La littérature béninoise de langue française des origines à nos jours





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PANORAMA DU ROMAN BENINOIS


Par Adrien HUANNOU

Les premiers écrits des auteurs béninois parurent au début du 20ème siècle dans des organes de presse locaux ou étrangers. La presse écrite a vu le jour avant la littérature d’écriture française proprement dite. En effet, alors que L’Echo du Dahomey, premier journal privé édité dans la Colonie du Dahomey et Dépendances, a été lancé le 23 juillet 1905, le premier ouvrage véritablement littéraire béninois n’a été publié qu’en 1929 : c’est L’Esclave, premier roman de Félix Couchoro, premier roman béninois, ouvrage fondateur de la littérature béninoise d’écriture française ; c’est dire l’importance historique évidente de ce livre.

I. La place du roman dans la littérature béninoise


Le roman est le genre prépondérant, le genre le plus représentatif de la littérature béninoise. En effet, c’est d’abord à des romanciers que celle-ci doit d’être connue au plan international. Les écrivains béninois les plus étudiés et dont les œuvres ont bénéficié des analyses les plus approfondies sont des romanciers : Paul Hazoumé, auteur de Doguicimi, premier roman historique négro-africain en langue française ; Olympe Bbêly-Quenum dont L’Initié10 (1979) apporte une solution fort intéressante au problème du conflit des cultures né de la rencontre de l’Afrique noire avec l’Occident ; Félix Couchoro, le plus fécond des auteurs béninois, puisqu’il a publié vingt romans.

Si l’on excepte Au pays des Fons (Us et coutumes du Dahomey)11 de Maximilien Possy-Berry-Quenum, qui n’est pas un ouvrage littéraire au sens strict, mais un essai, Doguicimi est la première œuvre de la littérature béninoise qui ait reçu un prix important (le Prix de Littérature Coloniale, 1938) et un accueil unanimement favorable de la part de la critique internationale. Doguicimi est aussi la première œuvre littéraire béninoise publiée en traduction anglaise aux Etats-Unis d’Amérique ; ce qui lui ouvre un nouvel espace de vie, un espace immense en raison de l’importance numérique du public américain et des publics « satellites ».

Les œuvres les plus significatives au regard de l’histoire littéraire, celles qui ont marqué les étapes les plus importantes de l’histoire de la littérature béninoise écrite, sont presque toutes des romans : L’Esclave, Doguicimi, l’Initié, Les Tresseurs de corde12 de Jean Pliya en tant qu’il est le premier roman du courant « anti-révolutionnaire » (c’est-à-dire franchement critique vis-à-vis de la « révolution » béninoise du 26 octobre 1972), Fleur du désert13 de Jérôme Carlos qui est le premier roman polyphonique béninois et où les ressources de l’intertextualité sont exploitées dans une proportion et avec un art jamais atteints dans la littérature négro-africaine d’écriture française, Mo gbé - Le cri de mauvais augure14de Moudjib Djinadou, première œuvre littérature béninoise à développer de façon fort originale et intéressante le thème du SIDA et celui du trafic de drogue en les liant très intimement. Ajoutons que c’est le roman (en tant que genre) qui nous offre la peinture la plus éloquente de la « révolution » béninoise.

A l’heure où la question de la promotion de la femme dans tous les domaines de la vie sociale est plus que jamais d’actualité en Afrique, il est intéressant de noter que la première femme écrivain béninoise de naissance dont l’œuvre ait connu une diffusion internationale est une romancière : Gisèle Hountondji, auteur d’Une citronnelle dans la neige15 (ou Ken Bugul, auteur du Baobab fou16 si l’on prend en compte l’abondante et riche production de cette dernière, Béninoise d’origine sénégalaise dont l’œuvre écrite porte l’empreinte culturelle évidente de la société sénégalaise).

II. La « renaissance » du roman béninois et de la littérature béninoise

L’année 1986 constitue une étape importante dans l’histoire de la littérature béninoise dans la mesure où elle marque le début de la « renaissance » du roman béninois et de la littérature béninoise en général, qui se caractérise par l’accélération du rythme de parution des œuvres, c’est-à-dire par la publication d’au moins un roman d’auteur béninois tous les ans ; citons : Les Tresseurs de corde, Une femme dans la lumière de l’aube17 et Mangalor 18de Barnabé Laye, Mariage impossible19 d’Apollinaire D. Zodékon, La Kola brisée 20 de Blaise Aplogan, Fleur du désert de Jérôme Carlos, Où est passée Fatimata ?21 de Dominique Titus, Mo gbé : le cri de mauvais augure et Mais que font les dieux de la neige ?22 (1993) de Moudjib Djinadou, Quand les dieux s’en mêlent23 de Jules Nago, Le Discours d’un affamé24 d’Edgar Okiki Zinsou, Les appels du Vodou25 d’Olympe Bbêly-Quenum, Suuru26 d’Orfeu Adji Challa, Un enfant dans la guerre27 de Florent Couao-Zotti, etc.

