Un rapport silencieux au monde de l’écrit





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LA PLACE DE LA BCD DANS L’ECOLE

Dakar, 26 au 30 mai 2008


Objectifs 

  • Faire vivre une BCD autrement qu’en prêt de livres ;

  • renforcer la liaison entre la BCD et les projets de classe ;

  • diversifier les activités autour du livre (lecture plaisir, recherche documentaire, travail autour du livre, jeux…) ;

  • organiser une BCD (gestion optimale de l’espace, classement, utilisation des ressources d'Internet).

SOMMAIRE

Enjeux de la littérature

La BCD, essai de définition

Le livre, un objet matériel

Le livre, ses différentes composantes

L’évaluation en BCD

Du côté du bibliothécaire

Des préalables à la mise en œuvre d’actions communes enseignant/bibliothécaire

Typologie d’activités pour dynamiser une BCD

D’autres activités

Autres propositions d’activités

Des projets en lecture et en écriture – descriptifs succincts

ENJEUX DE LA LITTERATURE
OBJECTIFS

Définir ce que représente la littérature

    • Pour un enrichissement personnel : son aspect culturel, patrimonial, universel et intemporel

    • Pour la construction de l’écolier et donc du côté de sa mise en œuvre pédagogique



1er temps

Question ouverte : « Qu’est-ce que la littérature pour vous ? »

Le « POURQUOI LIRE » lire plutôt que le « FAIRE LIRE »
Réponses sans hiérarchisation

une représentation du monde

des points de vue sur le monde

des expériences par « procuration »

un choix infini

la pérennité d’un texte

pas une suite d’histoires mais un système organisé

l’exploration des possibles

fonds commun de mythes qui disent les normes d’une culture tout en présentant quelques transgressions acceptables

une géographie, une histoire, un paysage pour lesquels le livre devient hospitalité, abri.

un rapport silencieux au monde de l’écrit

un grand répertoire

un réseau de références

la confrontation avec d’autres lecteurs

des représentations mentales personnelles

la stimulation de l’imaginaire

une mise en bouche, par soi, par d’autres

des sensations, des rapports physiques avec l’objet « livre »

un patrimoine, une culture

un plaisir

une transmission

une mise à distance



2ème temps

Au regard des observations notées ci-avant, choisir des verbes précisant les objectifs qui devraient être mis en œuvre pour faire vivre la littérature… ?

du côté de l’élève

du côté de l’enseignant

du côté du bibliothécaire




  • Se nourrir

  • Ecouter

  • Lire

  • Mettre les textes en débat

  • Maîtriser l’articulation texte/image

  • Répéter, reformuler, intérioriser des formes écrites

  • Entrer dans un univers d’auteur

  • Explorer les possibles

  • Faire écho à …

  • Accepter qu’il puisse y avoir différents points de vue : « Le sens n’est pas au bout du texte : il le traverse » (Barthes).

  • Avoir une représentation mentale du texte (tant de lectures finissent par agrandir les probabilités de prédiction sur l’allure des histoires).

  • Etre soupçonneux du texte et de l’image (et pas seule association) : que disent leurs rapports ? On lit avec les yeux : pas de croyance aveugle

  • prendre en compte du « chronotope » du récit (temps et lieu). Les albums installent des lieux qui, à force de répétitions, deviennent lieux symboliques : la maison ou le château, le jardin ou le désert, la ville ou la campagne… Il en va de même pour les animaux qui revêtent des valeurs symboliques.

  • Se familiariser avec les grands rendez-vous littéraires (amis/ennemis, proies/prédateurs, les forces qui régissent le monde, l’amour, l’amitié, la compétition, la guerre, le bonheur, la misère…)

  • rechercher la cohérence du récit : des éléments, chez Ponti, jouent les fils rouges (Adèle, Blaise, Fourmi à grosse voix, K’sar bolog’h…), les codes barres disent l’unité de l’œuvre.

  • Pratiquer la relecture : certaines fins renvoient au début, qu’il s’agisse d’un détail ou du parachèvement d’un cycle qu’on aime à voir se ré-accomplir.

  • Former sa compréhension par des formes d’écriture non linéaires (emboîtements, flash back…) le croisement de données complexes et hétérogènes, disséminées et non juxtaposées.







