Avant-propos





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Le structuralisme = « école de pensée qui insiste sur la structure du texte et sa construction ». (Jusque là, tout va bien). « Le but est (il n’y a pas de ‘but’ à une école de pensée…la formulation est à la fois impropre et proche du non-sens) que le texte soit construit en suivant des codes qui permettront au critique de suivre la trame du texte : le respect des temps est important puisque cela va permettre au lecteur de ne pas se perdre dans les événements relatés dans un ouvrage. (…) » (sic). Autrement dit un écrivain ou un philosophe écrit de façon à pouvoir se faire comprendre du premier enfant de sept ans venu !!!!

  • Dialogisme = « grille d’analyse qui sert de support au critique en lui indiquant la marche à suivre pour son travail. Cette grille porte plus particulièrement sur les dialogues d’un ouvrage, leur pertinence » (sic). Absurdité. Il s’agissait du principal concept de Mikhaïl Bakhtine. Le recours à une étymologie élémentaire (dialogisme < dialogue) masque (mal) le manque (criant) de connaissance du cours.

  • Phénoménologie = « se rapporte à l’étude des phonèmes, les sons dans un ouvrage, les syllabes » (sic). La confusion vient sans doute de la proximité avec les syllabes (et phonèmes) … du mot phonème, précisément, et de ses dérivés. La racine, ici, était celle de « phénomène » et renvoie à une théorie philosophique d’origine allemande (fin du XIXe - début du XXe siècles). Voir le glossaire ci-après.

    II. GLOSSAIRE

    Voici quelques définitions des termes scientifiques les plus couramment employés dans ce cours et qui pourraient néanmoins demeurer obscurs. La liste, bien évidemment, est loin d’être close. Beaucoup de ces termes sont issus du lexique de la philosophie (au sens le plus large du terme) et vous pouvez, si nécessaire, consulter les ouvrages de vulgarisation qui s’y rapportent. A titre d’exemple : Le Monde de Sophie (best seller du philosophe norvégien Jostein Gaarder en 1991, tr. fr. 1995 aux éd. du Seuil) / les ouvrages du philosophe Michel Onfray / les « hors série » du Point de ces 3 dernières années, consacrés aux « Texte Fondamentaux ». Dans cette dernière catégorie, sont particulièrement utiles les rappels fournis dans :

    « Les textes fondamentaux de la pensée antique » (Aristote, Epicure, Platon), juillet-août 2005

    « Les textes fondamentaux de la psychanalyse » (Freud, Ferenczi, Klein, Lacan), mars-avril 2006,

    « Les textes fondamentaux de la philosophie moderne » (Spinoza, Kant, Hegel), sept.oct. 2006,

    « Mythes et mythologies, les grands textes commentés » ((Œdipe, Sisyphe, Icare), juillet-août 2007,

    « Les textes fondamentaux et leurs commentaires » (Nietzsche, Schopenhauer, Kierkegaard), sept.oct. 2007.

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    catharsis : un des concepts clés de la Poétique d’Aristote. La catharsis est la création d’une intensité dramatique maximale destinée à impliquer (subjectivement) le public dans une identification avec les personnages (c’est le versant créateur de l’imitation, la purgation des passions). En dehors du vocabulaire théâtral, ce terme renvoie à une lecture psychanalytique (freudienne) d’un événement ou de relations inter-personnelles.

    critique génétique : ce type de critique privilégie l’étude des sources, des brouillons, des ‘premiers jets’/ ‘premières moutures’ des œuvres, des manuscrits au sens physiques du mot, pour analyser une œuvre / un texte. A titre d’exemple, Stephen Hero, de James Joyce, permet en tant que « première version » de mieux cerner certaines des caractéristiques stylistiques du Portrait of the Artist as a Young Man. Stephen Hero est cependant à part en ce sens qu’il a été bel et bien publié (sous cette forme, avec ce titre). La critique génétique s’intéresse aussi à tous ces états « non fixés » d’un manuscrit qui laissent voir les étapes de la création / les modifications apportées par l’auteur, parfois à la dernière minute, etc.

