I. De la didactique du français à la didactique de la littérature La constitution d’une didactique du français et non des lettres dans les années 701





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B. La question du sujet lecteur31


La problématique du sujet lecteur s’inscrit en effet dans la théorie générale de la lecture littéraire comme interaction entre les lecteurs et les œuvres. En 2004, la notion de sujet lecteur ouvertement questionnée au colloque de didactique de Rennes32. En 2007, Le Français aujourd'hui lui consacre un numéro : « Sujet lecteur, sujet scripteur, quels enjeux pour le didactique ? » (n°157, juin 2007).

La question de la subjectivité du lecteur a d’abord été abordée de manière théorique dans la réflexion critique sur la littérature : il s’agissait d’étudier à la fois les stratégies de sollicitation des lecteurs qui animent les œuvres et les reconfigurations des œuvres par l’activité des lecteurs. La réflexion didactique ne s’en est emparée qu’ensuite.

1. L’implication du lecteur dans l’œuvre : une nécessité fonctionnelle de la lecture littéraire


Comme l’écrit Pierre Bayard, « le monde que produit le texte littéraire est un monde incomplet […] où des pans entiers de la réalité font défaut »33 et « Le texte se constitu[e] pour une part non négligeable des réactions individuelles de tous ceux qui le rencontrent et l’animent de leur présence »34. Ainsi, à partir de failles fictionnelles, voire de détails minuscules, des pans entiers de la vie d’un personnage peuvent être « complétés ». La réflexion théorique a donc montré qu’une part de lecture investie existe chez des lecteurs experts, savants, en particulier chez les grands lecteurs que sont les écrivains (Balzac lecteur de La Chartreuse de Parme, Journal de Gide, Journées de lecture de Proust, Journal de lectures d’Alberto Manguel, P. Dumayet, Autobiographie d’un lecteur…)35. Le lecteur, quel qu’il soit, réalise un investissement fictionnel dans l’œuvre tout en affirmant la cohérence « objective » de sa lecture.

  • « Le contenu fictionnel d’une œuvre est toujours investi, transformé, singularisé, par l’activité fictionnalisante du lecteur qui produit des images et des sons en complément de l’œuvre (concrétion imageante et auditive), réagit à ses caractéristiques formelles (impact esthétique), établit des liens de causalité entre les événements ou les actions des personnages (cohérence mimétique), (re)scénarise des éléments d’intrigue à partir de son propre imaginaire (activité fantasmatique), porte des jugements sur l’action et la motivation des personnages (réaction axiologique). »36

2. Une réflexion qui a dû s’affirmer dans un contexte théorique défavorable


En effet, la lecture impliquée est considérée a priori comme dévaluée : traditionnellement, elle est rapportée aux lectures crédules, immédiates, c’est-à-dire enfantines, populaires, non savantes… L’école s’est attachée à endiguer toute tentative d’implication affective des élèves pour les amener à la lecture distanciée de l’expert et du lettré. Il s’agit là d’une tendance de longue durée puisque, pour Lanson déjà, il importait avant tout d’échapper aux caprices du lecteur en atteignant « une connaissance impersonnelle vérifiée » des œuvres37.

En s'appuyant sur différents travaux38, J.-F. Massol et B. Milcent ont mis en évidence, au colloque sur « Le texte du lecteur » (Toulouse, 2008), les relations, souvent d'opposition, qui existent entre la posture lettrée telle que l'exige le commentaire actuel et la subjectivité lectrice :

« Ainsi on peut opposer :

l. la « concrétisation imageante et auditive »39 versus la méfiance de la lecture lettrée pour les ajouts personnels ;

2. les recompositions auxquelles procède le sujet lecteur versus le respect des « droits du texte » dont la découverte est guidée par le lecteur modèle ;

3 la « réaction axiologique » qui amène le lecteur à porter des jugements sur l'action et la motivation des personnages versus l'habitude récente de l'objectivité du regard sur le texte, laquelle empêche de s'intéresser aux personnages comme personnes ;

4. la « cohérence mimétique »40 qui établit des liens de causalité entre les événements ou les actions des personnages versus une conception de l'œuvre considérée dans une intégralité qui suppose d'emblée une pleine cohérence.
L’activité du lecteur conduit à une reconfiguration de l’œuvre lue et à l’établissement de ce que Pierre Bayard nomme le « texte singulier du lecteur ».

Peut-on placer le texte du lecteur au cœur de la didactique de la lecture littéraire ? Une didactique de l’implication du lecteur est-elle possible dans le cadre de la classe ?

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