  • se former

  • donner à lire, faire lire, lire avec…

  • mettre en condition… préparer à…

  • choisir les lectures

  • établir des mises en « constellation », en réseau, en écho

  • programmer

  • repérer les difficultés de lecture des textes (les obstacles)

  • établir un projet de « littérature »

  • établir une culture commune

  • provoquer, questionner, mettre en débat




  • se former

  • savoir partager le plaisir de lire, avec les enfants : les différentes techniques de lecture à voix haute, lecture vivante

  • initier les jeunes à la recherche et à l’exploitation des ressources, en vue d’une acquisition croissante de leur autonomie

  • choisir les lectures

  • établir des mises en « constellation »

  • repérer les difficultés de lecture des textes (les obstacles)

  • programmer

  • élaborer un programme d’animation 

  • définir les activités les plus adaptées aux tout-petits, aux plus grands

  • sensibiliser au patrimoine oral

  • exploiter la tradition orale : contes, devinettes, proverbes, épopée, légendes, berceuses…

  • faire appel à des ressources locales : griots, conteurs traditionnels, grands-parents


Lecture collective oralisante qui s’appuie sur la toute puissance de l’écrit. L’écrit sert à maîtriser ; on reste sur place, on n’en bouge pas. Tout est fixé une fois pour toute.

La lecture silencieuse, individuelle qui permet d’exprimer avec des mots ce qui est le plus intime ; c’est l’ « irréductible liberté du lecteur ».

Les lecteurs ne sont pas des pages blanches ; ils ne sont pas passifs. Ils chargent de sens les ouvrages qu’ils lisent ; ils les interprètent en y glissant leurs désirs, leurs angoisses, leurs questions. Le livre ne vit que par celui qui le lit

Paradoxe : les tout-petits ne savent pas déchiffrer et pourtant ils ne cessent de nous surprendre par leur juste intuition concernant l’acte de lecture et cet objet particulier qu’est le livre

Parce qu’ils ont besoin de notre présence et de notre accompagnement, ils nous donnent à voir et à réfléchir sur ce que cela signifie pour eux, mais aussi sur les conditions à offrir à toutes les étapes de l’enfance et de l’adolescence. Ils sollicitent notre participation et notre engagement.

3ème temps : A partir de ce tableau recensant 17 « raisons pour lire »

Choisir :

- les 3 propositions les plus pertinentes (3 = +++, 2 = ++, 1 = +)

- les 3 propositions les moins pertinentes (3 = ---, 2 = --, 1 = -)



dix-sept raisons pour lire…

« Par la littérature, je deviens un millier [de personnes] et suis toujours moi-même », C.S. Lewis





+

-

+/-

1

Les livres aident à développer le langage et le vocabulaire. Ils nous apprennent à nous exprimer et à comprendre ce que d’autres disent et écrivent










2

Les livres font réfléchir. Ils nous proposent des concepts, ils élargissent notre conscience et notre univers.










3

Les livres stimulent notre imagination et nous entraînent à construire des images intérieures.






+++

4

Les livres nous permettent de connaître d’autres pays et d’autres modes de vie, la nature, la technologie, l’histoire et tout ce qui nous interroge.










5

Les livres font appel à nos émotions et à notre capacité à comprendre ce que les autres ressentent, notre faculté de nous mettre à la place de l’autre.










6

Les livres peuvent nous donner force et inspiration. Ils peuvent divertir et stimuler, faire rire et pleurer, réconforter et ouvrir de nouvelles voies.









7

Les livres peuvent nous éveiller à de nouveaux centres d’intérêt et à de nouveaux sujets de réflexion.










8

Les livres soulèvent des questions éthiques. Ils nous font réfléchir sur ce qui est bon ou mauvais, sur la valeur des choses.










9

Les livres peuvent donner des explications aux choses et aider à comprendre comment elles fonctionnent.






--

10

Les livres peuvent montrer qu’il n’y a pas toujours une seule réponse à une question, que la plupart des choses peuvent être considérées de différents points de vue, qu’il existe d’autres modes que la violence pour résoudre les problèmes.










11

Les livres nous aident à nous comprendre nous-même. Ils renforcent la confiance en soi : nous réalisons que d’autres pensent comme nous, qu’il est bon de réagir et de ressentir. L’autre est comme nous.










