Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé





télécharger 123.64 Kb.
titreVersion américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé
page1/4
date de publication20.05.2017
taille123.64 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > littérature > Documentos
  1   2   3   4
Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé


Dans la nuit du 27 au 28 janvier 1939 commence d’affluer sur le territoire français, par les divers postes frontières des Pyrénées-Orientales, une foule de femmes, d’enfants, de vieillards puis d’hommes adultes, cherchant à échapper à l’avance des troupes franquistes en Catalogne. D’abord ouverte de façon limitée la frontière, sous la poussée de l’armée républicaine de Catalogne, est ouverte à tous, civils comme militaires, du 5 au 9 février, date de l’arrivée des troupes nationalistes au Perthus. C’est la Retirada. Les villages frontière, puis le département, voient s’écouler un flot quasi ininterrompu de quelques 400000 personnes1, l’événement est considérable et largement couvert par la presse cinématographique. Nombre de professionnels, auxquels s’ajoutent quelques « amateurs »2, filment les longues colonnes de réfugiés, les distributions de vivres, les haltes improvisées, la remise des armes et les tas impressionnants de fusils, cartouches, obus, comme les files de camions, canons, blindés, qui en résultent. Souvent le pathétique le dispute au pittoresque, le voyeurisme à l’empathie, il n’est pas, devant l’ampleur de la tragédie, toujours facile de trouver la bonne distance. Mais, dans le double défilement des images à l’écran et des femmes, hommes, enfants, blessés, vieillards cheminant à l’image avec la force d’un torrent, passe l’impression d’une détresse que ni les mots, ni les photographies, dessins ou peintures ne parviennent à dire avec la même immédiate brutalité.
Lorsque le moment de l’événement s’achève, pour laisser place à son traitement, quand les foules quittent les routes pour entrer dans des camps, alors dits de concentration3, Argelès-sur-mer, Saint- Cyprien, Le Barcarès ou, provisoire qui dure, Latour-de-Carol, Prats-de-Mollo, pour recevoir des soins dans de pauvres hôpitaux ou, ce qui est mieux, être hébergé dans des départements français éloignés de la frontière, la caméra disparaît. Dans le dernier cas le sujet manque de spectaculaire ; pour les autres, camps ou hôpitaux, trop éloignés de la représentation véhiculée par le discours républicain de la France généreuse, terre d’asile, et surtout, soumis, parce que sous administration militaire, au secret du même nom, les prises de vues y sont interdites. L’appareil d’Etat, avec raison, se méfie de la « force explosive »4 du cinéma : quand il tolère le photographe, plus discret5, et l’artiste, moins public6, il bannit fermement l’opérateur. Ainsi, l’historien dispose-t-il d’une masse important de photographies prises dans les camps, certaines sont mêmes éditées en cartes postales, ainsi que de dessins, peintures et gravures diverses mais n’a pour toutes images animées des camps que celles prises à la sauvette, pour un film intitulé Un peuple attend, par Jean-Paul Dreyfus qui adoptera après 1940 le patronyme de sa mère, Le Chanois7, sous lequel il est connu dans l’histoire du cinéma. Ces plans tournés clandestinement, dont Le Chanois était très fier, suffiraient à eux seuls à marquer l’importance d’Un peuple attend pour l’histoire de la Retirada. La disparition de la version française, la version américaine retrouvée et discutée, l’acharnement dans la volonté d’affirmer, à la veille du deuxième conflit mondial, la nécessité d’une solidarité active avec les républicains espagnols en exil, la confiance mise dans le cinéma comme vecteur de communication, on disait en 1939 de propagande, font de ce film, qui est sans doute le dernier de la série des films de soutien à l’Espagne républicaine, une de ces œuvres qui se situent, par leur valeur de témoignage mais aussi à travers leur cheminement propre comme objet dans le temps, au carrefour de l’histoire des sociétés et de l’histoire du cinéma.
Jean-Paul Dreyfus / Le Chanois réalisateur militant
Lorsqu’il tourne, en mars 1939, dans les camps et à l’ex-hôpital militaire de Perpignan, rendu à sa destination première pour accueillir les réfugiés blessés ou malades8, Jean-Paul Dreyfus /Le Chanois à une double et riche expérience de militant communiste et d’homme de cinéma9. Né en 1909 à Paris, dans un milieu bourgeois, il entreprend à l’issue de son baccalauréat des études de lettres et droit qu’il mène à bien en exerçant divers petits métiers. Au début des années 1930, il se lie avec les frères Prévert, participe à La Revue du cinéma, au Théâtre ouvrier et au Groupe Octobre qu’animent Jacques Prévert, joue un petit rôle dans L’affaire est dans le sac, fait de la figuration dans des films Pathé et adhère en octobre 1933 au Parti communiste. Parallèlement il gagne sa vie, à partir de 1932, en travaillant chez Pathé-Natan comme chef de plateau. Cela lui donne l’occasion de rencontrer nombre de réalisateurs célèbres, Julien Duvivier, Maurice Tourneur, René Clair, Jean Renoir, Max Ophüls, Anatole Litvak. Il participe à la réalisation de quelques films comme assistant et se forme « sur le tas ».Il s’initie au montage en allant, le soir, observer les monteuses au travail car il juge que celui ci est la chose la plus importante dans la réalisation d’un film.

