Avant-propos





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II. Gilles Deleuze (1925-1995)
Philosophe complexe. Préoccupation constante : affirmer une métaphysique en mouvement, en activité (cf Foucault) = Renouveler la philosophie dans le sens nietzschéen d’une pratique mobile, « nomade ».

Nietzsche = LA référence fondamentale.

Fondamentalement antidialectique : ce qu’il faut, ce n’est pas penser les résultats de forces historiques contraires mais déplacer le lieu des questions, produire un espace différent, celui de l’ici et maintenant, de « l’intempestif ».
Œuvres :

Différence et répétition (1967)

Logique du Sens (1969)

Vaste critique du lacano-freudisme avec l’Anti-Œdipe (1972 + F. Guattari), très polémique

Mille Plateaux (1980, + Guattari)

L’abécédaire : ed. Montparnasse, mars 2004. Entretien-fleuve (enregistrement pour la TV) réalisé sous condition de diffusion seulement après sa mort (suicide en 1995)

Kafka, pour une littérature mineure (+ F. Guattari) ; ed. Minuit, 1989. / hyps que la lecture de Kafka comme tragique est un non-sens. Au contraire, K. = lieu d’élection de la dérision de l’humour, du rire franc même…
L’Abécédaire et Kafka = les 2 ‘ouvrages’ les plus accessibles pour commencer.

Importance de l’humour et de la réflexion sur le quotidien. La philosophie non comme matière abstraite mais comme démarche concrète.

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A la figure en arbre de la rationalité, Deleuze oppose la figure en ‘rhizomes’ des agencements d’intensité travaillant le milieu social et travaillés par lui.

Eloge de la singularité irréductible à toute appréhension de l’Un, éloge du multiple, figure du nomade.


Importance de la littérature, comprise comme « machine textuelle » exprimant à chaque fois la singularité d’un désir. Travail sur Proust et les signes, sur Kafka. Sur le théâtre également (sur Beckett), non pas « par hasard » ou dans un but de « diversification » mais parce que cela entre dans la logique de son cheminement de pensée philosophique. Le théâtre en effet est une pratique en mouvement. A l’interprétation, Deleuze oppose l’expérience ; au ressentiment, l’affirmation.

Réflexion aussi sur le cinéma. (l’Image-mouvement et l’Image-temps.)

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Lectures complémentaires : dans sa série « Rétrolectures » de l’été 2008, le journal Le Monde a consacré – édition du jeudi 31 juillet, page 15) un article à l’ouvrage majeur de Foucault Les Mots et les Choses (1966). Dans la même série, le journal consacre un article à L’Anti-Œdipe de Gilles Deleuze (et F. Guattari, 1972) dans son édition du vendredi 8 août.15

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COURS N° 5 : PAUL RICOEUR (1913-2005)

Paul Ricœur, lui aussi (comme Foucault, ou Derrida, dont il n’est pas question ici16), appartient à cette même catégorie, celle des penseurs de la littérature influencés par la philosophie en tant que discipline. Si un Foucault par exemple était au croisement de l’Histoire et de la Philosophie, Ricoeur est au croisement de la Linguistique et de la Philosophie.

Si Michel Foucault était un « anti-humaniste » -au sens où il diagnostiquait la mort de l’homme, l’homme étant un « accident » de l’Histoire parmi d’autres (voir sa conception du Sujet ; ne pas oublier pour autant son caractère de défenseur de l’individu, P. Ricœur est lui, un Humaniste. En ce sens, il est étranger aux préoccupations du structuralisme. Ricœur est difficile à enfermer dans un courant précis : il est attentif à la littérature aussi bien qu’aux sciences humaines.

Le christianisme (la revue Esprit – E. Mounier / Gabriel Marcel), la phénoménologie, l’herméneutique, la psychanalyse, la linguistique et l’histoire ont, dans des proportions variables, contribué à la formation de sa pensée. Le christianisme est pour lui une réflexion philosophique faisant une place centrale à la question religieuse sans pour autant renoncer à la rigueur conceptuelle. La phénoménologie : il retient les enseignements de Husserl (qu’il a traduit pendant ses années de captivité entre 19442 et1945) et de Carl Jaspers.

Les deux courants se marient pour donner à ses inquiétudes de chrétien préoccupé par le thème de la faute une réponse digne des exigences de la méthode phénoménologique.

Il écrit une vaste « Philosophie de la volonté » : le 1er tome paraît en 1949, les 2 autres, réunis sous le titre de Finitude et Culpabilité, paraissent en 1960. Parmi les questions posées : comment peut-on vouloir le mal ? Qu’est-ce que la mauvaise foi ? quel est le sens d’un acte involontaire

Ricœur explore, derrière la couche superficielle de la conscience, les profondeurs de l’inconscient individuel aussi bien que collectif à travers l’univers symbolique dans lesquels les grandes religions s’efforcent de pense le problème du mal. Il fait alors la rencontre simultanée de la psychanalyse et de l’herméneutique, ces deux disciplines germaniques sont mal connues en France, surtout l’herméneutique, en particulier celle théorisée par les théologiens protestants tels Schleiermacher et Gadamer. Il s’agit pour eux (donc à leur suite pour P. Ricœur) d’appliquer les outils de l’exégèse biblique aux contenus de la philosophie morale. La psychanalyse elle, par d’autres voies, remet en question le narcissisme du cogito classique.

