Avant-propos





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I. LA CRITIQUE LITTERAIRE
Définir ce qu’est la critique littéraire n’est pas aisé. Le terme est en effet source de confusion, puisqu’il renvoie aussi bien :

 à la critique journalistique (en anglais : les book reviews des journaux et magazines)

 à la critique dite scientifique, qui répugne à porter des jugements (contrairement à la critique journalistique) ; universitairement parlant, la critique littéraire recoupe toutes les recherches sur la littérature, qui décrivent, analysent, interprètent, … et dépendent des jugements littéraires des autres.

 à la critique (littéraire) des écrivains, qui ont en dehors de leur fiction, produit des essais théoriques sur la littérature en général. On peut citer Proust (son célèbre Contre Sainte-Beuve), E.M. Forster, Henry James, J.L. Borges, Valéry, Mallarmé… sans distinction de période ou de nationalité ni langue d’expression.
II. LES MODELES CONTEXTUELS OU EXPLICATIFS
Sont abordés là les deux grandes tendances ‘classiques’ (post-aristotéliciennes et qui néanmoins lui doivent beaucoup), celle de la philologie et de l’histoire littéraire.

Les noms de Taine, Mme de Staël, Sainte-Beuve, Gustave Lanson et de maints philosophes allemands (Schlegel, Durkheim…) seront les plus fréquemment cités.

Les outils fournis par la sociologie et la psychanalyse de la littérature, tout en étant plus ‘modernes’ que les deux précédents, font néanmoins partie sur le plan théorique, de la même catégorie des modèles dits « contextuels ou explicatifs ».

III. LES MODELES PROFONDS OU INTERPRETATIFS
Il sera question dans cette sous-rubrique de :

  • La critique créatrice : apparue avec le romantisme, elle renvoie essentiellement à l’école française (Baudelaire, Flaubert, Taine, Bergson, Proust et Valéry, en Allemagne Husserl et en Italie B. Croce)

  • La critique thématique : nous y retrouverons Marcel Raymond, Georges Poulet et surtout Jean Starobinski.

  • La critique existentialiste : Sartre, après Nietzsche et Heidegger, sont les théoriciens les plus notables, mais il faut aussi tenir compte de l’héritage de Saussure et de Lacan.


IV. LES MODELES TEXTUELS OU ANALYTIQUES
« Contre l’histoire littéraire et la critique interprétative se sont violemment dressées en France, à partir des années 1960, les critiques contestant l’empire du sujet et lui substituant le primat du langage » (A. Compagnon). Nous aborderons là :

  • La critique rhétorique et poétique

  • La critique issue de la linguistique saussurienne, le formalisme russe et le « New Criticism »

  • Le structuralisme et ses dérivés : sémiotique, poétique, narratologie

  • La stylistique et la tropologie


V. LES MODELES « GNOSTIQUES » OU INDETERMINES
Alors que les précédents modèles relevaient des trois paradigmes : explicatif / interprétatif / analytique, le quatrième – et dernier en ce qui nous concerne- que l’on peut baptiser modèle textuel relève de la textualité qui, en refusant l’histoire et l’herméneutique, se situe sur un plan différent, qui s’intéresse moins aux textes réels qu’aux textes possibles.

Les concepts d’indéterminisme et les noms de Husserl, Nietzsche et Bloom seront mentionnés, ainsi que ceux de Mallarmé et Barthes.

  • L’esthétique de la réception

A la question «  comment faire de l’histoire littéraire après Heidegger ? » la théorie de la réception met l’accent sur le lecteur, sa relation au texte et le procès de la lecture (Jauss).

  • La déconstruction : Derrida sera naturellement l’ « auteur-phare » en la matière6. Du côté français, il faut aussi évoquer Maurice Blanchot.

  • Dialogisme et intertextualité : c’est l’œuvre de Bakhtine qui fournira l’essentiel de la réflexion. En France, ses travaux ont essentiellement été transmis par l’intermédiaire de Julia Kristeva.