12

Les livres aident à la compréhension mutuelle. Lire des livres écrits par des auteurs d’autres époques et d’autres cultures, découvrir que leurs pensées et leurs sentiments ressemblent aux nôtres, contribue au respect des autres cultures et à combattre les préjugés.






++

13

Les livres peuvent être une compagnie quand nous sommes seuls. Ils sont faciles à emporter avec soi et peuvent être lus partout. Ils peuvent être empruntés dans une bibliothèque et ne nécessitent pas d’être branché sur une prise électrique.









14

Les livres nous transmettent une partie de notre héritage culturel. Ils nous offrent des expériences partagées de lecture et un socle de référence commun.







+

15

Un bon livre pour enfant peut être lu à voix haute de sorte que tous les âges en profitent ; il peut être un lien entre les générations.







-

16

Le livre pour enfant est notre premier contact avec la littérature, un univers inépuisable pour toute la vie. Un premier contact heureux avec le livre est donc vital, en apportant la révélation de ce qu’un bon livre a à offrir.










17

Les livres pour enfants font travailler beaucoup de monde : auteurs, illustrateurs, graphistes, imprimeurs, critiques, libraires, bibliothécaires… Ils peuvent aussi s’exporter, produisant ainsi de la richesse pour le pays et contribuant à sa reconnaissance à l’étranger






---


On peut donc constater que les raisons de lire se situent principalement du côté :

  • de la construction de paysages mentaux intérieurs et personnels

  • d’une meilleure compréhension de l’autre, quelque soient sa culture ou son époque, par son approche intérieure

  • de la transmission d’un patrimoine littéraire et de références communes


la BCD : essai de définition
A – définir ce qu’est la BCD à partir des lettres B.C.D


B = Bibliothèque

« Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."

Cicéron

Sens 1 Meuble destiné au rangement des livres

Sens 2 Lieu où une collection de livres est ouverte à la lecture et au prêt

Sens 3 Collection de livres

étagère

C = Centre

Sens 1 Milieu, point se trouvant à la même distance de tous les points d'un cercle ou d'une sphère.

Sens 2 Milieu d'un espace donné. Ex Le centre de la place.

Sens 3 Lieu dédié à une activité particulière. Ex Un centre culturel, un centre commercial

Sens 4 Courant politique modéré, situé entre les mouvements de gauche et de droite

axe, cerveau, citadelle, coeur, institut, milieu, noeud, point, principal, sein, siège, théâtre.


D = Documentation

C’est l'action de sélectionner, de classifier, d'utiliser, et de diffuser des documents.

Par extension, la documentation désigne l'ensemble des renseignements et des documents.





B – Etablir une définition de ce qu’est la BCD à partir de « c’est » et « ce n’est pas »

Du côté de l’institution :

« Ces bibliothèques centres documentaires sont indépendantes de la classe et accessibles à tous les enfants. Ils y apprennent la recherche de livres et d'informations, s'y familiarisent au classement et à l'utilisation du fichier. Ces méthodes de travail personnel leur seront plus tard indispensables ».

Pour l’Éducation Nationale, il s’agit de consolider la lecture tout au long de la scolarité en multipliant les situations fonctionnelles de lecture en liaison avec l’apprentissage du savoir-lire. Ce premier texte officiel attire déjà l’attention des enseignants sur le fait que la BCD ne saurait être seulement un équipement supplémentaire mais qu’elle devrait être insérée dans un projet global de développement de la lecture.


Une BCD ce n’est pas

Une BCD doit être


- Une salle de classe

- Une deuxième cour de récréation

- Une salle « par défaut »

- Un lieu fermé

- Un lieu d’étude surveillée

- Un lieu de punition

- Un lieu de récompense

- Un réfectoire

- Un lieu lugubre

- Un lieu difficile d’accès

- Un simple dépôt

- Un lieu de conservation et d’archivage de documents ou de matériel autre que réservé à l’usage de la BCD



- Un lieu central dans l’établissement scolaire, d’incitation à la lecture

- Un moyen pédagogique mais en aucun cas un but

- Une ouverture sur le monde extérieur

- Un lieu favorisant la communication, le décloisonnement entre les classes et les disciplines