    dialogisme : voir le cours sur M. Bakhtine. Le terme renvoie au « dialogue » implicite qu’entretient une œuvre avec les œuvres précédentes qui l’informent, la traversent, auxquelles elle fait référence : en la critiquant, la citant, la parodiant, etc.

    doxa : terme grec. = opinion commune, idée reçue. La racine est présente dans les adjectifs ‘orthodoxe’ (= qui rentre dans le cadre des idées pré-établies) / ‘paradoxe’ (à l’inverse : qui va à l’encontre, « à côté » des idées communément admises).

    épistémologie : du grec épistémé (science) et logos (discours sur ~ / étude de ~) : en philosophie, désigne l’étude des sciences, destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée.

    exégèse : littéralement « interprétation philologique et doctrinale d’un texte, dont le sens, la portée, sont obscurs ou sujets à discussion ». Synonyme de « commentaire », de « critique ». On parle par exemple d’« exégèse biblique » pour désigner telle ou telle interprétation – argumentée – de la Bible.

    fonctions (du langage) : Selon Jakobson (dans Essais de linguistique structurale -1963- ou Questions de poétique -1973-), elles reposent sur une théorie de la communication (qui impliquent un destinateur, un message et un destinataire) et sont au nombre de six : 1. la fonction référentielle ou dénotative (le mot ‘table’ renvoie à l’objet physique qui peut se décrire comme un plateau horizontal surélevé, d’une hauteur variable, s’appuyant sur 4 pieds verticaux de même hauteur et parallèles) // 2. la fonction expressive ou émotive // 3. la fonction conative (= orientée vers le destinataire) // 4. la fonction phatique (qui maintient ou interrompt la communication ; exemple de l’apostrophe baudelairienne « Hypocrite, lecteur, mon semblable, mon frère »20) // 5. la fonction métalinguistique (le langage qui parle du langage ; ce que ce cours est en train de faire par exemple…) / : 6. la fonction poétique du langage (qui vise le message en tant que tel)

    formalisme : renvoie à l’école russe du début du XXè siècle, qui prônait l’étude exclusive de la forme du texte. Voir cours n° 2.

    herméneutique : science qui vise à pénétrer les secrets du texte. Désignait initialement l’étude des textes sacrés (la Bible, la Torah…). depuis le XIXe, le terme renvoie à l’étude de tout texte qui peut a priori recéler des difficultés d’interprétation, soit le texte littéraire par excellence.

    métalangage : langage spécifique/ jargon sur le langage. Le Robert donne pour définition : «  en didactique, = langage naturel ou formalisé qui sert à parler d’une langue, à la décrire ».

    mimesis : concept clé d’Aristote, dans sa Poétique. Terme grec signifiant ‘imitation’. Selon Aristote, la mimesis, faculté humaine fondamentale, est (par imitation donc) une médiation – complexe – de la réalité. Cette notion renvoie à une conception bien particulière de l’Art, qui doit correspondre à la Vie et atteindre à un certain ordre structuré. Le poète / l’artiste vise l’universel et le général au-delà du particulier ; l’artiste a pour mission de révéler la cohérence logique sous-jacente à la vie humaine.

    narratologie : sous-discipline héritière du structuralisme. Elle s’intéresse au processus de narration : qui raconte quoi et comment, Voir en particulier G. Genette et son ouvrage Figures III. Distinction point de vue et focalisation, classement des divers types de narrateurs…Base de l’analyse littéraire / analyse textuelle (cf. cours de licence).