L’examen de cette production romanesque appelle les observations suivantes : il y a parmi ces romanciers plusieurs auteurs relativement jeunes ayant beaucoup de talent et dont les débuts prometteurs nous font espérer qu’ils pourront assurer valablement la relève des « anciens ». Moudjib Djinadou, un de ces jeunes talents, aborde un thème tout nouveau : le SIDA perçu non seulement comme une maladie, mais surtout comme un phénomène social ; ce qui prouve que les jeunes ont un rôle important à jouer dans le renouvellement des thèmes et, donc, dans le développement de la littérature.

Trois au moins de ces jeunes auteurs, Moudjib Djinadou, Edgar Okiki Zinsou et Florent Couao-Zotti, nous ont été révélés par des concours organisés au Bénin : le premier a été primé aux premiers Concours Nationaux des Arts et des Lettres (1988) pour un roman encore inédit, le deuxième a obtenu le premier du roman aux mêmes concours ainsi que le Prix Littéraire Paul Hazoumé (1988) avec son roman Le discours d’un affamé ; le troisième a remporté le premier Prix du concours ACCT de littérature africaine pour enfants, édition 1996 ; pour ces auteurs, ces concours ont joué un rôle de catalyseur, de stimulant, en suscitant ou en raffermissant leur vocation d’écrivain.

Ce qu’on peut appeler la génération montante ou les « jeunes espoirs » de la littérature béninoise se compose de romanciers au talent évident : Jérôme Carlos, Moudjib Djinadou, Florent Couao-Zotti.

Parmi ces romanciers des années 80-90, on remarque la présence d’un auteur de romans policiers : Dominique Titus, qui continue avec bonheur une tradition inaugurée chez nous par Félix Couchoro dans les années 60. Ce fait mérite d’être souligné dans la mesure où les écrivains africains répugnent, semble-t-il, à pratiquer le roman policier qui a pourtant un lectorat sûr en Afrique.

Enfin, il y a parmi ces romanciers des transfuges de la poésie ou du théâtre : Jérôme Carlos et Barnabé Laye, poètes, et, surtout, Jean Pliya, auteur dramatique bien connu grâce à ses deux pièces de théâtre, Kondo le requin28 et La Secrétaire Particulière29, considérées désormais comme des classiques du théâtre africain. La venue au roman de ces auteurs qui ont fait leurs premières armes dans d’autres genres pourrait s’expliquer par cette sorte d’attrait puissant que le roman exerce à la fois sur les écrivains, sur le public et sur les critiques : le roman apparaît comme le genre qui offre à l’écrivain les plus grandes chances de succès auprès du public et des spécialistes, le genre qui conduit le plus sûrement à la gloire et à la consécration ; un romancier a beaucoup plus de chances d’être lu qu’un poète ; le roman et la nouvelle sont, en Afrique, les deux genres les plus lus.

Au plan sociologique, on observe dans cette production des années 80-90 au moins trois orientations : la critique plus ou moins sévère de la « révolution » béninoise, la critique des mœurs et la crise et la quête identitaires. Nous y reviendrons.
III. Les sources d’inspiration et la typologie du roman béninois.
Les sources d’inspiration du roman béninois sont très variées ; ce sont : la tradition orale dans Doguicimi et Le chant du lac d’Olmype Bhêly-Quenum, etc., l’histoire du peuple hébreu, (telle que racontée dans l’Ancien et le Nouveau Testaments) dans Fleur du désert, etc., la société béninoise sous la colonisation dans L’Esclave, Amour de féticheuse30 et Drame d’amour à Anécho31 de Félix Couchoro, Un piège sans fin32 d’Olympe Bhêly-Quenum, et L’Initié33 etc., la société béninoise postcoloniale ou néocoloniale (1960-1972) dans Quelle tempête ravage mon âme !34 d’Eustache Prudencio, etc., la société béninoise sous la « révolution » (1972-1990) dans Les tresseurs de corde, Une femme dans la lumière de l’aube, Mangalor, Fleur du désert, Les sanglots politiques (1995) d’Edgar Okiki Zinsou, etc., d’autres sociétés contemporaines dans Une citronnelle dans la neige, La kola brisée, Le Discours d’un affamé, Un enfant dans la guerre de Florent Couao-Zotti, etc.

Comme on le voit, le roman béninois est profondément enraciné dans le passé et le présent de la société béninoise qui est sa source d’inspiration essentielle, le terreau dans lequel elle a germé et où elle puise sa nourriture. Toutes les étapes de l’histoire du Bénin sont représentées, explorées ; aussi, peut-on suivre l’évolution de cette société – de ses mutations politiques, idéologiques et socioculturelles en lisant les romans dans un ordre donné.