En 1936, il est la cheville ouvrière de la production cinématographique développée par le Parti communiste10. Il est l’organisateur et le co-scénariste de La vie est à nous, réalisé par Jean Renoir, avec lequel il retravaillera sur La Marseillaise (1937). En 1938 il est le metteur en scène, toujours pour le Parti communiste, d’un film de fiction, Le temps des cerises, destiné à populariser la mise en place d’une retraite nationale des vieux travailleurs, point important du programme communiste. Surtout, il réalise et monte divers « documentaires » militants » ayant pour sujet le mouvement ouvrier français : Le souvenir (1936), La vie d’un homme (1938) ou l’Espagne républicaine et la guerre civile : Espagne 36 (1937)11, Au secours du peuple catholique basque, L’ABC de la liberté (1937), Un peuple attend (1939).

Pour l’ensemble des films militants à sujets espagnols, Jean-Paul Dreyfus / Le Chanois a d’abord fait œuvre de monteur, même s’il a tourné à l’occasion, ainsi à Paris des plans des manifestations pour l’Espagne pour Espagne 36, pour Au secours du peuple catholique basque, il a utilisé de nombreux plans tournés sur place, sous sa direction,12 par les frères Petiot. De même, il s’est rendu à Madrid en 1937 avec le caméraman Douanirou et y a monté, L’ABC de la liberté tourné à Madrid, Teruel et sur le front de Guadalajara. De retour en Espagne en 1939, il est pris dans le flot de la Retirada mais, apparemment, n’en ramène aucune image, la pusillanimité de son opérateur conjuguée à l’abandon du matériel l’en empêchant, et rentre en France par Latour-de-Carol13. Le projet d’Un peuple attend correspond à une demande, on le verra, mais aussi à la frustration du cinéaste participant de l’épopée et privé d’images.
Jean-Paul Le Chanois consacre dans les entretiens qu’il accorda en 1978 à Philippe Esnaut, publiés tardivement en 1996 par l’Institut Lumière et Actes Sud, sous le titre Le temps des cerises, une page entière14 à Un peuple attend soulignant qu’il avait utilisé pour filmer les camps une petite caméra Bell Howell qui pouvait facilement se dissimuler. Quelques années plus tard, en 1984, il revient sur le sujet avec Esteve Riambau et Mirito Torreiro dans un entretien, publié en 1986 par la revue Dirigido Por. Dans les deux entretiens, il affirme que le film dans sa version française est perdu : « Un peuple attend a naturellement été interdit par la censure »15 « Le négatif a été détruit »16 mais qu’il en existe une version américaine parvenue aux Etats-Unis par l’intermédiaire de proches, dans la version donnée dans Le temps des cerises, à la suite d’un rachat opéré pour les brigades internationales, dans Dirigido Por. Cette seconde version paraît peu vraisemblable, d’autant que, dans son entretien avec Philippe Esnaut, Jean-Paul Le Chanois situe sans hésitation le lieu de conservation : « … mais je crois qu’il en existe encore une copie à la Cinémathèque de New- York, sous le titre : People is waiting. Il avait été envoyé la bas par une organisation qui s’appelait : le Secours international pour l’enfance espagnole, dirigé par deux Américains et par ma femme qui était américaine. Un journaliste du nom de Rhodes s’en occupait également… »17. Peter Rhodes accompagna en mars Jean-Paul Dreyfus / Le Chanois lors de ses tournages clandestin dans les camps, il est donc logique qu’il se soit occupé de faire sortir de France Un peuple attend, sans doute aidé par l’épouse du réalisateur, même si le couple était alors plus ou moins séparé.18
Une version courte et américaine pour un film français perdu et partiellement retrouvé : questions de durée…
Pendant longtemps, A people is waiting copie sans titre sonorisée en anglais, conservée à New-York au MOMA, dont un double existe à Madrid à la Filmoteca Española, a été considéré comme un remontage total du film de Jean-Paul Dreyfus / Le Chanois, celui ci en effet, de l’aveu même de son réalisateur faisait environ une heure19. Récemment a été soulevé par Magí Crussels la question même du titre du film20. En effet deux autres versions globalement identiques par la durée, les mentions, les plans et leur succession, l’une conservée par l’Abraham Lincoln Brigade Archive (ALBA)21 l’autre par la Cinémathèque de l’Université Nationale Autonoma de Mexico, fonds Fernando Gamboa, personnage dont j’aurai l’occasion de reparler, portent le titre de Refuge. La copie du MOMA s’ouvre sur un carton portant l’inscription suivante : « All Rights in North America Reserved by The Medical Bureau and the North American Committtee to Aid Spanish Democracy » suivi d’un carton portant “Directed by Jean-Paul Dreyfus” Suit un avertissement en anglais soulignant dans sa premier phrase que « Ce film n’a pas pour dessein d’être une critique du traitement accordé à 500000 hommes, femmes et enfants, lorsqu’ils ont déferlés sur la France les premières semaines de février 1939. » Cette phrase, sans le refus explicite de la critique, se trouve dans le préambule, dont elle constitue la deuxième phrase, écrit par Jean-Paul Dreyfus / Le Chanois dans le générique d’Un peuple attend. 22

