Essai de littérature canadienne





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Joseph Doutre
Les fiancés de 1812




BeQ

Joseph Doutre

(1825-1886)


Les fiancés de 1812

essai de littérature canadienne
roman


La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 223 : version 2.0

« ... le premier roman qui suit l’échec de la Révolution, Les Fiancés de 1812 de Joseph Doutre, manifeste un altruisme qui, d’une façon édulcorée, sera repris dans tout le roman de mœurs. Joseph Doutre a toujours été plus sensible au sort de ses compatriotes qu’au sien propre. Sa brillante carrière d’avocat ne l’a pas empêché d’enseigner le droit et de promouvoir l’idéal des Lumières et des Patriotes à l’intérieur de certaines sociétés comme l’Institut canadien. »

Roger LeMoine.

Les fiancés de 1812

Édition de référence :

Montréal, Louis Perrault, Imprimeur, 1844.

Préface


Quand une nouvelle découverte fait son apparition dans le monde, il faut de longues démonstrations, de fréquentes expériences pour en faire apprécier le mérite, et mettre les résultats en pratique.

La littérature a éprouvé en Canada le même sort que les découvertes, chaque fois qu’elle y a tenté quelque effort. C’est-à-dire qu’il a fallu l’annoncer comme une chose inouïe. Mais ses partisans, plus malheureux encore que les inventeurs des arts, n’ont pu parvenir à convaincre le public de son utilité et de sa compatibilité avec le caractère canadien. Les écrivains étrangers ont toujours joui parmi nous d’une célébrité qui commandait une respectueuse admiration, et semblait interdire le désir de l’imitation. Telle est la généralité de ce préjugé en faveur de l’étranger que, sur quarante milles hommes lettrés, on n’en trouvera pas dix qui ne soient possédés de fureur pour les productions européennes ; et à peine en rencontrera-t-on mille qui liront avec plaisir le travail d’un de leurs concitoyens, de quelque genre qu’il soit. On pourrait même dire qu’il y a plus que du préjugé contre ce qui est indigène, qu’il y a une véritable antipathie. Ceci semblera peut-être outré ; mais une expérience, acquise les listes de souscription à la main, peut parler ici hautement. Il est naturel que la lecture des meilleurs écrivains français ait établi une trop grande différence entre eux et nos écrivailleurs pour nous permettre d’avoir autant de confiance en ces derniers. Mais nous avons rencontré quelques-uns de ces dilettantissimis, qui, pour avoir vu Paris, ne regardent plus les efforts de leurs concitoyens qu’avec une grimace de dédain. On dirait à les voir qu’ils n’ont plus qu’à goûter le miel parisien qu’ils viennent de sucer et qui afflue encore sur leurs lèvres délicates. Nous ne pourrions dire ce qu’il y a de plus charmant à admirer chez eux, de leur ton fat et mielleux, ou d’un génie grandiosement sublime et véritable au-dessus de tout ce qui est Canadien. Quant à ce dernier point, c’est, tout au plus, une hypothèse en contemplation. Car, à part leur fatuité, ils n’ont encore rien manifesté. En parlant de la sorte nous désirons être bien compris. Car à Dieu ne plaise que nous veuillions jeter du louche sur nos jeunes compatriotes qui ont été perfectionner leurs études dans cette capitale des sciences. Ceux que de tels motifs y ont conduits n’en ont pu rapporter que des fruits heureux et utiles au pays.

Mais il en est, et ceux-là nous comprendront, il en est, disons-nous, qui, pour la seule satisfaction de pouvoir dire : « J’ai vu plus que vous », ont parcouru quelques contrées de l’Europe et y ont glané l’orgueil et la suffisance des petits maîtres. De tels gens nous diront : « Écrivez comme un Dumas, un Eugène Sue, etc., en un mot, comme mes auteurs de prédilection, et alors je suis tout à vous. Mais croyez-vous que la fadeur de vos écrits, votre ton sec, votre style des premiers âges, enfin votre sauvage simplicité soient dignes de mon attention ? Je craindrais d’en dépraver mon goût. Soyez noble dans vos idées, riche et nouveau dans votre style, et alors je me ferai non seulement un plaisir, mais un devoir, oui un devoir de favoriser vos efforts. »

