L’intitulé de notre atelier, Hypoculture et Hyperculture : la babélisation du moi





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Mot clé d’un siècle: la douleur


Le roman ne raconte pas une histoire personnelle. François Cheng essaie de décrire la Chine du 20esiècle à travers la destinée des trois héros. Le mot clé du roman, comme celui de la Chine au 20e siècle, c’est l’exile et la douleur. D’une part, depuis la deuxième moitié du 19e siècle, la Chine est obsédée d’une série d’échecs, et a perdu la confiance de sa propre culture. Pour apprendre les savoirs et les expériences occidentaux, elle s’exilespirituellementvolontiers en laissant tomber sa tradition et accueillir tout ce qui vient de l’autre monde et qui semble pouvoir sauver le pays des misères continuelles. C’est ce qu’on dit : « Appel de l’Occident ».
Appel de l’Occident. Ou plus exactement de l’Europe. Malgré l’atroce drame qui s’y passait, on ne pouvait s’empêcher de l’idéaliser, d’y voir un sol « béni des dieux ». On se familiarisait avec le Rhin et le Danube, les Alpes et les Pyrénées. 65
Son angoisse pousse le pays à l’extrémisme en s’éloignant du juste Milieu de Confucius. Elle est déchirée par des théories sociales et des plans de résurrection, et elle choisit finalement la théorie du communisme pour se sauver. Dans le roman, M. Cheng essaie de représenter la douleur de son pays natal par les parcours de Haolang et Tianyi, qui sont toujours en route de dépaysement, comme l’auteur lui-même.

Donc, la douleur du roman n’est pas uneexpérience individuelle, mais collective, obsédant toujours l’auteur qui la partage. Les trois héros se correspondent aux trois parties. Selon M. Cheng, l’occident se caractérise par la dualité, et la Chine par le Triple66. Yumei est le symbole de la beauté et du bonheur, Haolang et Tianyi sont tous aimés par elle, mais personne ne peut la tient dans les mains. Ils courent après elled’une passion incomparable, mais enfin ils sont tous éloignés d’elle. Qu’est-ce qui les séparent ? D’où vient la tragédie ? Le roman est tragique, mais cette tragédie n’a aucune raison personnelle. Tous les héros romantiques sont d’une qualité admirable, pleins de passion et enthousiasme de la vie. En brève, ils n’ont pas commis de fautes. Bien qu’ils soient ennemis dans le jeu d’amour, ils gardent incroyablement toujours l’amitié profonde.

Leurs misères sont autant émouvantes qu’ils sont totalement innocents. EcrivainLuXun a dit : « la tragédie, c’est ce qu’on fait voir la destruction de ce qui est inappréciable. 67»Le dit de Tianyiest considéré par certains critiques comme un roman d’apprentissage, mais Haolang et Tianyi sont tous physiquement et psychologiquement détruits à la fin. S’ils ont été nourris de l’art et l’esprit traditionnel chinois et occidental, ce qu’ils ont appris ne les protègent pas, mais les pousse à la mort et à l’asile. Ils ont été sur la même route de leurs conducteurs d’esprit, Fu Lei et Sheng Chenghua, qui ont été mentionnés dans le roman.68Ils sont réputés de leur traduction de la littérature française, et ont perdu leur vie dans les mouvements politiques.

Trois parties : symbole de l’histoire moderne de la Chine


Analysons les trois titres des trois parties du roman : « épopée du départ », « récit d’un détour », « mythe du retour ». Le départ n’est pas simplement celui de Tianyi qui va à l’Europe, si l’auteur le nomme épopée, c’est qu’il pense au départ d’une Chine qui commence une époque moderne à travers l’occident. Tianyi, avant son départ en Europe, a rencontré un maître d’art calligraphique qui l’a enseigné tout le secret de la tradition des milles ans : le Dao. Il me faut dissiper un malentendu : ce n’est pas seulement le daoïsme qui cherche le Dao, mais aussi le confucianisme.Le Dao est le concept le plus important pour toutes les écoles chinoises. Avec cette lumière de Dao, il a absorbé l’esprit artistique de l’Europe en France de sa propre manière.

