tardets également souletin, Jean d'Etcheberry, dit Jean de la Rive né à Donibane-Lohitzun (St-Jean-de-Luz) et Pierre Landetcheberry5.

L'acharnement de la répression fut si terrible qu'il ne resta que très peu d'actes et de documents concernant les atrocités commises à cette époque. Persécutions et tortures furent plus épouvantables que celles qui furent commises pendant les guerres de religion.

Le 4 février 1685, donc huit mois avant la promulgation de l'Edit de Révocation, le Conseil d'Etat supprima le culte protestant dans les quinze églises du Béarn et du Pays Basque où il était encore autorisé.

Beaucoup de fidèles protestants se réfugièrent en Angleterre. Quelques-uns cependant passèrent la frontière du Guiposcoa et de la Navarre-Sud, de telle sorte que beaucoup de Basques d'outre-Bidassoa sont de fidèles descendants de réfugiés protestants (3).

La démolition des églises commença ; les écoles furent fermées. Il ne resta aucun temple dans tout le Pays Basque. La terreur inspirée aux Réformés par les logements militaires était telle que l'annonce de l'arrivée des troupes était parfois suffisante pour provoquer la conversion au catholicisme de villages entiers du Béarn. Mais on n'a aucun témoignage que de pareils "logements de troupes" aient eu lieu en Basse-Navarre, en Labourd ou en Soule.

Cependant, depuis le mois d'avril 1685, la troupe occupait tous les villages et villes du Béarn et du Pays Basque où il y avait des calvinistes. Finalement l'intendant Nicolas Foucault alla réduire notre église protestante basque de Labastide où avait tant travaillé notre grand réformateur Liçarrague. Les troupes se retirèrent du Béarn et du Pays Basque vers le milieu du mois d'août 1685. Foucault lui-même quitta définitivement le pays le 28 du même mois.

La Révocation de l'Edit de Nantes autorisa les tourments et les supplices qui firent mourir tant d'innocents des deux sexes par milliers et ruina tout un peuple. Mais chez un grand nombre de Huguenots basques, la foi évangélique continua à vivre dans leur cœur.

L'édit de Révocation déclarait qu'il n'y avait plus officiellement de protestants en France. Dans son article IV, il prescrivait "à tous les ministres protestants qui ne voudront pas se convertir et embrasser la religion catholique, apostolique et romaine, de sortir de notre royaume et terre de notre obédience, quinze jours après la publication du présent édit, sans pouvoir y séjourner au-delà, ni pendant ledit temps de quinzaine y faire aucun prêche, exhortation ni autre fonction sous peine de galère."

Les ministres basques passent la frontière pour se rendre qui en Hollande, qui en Angleterre, qui en Amérique. Nous savons par exemple que le pasteur Gratien Lafitte, ministre à Bayonne, se réfugia en Hollande. Nous savons aussi que l'unique pasteur basque apostat fut Jacques Magendie et qu'il mourut en exil, mais après avoir fait amende honorable en public. II fut reçu à nouveau dans la communion de notre Eglise Réformée.

Les registres secrets du Parlement de Navarre renferment un certain nombre d'arrêts contre des calvinistes béarnais et basques, hommes ou femmes, pour délit de tentative de fuite à l'étranger.

Jean Loustalot fut arrêté à Donibane Garazi (St Jean-Pied-de-Port) au mois d'avril 1687, fut emmené au château de Pau et condamné le 13 juin aux galères perpétuelles ; enchaîné à son banc, le courageux forçat endura les pires souffrances pour son refus d'abjurer. Conduit à l'hôpital du bagne en 1700 après avoir été mis à la torture, il ne peut se remuer sur son grabat tant ont été violents les sévices endurés.