  • Le féminisme : après l’œuvre séminale de Simone de Beauvoir (Le Deuxième Sexe), Julia Kristeva, Hélène Cixous et Luce Irigaray continuent la réflexion en ce sens. Du côté anglo-saxon (c’est-à-dire eu côté de ce que l’on nomme les gender studies), les noms à retenir sont ceux d’Elaine Showalter ou de Toril Moi.

  • Le matérialisme culturel : sous cette appellation quelque peu générique sont regroupées les théories essentiellement anglo-saxonnes qui, sous la bannière de Greenblatt aux Etats-Unis ou d’Althusser en France, créent le courant néo-historiciste qui se déclinera plus tard en cultural studies ou en études post-coloniales.

III. COURS

N° 1 : D’ ARISTOTE À PROUST

Selon Derrida, « [u]n texte n’est un texte que s’il cache au premier venu la règle de sa composition, la loi de son jeu ». C’est cette « vérité » qui fait toute la justification de ce que d’aucuns appellent, à juste titre, « l’herméneutique » du Texte, laquelle vise à pénétrer les secrets de l’écriture, le mot ‘secret’ devant être pris non dans son sens théologique mais dans celui de synonyme de plaisir.

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Plan =

1. Aristote en opposition à Platon

2. Proust et son Contre Sainte-Beuve

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Entre ces deux pôles de la chronologie (Aristote d’un côté, Proust de l’autre) sur lesquels nous allons insister plus particulièrement, quatre grandes périodes se font jour :

 de la Renaissance jusqu’au XVIIe inclus : c’est la période des classiques, dont la référence majeure reste Aristote.

 le XVIIIe : la rationalité du siècle des Lumières, héritière du cogito de Descartes, consacre l’essai, plus particulièrement philosophique, considéré comme le genre noble par excellence, contrairement à la fiction romanesque, ou même poétique.

 le XIXe marque l’avènement des Romantiques, qui instaurent le primat (lyrique) du sujet. Cette période court jusqu’à Taine, Lanson et Sainte-Beuve, tenants de ce que l’on appellerait aujourd’hui la critique biographique (‘l’œuvre c’est l’homme’), au sens le plus étroit du terme
I. ARISTOTE

Dans l’Antiquité, deux visions de la littérature s’affrontent :

  1. Celle de Platon (428-348 BC) : pour le philosophe, l’artiste est l’imitateur d’une imitation / l’art imite un objet matériel qui est lui-même une copie de l’idée de la chose (mythe de la caverne). La connotation est plus ou moins négative, même si le poète reçoit l’inspiration directement de ‘Dieu’. Le concept fondamental est celui de l’essence

  2. Celle d’Aristote (384-322 BC). Elève de Platon (de 367 à 347), Aristote est le premier à élaborer une réflexion théorique qui vise à orienter la pratique du poète. Voir son œuvre La Poétique. Concept-clé = mimesis = faculté humaine fondamentale de médiation (même si elle est complexe) de la réalité. L’art doit correspondre à la vie et atteindre à un certain ordre structuré. Le poète vise l’universel et le général. Autre concept-clé = catharsis (création d’une intensité dramatique maximale pour impliquer le public / subjectivité sollicitée pour identification avec les personnages en vue de purification des passions).

La Poétique d’Aristote = création d’un métalangage destiné à définir l’art (de l’écrit) de façon objective. Aristote définit trois grands genres : lyrique, épique, dramatique. L’attitude est prescriptive : la notion de norme prévaut et il n’est pas admissible d’y déroger.

(Tome 1 la Tragédie / Tome 2 la Comédie- Lire ou relire le roman d’Umberto Eco, Le Nom de la Rose, qui base une partie de son intrigue policière sur la recherche du tome 2 disparu)
II. PROUST

Dans son célèbre essai Contre Sainte-Beuve7, Proust prend parti de façon extrêmement virulente contre ce qu’il appelle la « méthode Sainte-Beuve », héritière des modèles de critique extrinsèque, qui « expliquent » l’œuvre par la personnalité de son auteur et ses conditions d’émergence (sociales, personnelles). Voici la manière dont Proust résume ladite méthode :