- Un lieu commun d’action commune

- Un lieu de formation

- Un lieu de recherche

- Un lieu pensé pour les enfants accueillant, ouvert, calme, éclairé, frais, aménagé

- Un lieu d’échanges et de débats :

  • entre élèves

  • entre enseignants et élèves

  • entre bibliothécaires et élèves

  • entre intervenants extérieurs et élèves

  • entre intervenants extérieurs et enseignants et/ou bibliothécaires

- Un lieu d’information(s)

- Un lieu :

  • de prêt

  • de lecture

  • de culture

  • d’animations

  • de rencontre

  • d’expression et de création




la BCD répond donc à des OBJECTIFS concrets


Favoriser la lecture sous toutes ses formes et dans toutes ses fonctions : plaisir, recherche, culture…
Développer l’autonomie et faire acquérir des savoir-faire et des savoir-être transversaux en proposant une méthodologie de travail
Privilégier la communication tant écrite qu’orale
Approfondir et élargir les connaissances en ouvrant l’école sur l’extérieur et en permettant l’accès à l’information sous différentes formes
Développer le sens de la sociabilité : travailler en groupes, se répartir les tâches, savoir
Respecter un règlement, voire participer à son élaboration
Aider à l’évolution des pratiques pédagogiques (décloisonnement des classes, travail par ateliers…) grâce à un travail en équipe :

  • des enseignants d’un cycle

  • des enseignants d’une école

  • des enseignants et du bibliothécaire





LIVRE, OBJET MATERIEL
Objectif : appréhender l’objet dans sa composante sensorielle (tactile, visuelle, voire olfactive…)


Définition

Proposition

FORMAT




  • Il est souvent indicatif du genre (roman = 15/25cm ; album = format in-folio plus haut et plus large)

  • Ouvrages publiés à l’intérieur d’une collection qui vise un public précis et qui possède des caractéristiques physiques repérables d’un livre à l’autre, en autre le format (mais aussi la couverture, la maquette, l’illustration)







  • Aider les élèves au repérage « classique »

mais aussi

  • Proposer des formats surprenants, originaux, inhabituels (« Plouf » de P.Corentin)



COUVERTURE




  • le livre peut être broché (couverture en simple papier ou carton souple) ou relié (couverture en carton dur)

  • 1ère de couverture avec illustrations ou non, indications ou non (auteur, illustrateurs, éditeurs, collection…)

  • 4ème de couverture avec des informations jugées utiles par l’éditeur : résumé, critiques, biographie, autres titres…

  • Dos du livre, tranche, pages de garde placées avant et après le texte







  • montrer différentes éditions d’un même ouvrage (à L’école des loisirs par exemple : broché/relié, grand format, moyen format, petit format)

  • présenter des 1ères de couvertures qui surprennent (pas de texte, un mot…)

  • présenter des 4ème de couverture originales (Les codes barres de C. Ponti)

  • prendre le temps de regarder les pages de garde qui en disent plus qu’on ne le pense (« Le tunnel », A. Browne)

PAGE DE TITRE


Importance des renseignements, d’ordre bibliographiques, donnés sur cette page :

  • nom de l’auteur, traducteur, illustrateur

  • titre et éventuellement sous-titre ou titre en version originale

  • nom de l’éditeur, adresse, année d’édition, nom de la collection







  • observer des pages de titre dans de multiples ouvrages pour en dégager les caractéristiques




AUTRES PARTIES IMPORTANTES




  • achevé d’imprimer

  • pagination




  • de l’importance des rééditions

  • repérer différents types de pagination ou de non-pagination




DIVISIONS DU LIVRE




  • Il peut être divisé en différentes parties thématiques, elles-mêmes découpées en chapitres

  • Les titres de chapitres peuvent être repris dans un sommaire (début ou fin d’ouvrage) ou dans uns table des matières

  • L’index repend, dans l’ordre alphabétique, les notions importantes de l’ouvrage et renvoie aux pages correspondantes. Il est essentiel dans les documentaires




  • on pense immédiatement à des documentaires ou à des romans

mais

  • on trouve aussi ce repérage dans quelques albums (« Ma vallée » ou «L’île des zertes », C. Ponti)