La phrase suivante dans le texte anglais correspond, dans une version un peu développée, à la premier phrase du texte en français du réalisateur. L’idée que les problèmes posés par ce massif exode ne peuvent être résolus que par une prise de conscience mondiale est développée, en termes légèrement différents, dans les deux textes, en deux phrases dans le texte anglais en une dans le texte français. La dernière est identique : « Et si, par l’intermédiaire de ce film, la conditions des réfugiés peut être aidée et améliorée internationalement nous considérerons notre objectif atteint. »23. Les seules différences entre les trois versions américaines résident, pour le Refuge de l’ALBA, en deux plans, de six secondes en tout, de réfugiés dans la neige avant le générique, pour celui de l’UNAM, après le titre, en un carton portant « The spanish Refugee Relief Campaign. Hon. Harold L. Ickes Chairman » suivi d’un autre portant « presents » puis de nouveau le titre. Les trois versions s’achèvent sur « THE END » mais la version conservée à Mexico fait suivre la mention de la fin de  « Fin de Partie 4. Images a people is waiting.”

La tentation est grande, alors, de penser qu’il existe deux films l’un Refuge, l’autre une version en anglais d’Un peuple attend dont le premier utiliserait des images, mais, d’après Magí Crussels, serait une œuvre originale, parce que plus tardive, d’Irving Lerner 24.

Pourtant lorsque l’on compare le contenu de ces copies, en l’occurrence la version du MOMA conservée à Madrid, avec le descriptif/commentaire de neuf pages tapées à la machine et corrigées de la main de Jean-Paul Dreyfus / Le Chanois qui suit le générique on constate que le déroulement d’ Exode ou A people is waiting suit avec beaucoup de fidélité le texte du réalisateur. Les images à l’écran s’organisent très majoritairement en fonction du commentaire, repris en anglais en voix off sans presque d’altérations.

La découverte d’une copie mutilée de la version française d’Un peuple attend à la Cinémathèque Suisse25 permet de lever bien des incertitudes, surtout si on la couple au document appartenant au « Fonds audiovisuel du PCF Mouvement ouvrier et démocratique. Ciné archives »26, conservé par les Archives françaises du Film et classé sous le titre « L’aide de la Centrale Sanitaire Internationale aux réfugiés espagnols ». Muet, d’une durée de huit minutes il complète le 5ème fragment de la version conservée en Suisse, avec en particulier un plan de la statue de la Liberté. Les fragments « suisses », dont l’état est très dégradé, permettent de se faire une bonne idée du Un peuple attend original car ils combinent des séquences qu’on ne trouve pas dans Refuge / A people is waiting à des plans et séquences présentes dans les copies américaines. Dans les fragments où la bande son est encore audible, on se rend compte que le film achevé suit le commentaire sans s’autoriser le moindre écart.