    paradigme : en linguistique, renvoie à l’axe vertical quand l’axe horizontal est l’axe syntagmatique. Un paradigme constitue l’ensemble des termes qui peuvent figurer en un point de la chaîne parlée ; c’est l’axe des substitutions quand l’axe syntagmatique est l’axe des combinaisons. Le terme, hors le champ strict de la linguistique au sens le plus pointu, est devenu synonyme d’exemple, de modèle déclinable.

    phénoménologie : terme philosophique qui renvoie d’abord à Hegel (La phénoménologie de l’esprit – 1807) ensuite à Husserl. La phénoménologie est une méthode philosophique qui se propose, par la description des choses elles-mêmes, en dehors de toute construction conceptuelle, de découvrir les structures transcendantes de la conscience et les essences.

    philologie : de façon générale, signifie «  connaissance des belles-lettres, étude des textes ». Au XIXe, le terme est devenu quasi synonyme de grammaire avant d’être utilisé pour désigner ce qui n’était pas encore connu sous le nom de « linguistique » ; Désigne l’étude d’une langue par l’analyse critique des textes, puis, plus ‘simplement’ et plus globalement désormais l’étude formelle des textes.

    poétique : « science » générale, aussi bien que titre d’un des deux ouvrages majeurs d’Aristote (l’autre = la Rhétorique). Science de l’art d’écrire (pas seulement en vers) ; Aristote est le premier à élaborer une pensée théorique qui vise à orienter la pratique des écrivains (ces derniers doivent obéir à des règles strictes, fautes d’être reconnus).

    polyphonie : littéralement « composition à plusieurs voix ». Terme / concept compagnon de celui de dialogisme( voir cours sur Bakhtine). Pour Bakhtine, le texte dialogue avec des récits, des textes antérieurs, qui l’informent. Il est confrontation de voix diverses (différentes instances discursives, différents points de vue…). Parler, c’est tenir un discours adressé à l’autre et le texte inscrit la présence de l’autre dans le discours du sujet ; l’œuvre est donc comme un dialogue, une.. ; « polyphonie », dans laquelle l’auteur de dérobe puisque plusieurs discours – y compris contradictoires- s’y tiennent.

    post-modernisme (englobe le post-structuralisme) : globalement, renvoie à une remise en question radicale de la clôture du sens. Influence de Derrida (en particulier La grammatologie, L’écriture et la différence). Derrida dénonce le primat de l’écriture sur la parole ; pour lui et les « post-modernistes » le signifiant renvoie toujours à un autre signifiant et non à une réalité externe (le « signifié ») qui n’est qu’une illusion. Il n’y a rien en dehors du texte (cf. la célèbre maxime derridienne : « il n’y a pas de hors-texte »), le langage ne peut pas nous conduire en dehors de lui-même, il ne renvoie qu’à du langage. Aucun métalangage, la philosophie par exemple, ne peut faire autorité. Il n’y a pas de plénitude, pas de coïncidence du signe et de la signification, pas de garantie de sens stable. Le langage nous entraîne dans le jeu infini des signifiants, et le sens est toujours différé, inépuisable.

    sémiotique-sémiologie : science des signes. Le discours est conçu comme une totalité signifiante. Le sens naît de l’agencement de signes dans le texte. La discipline, héritière de la linguistique et du structuralisme, s’intéresse aux significations construites par le texte qui échappent au contrôle de l’auteur (notamment l’idéologie, ou des significations personnelles, à la mise en relation de réseaux de signifiants discrets…). Elle remet radicalement en question la notion de clôture de l’œuvre pour insister sur la plurivocité des textes. Voir R. Barthes et aussi Umberto Eco, en particulier L’œuvre ouverte.