Mais l’on constate aussi que les romanciers n’ont pas tous et à tout moment les yeux braqués sur leur société. Ils s’intéressent à d’autres sociétés, à ce qui se passe dans d’autres pays : l’Afrique du Sud dans La Kola brisée et Le discours d’un affamé, le Libéria dans Un enfant dans la guerre (ou Charly en guerre), la France dans Une citronnelle dans la neige, etc.

On peut donc affirmer que si la littérature béninoise est nationale et même nationaliste par son contenu sociologique, elle est en même temps ouverte sur le monde.

On peut, schématiquement, répartir les romans béninois en douze types ou espèces : le roman de mœurs ou roman social (ainsi appelé parce qu’il étudie les hommes dans leurs classes sociales) est illustré par L’Esclave et Mo gbé-Le cri de mauvais augure ; le roman historique (qui fait revivre des personnages et des époques de l’histoire), par Doguicimi ; le roman sentimental (qui raconte une aventure du cœur), par Amour de féticheuse, Drame d’amour à Anécho et d’autres romans de Félix Couchoro. L’Esclave est le type même du roman satirique, puisque la critique sociale en est une dimension importante ; on doit y rattacher Amour de féticheuse, Un piège sans fin, Le chant du lac et L’Initié ressortissent au roman philosophique (appelé aussi roman d’idées ou à thèse) dans la mesure où la volonté d’exprimer des idées et d’énoncer une thèse est évidente dans ces trois œuvres. Le chant du lac et Suuru ressortissent à deux espèces très proches qui se confondent presque : le roman fantastique et le roman merveilleux  la première se caractérisant par l’irruption brutale de l’irrationnel, du mystère dans le cadre de la vie réelle, la seconde, par l’intervention d’êtres surnaturels dans la vie réelle. Sont des romans pour enfants : Un enfant d’Afrique35 d’Olympe Bhêly-Quenum et Un enfant dans la guerre. Une citronnelle dans la neige (ou Le baobab fou) est le premier roman autobiographique béninois. Les Tresseurs de corde, Une femme dans la lumière de l’aube, Mangalor, Fleur du désert et Les sanglots politiques sont des romans politiques (ou politisés), puisque la diégèse y est très largement axée sur la description des institutions et des mœurs politiques et sur la peinture de la classe politique ; par ailleurs, l’intention satirique y est évidente.

Fleur du désert n’est pas seulement un roman politique ; il est aussi un roman psychologique, car l’analyse des sentiments et des états de conscience y occupe une place importante.

Où est passée Fatimata ? de Dominique Titus et d’autres récits du même auteur satisfont pleinement à la définition du roman policier, « roman dont l’intrigue repose sur une enquête criminelle. »

Un dernier type retient particulièrement notre attention, par son caractère novateur, original, il est illustré par Mais que font donc les dieux de la neige ? de Moudjib Djinadou ; il consiste à prendre pour « matériau » une étape de l’histoire nationale du Bénin, mais en la falsifiant de façon à créer une sorte de « contre-histoire » nationale, par exemple en racontant que la France a été colonisée par le royaume d’Abomey. Faute d’une terminologie appropriée et consacrée par l’histoire littéraire, nous avons provisoirement dénommé ce type: roman « d’histoire fiction » ou « de fiction historique ».

Cet essai de typologie appelle quelques remarques : un roman peut appartenir à plusieurs espèces ; ainsi en est-il de Fleur du désert, du Chant du lac, de L’Esclave, etc. Quoi de plus normal ! Un bon roman n’incarne-t-il pas toujours plusieurs espèces ? Cette typologie est applicable à des œuvres appartenant à d’autres genres, sous réserves de quelques réajustements. Ainsi, au roman historique répond le théâtre historique (avec Kondo le requin de Jean Pliya, Danhômey de Maurice Mêlé, Le trône vacant d’André Pognon ; le théâtre satirique (avec La Secrétaire particulière de Jean Pliya)

Bien que rapide, ce coup d’œil sur le roman béninois en a fait apparaître quelques grands thèmes (que nous allons étudier ci-après).
IV. Les romanciers béninois témoins de leur temps
Jouant pleinement leur rôle de témoins de leur temps, les romanciers béninois ont, depuis toujours, abondamment développé le thème de la critique sociale, notamment la critique des institutions et des mœurs politiques.