Nombreux furent, au Pays Basque et en Béarn, les "nouveaux convertis" au catholicisme romain qui, après le simulacre d'une abjuration arrachée par la contrainte, revinrent à leur foi. La preuve en est fournie par les procès faits après leur mort aux corps de ceux qui moururent dans la foi évangélique après avoir refusé l'assistance d'un prêtre romain.

Ceux qui purent aller à l'étranger à la recherche d'une terre plus hospitalière, arrivèrent jusqu'à la ville-sœur de Donostia (St-Sébastien) du port de laquelle ils s'embarquèrent pour la Hollande.

La Hollande était en effet un lieu de refuge particulièrement recherché pour les protestants basques avides de liberté. Parmi les Basques qui s'enfuirent à la Haye, nous trouvons Pierre de la Salle-Treslay, gentilhomme de Labastide, calviniste convaincu et sa femme Tabitha Magendie et leurs enfants, en tout quatorze protestants. Munis d'un passeport du vice-roi de Pampelune, ils arrivent tous à Donostia à la fin de novembre 1689, mais c'est pour tomber dans le plus odieux des traquenards. Ils sont arrêtés par le gouverneur civil de Donostia, mis en prison, dépouillés de tout ce qu'ils portent sur eux et de toute leur fortune qui s'élevait à 3 000 liberak (4). Un mois plus tard, ils sont relâchés à la requête de l'Ambassadeur de Hollande. Embarqués alors de force sur un vaisseau en mauvais état, ils sont ensuite jetés à l'eau où ils périrent.

La persécution des Huguenots basques continua par les supplices et les tortures parmi lesquels le supplice de la roue. Beaucoup moururent en chantant le psaume 34 : "Je bénirai l'Eternel en tout temps. Sa louange sera toujours dans ma bouche. Que mon âme se glorifie en l'Eternel."

Un curé basque fanatique, nommé Suhare voulut, à Osse-en-Aspe, "réduire les infidèles". Inspirateur des poursuites décidées par le Parlement de Pau, il organise lui-même des battues en montagne pour donner la chasse à ceux qui se réunissaient pour prier sur le Bugala et en d'autres endroits isolés. Des familles dénoncées par ses soins eurent à payer de fortes amendes et certaines furent ruinées par les procès qui leur furent faits. Certains tinrent la montagne pendant plusieurs années se cachant ici ou là, mais quand ils tombaient entre les mains du curé Suhare, ils étaient arrêtés.

A la mort de Louis XV, les protestants du Pays Basque et du Béarn et de toute la France mettent leurs espoirs dans l'avènement de son successeur. Ils ne tardent pas à être déçus. En effet, le roi Louis XVI fut guillotiné à Paris le 21 janvier 1793. Il avait rétabli, six ans avant sa mort, en 1787, le droit pour les protestants d'avoir une existence légale par l'Edit de Tolérance qui leur redonnait l'état civil. L'Eglise Réformée commença à renaître au Pays Basque notamment là où elle avait eu le plus de force, à Labastide, dans cette paroisse que dirigea avec tant d'amour le pasteur Liçarrague.

Actuellement, au Pays Basque nord (Pays Basque français), il n'y a que quatre paroisses. Mais au Pays Basque sud (Pays Basque espagnol) dans les régions de Navarre-Sud, Guipuscoa, Alava et Viscaye, mille familles sont protestantes de différentes dénominations.

Ainsi que nous l'avons dit, nombre de protestants se réfugièrent en Amérique du Sud. C'est ainsi qu'on peut y trouver beaucoup de protestants dont le patronyme atteste une origine basque, du Labourd, de la Basse-Navarre ou de la Soule. A ce propos, l'ancien président de l'Académie de la langue basque, Isaac Lopez-Mendizabal, m'a dit qu'un pasteur argentin descendant de ces réfugiés basques lui avait montré une Bible traduite en basque par Liçarrague qui, comme toutes, contenait, entre autre, la Confession de foi de Calvin avec ses 40 articles adoptés par l'Eglise Réformée de France en 1559 et à la Rochelle en avril 1571 par toutes les églises réformées. Elle contenait également la liturgie préparée par Calvin à Strasbourg et à Genève de 1538 à 1549 et qui commença à être utilisée à Genève en 1542. Or, ce livre n'a jamais été catalogué parmi ce qui reste des traductions de Liçarrague et qui sont une quarantaine environ. Mon ancien ami, Isaac Lopez-Mendizabal qui a eu cet ouvrage entre les mains pendant son exil en Argentine est mort à l'âge de 97 ans dans sa ville natale de Tolosa (Guipuscoa). J'avais eu l'occasion de lui rendre plusieurs visites.