La littérature, disait Sainte-Beuve, n’est pas pour moi distincte ou du moins, séparable du reste de l’homme et de l’organisation. On ne saurait s’y prendre de trop de façons et de trop de mots pour connaître un homme, c’est-à-dire autre chose qu’un pur esprit. Tant qu’on ne s’est pas adressé sur un auteur un certain nombre de questions et qu’on n’y a as répondu, ne fût-ce que pour soi seul et tout bas, on n’est pas sûr de le tenir tout entier, quand même ces questions sembleraient les plus étrangères à la nature de ses écrits : Que pensait-il de la religion ? Comment était-il affecté du spectacle de la nature ? Comment se comportait-il sur l’article des femmes, sur l’article de l’argent ? Etait-il riche, pauvre ; quel était son régime, sa manière de vivre journalière ? Quel était son vice ou son faible ? Aucune réponse à ces questions n’est indifférente pour juger l’auteur d’un livre et le livre lui-même, si ce livre n’est pas un traité de géométrie pure, si c’est surtout un ouvrage littéraire, c’est-à-dire où il entre de tout. (p. 126)

Proust s’insurge contre cette critique exclusivement biographique qui méconnaît la nature même de l’œuvre littéraire. Voici quelques extraits parmi les plus représentatifs de ces pages qui dénoncent la « méthode Sainte-Beuve » :

L’œuvre de Sainte-Beuve n’est pas une œuvre profonde. La fameuse méthode, qui en fait, selon Taine, selon Paul Bourget et tant d’autres, le maître inégalable de la critique du XIXe, cette méthode, qui consiste à ne pas séparer l’homme et l’œuvre, à considérer qu’il n’est pas indifférent pour juger l’auteur d’un livre, si ce livre n’est pas un « traité de géométrie pure », d’avoir d’abord répondu aux questions qui paraissent le plus étrangères à son œuvre, à s’entourer de tous les renseignements possibles sur un écrivain, à collationner ses correspondances, à interroger les hommes qui l’ont connu, en causant avec eux s’ils vivent encore, en lisant ce qu’ils ont pu écrire sur lui s’ils sont morts, cette méthode méconnaît ce qu’une fréquentation un peu profonde avec nous-mêmes nous apprend : qu’un livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. (p. 126-127 –suite)

Ou encore : « […] En aucun temps, Sainte-Beuve ne semble avoir compris ce qu’il y a de particulier dans l’inspiration et le travail littéraire, […] » 

C’est Proust qui, le premier, distingue le moi social et le moi profond : « […] le moi profond qu’on ne retrouve qu’en faisant abstraction des autres et du moi qui connaît les autres, le moi qui a attendu pendant qu’on était avec les autres, qu’on sent bien le seul réel, et pour lequel seuls les artistes finissent par vivre, comme un dieu qu’ils quittent de moins en moins et à qui ils ont sacrifié une vie qui ne sert qu’à l’honorer ».
Proust condamne encore, d’une plume assassine, Sainte-Beuve parlant de Stendhal (p128-129), ou « pire encore », de Baudelaire (p.165). Il poursuit par :

Et pour ne pas avoir vu l’abîme qui sépare l’écrivain de l’homme du monde, pour n’avoir pas compris que le moi de l’écrivain ne se montre que dans ses livres, et qu’il ne montre aux hommes du monde (…) qu’un homme du monde comme eux, il inaugurera cette fameuse méthode qui selon Taine, Bourget … est sa gloire et qui consiste à interroger avidement pour comprendre un poète, un écrivain, ceux qui l’ont connu, qui le fréquentaient, qui pourront nous dire comment il se comportait sur telle ou telle chose, c’est-à-dire précisément sur tous les points où le moi véritable du poète n’est pas en jeu.
COURS N° 2
Le cours précédent a placé l’accent sur la distinction entre « critique extrinsèque » (Sainte-Beuve) et la « critique intrinsèque » (Proust), autrement étiquetées « critique évaluative (Sainte-Beuve) et critique explicative (Proust). Cette double opposition n’est cependant qu’ici schématisée, tout comme est schématique le « grand saut chronologique » d’Aristote à, grosso modo, la fin du XIXe). Ce dernier a néanmoins une valeur historique :

