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Pierre Choderlos de Laclos


Les Liaisons dangereuses

Pierre Choderlos de Laclos

L’œuvre


Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos est un roman épistolaire du XVIIIe siècle. Il parait en 1782, et on peut considérer qu’il répond pleinement à « l’horizon d’attente » 1 de l’époque, qui voit en effet proliférer les romans par lettres (en étude comparative, on pourrait ainsi étudier des extraits des Lettres portugaises, de La Vie de Marianne, ou encore de Julie ou la nouvelle Héloïse) et la littérature libertine (Rousseau, Crébillon, etc.). Néanmoins, nous prendrons garde de bien distinguer Choderlos de Laclos de la littérature clairement érotique, qui lui est légèrement postérieure : Choderlos de Laclos n’est pas Sade, et son œuvre reste largement exploitable avec des adolescents, comme c’est régulièrement le cas en France, dans le cadre de l’étude du genre épistolaire en classe de première ou en classe de littérature (l’étude comparée du roman et de l’adaptation cinématographique de Frears était au programme français de terminale littéraire en 2009-2010).

C’est donc moins le thème du libertinage que le niveau de langue qu’il nous parait important de considérer avant d’envisager une étude des Liaisons dangereuses en classe. Lire une œuvre intégrale du XVIIIe siècle, relativement longue (300 pages) peut représenter un certain défi pour des élèves de français langue étrangère (FLE). Pour exploiter pleinement ses richesses langagières, Les Liaisons dangereuses nous ont donc paru davantage destinées à un public suivant des cours de français langue maternelle, ou de français langue seconde (FLS), ou à des classes dites « bilingues » ou FLE avancées.

Il peut être intéressant d’étudier Les Liaisons dangereuses avec le public adolescent, à une époque où les adolescents recourent plus que jamais aux différents médias, plus ou moins littéraires, à leur portée pour communiquer, mais aussi s’épancher, et parfois même manipuler ou diffamer leurs semblables2.

Éléments de narratologie


Pour accompagner des apprenants plus avancés, nous souhaitions proposer ici des éléments de narratologie3 permettant d’aller un peu plus loin dans l’étude stylistique des Liaisons dangereuses.
La situation d’énonciation :

La situation d’énonciation renvoie aux circonstances dans lesquelles est produit un écrit. Dans le cadre de la lettre, la situation d’énonciation se caractérise par la présence d’un émetteur (qui s’exprime généralement à la première personne) et d’un destinataire (généralement désigné par la deuxième personne). Certains éléments, appelés déictiques ou embrayeurs, renvoient directement à cette situation d’énonciation (c’est le cas par exemple des indications spatio-temporelles du type « ici » ou « maintenant »).

Dans le cas du roman épistolaire, il y a en effet deux émetteurs (l’émetteur fictif, qui n’est autre qu’un des personnages du roman, et l’émetteur réel, soit l’auteur de l’œuvre) et deux destinataires (le destinataire fictif et le lecteur). On est dès lors autorisé à rapprocher cette situation de la double énonciation théâtrale caractéristique de la scène d’exposition (Acte I, scène I), où le dialogue entre les personnages permet aussi de donner au lecteur toutes les informations nécessaires pour comprendre l’intrigue.

On parlera de début (ou « incipit ») in media res (littéralement : « au milieu de la chose ») lorsque le lecteur est directement plongé dans l’action, sans avoir été préalablement informé par le narrateur sur le lieu, l’époque, et les personnages de l’histoire.
Le narrateur :

Le narrateur occupe une place plus ou moins importante dans le récit qu’il produit.

Si le narrateur est un des personnages de l’histoire qu’il raconte, on parlera de narrateur homodiégétique (s’il en est le héros principal, on parlera de narrateur autodiégétique).

Si le narrateur est absent du récit qu’il relate, on parlera alors de narrateur hétérodiégétique.