    structuralisme :voir cours n° 1 et n° 2 et l’importance de la notion de structure

    téléologie : Terme philosophique. Etude de la finalité. Science des fins de l’homme. (voir Hegel, Spinoza, Bergson, Ricœur )

    texte – textualité : c’est Barthes qui le premier, rappelle l’étymologie du texte (du verbe latin tisser). Le texte est donc littéralement un « tissu », c’est-à-dire un entrelacs complexe de fils. (in l’Aventure sémiologique- cf. Bibliographie)
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    NB Aucun glossaire, comme aucun « dictionnaire » ne peut prétendre à l’exhaustivité. Il est néanmoins possible de le compléter. Selon les demandes que certains pourraient m’adresser, je peux être amenée à l’étoffer. Mais le plus gros du travail, celui de lecture, de compréhension et d’assimilation, ne peut venir que de vous. Ce n’est qu’à cette condition que vous pourrez utiliser à bon escient les concepts de X ou Y et vous en servir avec pertinence comme outil / grille de lecture.

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    En guise de conclusion, vous trouverez ci-dessous une parodie qui éclairera peut-être certains aspects du cours.

    III. PARODIE
    Le texte qui suit est une parodie d’initiation aux méthodes critiques21. Il prend pour support la comptine populaire bien connue, intitulée « Une poule sur un mur », qui se chante (ou décline) comme suit :
    Une poule sur un mur

    Qui picotait du pain dur

    Picoti, picota,

    Lève la queue et saute en bas !*

    (*variante : Prends tes cliques et puis t’en va !)
    7 écoles critiques (les principales sont passées en revue) sont ensuite utilisées comme « grille de lecture » permettant de décoder (donc d’interpréter) le « message » contenu dans la comptine. Le tout est exclusivement parodique mais demeure extrêmement pertinent ; et la parodie est d’autant plus efficace que les arguments même qui sont parodiés sont maîtrisés et fort judicieusement utilisés.

    1. L’Histoire Littéraire Traditionnelle22 nous enseigne qu’il s’agit là d’un texte relevant du genre comptine, encore vivace chez les enfants des écoles maternelles. La comptine est un poème bref, au rythme saccadé, à la conclusion stéréotypée, peu propre à l’expression de l’effusion lyrique.

    2. La Recherche des Sources (Quellenforschung)23 nous permettrait de considérer sous un nouvel éclairage le drame de Claudel, Le Pain dur, et la nouvelle de Sartre, Le Mur24.Le dernier vers, particulièrement pathétique, a pu dans le domaine plastique, inspirer le célèbre tableau de Greuze, Le Fils ingrat.

    3. L’Ethnographie nous invite à considérer ce texte comme une formule magique destinée à la désignation d’un membre du groupe à l’égard duquel va s’exercer un rite d’exclusion en vue, par exemple, d’un sacrifice humain25.

    4. Le Structuralisme : Roman Jakobson et Claude Lévi-Strauss nous donnent les moyens d’une approche entièrement nouvelle et particulièrement enrichissante du texte.26 Ils aboutissent aux résultats suivants : le poème peut être considéré comme un objet absolu dans la mesure où il forme un tout27 de quatre vers nettement différenciés, tant sur le plan formel que sur le plan de la signification littérale ou symbolique, ces quatre vers pouvant être analysés de la manière suivante :

    a) l’anecdote centrale, consistant en deux vers heptasyllabiques rimés, de structure similaire (quatre syllabes, trois syllabes). Elle est tout entière contenue dans une phrase nominale, dont le style s’apparente à celui des indications scéniques, ce qui contribue à la dramatisation du tableau, tandis que l’imparfait duratif (« picotait ») introduit une attente et laisse présager un événement ponctuel ;

    b) le refrain. Cette formule de caractère incantatoire est fondée à la fois sur la répétition d’un mot et sur la variation désinentielle, ici l’alternance i, a.

    c) l’interpellation finale : elle consiste en un vers heptasyllabique, formé de deux propositions indépendantes coordonnées, à l’impératif, ce qui révèle l’intervention, dans une scène bucolique, de deux êtres humains en conflit, ou à la rigueur divin-humain si l’on pense, comme M. Jakobson, que le locuteur est Dieu lui-même, dont le mode favori est l’impératif.

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