PRESENTATION




  • Il peut être écrit sur des pages « classiques » mais l’auteur ou l’éditeur peuvent avoir décidé d’investir autrement la notion de « page »







  • présenter des livres qui surprennent de par leur mode de lecture :

    • de l’histoire (« Les 3 cochons, D. Wiesner)

    • De la page (« Le musée de la baleine » A. Grandin)




AUTRE…




  • les dédicaces

  • les épigraphes







  • quand un auteur est a été invité, garder précieusement le livre

  • des textes mises en exergue (« Le voyage d’Oregon », Rascal)





LE LIVRE, SES DIFFERENTES COMPOSANTES
Objectif : présenter les différents genres littéraires présents dans une bibliothèque, en proposer un court historique, les resituer par rapport à des exemples précis


L’ALBUM


Ce que l’on appelait livre illustré, livre d’images
- En 1931, Paul Faucher fait paraître ses premiers « Albums du Père Castor », souples et bon marché, conçus comme faisant partie d’un catalogue avec ses différentes collections

Volonté nouvelle s’inscrivant dans le mouvement de l’Education nouvelle (autonomie de l’enfant, vision humaniste du monde)

Le Père Castor fait appel à de grands artistes pour réaliser ses livres  démarche éditorialiste innovante

L’illustration est généralement redondante par rapport au texte pour venir en aide au lecteur. La mise en page est aussi au service du sens.
- En 1931, avec Babar, Jean de Brunhoff n’a pas de volonté pédagogique mais le plaisir de raconter avec l’image, le texte et la mise en page
- Les périodes de guerre et d’après-guerre marquent un temps d’arrêt dans l’évolution du livre pour enfants. L’illustration prend parti de représenter la « réalité » : Martine, Caroline
- Etape décisive dans le renouveau avec la publication de « Larmes de crocodile » d’André François en 1956 : tous les éléments du livre ont une valeur expressive, un sens qui concourt à une cohérence et renforce le charme de l’histoire
- Parution en 1965 de « Max et les maximontsres » : inconscient enfantin. Le voyage est porté par le texte et l’image mais aussi la maquette, le rythme, l’articulation, les couleurs
- En 1967, apparait une nouvelle esthétique visuelle inspirée des graphistes venus de la pub, grâce à l’américain Harlin Quist. Ce sera l’âge d’or de l’album sans texte
Le livre d’images est progressivement débarrassé de ses visées pédagogiques. Tous les éléments qui le composent sont porteurs de sens, il s’est ouvert à tous les thèmes et l’illustration montre sa capacité à raconter


Ses caractéristiques


Double langage, celui du texte, celui de l’image

Son format, sa couverture, l’alternance des pages, la maquette, la typographie


Qu’apporte le texte ?


« mélodie » du livre par le registre de langage utilisé, par les rimes éventuelles, par la structure même du récit

Sa construction permet à l’enfant de trouver des repères, d’anticiper, de mémoriser et donc à répéter

Intérêt des récits linéaires plaçant l’enfant devant un jeu d’hypothèses qui est le propre de la lecture

Enrichissement de la notion de narrateur


Qu’apporte l’image ?


Elle apporte des informations de par

  • son format : petit = tendresse, intimité – grand = spectacle – classique ou abstrait = carré (« Petit bleu et Petit jaune »)

  • la couverture : 1er contact visuel avec le livre ; c’est à partir d’elle que l’enfant choisit, qu’il se fait une idée du livre

  • les indications spatio-temporelles qu’elle donne : elle permet des « économies », pas besoin de décrire les lieux ni le temps qui s’est écoulé entre deux pages ni les personnages

  • la position des personnages : de face nous interpelle, de profil ne nous livre pas ses états d’âme, de dos nous quitte

  • le cadrage : angle de vue de la scène choisi par l’illustrateur. Vus de hauts, en plongée = dominés, affaiblis – vus d’en bas = dominateurs, imposants

  • le cadre : images à bords perdus = mise à distance - pleine page = immersion dans l’histoire – il y a aussi les hors cadre, les entrées ou les sorties

  • le rythme dans la succession des pages : de la droite à la gauche, sur la double page, dans l’alternance des deux

  • l’utilisation des couleurs : elle s’affranchit de l’obligation d’une représentation du réel et les couleurs = valeur symbolique, ce qu’elles expriment