« Merci cher Parisien, grand merci. Je n’ai pas une table assez bien servie pour vous, mais en revanche je n’ambitionne pas vos faveurs. Votre voisin est plus accommodant que vous et cependant voyez quel respect j’aurais eu pour ses conseils. S’il m’eût parlé, non pas comme vous le faites, car il n’a pas étudié la politesse à Paris, mais simplement pour me faire entendre d’abandonner mon entreprise, je n’aurais pas frappé à une seconde porte. Malgré son âge et ses connaissances, votre voisin m’a tendu la main en me disant : « Courage, jeune homme, courage ! c’est avec bonheur que je vous aiderai et je souhaite à votre essai les plus heureux succès. » Cette indulgence me fait oublier votre galant accueil, adieu donc, cher Parisien. »

Véritables Icares, on dirait ces jeunes messieurs tombés du soleil sur une terre où ils ont mission d’enseigner à des idiots ce qu’ils ont vu sans comprendre, ce qu’ils pourraient voir même ici s’ils avaient la faculté de le comprendre. Types incarnés de l’orgueil, ils en épuisent toutes les phases. Quand ils laissent le Canada pour leur voyage d’outre-mer, mille amis les saluent avec regret. Quand ils reviennent, ils ne sont ni Canadiens, ni Anglais, ni Français. Ils semblent toucher une terre inconnue, ils n’y reconnaissent plus personne. Ils étaient partis gamins, ils reviennent princes... princes de la fatuité. Leur manie ne se restreint pas à ne trouver rien de bien sur leur sol natal : leur extérieur a subi le travestissement de leur esprit. Leurs habits ne sont pas ceux du Parisien, ou s’ils le sont, ils les ont empruntés à la Comédie. Leurs petits saluts gracieux, leur démarche élégamment bouffon ne suffisent pas pour attirer l’attention. Il leur faut un long froc sans coutures ni ouvertures, un sac en un mot. Sur la tête un caperon de Jockey. Et quelles moustaches ! Foi de Turc, c’est à faire peur.

S’ils vont à cheval, ils ont un art tout particulier pour captiver les regards. Mille petites papillotes ornent leurs coursiers qui sont, sans contredit, de la meilleure race. En un mot rien ne manque pour produire une aussi brillante exhibition que celle d’une ménagerie.

Les Fiancés ne sont pas écrits pour ces messieurs. Le cœur leur en soulèverait de dégoût. Aussi se garderont-ils bien d’y toucher.

Comme ce fut de leur part que nous vint la première et unique opposition, nous leur avions destiné la première place dans cet avant-propos.

Un autre personnage dont la célébrité est certainement mieux établie que la leur nous a fait, non pas de l’opposition, mais quelques remarques, dont ses grandes connaissances ne justifient pas, à notre opinion, le mérite.

« Les romans, nous dit-il, ne sont pas ce que j’appelle de la littérature. Si, toutefois, on peut y puiser quelque chose de bien, c’est l’acheter à trop grand prix. Car les Romans sont comme le théâtre. Sur cent représentations, vous en avez une qui vous fournira quelque enseignement. Voyez les Mystères de Paris qui passent aujourd’hui pour le roi des romans. Quel est l’homme qui y trouvera de la morale, c’est-à-dire, dont la conscience en retirera quelque profit. Je n’ai pas d’objection à favoriser votre entreprise, mais j’aimerais beaucoup mieux voir mes jeunes concitoyens s’occuper de choses plus utiles pour le pays et eux-mêmes. Par exemple de l’étude du droit public. Je ne connais pas deux jeunes gens à Montréal, ajouta-t-il, qui aient de véritables notions de politique, etc, etc », et de là une longue énumération d’économie politique, d’administration des états, de mœurs, une kyrielle d’études dont nous ne contesterons pas l’utilité et même la nécessité. Mais où serait donc la littérature, si elle ne se trouvait dans les ouvrages d’imagination. Sera-ce dans Domat ou Pothier qu’on en puisera le goût et les principes ? Ce serait à souhaiter ; l’étude de ces auteurs serait moins sèche et plus amusante. Quant aux avantages moraux de ces espèces d’ouvrages, nous sommes loin d’établir un parallèle entre eux et ceux des théâtres. Le spectacle n’a jamais opéré de grandes conversions. On pourrait peut-être en dire autant des romans. Mais de même que la théorie du bien ne peut être aussi efficace que la pratique de la vertu, la théorie du mal ne peut être aussi préjudiciable que le spectacle d’une mauvaise action commise sous nos yeux.

