I. De la didactique du français à la didactique de la littérature La constitution d’une didactique du français et non des lettres dans les années 701





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Quels dispositifs didactiques afin que la classe devienne une véritable « communauté interprétative » ?


  • La confrontation des journaux de bord : journaux de bord tenus à deux ou échangés, journaux de bord préparant les « cercles de lecture » ;

  • La pratique des cercles de lecture : la discussion du cercle de lecture, appuyée sur les journaux de bord d’élèves volontaires, précèdera et préparera la lecture analytique du texte.55

  • La pratique du débat interprétatif : cette pratique, introduite par les accompagnements de programme de l’école primaire en 2002, gagnerait à être étendue dans le secondaire jusqu’au lycée. Le débat pourrait porter sur les points d’incertitude du texte, ceux où l’auteur modèle a mis le lecteur modèle en difficulté ou le questionne, mais aussi sur les valeurs du texte et le rapport des élèves-lecteurs à ces valeurs.


Conclusion

La lecture littéraire se nourrit alors de la pluralité des expériences et s’élabore dans l’intersubjectivité. Sans exiger l’abandon total des intuitions singulières, il s’agit de parvenir à constituer une communauté littéraire où peuvent se partager les lectures et se confronter les interprétations. Ce partage doit se faire dans un retour permanent au texte afin d’enrichir les lectures singulières et de mettre en évidence ce qui peut être commun à tous.
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Annexe : Comment faire place à la lecture subjective pour lire et étudier Madame Bovary en classe de seconde ?

Exemples de dispositifs et analyses extraits du mémoire professionnel de Céline Billouard, stagiaire PLC2, Réhabiliter la subjectivité de l’élève : le « moi » au cœur de la démarche interprétative, IUFM de Grenoble – Université Joseph Fourier, année universitaire 2007-2008.
Extraits de cahiers de lecture sur Madame Bovary

Productions initiales : impressions au cours de la lecture


On relève tout d’abord de nombreux commentaires concernant le style de Flaubert :

Page 87 : La description du cortège me plaît énormément ! Je m’y vois parfaitement, j’adorerais y être. « Cortège uni comme une seul écharpe », j’aime beaucoup la représentation que je m’en fais ! Page 88 : J’aime bien la description du banquet aussi, même si elle donne un peu une impression de bazar. […] Page 144 : « Contrée bâtarde », « sans caractère », « pire fromage »…. Ca n’est pas son [Flaubert] fort de trouver des endroits de rêve ! (Par contre, il a le don de dévaloriser les choses). Page 227 : Il y a trop de descriptions, c’est lassant ! Page 240 : Le discours est vraiment trop long, il y emmêle trop d’idées et ne veut plus rien dire ! Par contre, plus loin, j’aime bien l’entremêlement du discours et du dialogue, mais j’en perds le fil !

Auriane
La description de la pièce montée est comme celle de la casquette : beaucoup trop longue et compliquée pour pouvoir se l’imaginer clairement. Je pense que Flaubert montre ainsi le ridicule.

Jeremy
Il est impensable de lire le début de la deuxième partie. Il est long et ne fait que décrire la ville où Charles et Emma ont décidé d’habiter. Je trouve ces pages d’un ennuyant ! Franchement, je ne vois pas à quoi ça sert de décrire une ville pendant cinq pages. Cette description lasse plus qu’elle n’amuse. Je voudrais bien qu’elle ne s’y trouve pas.

Melissa
Ce premier paragraphe ne me déplaît pas. J’aime beaucoup ce genre de description de petits villages qui nous permet de nous situer dans l’espace de la scène. J’aime bien que Flaubert m’explique pourquoi une rue se nomme ainsi, pourquoi une autre se nomme autrement… Il a l’art de mettre les choses devant mes yeux.

Jessica
Puis, un jeu entre le lecteur et le texte apparaît nettement dans bien des cas. En effet, les élèves aiment à formuler des hypothèses de lecture qui se voient confirmées ou non :

Page 92 : Je crois qu’Emma va avoir une surprise ; le contraste entre sa ferme et la nouvelle maison va, je pense, lui faire un choc (si elle correspond à l’idée que je m’en fais) Page 171 : Emma veut un fils, donc je suis sûre que ce sera une fille ! Page 172 : J’en étais sûre, c’est une fille ! Page 306 : J’ai peur que les rêves de Charles pour sa fille ne soient déçus…. Page 138 : Les dettes vont s’entasser, et ça va mal finir !

Auriane
Plus je m’avance dans ma lecture et plus je remarque des signes qui signifient que Rodolphe n’aime pas Emma. Je pense qu’il va l’abandonner. C’est inévitable car c’est un séducteur. Emma, sois moins naïve enfin !

Madison
Emma n’aura pas su dire à Léon qu’elle était amoureuse de lui, avant qu’il parte pour Paris. Je pense que le regret va bientôt finir par la ronger ! […] Je le savais ! Elle a des regrets ! Il fallait peut-être qu’elle dise à Léon ce qu’elle pensait.

