L’invention de l’imprimerie est une revolution





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Fantaisie = En Moyen français = « Objet que forme l’imagination », puis « goût passager », et « chose peu utile mais agréable ».

Caprice = à l’époque classique, dérèglement de l’esprit.

Revalorisé par les romantiques : « œuvre d’art inspirée par le génie et s’écartant des règles ordinaires ».

L’artiste serait donc celui qui ne respecte pas les règles, qui a du « génie » et de l’imagination, et qui privilégie l’agréable à l’utile. Il se différencie du prêtre, nous dit Hugo, car pour l’artiste, ce qui importe c’est le Beau, l’objet du culte (autel) est au service du Beau, alors que pour le prêtre, le Beau est au service du culte (vitraux).

La religion, c’est le « mystère », c’est-à-dire ce qu’il y a d’inexplicable dans la religion, ce qui est caché. C’est aussi un genre dramatique médiéval d’inspiration religieuse et qui mettait en scène les épisodes de la bible. C’est sûrement un des aspects qu’Hugo refuse : l’art au service du culte.

C’est également le « mythe ». Cette remarque est étonnante car Hugo use de nombreux mythes, des nombreuses fables, de références mythologiques et bibliques. (Hugo préfère inventer ses mythes ?)

C’est la « loi », ici Hugo évoque ses prises de positions par rapport aux règles du théâtre classique (Préface de Cromwell 20: règles du théâtre classique : unité de temps et de lieu, cohérence, bienséance)

Cette définition demande à être revue car elle est imprécise. Référons-nous à l’ouvrage de Paul Bénichou, Les mages romantiques21. Il renvoie à la préface de 1829 des Orientales où Hugo affirme qu’il n’y a pas de sujets interdits en art et que la liberté n’est pas synonyme de futilité. (ce n’est pas l’art pour l’art, ils lui en ont d’ailleurs voulu ; ce n’est pas non plus l’absence de règles ou de loi, Hugo en énonce d’ailleurs dans bon nombre de ses préfaces)
- Le peuple est-il écrivain ?

A plusieurs reprises, Hugo parle du « génie populaire », du Peuple artiste. Comme nous l’avons évoqué plus haut, il ne s’agit pas d’affirmer que tout le monde est artiste. Mais il ne semble pas y avoir de présélection. De plus, tout le monde participe à l’histoire de l’humanité et à la mémoire collective. Hugo écrivain rejoint ici Hugo poète : le Peuple est idéalisé mais cela correspond aussi à une prise de conscience que l’Histoire des nations, des peuples est le fait de chaque individu. C’est pourquoi Hugo peut affirmer que « chaque race écrit en passant sa ligne sur le livre » (l.220)

Nous venons de voir que Hugo s’intéresse de près aux questions sociales. C’est ce qui explique le rôle du Peuple dans son œuvre. En effet, Hugo est persuadé que : « Quand on creuse l’art, au premier coup de pioche on entame les questions littéraires, au second les questions sociales . »22

CONCLUSION
Séance du groupe Hugo du 23 mars 1996, Jacques Seebacher indique que deux poèmes sur l’imprimerie ont été publiés à La Revue de Paris à la fin de l’année 1829, un de Légouvé « De l’invention de l’imprimerie » et un de Saintine « Epître à M. Steube » qui, selon lui permettent de mesurer « l’abîme qui sépare Hugo de la pensée commune ». Nous n’avons pas trouvé ces textes. Pourtant, il nous semble que Hugo s’inscrit bien dans son époque, en tant que Romantique et qu’historien romantique. En effet, Chateaubriand et Michelet se sont eux aussi penchés sur les églises gothiques. Chateaubriand dans la IIIe partie du Génie du christianisme23 (pages 800-802) : « Les forêts ont été les premiers temples de la Divinité, et les hommes ont pris dans les forêts la première idée de l’architecture. Cet art a dû donc varier selon les climats. ». Chateaubriand remonte ensuite à l’architecture grecque et égyptienne, tout comme Hugo le fera 30 ans plus tard. Mais on sait aussi qu’Hugo était un grand admirateur de Chateaubriand, à 14 ans, Hugo aurait déclaré vouloir être « Chateaubriand ou rien ».