Dans les œuvres publiées avant 1945, ceux qui n’approuvaient par la colonisation ont dû modérer leurs critiques contre le système, pendant que d’autres chantaient les bienfaits de la colonisation. C’est ce qui apparaît dans les œuvres des écrivains de la première génération : Félix Couchoro et Paul Hazoumé. Ainsi, dans ses trois premiers romans, Félix Couchoro exalte les bienfaits de la colonisation et apparaît comme un défenseur de « l’œuvre civilisatrice » de la France au Dahomey et en Afrique. Cependant, il apporte un démenti formel à la thèse raciste de l’inculture de l’homme noir. Dans Doguicimi, Paul Hazoumé justifie la colonisation par la bouche de son héroïne, Doguicimi. Mais en en même temps, il s’inscrit en faux contre la thèse raciste selon laquelle les peuples noirs auraient été, avant la colonisation, des peuples sans cultures : il montre que le royaume du Danhômè a connu avant l’ère coloniale une brillante civilisation.

Ecrivain de la deuxième génération, Olympe Bhêly-Quenum a eu une position plus radicale et plus ouvertement critique vis-à-vis du système colonial. Dans Un piège sans fin il dénonce vigoureusement les méfaits de la colonisation.

La critique sociale est l’un des traits dominants de la littérature béninoise écrite entre 1960-1972. On l’observe aussi bien dans le roman et la nouvelle que dans les pièces de théâtre, dans les poèmes et dans les essais politiques. C’est ce que confirme une rapide étude du Chant du lac. Dans ce roman, Olympe Bhêly-Quenum dénonce les haines et les luttes « intertribales » et « interrégionales » qui ont , plus d’une fois, conduit le Dahomey au bord de la guerre civile, le caractère démagogique des campagnes électorales, le verbalisme révolutionnaire inopérant des intellectuels, etc. Le romancier dresse également un réquisitoire contre les croyances et les religions traditionnelles : pour lui, les dieux du panthéon béninois et négro-africain sont de faux dieux et ne doivent pas être l’objet d’un culte ; ils sont féroces et mortels alors que le vrai Dieu (le Dieu d’Israël) est bon, clément et éternel par définition. Les grands prêtres de la religion des dieux du lac et le sorcier Djessou dans L’Initié personnifient la face négative du phénomène initiatique en Afrique noire ; ils font un usage néfaste, funeste des secrets qu’ils détiennent. Signalons ici, cependant, que l’attitude d’ Olympe Bhêly-Quenum a beaucoup évolué entre la publication du Chant du lac et celle des Appels du Vodou. Servant de transition entre ces deux romans, L’Initié présente à la fois les deux visages contraires – positif et négatif – des religions traditionnelles et du phénomène initiatique négro-africains. Quant aux Appels du Vodou, on y lit une appréciation franchement favorable de ces mêmes réalités

Au lendemain du coup d’Etat militaire du 26 octobre 1972, le nouveau gouvernement proclame la « révolution » et invite les écrivains, les chanteurs et autres artistes à contribuer au développement et au succès du processus « révolutionnaire » par leurs œuvres. Les écrivains ont répondu de manière diverse à cet appel du pouvoir ; les ouvrages publiés entre 1972 et 1990 se répartissent en trois catégories. Ainsi, sont dans la première catégorie les oeuvres directement inspirées par la « Révolution » et qui se veulent des contributions au développement du processus « révolutionnaire ». Il semble qu’aucun roman publié n’appartient à cette veine. Entrent dans la deuxième catégorie les oeuvres qui n’ont aucun rapport avec le processus « révolutionnaire » en cours : leurs auteurs adoptent une attitude de neutralité vis-à-vis de la « révolution », ils ne la soutiennent ni ne la critiquent. On trouve ici Quelle tempête ravage mon âme ! d’Eustache Prudencio. La troisième catégorie comprend les œuvres qui contestent la « Révolution », critiquent la politique du gouvernement ainsi que les options idéologiques prises par l’Etat et le Parti de la Révolution Populaire du Bénin. Ce courant critique, apparu après 1980, est illustré principalement par Les Tresseurs de corde, dont suit une brève analyse.

Ce roman raconte l’histoire d’une révolution africaine qui a presque toutes les caractéristiques de la « révolution » béninoise : la cruauté, le sectarisme, le terrorisme idéologique, le mensonge, la corruption… L’action se passe dans une république imaginaire d’Afrique noire appelée le Bokéli qui a adopté comme philosophie politique le « victorisme ». Le gouvernement et le parti unique du Bokéli présentent le « victorisme » comme un guide infaillible. Le « victorisme » ressemble étrangement au marxisme-léninisme béninois. Tout dans ce roman rappelle le Bénin « révolutionnaire » : les idées et l’idéologie professées par la classe politique, les institutions et les mœurs politiques (corruption, favoritisme, népotisme, sectarisme, terrorisme idéologique), la pratique sociale des dirigeants politiques à tous les niveaux, le climat social caractérisé par une insécurité générale, etc. Des dirigeants politiques, le romancier dresse un portrait très sombre. Le lecteur avisé sait que sous le nom de Bokéli, le romancier désigne le Bénin sous la « révolution ». Le bilan de la « révolution », tel qu’il le présente, est nettement négatif : la « révolution » n’a pas atteint les objectifs qu’elle s’est fixés, c’est-à-dire la prospérité et le bonheur du peuple et l’abolition des inégalités sociales. Au contraire, le peuple (le monde rural en particulier) est devenu plus pauvre et plus malheureux ; les dirigeants politiques se sont enrichis, tandis que le peuple s’est appauvri davantage. En un mot, la « révolution » a échoué.