Jeu entre texte et illustration


Redondance

Indépendance

Inter iconicité (références culturelles)





LES PREMIERES LECTURES


Genre mal défini entre album et roman, qui représente 5% de la littérature jeunesse et à destination des 5/7 ans

Difficulté double :

  • pas de texte indigent

  • facilité pour une lecture autonome


Après la Bibliothèque Rose c’est J’aime Lire qui a pris le relais. Et puis :

  • Gallimard avec Folio Benjamin et Folio Cadet,

  • L’Ecole des loisirs avec Mouche

  • Nathan poche

  • Milan poche benjamin et Milan poche junior

  • Gautier Languereau avec Les Petits Gautier

  • Père Castor Flammarion avec Les p’tits albums du Père Castor

Et encore : Pocket jeunesse, Syros jeunesse, Bayard poche…

Ces 1ères lectures :

  • s’inscrivent très souvent dans des collections

  • sont dans un format de poche (lecture individuelle), peu épais, couverture souple illustrée en couleur

  • ont entre 30 et 50 pages avec une typographie adaptée

  • sont structurées en chapitres facilitant les pauses dans la lecture et le repérage dans la structure du récit

  • possèdent encore des illustrations





« Couper une phrase trop longue, éclairer un mot nouveau par le contexte, décrire les descriptions à des notations, accélérer le récit avec un dialogue, faire percevoir le psychologie d’un personnage par ses actes plutôt que pas une analyse de son caractère, faciliter l’identification avec une narration au « je », mettre un titre et donner une unité à chaque chapitre, créer un effet de réel en utilisant des choses familières – marques de produits, jeux, mode, langage usuel – il y a mille petites choses qu’un écrivain peut faire pour un enfant. Et ce n’est pas le mépriser, ce n’est pas soi-même s’abaisser » Marie-Aude Murail



Le texte est court donc :

  • l’action doit être donnée dès les premières lignes

  • le début doit être prometteur pour donner le ton au récit

  • les personnages doivent être bien identifiés dès le début des dialogues et peu nombreux

  • les phrases doivent être courtes donc construites avec peu de mots d’où le gommage des adjectifs et adverbes

  • le lexique doit être simple sinon il y a nécessité d’expliquer (« Je devais me rendre à l’évidence : le docteur ne comprenait rien du tout. Il me prenait pour un affabulateur. Il pensait sans doute que j’avais tout inventé » A. Louchard « Armand sur canapé », Syros jeunesse, p.23)

  • le texte doit être rythmé avec des rebondissements pour soutenir l’intérêt et donner envie de tourner la page

  • la syntaxe est simple: dialogue au discours direct, verbes au présent

  • la durée de l’histoire est délimitée dans un temps court

  • l’écrivain respecte la chronologie narrative

Mais attention, cela ne suffit pas. La qualité des histoires dépend de la magie et de l’originalité de l’écriture.

LE ROMAN


Offre de plus en plus abondante et diversifiée : on trouve de tout !

Des éditeurs d’importantes maisons, connues depuis longtemps avec un catalogue et un fonds imposants mais aussi de petites structures artisanales
Auteurs divers, spécialisés pour les enfants ou bien adultes/enfants, célèbres ou inconnus

Textes contemporains/classiques, inédits/réédités, en français/traduits

C’est à la fois une richesse et un inconvénient : difficile de trouver des repères dans la masse de production
Ecole des loisirs, Neuf

Gallimard jeunesse, Folio junior

Père Castor Flammarion, Castor Poche

Syros jeunesse, Hachette jeunesse


Romans réalistes


Réalités : histoire « vraie » avec des personnages et des faits appartenant au monde réel passé ou présent
- récits de vie = autobiographies, biographies

- reportages

- témoignage où la part de fiction est minime pour les différencier des documentaires

Deux genres où l’auteur équilibre des connaissances fournies par des spécialistes et l’invention romanesque (enfant = héros =identification – l’intérêt documentaire prime mais passe par l’émotion)

  • roman historique

  • histoire d’ailleurs

Et puis, un registre choisi par grand nombre de romanciers, les histoires « vraisemblables » (péripéties et personnages inspirés par la réalité)