Ce qui fait le génie de Hugo, c’est peut-être sa vision synthétique du monde et de l’art, c’est, pensons-nous, ce qui fait de lui un visionnaire : sa compréhension, toute romantique ou romantisée qu’elle soit, en n’est pas moins juste. Il considère dans un même élan l’histoire, le progrès, l’art dans son ensemble et il comprend ce qui va arriver. Sa démonstration n’est pas scientifique, mais elle rejoint les recherches récentes, d’une part par l’intérêt qu’il a porté à ce changement de mode d communication, d’autre part par l’analyse qu’il en a faite.

Peut-on, comme Eisenstein, mettre en rapport le passage de l’architecture au livre imprimé avec l’avènement des nouvelles technologies, par exemple les éditions électroniques ? Internet tuera-t-il le livre ? Comme Hugo, nous pourrions répondre qu’il faut l’utiliser, que l’internet est en quelque sorte la démocratisation du livre : l’écrit est moins cher, plus accessible et insaisissable. Mais le livre de papier ne mourra pas, du moins pas encore, internet étant trop virtuel trop éphémère, il ne s’agit que d’un livre au rabais.

Bibliographie

Victor HUGO : Notre-Dame de Paris , Livre V, chapitre II « Ceci tuera cela ». (Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1975.)

Victor Hugo, Choses vues (Gallimard, Folio, 1997)

Victor HUGO, Littérature et philosophie mêlées. (Klincksieck, Bibliothèque du XIXe siècle, 1976.)

Victor Hugo, Préface de Cromwell (Garnier-Flammarion, Paris, 1968)

Victor Hugo, Préface des Orientales in : Les Orientales / Les Feuilles d’automne (Gallimard, Poésie, 1981)

Victor Hugo, Préface des Voix intérieures in : Les chants du crépuscule / Les Voix intérieures / Les Rayons et les ombres (Gallimard poésie, 1983)
Phèdre, Fables, « La vache, la chèvre et la brebis, en société avec le lion », I, 5 (Edition des Belles Lettres, 1924)

Chateaubriand, Le Génie du christianisme, IIIe partie, Livre I, Chapitre VIII « Des Eglises gothiques » (Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1978

Sur Victor Hugo :
Jean MALLION, Victor Hugo et l’art architectural. (PUF, Paris, 1962.)

Paul BENICHOU, Les Mages romantiques. (Gallimard, Bibliothèque des Idées, 1988.)

Frank WANNING, « Le livre ne la tuera jamais...Victor Hugo, le temps et la cathédrale », in : La Ville : du réel à l’imaginaire. (Actes du Colloque de Rouen 8-10 novembre 1988, Publications de l’université de Rouen n°162.)

Bertrand ABRAHAM, « La représentation du livre dans les romans de Hugo », site internet du Groupe Hugo de l’université de Paris 7, groupe de recherche Littérature et civilisation du XIXe siècle, communication du 21 novembre 1992 (http ://groupuho.div.jussieu.fr/groupugo/92-11-21Abraham.htm)

Séance du groupe Hugo du 23 mars 1996 : http ://groupugo.div.jussieu.fr/groupugo/96-03-23.htm

Sur le moyen âge :
Dtv-Atlas zur Weltgeschichte, Band 1. (Deutscher Taschenbuch Verlag, Munich, 1996.)

Elizabeth l. EISENSTEIN, La Révolution de l’imprimé dans l’Europe des premiers temps modernes. (Editions La Découverte, Collection Textes à l’appui, série Anthropologie des sciences et techniques. Paris, 1992.)

Willibald SAUËRLANDER, Le Monde gothique. Le Siècle des cathédrales. (NRF, Collection L’Univers des formes, 1989. )

Arthur G. DICKENS, La Réforme et la société du XVIe siècle (Paris, 1969, trad.fr.)