Ceci est pour ce qu’il peut y avoir de condamnable dans les Romans et le théâtre. Car nous soutenons toujours qu’il y a du bien et beaucoup de bien à recueillir de la lecture des romans, quoique souvent le mal l’emporte sur le bien. Le vénérable monsieur citait les Mystères de Paris comme une preuve de l’inutilité des romans en fait de morale. Peut-être que l’âge, les habitudes sages et épurées de sa vie ont rendu chez lui l’enseignement de la morale superflu. Mais nous le disons à son honneur, et nous parlons sérieusement, la pureté des mœurs antiques trouverait aujourd’hui peu de partisans aussi austères que lui.

Les Mystères de Paris sont une savante école de discipline privée et publique. Nous invoquerons à ce sujet le témoignage des milliers qui ont dévoré cette construction étonnante et sublime de l’imagination. Serions-nous d’ailleurs à une époque assez dépravée pour que le spectacle de la vertu et les horreurs du vice fussent pour rien dans les efforts et les progrès de la civilisation ? Nous défions aucun homme public de produire autant de bien que l’a fait Eugène Sue par son admirable roman.

La régénération qu’il a opéré dans le secret des cœurs ne pourrait se démontrer par des paroles. Mais allons à son but principal : la répression d’un grand nombre d’abus, le dévoilement des vices de l’organisation sociale, le défaut d’institutions publiques pour l’encouragement de la vertu et la manière efficace d’opposer le torrent de crimes qui ravage le cœur de la France, comme celui de toutes les grandes villes d’Europe.

L’incomparable romancier peut aujourd’hui se reposer sur ses brillants lauriers. Car le gouvernement français n’a pu s’empêcher de reconnaître et de rechercher les avantages dont il donnait l’avant-goût et qui avaient failli jusqu’alors à la sagacité des législateurs. De grandes améliorations ont eu lieu depuis la publication des Mystères de Paris. La classe pauvre a reçu une protection éminente ; des institutions publiques ont propagé les œuvres de charité ; le système légal a aussi subi d’heureux changements.

Nous sommes malheureusement trop éloignés pour apprécier pleinement les résultats avantageux de l’ouvrage du célèbre moraliste.

On nous dira peut-être que les Mystères de Paris ne peuvent justifier les défauts des romans, parce que leur mérite est trop unique. Nous n’en parlons ici qu’accidentellement et sans avoir la folle présomption de les donner pour règle de jugement par rapport à notre œuvre. Ils n’en sont toujours pas moins roman et subsisteront comme une preuve immortelle de l’utilité de ces espèces d’ouvrages.

« Mais le droit public, nous répétera ce bon vieillard, vous en oubliez la nécessité absolue. Un moment de perdu est autant de bien que vous auriez pu faire à votre semblable. »

Nous avouons encore l’utilité de cette étude pour tout homme. Mais le vieillard à qui l’âge n’a pas laissé de dents, ne peut plus goûter les fruits dont la dureté fait l’envie des jeunes mâchoires. Il est un aliment pour chaque âge, il y a encore plus un goût et une occupation pour chaque période de la vie.

Quel est celui qui, avec toute la vigueur et la légèreté de ses dix-neuf ans, s’enfermera dans un cabinet pour calculer la marche des empires et les vicissitudes des choses humaines ; qui recherchera avec opiniâtreté les principes erronés d’une constitution pour en démasquer les vices et montrer une meilleure voie. Plus malheureux encore que Phaëton, il sombrerait bien vite sous les ténèbres de l’éclipse. Car ce n’est pas tout d’étudier, il faut produire. Le jeune homme surtout s’instruit moins pour soi-même que pour faire étalage de ses connaissances. Faudrait-il le blâmer pour cela ? Un sage et savant moderne disait : « J’aimerais mieux être brute qu’avoir toutes mes connaissances et devoir les cacher. » Montrons-nous ce que nous sommes. Qu’un jeune homme ne s’avise pas de prendre le ton d’un diplomate et de crier, « à la réforme »... gare à vous, citoyens, les bases de votre constitution s’ébranlent...

Sur quelle étoile guiderait-il sa marche ? De quels faux pas est entourée la vie politique !

