On a longtemps méprisé les écrivains qui, entre la Pléiade et la première moitié du xviie siècle, sont restés étrangers à l’élaboration de l’idéal classique. On





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date de publication28.10.2016
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LE BAROQUE

On a longtemps méprisé les écrivains qui, entre la Pléiade et la première moitié du XVIIe siècle, sont restés étrangers à l’élaboration de l’idéal classique. On les traitait encore récemment d’«attardés ou égarés».Leur redécouverte a permis de déterminer chez ces auteurs indépendants certains traits communs. C’est en ce sens qu’on a pu les qualifier de «baroques», terme réservé initialement aux arts plastiques jusqu’au début du XVIIIe siècle.

Le mot baroque (barroco en portugais) est un terme de jouaillerie pour désigner une perle irrégulière. Dans le vocabulaire courant, le mot baroque évoque aussitôt quelque chose de péjoratif : «bizarre, choquant, biscornu, étrange, excentrique, insolite, irrégulier» (le Robert). Et les mots «maniérisme» et «roccoco» qu’on lui associe renvoient toujours à des défauts

L’ESPRIT BAROQUE EN LITTÉRATURE : le baroque est caractérisé par l’exubérance de l’imagination et du style : comme l’architecture baroque fuit la ligne droite (ex. les colonnes torses), de même, la littérature baroque est un art du mouvement qui s’ingénie à surprendre le lecteur par ses enchaînements d’images, par le goût des contrastes et des jeux sur les mots, par des visions souvent symboliques aux couleurs violentes, horribles ou au contraire idylliques, par la métamorphose des formes (ex. au théâtre, goût des pièces à machines). C’est le règne de l’inattendu (ex. apparition au théâtre du personnage de Don Juan), des jeux de miroirs, du chatoiement des surfaces (celles des éléments : eaux, neige, glace, nuages - celles des bêtes : papillons, oiseaux), de l’attirance pour l’ostentation (ex. le héros cornélien).Cette originalité des artistes se manifeste par un souci moindre des auteurs anciens, par une plus grande indépendance de pensée : pour certains, tentation du «libertinage» (intellectuel).Les ébranlements causés par la Réforme, par les guerres continuelles, par les grandes découvertes (astronomie) vont accentuer dans les esprits l’obsession de l’inconstance et de l’inconsistance de tous et de tout. L’univers gît dans une corruption dont seule la «grâce divine» peut retirer ceux qu’elle a choisis (influence de saint Augustin sur l’esprit baroque). La littérature, par ses formes, traduit cette vision tourbillonnante du monde.

Même si le baroque se caractérise, au sens large, par un rejet des contraintes et une propension à l'exubérance, il n'a jamais existé d'école baroque et nombre d'écrivains, Corneille en tête, furent baroques avant d'être classiques. Schématiquement, on peut dire que le baroque est la tendance dominante de la première moitié du 17ème siècle (même si le courant est né vers 1560-1570) tandis que le classicisme est celle de la seconde moitié. Les figures et thèmes récurrents qui définissent l'esthétique baroque ne seront analysés qu'à partir de la moitié du 20ème siècle. Le courant baroque fut un mouvement à dimension européenne, qui envahit toutes les sphères artistiques (arts plastiques, architecture, musique...). En Italie, le baroque a succédé au classicisme.

La sensibilité baroque est fondée sur l'instabilité, l'inquiétude et le doute. Ces sentiments agités trouvent leur origine dans cette période de l'Histoire de France où les guerres de religion successives et la Fronde ébranlèrent les certitudes et les savoirs traditionnels. De cette instabilité et cette inquiétude naquirent le goût du courant baroque pour le mouvement. En littérature, ce goût du mouvement se traduit par l'abondance des scènes d'action tandis que l'architecture l'exprime dans les formes mouvantes (volutes, arabesques). Le détour, autre forme du mouvement, est un des fondamentaux de la littérature baroque. Les romans héroïques et les tragi-comédies se perdent en circonvolutions et en digressions excessives. L'intrigue n'est jamais simple et le détour linguistique des périphrases très prisé. Parmi les éléments, l'eau, le plus mouvant et le plus inconstant d'entre eux, tient une place privilégiée dans l'imaginaire baroque, en particulier dans la poésie.

Les thèmes

On retrouve la prédominance des sentiments d'instabilité, d'inquiétude et de doute dans les thèmes chers au courant baroque :

  • Inconstance amoureuse

  • Vanité de l'homme

  • Folie

  • Règne du hasard et de la Fortune (le sort)

  • Jeu de l'illusion (procédés récurrents de mise en abyme, interventions du monde onirique, jeux de miroir, personnages déguisés, métamorphoses prodigieuses...)

  • Illustration de la précarité de la vie (éléments naturels éphémères : bulle, fleur, fumée...)

  • Eau

  • Obsession de la mort

Les figures de style

Si l'utilisation de nombreuses périphrases traduit le goût du détour, d'autres figures de styles expriment l'attirance du courant baroque pour l'exubérance des formes :métaphores, antithèses, hyperboles et paradoxes se succèdent afin de surprendre le lecteur.

La pointe, trait d'esprit placé en fin de texte, destiné à étonner et à charmer le lecteur, témoigne également du penchant du baroque pour le spectaculaire.

Le théâtre

Le baroque s'affirme par le refus des contraintes. Sa revendication permanente de liberté se manifeste par un affranchissement par rapport aux formes classiques et aux usages littéraires traditionnels. Le baroque ose mêler genres et tonalités antinomiques : au théâtre, il privilégie la tragi-comédie, sous-genre hybride qui traduit parfaitement l'ambivalence de la vie. La pastorale, autre genre emblématique, apparaît au début du 17ème siècle et utilise largement les procédés de l'illusion : déguisements, magie, métamorphoses, jeu de la Fortune, péripéties extraordinaires...

Le théâtre, à la frontière de l'illusion et de la réalité, est le genre le plus à même d'incarner parfaitement la sensibilité baroque qui perçoit la Vie comme une vaste scène théâtrale où tout est illusion. Le hasard et la violence règnent en maîtres dans les aventures mouvementées de la tragi-comédie baroque : incestes, viols, suicides, actes de torture, vengeances ne sont plus des sujets tabous.

Les auteurs

Agrippa d'Aubigné (Les Tragiques)
Cyrano de Bergerac (L'Autre monde
Saint-Amant (La Solitude)
Corneille (L'illusion comique)
Théophile de Viau (Élégie à une dame)
Tristan L'Hermite (Amaryllis : pastorale)
Honoré d'Urfé (L'Astrée)

La Ceppède










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