Dans Une femme dans la lumière de l’aube et Mangaor de Barnabé Laye et Fleur du désert de Jérôme Carlos, le régime « révolutionnaire » du Bénin est montré sous le même jour.
V. L’exclusion sociale et la marginalité
Ce double thème est à mettre en relation avec l’actualité nationale et internationale. En effet, la question des « Sans domicile fixe », celle des immigrés indésirables et des « Sans papiers » retiennent l’attention et sont d’actualité aussi bien en Afrique qu’en Occident. S’agissant en particulier du Bénin, le sort des « enfants placés sous tutelle » ou vendus préoccupent les pouvoirs publics, les organisations internationales telles que l’UNICEF et autres ONGs nationales, qui mènent une lutte acharnée contre ce « phénomène ». Tous participent activement à une véritable croisade qui vise, d’une façon générale, à protéger les enfants contre la maltraitance et toutes les menaces qui pèsent sur eux, à faire connaître et respecter leurs droits spécifiques. Le combat contre la stigmatisation dont pâtissent les sidéens mobilise également les énergies des structures privées et des instances gouvernementales et intergouvernementales.

De question sociale, économique et politique, l’exclusion sociale et la marginalité sont devenues un thème important de la jeune littérature béninoise. Dans le roman béninois, plusieurs catégories de personnages sont des exclus, des marginaux ou des marginalisés : les sidéens, les « enfants placés sous tutelle » ou « confiés ». Moudjib Djinadou a innové en faisant du SIDA le thème structurateur de son roman pathétique Mo gbé – le cri de mauvais augureet en le liant intimement à un autre sujet d’actualité : le trafic de drogue entre l’Afrique noire et l’Europe. Ce roman raconte les mésaventures de Mo gbé, héros du récit. Arrêté et incarcéré en France pour trafic de drogue, Mo gbé a contracté le SIDA à cause des sévices de deux homosexuels avec qui il a partagé la même cellule. De retour au Bénin, il est rejeté par tout le monde (parents, amis, etc.) et sombre dans la folie. Telle est l’histoire tragique de Mo gbé, garçon de course d’un richissime « Aladji » de Porto-Novo (capitale administrative du Bénin).

En donnant un tel contenu à son œuvre, le romancier nous oblige à voir en face certains aspects honteux de notre société, que nous préférons ignorer : il nous rappelle que la drogue et le SIDA sont des maux réels, ici et partout ailleurs. Il stigmatise nos attitudes négatives vis-à-vis des personnes atteintes du SIDA : le rejet et le reniement du malade par sa famille et sa mise au ban de la société. Il nous invite à avoir vis-à-vis de ces personnes une attitude positive faite de respect, de fraternité et de solidarité.

Par ailleurs, le romancier jette un regard incisif et impitoyable sur la société porto-novienne. Il présente une peinture savoureuse et caustique des milliardaires de Porto-Novo et des milieux d’affaires de cette ville ; il nous apprend (ou nous rappelle) que la plupart des « Aladji » fortunés qui se bousculent sur le chemin de la Mecque et invoquent mille et une fois le nom d’Allah tous les jours sont loin d’être les saints qu’ils veulent paraître : leurs immenses fortunes sont souvent constituées d’argent sale, l’argent provenant du trafic de la drogue ou obtenu par des voies criminelles. Dans ces milieux, tout se vend et tout s’achète, l’argent est la valeur suprême, la seule référence valable.

Mo gbé – Le cri de mauvais augure est une œuvre intéressante non seulement par son contenu sociologique, mais aussi par l’art de conter mis en œuvre (l’utilisation du rêve prémonitoire comme technique narrative) et par la coloration typiquement béninoise de la langue.