Pendant la Guerre Civile, ainsi que me l'a confié le pasteur catalan Manuel Corral, un autre Nouveau Testament de Liçarrague a été brûlé par la "Guardia Civil" ainsi que différents livres qui se trouvaient dans le grenier d'une ferme de Guipuscoa des environs de Tolosa.

En 1821, le pasteur Henry Pyt, né en Suisse, commença à Bayonne une œuvre d'évangélisation trois ans après son arrivée. Il adapta notamment le Nouveau Testament de Liçarrague au dialecte basque du Labourd qui se parle dans la région de Bayonne et ce, avec la collaboration du capitaine des douaniers, le protestant basque Gaïdor. Le pasteur Pyt réussit à faire passer au Pays Basque sud un grand nombre de ces Nouveaux Testaments complets. On adapta d'abord en 1824 les quatre Evangiles, puis en 1828, on édita l'ensemble du Nouveau Testament à l'imprimerie Lamaigner de Bayonne. J'ai le bonheur d'en posséder un exemplaire. Pyt se rendit périodiquement, en personne, au Pays Basque espagnol où il fut le premier à y entreprendre des voyages d'évangélisation. II quitta Bayonne le 18 octobre 1830 et mourut cinq ans plus tard à Paris. Son œuvre à Bayonne fut continuée par le pasteur Nogaret (5).

C'est sur cette belle graine que semèrent les pasteurs Pyt et Nogaret au Pays Basque espagnol que l'église protestante a pu se rétablir dans mon pays, de l'autre côté de la Bidassoa. Mais n'oublions pas non plus l'action des pasteurs presbytériens venus d'Amérique du nord.

Juan-Maria OLAIZOLA
NOTES

(1) Rappelons que, du fait de la conquête par la Castille de la Navarre du sud, l'autorité de Henri IV et de Catherine ne s'étend qu'à la Navarre du Nord (région de Saint-Palais).

(2) Cf. Pabio GOROSABEL, Noticia de las cosas mémorables de Guipuzcoa (tome II, p. 367) Lopez-Mendizabal, Tolosa, 1899. Pabio Gorosabel né à Tolosa (Guipuscoa) le 13.1.1803 et mort à Saint Sébastien le 23.1.1868. Il était historien et licencié es lois. Son épouse remit ses manuscrits à la Deputaciôn de Guipuscoa pour en financer la publication.

(3) Un de ces fidèles qui se réfugia en Angleterre fut Piarres d'Urte né à Donibane-Lohitzun (St-Jean-de-Luz) en 1664. Fils de Jean d'Urte et Marie Campino, il fut capucin et se convertit au protestantisme. Il traduisit en basque la Genèse (en euskara : ETHORQIA) et les deux premiers chapitres de l'Exode (en eusk : ILKHITCEA). En 1717, il partit pour l'Amérique. Ce sont ses livres, que 100 ans plus tard, Nogaret imprima sous de nom de Collerbat. L'anglais Dodgson édita tous les travaux d'Urte à l'Université d'Oxford en 1898, à la Trinitarian Bible Society.

(4) Monnaie basque de l'époque.