Dictionnaires :

Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction de Alain REY

Trésors de la langue française

Le Littré


Victor HUGO , Notre-Dame de Paris, Livre V, Chapitre 2 : « Ceci tuera cela »

I) L’INVENTION DE L’IMPRIMERIE EST UNE REVOLUTION


  1. « La presse tuera l’église »

« [...] avant l’imprimerie, , la Réforme n’eût été qu’un schisme, l’imprimerie l’a fait révolution », Victor HUGO, Notre-Dame de Paris, Livre V, Chapitre II « Ceci tuera cela ».

« Sans l’imprimerie une révolution d’une telle amplitude n’aurait pu avoir lieu [...]. Le luthéranisme fut d’emblée l’enfant du livre imprimé ; grâce à ce véhicule, Luther fut en mesure d’imposer, de façon exacte, standardisée et ineffaçable, ses doctrines, qui marquèrent de façon indélébile l’esprit de l’Europe. », Arthur G. DICKENS, La Réforme et la société du XVIe siècle.


  1. L’imprimerie synonyme de démocratie

« Le génie et l’originalité populaires font la besogne que faisaient les évêques », Notre-Dame de Paris, « Ceci tuera cela ».


  1. Le livre est plus vertueux que l’édifice

« Un livre est si tôt fait, coûte si peu et peut aller si loin ! », Notre-Dame de Paris, « Ceci tuera cela ».

« Vous n’avez pas remarqué une chose, c’est que dans les époques comme celles-ci, le sceptre change de forme comme tout le reste. Il y a trente ans, le sceptre, c’était une épée. Aujourd’hui, le sceptre, c’est une plume. », Reliquat de Littérature et philosophie mêlées.



  1. LA LOUANGE DE L’EDIFICE




  1. « Le livre ne la tuera jamais... »

« La thèse ‘Le livre tuera la cathédrale’ est aussi valable que l’antithèse implicite : ‘Le livre ne la tuera jamais’. » , Frank WANNING, « Le livre ne la tuera jamais...Victor Hugo, le temps et la cathédrale.


  1. La cathédrale est un livre

«  En effet, depuis l’origine des choses jusqu’au quinzième siècle de l’ère chrétienne inclusivement, l’architecture est le grand livre de l’humanité, l’expression principale de l’homme à ses divers états de développement soit comme force, soit comme intelligence. », Notre-Dame de Paris, « Ceci tuera cela ».

« Les villes sont des bibles de pierre. Celle-ci n’a pas un dôme, pas un toit, pas un pavé , qui n’ait quelque chose à dire dans le sens de l’alliance et de l’union, et qui ne donne une leçon, un exemple ou un conseil. Que les peuples viennent dans ce prodigieux alphabet de monuments, de tombeaux et de trophées épeler la paix et désapprendre la haine. », V. Hugo, Choses vues.


  1. Le livre est un monument

« Il ne faut pas nier la grandeur de l’édifice qu’élève à son tour l’imprimerie. »... 

« C’est la seconde tour de Babel du genre humain. », Notre-Dame de Paris, « Ceci tuera cela ».

« Le livre-monument hérite de tout ce qui caractérisait le monument-livre. », Bertrand ABRAHAM, « La représentation du livre dans les romans de Hugo ».


  1. LA CONCEPTION HUGOLIENNE DE L’HISTOIRE ET DE L’ART




  1. Hugo historien ?

« [...] le poète a une fonction sérieuse. Sans parler même ici de son influence civilisatrice, c’est à lui qu’il appartient d’élever, lorsqu’ils le méritent, les événements politiques à la dignité d’événements historiques », V. Hugo, Préface des Voix Intérieures


  1. La notion de progrès chez Hugo

« L’architecture alors se développa avec la pensée humaine. », Notre-Dame de Paris, « Ceci tuera cela ».


  1. Victor Hugo, poète romantique

« Adieu le mystère, le mythe, la loi. Voici la fantaisie et le caprice. », Notre-Dame de Paris, « Ceci tuera cela ».



1 Glossa in Epistolas D. Pauli. Norimbergae, Antonius Koburger, 1474 (Glose sur les Epîtres de saint Paul. Nuremberg, Antoine Koburger, 1474)

2 INVENTION DE L4IMPRIMERIE EN 1445 PAR Johann Gutenberg. Le premier livre imprimé en grand nombre : «42zeilige Bibel » vers 1455.