Et encore les romans d’aventure ou les romans policiers de mystère


Romans de l’imaginaire


Registre proche du conte, les récits merveilleux ou fantaisistes

Romans de science-fiction

Romans de « fantasy »


Thème transversaux


La famille, l’amitié, l’exclusion…




LE CONTE


Conte populaire ou conte traditionnel :

  • récit bref, transmis oralement, anonyme, sujet à toutes les variantes possibles, s’adressant à l’origine à tous les publics

  • contradiction entre ce genre « oral » et le livre mais disparition de la transmission orale donc nécessité de l’écrit


Il y a toutes sortes de contes pour toutes les situations de la vie : des origines, de sagesse, de randonnée, d’enseignement, d’avertissement, d’animaux, facétieux, religieux, merveilleux, initiatiques, érotiques, fantastiques, fables, conte-nouvelle…
Brièveté, manière simple d’exposer les situations les plus complexes, forme poétique et imagée = Idéal pour transmettre certaines valeurs essentielles, pour faire réfléchir sur ce qui nous intrigue et nous questionne, pour nous faire rire et nous émouvoir

Dans l’édition, on peut trouver :

  • des versions séparées (chez Magnard)

  • des recueils

  • des anthologies (thématique, d’auteur)


Le texte

Référence à un auteur : Grimm, Perrault, Andersen, Cendrars, Kipling, Afanassiev, Hampâté Bâ…

Il est bon de comparer les éditions et de veiller aux adaptations : le conte doit être vivant, musical, rythmé et l’écrit doit y faire écho

Dans les anthologies thématiques, éviter les choix d’histoires édifiantes et moralisatrices (Noël)

Choisir des illustrations pertinentes

Attention aux variantes et parodies. Elles doivent être de qualité (« Le petit chaperon vert » Solotareff, « la vérité sur l’affaire des 3 petits cochons », Jon Scieszka)



L’illustration

Souvent absente mais plus prégnante dans les versions pour les plus jeunes

Illustrateur nous propose sa vision  comparer plusieurs versions, se confronter à plusieurs interprétations (« Le petit chaperon rouge », de Rascal chez Pastel – de Cl.Clément chez Grasset jeunesse – de L. Zwerger chez Nord-Sud – de F.Mansot chez Magnard)




THEATRE

POESIE, JEUX DE LANGAGE, COMPTINES, CHANSONS…

Théâtre


Des pièces classiques existent depuis longtemps

Apparaît un répertoire théâtral contemporain

Des éditeurs proposent aussi des pièces écrites spécialement pour que les élèves puissent les jouer eux-mêmes (Retz)

Plusieurs registres : fables, comédie légère ou poétique, symbolique, tendre, violent


Poésie


Pour la poésie, les anthologies :

  • type de poésie (haïkus, fables…)

  • aire culturelle (poèmes arabes, allemands…)

  • un auteur (un seul, plusieurs d’une même époque)

  • un thème : classique - animaux, voyages, saisons – ou plus contemporain – contre le racisme, la paix…

Qualité littéraire à associer à la qualité graphique et typographique

Chez Didier, coll. Pirouette – chez Mango – chez Rue du Monde


Comptines, chansons


Une richesse en ce qui concerne le domaine des comptines, chansons, berceuses…

coll. Pirouette chez Didier

Beaucoup de livres sont accompagnés de CD


Jeux de langage


Coll. L’humour en mots, Albin Michel propose une approche ludique de la langue : charades, rébus, devinettes, anagrammes… pour s’amuser comme les écrivains et les poètes qui sont cités




LA BANDE DESSINEE


Croissance éditoriale forte et continue


Une définition ?


Œuvre associant des dessins enfermés dans des cases, organisée en planche et ce, pour raconter une histoire

Mais qu’en est-il des bulles, des encarts de texte incrustés dans l’image, des strips

Alors, un art séquentiel insistant sur l’organisation d’un discours, narratif littéraire en une séquence volontaire d’images fixes

La BD se distingue donc :

  • du roman par la narration graphique plus que par la présence de l’image,

  • du cinéma d’animation par la fixité des images,

  • de l’album par l’organisation et la construction des pages en séquences narratives continues et par un rapport texte : image plus poussé

Pour les plus petits :

  • Polo

  • L’ours Barnabé

Puis :

  • Nathalie

  • Mélusine



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