De ces deux disciplines, Ricœur retient une idée centrale (partagée par Mircea Eliade) : la réalité humaine est avant tout constituée de symboles dont le déchiffrement est interminable.

Deux ouvrages clés paraissent alors : De l’Interprétation, essai sur Freud (Seuil, 1965) et Le Conflit des Interprétations, essai d’herméneutique (Seuil, 1970).

Avec la question du symbolisme (voir Lacan), P. Ricœur touche au problème du langage.

Après des désillusions politiques (il fut le doyen de la faculté de Nanterre de1968-1970 ; une certaine amertume liée à son expérience le fit se tourner vers les USA, où il s’expatria quasiment pendant un temps), se tourne vers l’étude des sciences linguistiques. Un tournant s’opère dans sa pensée dans les années 70: il est l’un des premiers Français à dialoguer avec la philosophie analytique triomphante dans le monde anglo-saxon (cf. Austin puis Searle, « la philosophie du langage ordinaire » ou, en anglais, le Speech Act Theory (quand dire c’est faire).

Trois ouvrages très importants sont ensuite publiés :

  1. La Métaphore Vive (Seuil, 1975) : la métaphore est envisagée sous l’angle de la production de sens (donc d’un enrichissement pour le texte littéraire).

  2. Temps et Récit (Seuil, 1983-1985) : l’ouvrage va bien au-delà de l’analyse linguistique. C’est une réflexion sur l’écriture du passé et, au-delà, sur la question même de la connaissance historique, de son statut et de son apport de vérité.

  3. Soi-même comme un autre (Seuil, 1990) : dans cet ouvrage P. Ricœur essaye de sauver l’idée d’une philosophie universelle susceptible d’embrasser tous les aspects de l’agir humain. L’essai est une analyse sémantique et pragmatique de la notion de Sujet + une esquisse d’une ontologie de la personne, ou une herméneutique du Soi. Il apparaît là que l’étude du langage n’a jamais été pour Ricœur une fin en soi : elle n’a jamais été qu’une autre façon de poser la question de l’Etre et celle de l’Action. Texte marqué par une exigence très grande : voir la – difficile – étude sur Hannah Arendt dans Le Juste (1995)*

Son dernier ouvrage = La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli (Seuil, 2000). Aboutissement d’une méditation sur l’histoire développée pendant cinq décennies. Objet de la réflexion : en quoi l’Histoire se distingue-t-elle d’autres formes de relation au passé, à commencer par la mémoire ? La mémoire dont on observe une montée en puissance au cours des années 90s. Irruption du thème de la mémoire dans l’espace public, place croissante réservée à ses manifestations (commémorations...). Parallèlement, on observe une multiplication des discours critiques à l’endroit de la mémoire : c’est la démarche historienne OU, sur un autre plan, la mémoire « envahissante » de la Shoah, concurrente des autres mémoires (par ex. la mémoire des crimes du communisme…). Ricœur parle d’« abus » de la mémoire. Selon lui, le « devoir de mémoire » est trop souvent convoqué pour court-circuiter le travail de l’histoire (cf. Pierre Nora), laquelle a pour vocation, selon Ricœur, « de corriger, critiquer, voire de démentir la mémoire d’une communauté déterminée lorsqu’elle se replie et se referme sur ses souffrances propres au point de se rendre aveugle et sourde aux souffrances des autres communautés ». Cette lecture ne fait pas l’unanimité, car elle glisse vers une notion contestable, celle d’une « juste » mémoire, que Ricœur appelait plus ou moins de ses vœux – qui en jugerait ?- Il reste que le trouble suscité par cette réflexion est indéniable et même légitime : songeons à la terrible pertinence de cette peur qu’évoquait en lui « l’inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs ».

En conclusion, on peut dire que Paul Ricœur aura incarné les déchirements de la pensée humaniste depuis le début du XXè. Son authenticité tragique est un témoignage exemplaire sur la crise de notre modernité.

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Bibliographie PAUL RICŒUR


  • Le Volontaire et l’involontaire (Aubier, 1950)

  • Finitude et Culpabilité (Aubier, 1960 ; 1988)

  • Histoire et Vérité (Seuil, 1955 ; 2001)

  • De l’interprétation, essai sur Freud (Seuil, 1965)

  • Le conflit des interprétations - essais d’herméneutique I (Seuil, 1969)

  • La Métaphore vive (Seuil, 1975)

  • Temps et récit (Seuil, 1983-1985 ; Points Essais, 1991)

  • Soi-même comme un autre (Seuil, 1990)

  • Le Juste (Esprit, 1996)

  • La Mémoire, l’histoire, l’oubli (Seuil, 2000)

  • Le Juste II (Esprit, 2001)

Parmi les études consacrées au philosophe :

  • Paul Ricœur, par Olivier Mongin (Seuil, 1994)

  • Paul Ricœur, les sens d’une vie, par François Dosse (La Découverte, 1997)

Voir aussi l’article de Robert Maggiori dans l’édition du samedi 21 mai 2005 de Libération: http://www.liberation.fr/page.php?Article=298162
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Voir également, dans la série des « Rétrolectures » que le journal Le Monde a consacrées cet été 2008 à un certains nombre d’ouvrages de penseurs phares des vingt et vingt-et-unième siècles, l’édition du vendredi 22 août 2008, consacrée à La Mémoire, l’Histoire, l’oubli (Rétrolecture 2000, page 14)17.