Il y a une contradiction. Tianyiici représente un optimisme sur l’avenir de la Chine, il croit que la tradition va protéger ce pays et le conduit à un futur promis. Son aspiration au futur l’envoie au départ. Il dit :
Je m’inclinai avec gratitude devant son explication en bien des points obscure pour moi. Je retins au moins qu’elle affirmait que rien de la vraie vie ne se perd et que ce qui ne se perd pas débouche sur un futur aussi continu qu’inconnu. Explication dont je me souviendrai lorsqu’en France il me sera donné de lire A la recherche du temps perdu. Contrairement à Proust, j’aurais écrit « A la recherche du temps à venir ». La loi du temps, du moins ma loi à moi, à travers ce que je venais de vivre avec l’Amante, n’était pas dans l’accompli, dans l’achevé, mais le différé, l’inachevé. Il me fallait passer par le Vide et par le Change.69

Ce paragraphe est caractérisé par une espérance approfondie. Comme ce qui est dit à tout à l’heure, son Amante, ce mot est écrit en majuscule, n’est pas simplement une personne, mais le symbole de bonheur et beauté, donc sa vie avec l’Amante, ne sera jamais finie, mais différée et inachevée. Si la révolution représente plutôt l’aspect masculin d’être humain, l’aspect féminin se trouve caché dans le centre de cet enthousiasme.A la fin du roman, quand Tianyi essaie de repeindre l’image de son l’Amante, cette figure et force mythique émerge violemment, Tianyi a ressenti « les échos d’une très lointaine nostalgie dont il(je) ignore l’origine. 70» Les échos ne viennent pas seulement des mémoires de Tianyi, mais des mémoires de l’être humain, de la relation de l’homme et de la femme, et de la civilisation chinoise. Suivant la théorie et Yin Yang, ce qui se trouve en apparence est Yang (masculin), ce qui est caché profondément est Yin (féminin). Donc, si le récit s’arrête à l’histoire catastrophique des années 60 et 70 en Chine, et raconte la destruction des trois jeunes, il laisse une partie à un espoir de futur. Quand l’histoire nous montre son désespoir, l’auteur y cache une espérance délicate mais profonde.

Le titre de Troisième partie est « mythe de retour ». Quel mythe ? Tianyi départ après l’apprentissage de la tradition chinoise, et revient avec tout ce qu’il a appris de l’occident, on constate en lui la fusion de deux cultures splendides. Il revient pour sauver son Amante, il devrait réussir, car il est consolidé par deux grands maîtres, mais il s’est écroulé par les souffrances charnelles et mentales. Il n’est pas mort comme Haolang et Yumei, mais devient fou. Pourquoi ?

Le prénom Tianyi en chinois a deux possibilités : 天一 et 天意。Si je traduis littéralement, la première : Ciel et Un ; la deuxième : la destinée déterminée par le Ciel. La traduction publiée en chinois choisit la première, c’est normal, puisqu’il n’est pas possiblede donner un prénom comme « la destinée déterminée par le Ciel », ce serait trop lourd pour in individu. Mais je crois que François Cheng, quand il lui donne ce prénom, il n’est pas possible qu’il ne pense pas à la deuxième possibilité et signification de Tianyi. La destinée déterminée par le Ciel, c’est un mythe, son prénom est une clé de comprendre comment l’auteur comprend les souffrances historique. C’est un mythe, et selon une expression mythique, c’est le fou qui peut entrevoir et révéler par son délire le mythe de la destinée.

Le mythe ou la question de François Cheng : tout ce qui s’est passé n’est-il que la volonté de Ciel ? Un peuple qui a une longue civilisation brillante apprend une autre civilisation brillante, une telle fusion qui semblait avoir un futur promis a tellement souffert, pourquoi ? Le crime des êtres humains s’est exposé d’une manière excessive quand le peuple chinois est motivé par un enthousiasme de construire un nouveau payspur et idéal. A propos de la Grande Révolution, il y a déjà maintes explications et de discussions sur le jugement, mais, François Cheng n’est pas persuadé, pour lui, c’est toujours un mythe.
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