Alice
L’intertextualité occupe également une place non négligeable dans les journaux d’élèves :

Emma me fait penser à Armande (Les Femmes Savantes) : Léon l’aimait, elle le savait mais faisait comme si de rien n’était. Et maintenant qu’il est parti, elle se plaint !

Marie
« Leurs yeux se rencontrèrent » : j’ai reconnu le passage de L’Éducation sentimentale, mais c’était alors pour une rencontre, pas un départ.

Auriane
[…] Ca me rappelle l’histoire de Melle de Chartres : sa mère lui avait appris à se méfier des hommes, que l’amour est dangereux et n’apporte pas la tranquillité, qu’elle ne pouvait compter que sur elle-même… Malheureusement, toutes ces mises en garde l’avaient détruite. Pour Emma, c’est tout le contraire, elle vit dans l’illusion en ce qui concerne les hommes mais son destin sera encore plus tragique.

Cloé
Certains rapprochements relèvent visiblement de ce que Vincent Jouve nomme « la subjectivité accidentelle », et les élèves eux-mêmes semblent en avoir conscience :

Quand on a vu avec Auriane « Louise de La Vallière » (page 97), on a bien rigolé parce qu’on regarde un manga qui s’appelle Zero ne TsuKaima et que l’héroïne s’appelle Louise de La Vallière ! Enfin bref, ça n’a rien à voir avec Madame Bovary mais il faut exprimer ses impressions, alors je les exprime !

Alice
Page 147 : Ce moment où l’on parle du cimetière me rappelle, même si c’est un peu anachronique, un passage de Sleepy Hollow, un film de Tim Burton, que j’avais étudié en cours (en quatrième).

Inès
Plus caractéristique encore est l’influence que peut avoir la société moderne sur la lecture. C’est d’ailleurs avec beaucoup de dérision et d’humour que certains élèves en parlent :

Quand il [le Suisse] dit que la statue avait décoré la tombe de Richard Cœur de Lion, le nom de celui-ci m’a fait rire parce qu’il m’a fait penser au fromage « Président cœur de Lion » (Oui, j’ai de drôle d’idées qui me traversent l’esprit, surtout quand il s’agit de la publicité télévisée !). Ca m’a fait encore rire quand le fiacre passe à Saint Maclou, sauf que là, ça fait référence à un magasin de tissu à Bourgoin ! C’est marrant comme un nom peut nous faire penser à des choses qui n’ont rien à voir avec le livre.

Alice
Enfin, les élèves en viennent inévitablement à établir des liens, des parallèles entre l’œuvre lue et des pans de leur histoire individuelle :

Charles me fait penser à mon grand père ; oui, parce que je sais qu’il aime ma grand-mère mais tout comme Charles, il passe son temps à travailler avec les animaux, dans les champs, c’est-à-dire qu’il n’est pas souvent présent près de ma grand-mère. Il pense que ce n’est pas nécessaire, mais si ça l’est. En fait, Charles me fait un peu penser à une personne âgée qui croit déjà qu’il n’a déjà plus rien à vivre, alors que Emma elle, c’est tout le contraire.

Alizé
Comme je suis une fille, je dirais que j’ai les mêmes pensées qu’Emma à propos de l’homme parfait. Bien sûr, je n’ai pas cherché le garçon de mes rêves dans les livres, mais j’ai également idéalisé l’amour.

Léa
« Un insaisissable malaise » (page 106) : J’aime beaucoup cette phrase car elle me rappelle ce que j’ai vécu il n’y a pas longtemps : c’est une espèce de malaise qui est présent mais dont on ignore la cause exacte, ni pourquoi il est là, ni comment s’en débarrasser.

Karine
J’ai trouvé, en ce début de roman, une fine partie de moi, surtout en ce qui concerne Charles Bovary. Son arrivée dans un village nouveau, une école nouvelle, me ramène quelques années en arrière où moi-même je suis arrivée en Isère, dans un nouveau village et une nouvelle école. Même si les années et même les siècles nous séparent, ce jeune homme me fait penser à moi, quelqu’un de timide et réservé.

Gaëlle
Enfin, le dernier type de remarques qui revient de manière extrêmement récurrente dans les cahiers de bord relève de ce qu’il convient d’appeler des « jugements de valeur ». Les personnages, notamment Charles et Emma, et leurs comportements, ont fait couler beaucoup d’encre :

Emma m’énerve ! Comment peut-on être « girouette » à ce point ! C’est, pour moi, inimaginable d’être comme elle ! On ne peut pas changer de sentiment du jour au lendemain. Elle est lunatique. Elle représente le genre de personne que je ne porte pas dans mon cœur.

Grégory
Charles a beau être un homme gentil, il reste néanmoins quelqu’un d’inintéressant ! Il ne sait rien faire ! Il faut dire qu’il a eu des parents indignes. Il est vraiment naïf de croire qu’Emma est heureuse !

Marion
M. Homais est un homme rempli de « trop ». Il est trop orgueilleux, trop pédant et surtout trop anticlérical, je ne lui reproche pas de ne pas aimer l’église mais il le manifeste tellement souvent qu’il en devient ridicule et fatigant !

Nicolas

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