Adélaïde Fassinou est la romancière béninoise qui s’est penchée avec le plus d’attention et de constance sur le sort des « enfants placés sous tutelle » ou « confiés » ; elle y a notamment consacré deux ouvrages que l’on peut considérer comme des romans pour la jeunesse : Yèmi ou le miracle de l’amour36 et Enfant d’autrui, fille de personne37. Elle traite ce thème de façon pédagogique et idéaliste en montrant des familles d’accueil exemplaires qui accueillent et traitent les filles qui leur sont « confiées » avec humanité, bonté et beaucoup d’amour : Yèmi, l’héroïne du premier roman, bénéficie jusqu’au bout de ces bonnes dispositions ; elle est bien intégrée dans sa famille d’accueil. Dans le second roman, Kèmi est bien traitée par sa tutrice (Ananou) qui la considère comme sa propre fille et son « bras droit » au point de lui confier la gestion de sa maison et de ses affaires. Kémi a mené une existence heureuse dans la maison de sa tutrice jusqu’à l’arrivée de Dodji, nièce de cette dernière, une « nièce sortie de nulle part », « véritable calamité », qui a juré de remettre Kèmi à « sa véritable place » qui est celle d’une « étrangère », d’une « enfant d’autrui, fille de personne »…

Alors que les sidéens et les « enfants placés sous tutelle » sont, malgré eux, victimes de l’exclusion, le personnage du criminel s’exclut et se marginalise lui-même par ses actes et ses comportements nuisibles. Ce personnage est présent « depuis toujours » dans le roman béninois : il s’appelle Mawoulawoè dans L’Esclave, Kakpo Djimètri dans Amour de féticheuse, Djessou dans L’Initié, etc. Il arrive que pour nuire le criminel emprunte des voies occultes, mette en scène des forces occultes, utilise des recettes magiques. Cet aspect du personnage est très intéressant, car il nous introduit au thème du fantastique, traité depuis plus d’un demi-siècle dans maintes œuvres romanesques, en particulier dans celles d’Olympe Bhêly-Quenum38, mais rarement étudié. Dans la jeune littérature béninoise, Gaston Zossou est le romancier qui a le plus développé ce thème ; c’est ce qu’il fait, abondamment, dans ses deux romans, La guerre des choses dans l’ombre39 et Ces gens-là sont des bêtes sauvages40. Ce qui n’est certainement pas fortuit ; cet auteur semble, dès le départ, avoir fait le pari et pris l’option d’explorer de long en large le fantastique négro-africain dans sa dimension mystico- magique et de dépayser ainsi le lecteur profane en l’immergeant dans les mystères insondables de l’Afrique noire. La belle image  des « choses dans l’ombre » désigne à la fois les sciences occultes, la « magie noire », les forces occultes matérialisées dans et par les gris-gris et autres amulettes et mises en branle par des incantations et des gestes codifiés. Les protagonistes de La guerre des choses dans l’ombre se servent de ces armes secrètes pour nuire, tuer sans laisser de trace.
VI. La crise et la quête identitaires
La crise et la quête identitaires forment ensemble l’un des deux thèmes centraux de Fleur du désert (l’autre étant l’exil). Si l’écartèlement d’un héros entre l’Afrique et l’Europe est un thème classique de la littérature négro-africaine, Jérôme Carlos le développe avec un sens du tragique bien rare, conférant au mal une profondeur et une acuité nouvelles.

Transplantés dans une société blanche (la société européenne) dès leur tendre enfance, deux Négro-africains, Eko-So-Meka (un garçon) et Tine-Kame (une fille), ont assimilé et vivent pleinement la culture blanche, la seule culture qui leur soit vraiment familière. Cependant, leur héritage culturel ancestral demeure vivant au fond d’eux-mêmes, leur « être profond » reste nègre.

En retournant dans son pays natal, Tine-Kame va à la rencontre de cet être profond qu’elle sent confusément au fond d’elle et avec qui elle veut, enfin, se réconcilier ; elle refuse d’être un pur produit de la civilisation occidentale. C’est pour retrouver « (ses) racines les plus profondes, la culture qui (lui) donne une identité et (la) différence » qu’elle retourne au pays natal.

Contrairement à Tine-Kame, Eko-So-Meka refuse de vivre sa différence : il a commis la grave erreur de vouloir gommer entièrement sa négritude pour devenir un Blanc par l’esprit et par les manières, et même par la couleur de la peau ; ce qui n’est pas possible, car « l’on n’échappe jamais à son être profond ». Confronté depuis à un « problème aigu d’identité », Eko-So-Meka a choisi la mauvaise solution qui est une voie sans issue. Ce choix lui a été fatal : il l’a conduit à la mort sociale, antichambre de la mort biologique. La leçon qui se dégage de cette histoire tragique, c’est qu’il ne faut jamais renier son identité, son être profond ».