(5) Le pasteur Nogaret fut nommé à Bayonne le 9 janvier 1850. Son souvenir est encore vivace dans tout le pays basque tant français qu'espagnol. A l'exemple d'Henri Pyt, le pasteur Nogaret se rendit plusieurs fois en voyages d'évangélisation au Pays basque sud. Par ailleurs, un grand nombre de Basques espagnols qui circulaient de part et d'autre de la frontière le poussèrent à venir rendre visite, chez eux, aux petits groupes protestants de Saint-Sébastien, d'Irun, de Billabonne ou d'ailleurs. Il ouvrit aussi à Bayonne, en 1864, un pensionnat protestant destiné à recevoir de jeunes Basques espagnols de Guipuscoa appartenant à des familles protestantes. Cette nouvelle expérience ne fut pas sans porter de fruits et persista jusqu'en 1895.

Joseph Nogaret était né à Salies-de-Béarn le 20 septembre 1811 et il mourut dans son Béarn natal à 79 ans. Il fit traduire et imprimer pour les Basques, tant français qu'espagnols un recueil de passages de l'Ancien Testament traduits par d'Urte, du Nouveau Testament sous le nom de Collerbat, de l'Evangile de Saint Luc que commanda Georges Borrow à Otei Za, basque du BatZan en 1835-1839 et plusieurs traités en basque.

Connaissant suffisamment bien l'espagnol et le basque pour se faire entendre d'eux, il se rendit parfois au Pays Basque espagnol pour y faire œuvre d'évangéliste. Il s'y fit un grand nombre d'amis Basques espagnols dont plusieurs, grâce à lui, acceptèrent l'Evangile.

Les persécutés d'Espagne trouvèrent toujours asile, appui et protection dans son presbytère. Il y reçut Matamores et ses compagnons d'exil ; et c'est pour les enfants de ceux-ci qu'il ouvrit à Bayonne une "'Ecole pour les persécutés". Enfin il a grandement contribué à l'établissement du culte évangélique à Madrid. Rien de surprenant qu'à son service funèbre, il y ait eu un très grand nombre de Basques venus des deux côtés de la frontière et aussi de toute l'Espagne.

La traduction basque du Nouveau Testament que je possède a appartenu au pasteur Nogaret.
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J.L. DAVANT, Historia del Pais Vasco, Ed. Elkar, Zarautz, 1980.

V. DUBARAT, Documents et bibliographie sur la Réforme en Béarn et au Pays Basque, Pau, 1900.

1 Juan Maria Olaizola ( 1995 environ, à Fontarrabie) fut pasteur de l’église réformée dans le pays basque espagnol. Il participa dans les années 1980 à la traduction œcuménique de la Bible en basque unifié (elizen arteko Biblia « la Bible de toutes les églises », de la Société Biblique espagnole), avec Juan Miller (pasteur aux USA) et Amundarain Dionisio (?). Juan Maria Olaizola est aussi l’auteur d’une thèse en espagnol sur l’histoire du protestantisme au pays basque.

2 Cette mention ainsi que les notes de bas de page sont faites par le transcripteur du document (C.Kirrmann, Anglet, août 2004). Les numéros de référence entre parenthèses (x) sont celles du pasteur Olaizola (voir en fin de document)

3 Ferdinand II d’Aragon (dit le catholique), 1452-1516. Il unifia l’Aragon et la Castille par son mariage avec Isabelle de Castille (1469), fonda l’inquisition (1476), expulsa les juifs (1492) et reconquit Grenade (1492). Cette politique valut au couple royal le titre de "rois catholiques" (Reyes catholicos), décerné par le Pape.

4 La prise de la Navarre date du début du XVIème siècle et est antérieure à la réforme. Quel fut donc le motif « officiel » de la fausse excommunication papale ? (je n’ai pas de réponse)

5 Il y eut sans doute d’autres collaborateurs pour assister le pasteur Jean de Lissarague. Une référence Internet (http://www.bustanobys.com/basqueinfo.htm) cite le pasteur Bustanoby.

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