La diégèse désigne tout récit attribué à un narrateur.

En cas de récits emboîtés (ou récit dans le récit), un narrateur hétérodiégétique par rapport à la diérèse principale peut devenir narrateur autodiégétique d’une diérèse secondaire.

Dans les Liaisons dangereuses, il n’y a pas de narrateur hétérodiégétique. Chaque personnage est le narrateur homodiégétique au sein de son propre récit épistolaire.
La focalisation :

Le narrateur en sait plus ou moins sur les personnages du récit, en fonction de la focalisation adoptée :

- la focalisation externe est utilisée lorsque le narrateur en sait moins sur les personnages qu’eux-mêmes. Il les suit comme le ferait l’œil externe d’une caméra.

- la focalisation interne caractérise la situation où le narrateur raconte l’histoire selon la perspective d’un des personnages, dont il connait les pensées de façon exclusive.

- la focalisation zéro renvoie à un narrateur omniscient, qui a accès aux pensées de l’ensemble des personnages.

Dans Les Liaisons dangereuses, aucun personnage n’a directement accès aux pensées des autres personnages. Néanmoins, certains personnages (le Vicomte et la Marquise) détiennent plus d’informations que d’autres, notamment parce qu’ils reçoivent ou interceptent des lettres qui ne leur sont pas destinées.
Les types de discours :

Parce qu’ils rapportent les paroles ou les écrits d’autrui, tels quels ou déformés, les personnages des Liaisons dangereuses jouent avec différents types de discours :

- le discours narrativisé lorsque les paroles des personnages sont simplement intégrées dans la narration ;

- le discours transposé (style indirect) lorsque les paroles sont rapportées par le narrateur, avec sa propre interprétation ;

- le discours transposé (style indirect libre) lorsque les paroles sont rapportées par le narrateur, sans que ce dernier signale qu’il ne s’agisse pas de son propre discours (sans conjonction de subordination) ;

- le discours rapporté (style direct), utilisé avec des guillemets pour citer les paroles d’autrui.
Les fonctions du narrateur :

Au sein de tout récit comme dans Les Liaisons dangereuses, le narrateur peut avoir différentes raisons de prendre la plume. La narration peut en effet avoir :

- une fonction narrative (c’est le rôle fondamental du narrateur : raconter) ;

- une fonction de régie (lorsque le narrateur commente l’organisation de son texte) ;

- une fonction de communication (lorsque le narrateur s’adresse directement au narrataire – ou lecteur) ;

- une fonction testimoniale (lorsque le narrateur atteste de la vérité de son récit en donnant ses sources d’information ou en exprimant ses émotions) ;

- une fonction idéologique (lorsque le narrateur interrompt le récit pour donner une morale ou un savoir général).
Le temps de la narration :

Le narrateur se situe toujours de façon particulière par rapport au récit qu’il produit.

En général, la narration est ultérieure (le narrateur raconte des faits passés).

Elle est rarement postérieure (sauf dans le cas de prophéties ou de rêves).

Elle est parfois simultanée, lorsque le narrateur écrit ce qui se déroule sous ses yeux.

Enfin, dans Les Liaisons dangereuses, elle est souvent intercalée, car elle mêle le récit de faits antérieurs à la narration et des références au moment même de l’écriture de la lettre (situation d’énonciation, interprétation des événements, etc.).


1 H.R JAUSS, Pour une Esthétique de la Réception , Gallimard, 1978.

2 Nous signalons à ce sujet le travail pédagogique préventif réalisé autour du clip de « Maux d’enfants », sur TV5MONDE (http://enseigner.tv5monde.com/fle/maux-denfants), qui pourrait ainsi faire l’objet d’un travail comparatif sur la diffamation d’autrui.

3 Elaborés, pour la plupart, par Gérard Genette.

Fiche réalisée par : Audrey Legoupil

Page sur
FIAF (French Institute Alliance française) de New York
13/03/2015


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