La question identitaire est abordée dans tous les romans de Ken Bugul, mais surtout dans Riwan ou le chemin de sable41, dernier élément de sa trilogie autobiographique. La narratrice homodiégétique de ce roman n’est autre que Ken, l’héroïne du Baobab fou et Marie Ndiaga dans Cendres et braises42. Dans ces trois œuvres, Ken Bugul met l’accent sur l’importance vitale de l’identité : un individu n’est rien quand il n’a pas une identité bien définie ; le reniement de soi conduit à la perte de soi, à la mort sociale ; l’idéal, c’est de rester soi-même tout en s’ouvrant aux autres. Contrairement à ce que l’on observe dans Fleur du désert, la crise connaît un dénouement heureux chez Ken Bugul.
VII. L’intertextualité dans le roman béninois
En terminant cet aperçu général du roman béninois par une réflexion sur l’intertextualité, nous voulons montrer que cette question revêt autant, sinon plus d’intérêt que les analyses thématiques classiques relevant presque toujours de la sociocritique et qui forment la quasi totalité des études consacrées à la littérature négro-africaine d’écriture française. L’ouvrage qui se prête le mieux à cette réflexion est Fleur du désert, roman dans lequel un soin tout particulier est apporté à l’écriture et où, nous l’avons dit, le recours aux ressources de l’intertextualité est plus évident que dans n’importe quel autre roman négro-africain d’écriture française ; ce côté novateur mérite d’être souligné.

Le texte abonde en souvenirs et en réminiscences littéraires dont ceux de la Bible (considérée ici comment une œuvre littéraire) ne sont pas les moins intéressants à étudier. Les souvenirs du Pentateuque, en général, et de « l’Exode », en particulier, y sont aisément décelables : l’analogie entre l’exode des bannis de la plaine bienheureuse et celui du peuple hébreu est assez évidente pour qui connaît la Bible. En outre, en raison des nombreuses difficultés qui balisent le chemin de l’exil suivi par les bannis da la plaine bienheureuse, le narrateur le compare implicitement au « chemin de la croix » suivi par Jésus-Christ ; ainsi, il qualifie de « première station sur le chemin d’un long calvaire » (p. 13) la première halte observée par les bannis de la plaine bienheureuse. Ce n’est pas hasard si le narrateur emploie le terme « rédemption » (p. 24) pour désigner la fin de l’errance des bannis de la plaine bienheureuse ; « rédemption » est un terme biblique : c’est le rachat du genre humain par Jésus-Christ, le Rédempteur par excellence.

En outre, l’un des protagonistes de Fleur du désert porte le prénom de Jésus. La décision des parents de ce Jésus d’envoyer leur fils au séminaire, afin qu’il devienne prêtre, est comparée à l’attitude d’Abraham prêt à sacrifier Issac à Yavhé. De ce Jésus, le narrateur dit : « Il grandit ainsi en âge et en sagesse… » (p. 48). Cette phrase est une variante des deux phrases suivantes relevées dans l’Evangile selon Luc : « Il (Jésus) grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse » et « Jésus progressait en sagesse et en taille ». Dans certains textes bibliques, on trouve : « Jésus grandissait en âge et en sagesse ».

D’autres phrases ou membres de phrases sont transposés, tels quels ou légèrement modifiés, des Evangiles dans Fleur du désert ; ainsi en est-il de « Si la graine ne meurt…» (p. 63). L’image de la graine qui doit mourir pour renaître sous la forme d’un baobab est, de toute évidence, inspirée, sinon tirée d’une parabole employée par Jésus-Christ. En employant cette image, le Jésus de Fleur du désert imite le vrai Jésus. Les existences de ces deux personnages sont, du reste, semblables sur plusieurs points. En somme, ses souvenirs de la Bible sont nombreux dans Fleur du désert ; le romancier n’a pas cherché à les cacher…

On relève aussi des souvenirs de la théorie des « correspondances » énoncée, entre autres, dans le poème « Correspondances des Fleurs du mal de Charles Baudelaire. Pour le montrer, nous allons mettre en parallèle un extrait du poème « Correspondances » et un passage de Fleur du désert. Voici les deux premières strophes du poème :

« La nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin en loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »

(Souligné par nous)

Et voici comment le narrateur décrit un « spectacle sons et lumière » auquel les bannis de la plaine bienheureuse assistent dans un canyon :

« Le cœur du monstre déroulait une architectonie qu’aucune main humaine n’eût pu organiser…

L’écho, chœur fantomatique issu des profondeurs abyssales déployait ses ondes impalpables. Au milieu des stalactites et des stalagmites, impressionnant chapelet d’orgues et de piliers qui encadrait une procession surréaliste…

Un chant s’éleva comme une prière dans cette cathédrale vivante. Les voix se rejoignaient, se croisaient, se chevauchaient, se confondaient, s’unissaient. » (p. 10 ; souligné par nous).