Les séquences des copies américaines, de la version américaine est ici plus juste, suivent la continuité établie par Jean-Paul Dreyfus / Le Chanois et sont identiques aux descriptions données par le commentaire et, lorsque nous y avons accès, à la version française. A quelques rares détails près, le commentaire anglais est une traduction quasi terme à terme du commentaire français. Le nouveau « montage » se borne donc à la suppression d’un certain nombre de plans et séquences, pour des raisons diverses qui peuvent tenir à la durée, dans un soucis d’efficacité pour un film, rappelons le, avait pour but d’être le support d’un appel à la générosité publique. On comprend que, pour ce travail à coup de ciseaux ; Irving Lemer n’ait pas été crédité ; Refuge / A people is waiting est une version réduite d’ Un peuple attend, pas une œuvre originale27.

Disparaissent ainsi : une courte introduction, avec carte, sur la place de la Catalogne en Espagne, la Retirada de nuit à la frontière cerdane (1er bobine)28 ; un enterrement clandestin et quelques plans de Collioure et de la tombe de Machado (2ème et 3ème bobine) seul un plan de cimetière est conservé dans le film ; dans la partie consacrée aux réfugiés internés à Latour-de-Carol et Prats-de-Mollo (2eme bobine) deux séquences consacrées aux troupeaux ayant passés la frontière n’ont pas été retenues ainsi que quelques plans de l’état-major de la 34ème Brigade républicaine et des feux des camps dans la vallée de Prats-de-Mollo ; dans la partie consacré à l’activité de la Centrale Sanitaire Internationale (CSI) (4ème bobine) sont supprimés des plans de papiers administratifs, une séquence avec une femme de 70 ans, un camp modèle, des plans consacrés aux brigadistes américains. Plusieurs raisons peuvent être données à ces coupes, la première, banale, est qu’ainsi on parvient à un format d’une demi-heure, idéal pour les premières parties de spectacle, même dans un cadre militant, et, en tous cas, compatible avec les capacités d’attention de donateurs éventuels. L’économie même du film, tourné vers l’avenir, faisant une grande place aux enfants, a pu amener à certaines suppressions, tout ce qui paraissait assombrir le propos, un enterrement, la tombe de Machado, moins connu aux Etats-Unis qu’en France, les malheurs d’une vieille femme distrayaient de la cause enfantine ou de celle du rétablissement des blessés et malades. Les séquences animales éloignaient l’homme, celle avec l’Etat-major de la 34ème Brigade républicaine renvoyait à une sorte de permanence du conflit, en sens inverse, la séquence du camp modèle pouvait paraître trop optimiste. Soulignons, aussi, que certaines séquences supprimées étaient d’une qualité technique médiocre, l’enterrement clandestin et l’état-major de la 34ème Brigade

Le film de Jean-Paul Dreyfus était un film militant français, il fallait l’adapter aux spectateurs américains, deux coupes, fort brèves, dans le texte explicitent cet état de fait : l’une concerne l’évocation de volontaires américains rentrant chez eux, l’autre les lieux d’émigration des réfugiés, quand Jean-Paul Dreyfus écrit : « D’autres émigrent vers de lointains pays, Mexique, Amérique du Sud, Etats-Unis » le commentaire en voix off élimine ce dernier. En supprimant toute mention des Etats-Unis, pour ne pas rentrer en contradiction frontale avec le discours isolationniste alors dominant dans leur pays29, les responsables du North American Committee to Aid Spanish Democraty pensaient, sans doute, offrir les meilleures conditions à l’exercice d’une solidarité réduite à l’œuvre charitable. D’autres coupes, enfin, ont des raisons politiques et techniques évidentes. La version américaine paraît être de juillet30, la guerre achevée rendait superfétatoire un exposé sur la situation économique de la Catalogne ; des plans de dossiers médicaux, rédigés en français, ne pouvaient rien apporter à un public américain, quant à la suppression de la belle séquence évoquant la Retirada de nuit sa justification principale peut être trouvée dans le désir d’alléger une partie déjà bien fournie.

Lorsque l’on s’essaie à quantifier l’importance des coupes opérées dans l’œuvre originale pour réaliser la version américaine d’ Un peuple attend, on constate qu’environ un huitième du texte original n’a pas été repris dans Refuge ou A people is waiting. Au moins 80% de ce matériel se retrouve dans les fragments de la Cinémathèque Suisse, pour une durée d’un peu plus de 6 minutes31. En tenant compte des quelques fragments encore manquants, on peut penser que les coupes effectuées aux Etats-Unis ne dépassent pas dix minutes, voire sont en deçà. L’on est loin, avec une durée de 38 minutes maximum, du film de cinquante minutes ou d’une heure dont l’existence est, à la suite de Le Chanois , tenue pour certaine.32 L’affirmation de Jean-Paul Dreyfus / Le Chanois sur la durée d’une heure d’Un peuple attend, manifestement erronée pour ce qui est du film diffusé en 1939, ne peut cependant pas être mise simplement sur le compte d’une mémoire défaillante.