3 Elizabeth L. Eisenstein, La Révolution de l’imprimé  dans l’Europe des premiers temps modernes (Editions La Découverte, Coll. « Textes à l’appui », Série « Anthropologie des sciences et techniques ». Paris, 1991).

4 Arthur G. Dickens, La Réforme et la société du XVIe siècle, Paris 1969, trad.fr.

5 La concession des indulgences appartient à l’Eglise catholique : le sujet doit accomplir les oeuvres prescrites pour obtenir le pardon.

6Luther avait publié deux catéchismes (« les catéchismes de Luther »). La Vulgate est la version latine des Livres saints et qui fut déclarée authentique par le Concile de Trente. Pour éviter les trop nombreuses variations de l’office divin, Pie V impose un nouveau bréviaire en 1568 suivant les directives données par le Concile de Trente.

7 « La spécialisation du mot en histoire de l’art médiéval est attesté en 1818: tirée de « romain » par allusion à la ressemblance des styles et par influence de « roman » employé à propos du moyen-âge. L’adj. « roman » dans ce sens a été diffusé par l’archéologue A. de Caumont (1823) puis par V. Hugo dans Notre-Dame de Paris (1831). (Le Robert. Dictionnaire historique de la langue française).

8 Grégoire VII rédige en 1075 le Dictatus Papae pour libérer Rome de toute influence laïque, Henri IV refusera, ce qui va provoquer la querelle des investitures.

9 Le régime des castes : politiques, ethniques, religieuses, parfois même professionnelles. Chaque caste est absolument fermée, une mésalliance est punis par l’exclusion de la caste « paria » = dépouillé de tous les droits sociaux.

10 Cf. annexe : fiche de vocabulaire sur la « commune ».

11 Phèdre, Fables, « La vache, la chèvre et la brebis, en société avec le lion », I, 5 (Edition des Belles Lettres, 1924).

12 Evangile selon saint Luc, VIII, 30 et Marc, V, 9 : Jésus fait passer dans un troupeau de porcs l’esprit immonde qui agite un possédé, et qui a répondu s’appeler Légion « car nous sommes plusieurs ». Les évangélistes disent que les pourceaux étaient environ deux mille.

Littré : Dans le style de l’Ecriture : « des légions d’anges, des légions de démons » = des multitudes.

13 Reliquat de Littérature et philosophie mêlées.

14 Frank Wanning, « Le livre ne la tuera jamais...Victor Hugo, le temps et la cathédrale », in : La Ville : du réel à l’imaginaire, Actes du colloque de Rouen, 8-10 novembre, publications de l’université de Rouen n°162.

15 Tabernacle : 1. Tente principale du temple portatif des Hébreux, qui comprenait le saint et le saint des saints, et où était enfermée l’arche d’alliance.

(2. Dans les églises catholiques, armoire occupant le milieu de l’autel et qui contient les saintes espèces.)

Arche d’Alliance : sanctuaire dans lequel Moïse renferma les tables de la loi, que Dieu lui avait données sur le Mont Sinaï. Elle est le symbole de la présence de Yahvé au milieu de son peuple.

16 Choses Vues, II, cité par Jean MALLION, Victor Hugo et l’art architectural (PUF, 1962)

17 « Le Moniteur officiel » : ancien Journal Officiel : textes officiels + commentaires dont les gouvernements se servaient à l’occasion pour orienter l’opinion.

18 Bertrand Abraham, « La représentation du livre dans les romans de Hugo », 1992.

19 Hugo, « But de cette publication », Préface de Littérature et philosophie mêlées.

20 Victor HUGO, Cromwell (Garnier-Flammarion, Paris, 1968)

21 Paul Bénichou, Les mages romantiques (Gallimard, Bibliothèque des Idées, 1988)

22 Littérature et philosophie mêlées.

23 Chateaubriand, Le Génie du Christianisme, IIIe partie, Livre I, Chapitre VIII « Des Eglises gothiques » (Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1978).
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