Dans un moment où le Canada se croyait sur le point de chanter l’âge d’or, n’avons-nous pas vu s’évanouir tous ces brillants prestiges de justice et de prospérité ? n’avons-nous pas vu notre premier homme d’état, celui qui avait salué le départ de nos pères et l’arrivée des conquérants ; celui à qui l’âge avait permis de voir se bouleverser les empires, mourir les rois et naître de nouvelles puissances ; celui à qui un demi-siècle d’expérience pouvait répondre des restes d’une vie passée dans les voies de la vérité et de la justice ; ne l’avons-nous pas vu sombrer à son tour, s’arrêter sur l’écueil et montrer ses cheveux blancs comme un point de ralliement ? Qu’en aurait-il été si la tempête et le bruit d’une mer de dangers n’avaient étouffé la voix de ce vieux patriote, devenue désormais celle de l’erreur, celle de la sirène qui prédit l’ouragan ? Le peuple aurait en foule suivi ses pas, et sur la fin du premier jour de cette marche, le joug eût enchaîné ses libertés, anéanti ses privilèges et proclamé l’esclavage.

Que feraient donc maintenant l’inexpérience et l’inhabilité d’un jeune homme dans la balance des destinées d’un peuple ? Quelques-uns s’y sont hasardés, mais ils ont déjà trompé le peuple. « Retournez, leur dirons-nous, retournez au port. Allez attendre en paix l’âge de briguer les suffrages du peuple. Allez expier une faute de jeune homme dans l’accomplissement de devoirs plus compatibles avec l’inexpérience de vos vingt-cinq années. » Il faut sans aucun doute avoir quelque connaissance du droit public. Mais cette étude n’est pas comme celle d’une autre science qui demande de la constance et une profonde application. Les éléments s’en acquièrent comme l’enfant apprend à marcher.

Suivre les affaires publiques comme une chose accessoire aux autres occupations de la vie, voilà l’étude du droit public pour la généralité des hommes. À moins qu’on ne soit placé de manière à diriger les opinions et à aider de profession l’administration des états, cette étude suffit. Celui qui se destine à remplir des fonctions publiques a, sans doute, besoin de plus grandes connaissances que celles qui se recueillent sur les événements du jour ; mais, nous le répétons, il y a un temps pour tout.

Quelques personnes se sont opiniâtrées à vouloir que l’auteur se nommât avant la publication de l’ouvrage. Ceci est bon pour les lieux où la littérature fleurit et peut compter des écrivains distingués. Mais, à part nos hommes connus par leur position politique, nous ne savons s’il en est beaucoup en Canada qui puissent se flatter d’une assez puissante célébrité pour n’avoir besoin d’autre recommandation que celle de leur nom. C’est un assez grand effort que d’attacher le nôtre à toutes les critiques qui vont accueillir cet essai. Nous n’étions pas désireux d’en goûter d’avance l’amertume et la rigueur. Ce ne fut pas cependant dans le but d’engager le public à favoriser une entreprise qu’il aurait désavouée s’il l’eut mieux connue, que nous nous sommes annoncé si timidement. Car nous avons la petite présomption d’avouer, que si nous n’eussions pas eu l’espoir de plaire quelque peu, nous ne publierions pas notre essai.

L’historien sera quelquefois choqué du peu de respect que nous avons pour la vérité. Mais nous lui en voudrons de notre part pour ne nous avoir pas mieux instruits. Que connaît-on de l’histoire du Canada depuis l’avènement de la domination anglaise sur notre pays ? Nous n’en avons aucun écrit, ou s’il en existe, ce sont tout au plus, quelques feuilles périodiques que le temps a détruites.

Notre ignorance nous eût peut-être restreint dans un travail d’une autre nature. Mais nous nous sommes contenté de quelque relation verbale sur les avènements historiques avec lesquels nous lions notre nouvelle. Le public en sera-t-il satisfait ?... La faute ne doit pas nous être imputée. C’était à nos prédécesseurs ou à nos vieux contemporains à y pourvoir.

On rencontrera quelque part des discussions qui n’auront pas beaucoup d’intérêt pour un grand nombre. Mais elles seront brèves, et si les quelques personnes auxquelles nous nous adressons nous comprennent, nos vues seront remplies.

Notre but principal est de donner quelque essor à la littérature parmi nous, si toutefois il est possible de la tirer de son état de léthargie. Nous nous consolerons volontiers des critiques, si l’humilité de votre nom peut faire comprendre à nos jeunes amis qu’ils sont plus capables qu’ils ne le pensent.

Puissent nos défauts trouver leur pardon dans les motifs.
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