jusqu’au XIXe, prévaut la croyance en un ordre du monde (existence d’un SENS), conception qui relève de l’ordre du religieux (préceptes / dogmes // existence d’un être suprême // approche téléologique). La littérature est le reflet et le produit de cette conception. A partir du XIXe (début avec les Romantiques), cette théorie s’effrite ou vole en éclats (Nietzsche et la mort de Dieu). Concomitante à ce phénomène, la conception de littérature change. Historiquement, deux révolutions / découvertes interviennent dans des champs jusque là inexistants et qui vont devenir des disciplines : la linguistique et la psychanalyse. Les deux objets d’études = le langage / le sujet. Le primat de l’un sur l’autre OU les empiètements de l’un sur l’autre (et réciproquement) vont influer sur la conception de la littérature et donc sur la critique littéraire.
Parcours de ce cours n° 2  = du Formalisme russe au structuralisme

 Auteurs mentionnés = Saussure / Jakobson / Levi-Strauss / Barthes / Lacan

 Textes supports =

1. L’analyse des « Chats » de Baudelaire par Jakobson et Lévi-Strauss8

2. L’analyse textuelle d’une nouvelle de Poe par Roland Barthes : la Vérité sur le Cas de M. Valdemar9

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SAUSSURE (1857-1913) : Cours de Linguistique Générale (1915-1959) / concepts clés =

  • notion de système (même si le terme structure n’est pas employé, le mot système renvoie à la même chose) par distinction interne / externe

  • le système dérive de l’étude de l’évolution des langues : toute étude comparative et évolutionniste (diachronie/ seule existant au préalable) est fragmentaire en l’absence d’une théorie systématique de la langue comme entité à un moment donné dans une société donnée (définition de la synchronie).

  • Opposition langue (le système) / parole (ses manifestations individuelles)

  • La fonction (but) du système qu’est la « langue » est la signification, ses éléments = signes avec ses deux volets : signifiant et signifié.

C’est Saussure qui suggère le lien entre la linguistique et l’anthropologie. Il sera établi en propre par Jakobson (un linguiste) et Lévi-Strauss (un anthropologue). Saussure amorce aussi ce qui va devenir la sémiologie (nécessité de fonder une théorie, plus large, des signes = sémiologie)
LE FORMALISME RUSSE

Prône l’analyse formelle. C’est « l’Ecole de Moscou » dans les années 1915-1916. Linguistes et poéticiens avaient entrepris étude systématique de la littérature. Viktor Chlovsky (1917 : publication de son célèbre article « L’art comme procédé »). L’accent est mis sur la littérature comme ensemble de procédés formels. Les formalistes nient la dimension représentative ou expressive de la littérature, dénonçant l’humanisme lié à la croyance en l’unité essentielle du texte et de sa signification. L’objet de la critique n’est plus la littérature mais la littérarité. La critique devient une « science ».10

Parmi les théoriciens se situant dans la même mouvance, se trouve Vladimir Propp, auteur de Morphologie du Conte, 1928, texte important (2ème après celui de Chlovsky). Propp analyse les structures du conte merveilleux considéré comme genre. Il dégage les lois de fonctionnement (exemple : le récit est structuré comme une quête, diverses fonctions sont occupées par les personnages, le récit est fondé sur des couples d’oppositions…). Poursuite par Greimas (analyse de la structure du roman, notion de « schéma actantiel » …)

Autres noms (russes) = Michael Bakhtine (cf infra).

Œuvre comme forme pure, analyse des rapports entre les éléments constitutifs.

Le vulgarisateur de ces théories en France (dans les années soixante, par la traduction des ouvrages du russe) est Tzvetan Todorov (puis Julia Kristeva). Pour Todorov, voir biblio.

Le lien entre le formalisme russe et ce qui va devenir le structuralisme se fera de deux manières :
1. externe à la France : R. Jakobson. Il fonde dans les années 26-39, « l’école » / « le cercle » linguistique de Prague). Lien entre l’analyse formelle et le linguistique = Essais de Linguistique Structurale (1963), Questions de Poétique (1973 / cf « Les Chats »).
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