Dans ce passage, le narrateur énonce d’une autre façon la même théorie formulée dans « Correspondances ». Si dans le poème la nature est un « temple » avec de « vivants piliers », dans le roman elle est une « cathédrale vivante », ce qui revient presque au même. La dernière phrase du passage narratif cité et la deuxième strophe du poème expriment à peu près la même unité profonde des divers éléments de la nature, mais l’idée est plus complète dans le poème. les mots « piliers » et « écho » dans le texte narratif répondent aux mêmes mots dans le poème ; de même, « chœur », « chant », « prière » et « voix » dans le texte narratif répondent, tous ensemble, à « paroles » dans le poème ; « s’unissaient » répond à « l’unité », « confondaient », à « confondent » et se rejoignaient, à « se répondent »,etc.

Lorsque le romancier écrit : « Comment ceux qui n’ont inventé ni la poudre ni la boussole, ont-ils su pourtant dompter et faire breveter la faim… » (p. 150), non seulement il reprend mot par mot le célèbre vers d’Aimé Césaire « Ceux qui n’ont inventé la poudre ni la boussole », mais encore il exprime à peu la même idée de souffrance que l’auteur de Cahier d’un retour au pays natal. Il y a dans le Cahier plusieurs refrains ou leitmotive : « Au bout petit matin », « dans cette ville inerte », etc. ; de même, nous avons relevé plusieurs refrains dans Fleur du désert43. La parenté dans l’écriture entre le poète et le romancier est incontestable.

Lorsque l’auteur de Fleur du désert écrit : « J’accuse ! Oh, là, on joue les Zola ? » (p. 149), il fait évidemment allusion au pamphlet d’Emile Zola intitulé J’accuse.

L’expression « la tragique parenthèse de sang » employée à la page 12 de Fleur du désert fait penser à la pièce de théâtre de Sony Labou Tansi, La Parenthèse de sang.

Des allusions à d’autres œuvres littéraires existent dans Fleur du désert.
En guise de conclusion
De 1929 à 2008, le roman, genre prépondérant de la littérature béninoise, aura été marqué par son réalisme constant, son enracinement dans le passé et dans le présent de la société béninoise qui est non seulement le terreau où il germé, mais aussi la principale source d’inspiration des écrivains, encore que ces derniers n’aient pas les yeux braqués à tout instant sur leur nation et ses problèmes. Toutes les étapes de l’histoire nationale sont explorées et exploitées par les romanciers. On peut suivre l’évolution de la société béninoise, de la période précoloniale à nos jours en lisant les romans dans un ordre donné.

Si les romanciers sont préoccupés d’être les témoins de leur temps, d’attirer l’attention de leurs concitoyens sur les problèmes de la nation, leurs œuvres rendent compte de leur souci de prendre en compte les exigences esthétiques de la création littéraire.

Adrien HUANNOU
BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE : ETUDES CRITIQUES

AMELA, Y. E. Amèlavi, « Un piège sans fin ou l’enracinement culturel d’Olympe Bhêly-Quenum », pp. 53-62 in Olympe Bhêly-Quenum : l’Appel de l’Afrique des profondeurs (Mélanges offerts à Olympe Bhêly-Quenum), Cotonou/Dijon, GRELEF/Centre Gaston Bachelard, 2000.

HUANNOU, Adrien. La littérature béninoise de langue française : des origines à nos jours. Paris, Karthala/ACCT, 1984.

Id. Essai sur L’Esclave, roman de Félix Couchoro. Cotonou, Ed. ABM, 1987.

Id. Doguicimi de Paul Hazoumé (Ed. avec Robert MANE), Paris, L’Harmattan, 1987.

Id. « Littérature africaine et exclusion sociale », pp. 97-105 in Adrien HUANNOU (Ed.), Littératures, Art et Société, Cotonou/Paris, Ed. du Flamboyant/Agence Intergouvernementale de la Francophonie, 1999.

KANE, Mohamadou. « Le réalisme de Doguicimi », pp. 31-49 in Doguicimi de Paul Hazoumé, op. cit.

KANGE EWANE, Fabien. « Doguicimi : une approche de l’histoire » pp.49-57 in Doguicimi de Paul Hazoumé, op. cit.

MEDEHOUEGNON, Pierre. Olympe Bhely-Quénum : idéologie et esthétique, thèse de doctorat du 3ème cycle, Université de Dakar, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, 1979.

Id. « Olympe Bhêly-Quenum entre l’animisme et le christianisme », Notre Librairie, N° 69, mai-juillet 1983, pp. 51-57.

Id. « Littérature et art de couvent chez Olympe Bhêly-Quenum », pp. 49-70 in Adrien HUANNOU (Ed.), Littératures, Art et Société, op. cit.

Id. « Olympe Bhêly-Quenum : de l’initiation africaine à la franc-maçonnerie », pp. 63-78 in Olympe Bhêly-Quenum : l’Appel de l’Afrique des profondeurs (Mélanges offerts à Olympe Bhêly-Quenum), op. cit.
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