Un courrier, envoyé le 4 juin 1939, par le réalisateur à Mrs. Clark du National Joint Committteee for Spanish Relief33, fournit peut-être une amorce de solution au dilemme occasionné par une affirmation en contradiction avec la reconstitution, à partir du commentaire et des différentes versions et fragments en notre possession de la durée originale d’Un peuple attend. Dans cette lettre, qui se trouve dans le même dossier34 que le générique du film et les commentaires de l’auteur et lui est donc par Le Chanois lui même associé, Jean-Paul Dreyfus donne la « continuité » d’un film qui permettra à son interlocutrice d’établir un commentaire.

Il s’agit de plans de réfugiés espagnols, installés à Narbonne par l’organisation anglaise, d’un plan de la Duchesse d’Atholl35, très active dans l’aide aux réfugiés, de toute une série de plans d’activités sereines voire heureuses, montrant l’emploi positif des fonds collectés.Suivent des plans de réfugiés en partance pour le Mexique, transportés jusqu’à Sète pour embarquer sur le Sinaia36, qui quitte le port le 2 juin. Jean-Paul Dreyfus a filmé de nombreux plans de l’embarquement, les responsables de l’Ambassade du Mexique sur place, Frederico et Susana Gamboa, le général anglais Molesworth, un petit déjeuner à bord, la duchesse d’Atholl quittant le bord, « un panoramique de la foule des réfugiés applaudissant jusqu’au quai ou la foule applaudit et pleure », le départ du Sïnaia accompagné du torpilleur français T134. Le montage muet, fait très rapidement, est selon son auteur de 280 mètres, soit une durée d’ un peu plus de 25 minutes. Jean-Paul Dreyfus signale ensuite qu’il n’a pas obtenu de résultats avec les Maisons d’édition d’Actualités ou « March of time » ce qui pourrait indiquer qu’il est encore au montage de la première partie d’Un peuple attend composée d’images d’actualités, ou, plus vraisemblablement qu’il en cherche de nouvelles, qu’il a, alors, bon espoir d’obtenir. Enfin, il signale que l’argent manque pour aller plus loin : « Comme je vous le disais, il semble exclu de trouver en France ou en Amérique des crédits pour modifier la 4ème bobine du film. » Ce n’est pas, je pense, extrapoler beaucoup que de penser que Jean-Paul Dreyfus vient début juin d’achever le montage d’Un peuple attend , ou peu s’en faut, en suivant les indications qu’il s’est lui même donné dans son commentaire, les plans qu’il vient de tourner à Narbonne et à Sète correspondent à une amplification de son projet, en rapport avec les développements de l’actualité, qui exige une rallonge financière qui ne viendra pas. Il sort le film sans cette partie, l’essentiel pour lui demeurant les plans des camps, tournés en « caméra cachée », qu’il revendique, dans les entretiens qu’il donne au soir de sa vie, comme la caractéristique essentielle du film.

Vingt cinq minutes plus une quarantaine, le film pensé et, à tout prendre, filmé, par Jean-Paul Dreyfus / Le Chanois faisait un peu plus d’une heure, même s’il ne rencontra jamais l’écran, c’est de lui que son réalisateur voulut se souvenir.
  1   2   3   4

similaire:

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconAdresse du Commandant du cesat
«Cahiers du cesat» est la version électronique diffusée sur les sites du cesa cette version «papier» n’en est qu’un extrait

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconAdresse du Commandant du cesat
«Cahiers du cesat» est la version électronique diffusée sur les sites du cesa cette version «papier» n’en est qu’un extrait

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconAdresse du Commandant du cesat
«Cahiers du cesat» est la version électronique diffusée sur les sites du cesa cette version «papier» n’en est qu’un extrait

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconRésumé : Suzie Templeton crée ici une version originale et personnelle...

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconLe journal Montpellier Notre Ville est désormais disponible en version...
«Montpellier notre ville». En page 2 de ce document un sommaire a été créé pour faciliter l’accès aux différents articles du journal....

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconVersion b

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconProgramme version du 31-05-08

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconActualidad en version francesa

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconCurriculum vitae (English version)

Version américaine d’Un peuple attend et fragments de la version française : un film retrouvé iconVersion préliminaire pour discussion à l’ag du 31/03/2010






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com