SECTION n° 6 : ANNEXES
I. POUR L’EXAMEN
Cet enseignement, dont le code est C0A7M1, fait partie des « fondamentaux » de M1, Master première année, regroupés sous le code C0A7M. Ils sont « mutualisés » pour l’ensemble de l’UFR Langues, c’est-à-dire communs aux anglicistes, bretonnants et celtisants et aussi aux germanistes, langues romanes…C’est la raison pour laquelle il est rédigé en français, langue commune de toutes nos disciplines. C’est aussi la raison pour laquelle le français est la langue de composition à l’examen.

Les « Fondamentaux », divisés en trois sous-enseignements (Textes et Critique du Texte -C0A7M1- pour la littérature, La Civilisation entre Culture et Histoire – C0A7M2 – … pour la civilisation et Théories du Langage – C0A7M3 – pour la linguistique18) donnent lieu pour l’examen à une seule épreuve (terminale donc, en fin de semestre; elle est de 2h). Il est procédé à un tirage au sort entre les trois composantes littérature / civilisation / linguistique. A titre d’exemple(s), voici des possibilités de sujet 19 :

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A. Vous composerez sur l’un des deux sujets suivants :

  1. Quels sont les apports du structuralisme à la critique du texte ? Tentez de les définir à la fois par rapport à la critique traditionnelle et par rapport au post-structuralisme. (sujet F. Maier)




  1. Situez les auteurs/théoriciens suivants dans l’histoire de la critique littéraire, entendue comme l’histoire du rapport au texte : M. Proust / M. Bakhtine / M. Foucault / P. Ricœur. (sujet S. Jousni, correspondant à ce cours- 1ère partie)

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B. Vous composerez sur l’un des deux sujets suivants :


  1. « La naissance du lecteur doit se payer de la mort de l’auteur ». Expliquez cette assertion de Roland Barthes et commentez-la du point de vue du critique littéraire. (sujet F. Maier)

  2. En quoi les théories de Michel Foucault sont-elles de nature à fournir des outils conceptuels au critique littéraire et au chercheur en littérature ? sujet S. Jousni)

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C. Voici un dernier sujet (correspondant exclusivement à cette 1ère partie du cours - assuré par S. Jousni) :
Répondez de façon argumentée aux questions suivantes :

1°) A quels courants de la critique littéraire peut-on rattacher les noms suivants : Vladimir Propp / Claude Lévi-Strauss / Julia Kristeva / Umberto Eco ?

2°) Que désignent les concepts suivants et d’où viennent-ils / à qui les doit-on ?

‘dialogisme’ / ‘déconstruction’ / la triade ‘Réel-Imaginaire-Symbolique’ ?

3°) En quoi la critique littéraire américaine a-t-elle été influencée par « l’école française » à partir de la fin des années (mil neuf cents) soixante-dix ?

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D. Quelques « perles » et leur « décryptage

Sur des penseurs / théoriciens :

  • Lévi-Stauss (il était demandé de situer l’individu dans son époque et son contexte politique et épistémologique)

« déporté / camps de concentration / livre sur Auschwitz » (sic) …

Lévi-Strauss a été confondu avec l’écrivain italien Primo Levi, qui fut effectivement interné à Auschwitz et écrivit un livre de témoignage bouleversant sur les camps de la mort (« Si Questo è un Uomo »). P. Levi s’est suicidé en 1987). Quant à Claude Lévi-Strauss, il était certes vivant (il l’est toujours !) et actif dans ces années-là, mais jusqu’en 45-46, il était enseignant aux Etats-Unis.

 « contexte politique = début du XXè. La IIIè république en France est à ses débuts. L’entrée de cette république dans le XXè est marquée principalement par la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905, effectuée sous l’impulsion du Premier ministre de l’époque, Emile Combes » (sic.). Visiblement, l’auteur de la copie a « recraché » là un fragment de cours, mais lequel ???


  • Saussure

 « L’œuvre littéraire est, selon Saussure, structurée comme un langage. » La confusion est totale entre Saussure et Lacan. C’est Lacan qui a défini l’inconscient comme étant « structuré comme un langage ». Que « l’œuvre littéraire » soit structurée comme un langage …est à la fois un truisme et une absurdité : elle n’est pas « comme » du langage, elle est du langage !!!
Sur des théories :

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