Publication semestrielle du Centre d'Etudes Afro-américaines et





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Rachida Chbihi



Quaghebeur, Marc, et al., ed. Papier blanc, encre noire. Cent ans de littérature francophone en Afrique centrale (Zaïre, Rwanda et Burundi). 3 vols. Cellule fin de siècle. Bruxelles: Editions Labor, 1992. vol 1:+ 2 690 p + “Dossier”, 75 p.

A l’occasion d’une exposition organisée à Bruxelles sur les cultures francophones du Zaïre, le Ministère de la Culture et des Affaires Sociales de Belgique, a parrainé une intéressante publication. Elle est le fruit d’un long travail réalisé par une équipe réduite et apporte des éclairages nouveaux sur des cultures dont on n’avait guère parlé jusqu’ici.

La longue introduction de Marc Quaghbeheur nous éclaire sur ce point. Il montre qu’en effet les Belges se sont surtout consacrés, dans les études sur le Congo-Rwanda-Burundi, aux cultures autochtones, en délaissant l’écriture littéraire belge et africaine sur cette région. Si le nom d’Albert Gérard est connu, et ceux de Gaston Périer, Joseph Jadot, Victor Bol pas tout à fait inconnus, ils font en exception. Dans l’exposé introductif nous découvrons donc les grands traits de textes restés sous le boisseau. Permanence de l’exotisme et rejet de l’inconnu, propagande et témoignages, fonds picaresque du récit dans Les mystères du Congo, images idylliques de femmes marquent les débuts de la fiction coloniale. Les premiers écrivains indigènes, comme Paul Panda Farnana, Stefano Kaoze mettent, timidement encore,fin à cette idéalisation; puis la nouvelle, avec Mathelin de Papigny, devient véhicule de la contradiction; Paul Salkin donne un roman d’anticipation socio-politique; et on passe des contes nègres selon les blancs aux contes transcrits par les noirs.

Trente-trois auteurs s’attachent donc, avec érudition et aussi avec passion, à restituer des oeuvres et des écrivains peu connus et bien souvent mineurs. L’action des missionnaires, l’écriture coloniale, la formation des littératures nationales (dont celle de la littérature Zaïroise par Albert Gérard) sont abondamment traités. Des monographies sont consacrées à Lomani Tchibamba, Naigiziki, Zamenga, Mudimbe (un article de Lilyan Kesteloot intitulé “Mudimbe bernanosien?”), Ngaye Lussa, Nele Marian, Simon Divés, parmi bien d’autres écrivains. V.H. Mudimbe donne lui-même une étude sur énonciation et stratégie dans les arts africains contemporains. Il est intéressant de voir que les arts, l’enseignement, la linguistique et non seulement la littérature, sont passés en revue. Ainsi tout un contexte culturel servant de toile de fond à une production diverse se trouve ressuscité. Il est souvent difficile de faire un tri entre l’essentiel et le secondaire, mais ces volumes sont précieux par les renseignements d’histoire littéraire qu’ils apportent autant que par leur perspective qui embrasse la totalité et la diversité de ces littératures francophones d’Afrique Centrale.

Rachida Chbihi



Bruner, Charlotte H., ed. The Heinemann Book of African Women's Writing. London: Heinemann, 1993. 210 p. £ 6.99

A travers les textes de cette anthologie, essentiellement des nouvelles, nous apprenons les sentiments et partageons les réactions de femmes africaines: sur les structures traditionnelles de leur existence, sur la famille, les enfants, l’amour et la quête d’un mari, mais aussi sur leur carrière, sur les changements qui surviennent dans le monde, et sur la guerre.

Tous ces textes sont postérieurs à 1960. Ils reflètent donc souvent une nouvelle attitude à propos de la place de la femme dans la société; les changements de ses rapports avec son compagnon, sa libération difficile vis-à-vis des traditions ancestrales qui reflètent un monde masculin ou bien des interdits religieux, notamment en pays islamiques.

Les textes sont organisés par zones -Afrique de l’Ouest, de l’Est, du Sud et du Nord. La majorité des auteurs des deux premières zones nous sont relativement peu connues et pourtant leurs oeuvres sont de qualité. On trouve trois écrivains du Nigeria, et deux du Kenya auxquels font pendant des représentantes du Sénégal (non pas Aminata Fall, mais Aminata Naïga Ka), du Cap Vert, de l’Ouganda, du Mozambique et même une Indienne de l’Ile Maurice, Ananda Devi. Bessie Head (Botswana), Tsisti Dangarembga (Zimbabwe) sont des noms plus attendus pour le Sud de l’Afrique mais quel plaisir de trouver Zoe Wicomb, qui participa en janvier 1993 aux journées “Les Belles étrangères “à Paris. Si Gisèle Halimi et Andrée Chedid font un peu figure de fondatrices francophones en Afrique islamique, on trouve à leurs côtés les Algériennes Leila Sebar et Assia Djebar, et l’Egyptienne Nawal El Saadawi. “Three Cloistered Sisters” de Djebar est une nouvelle fascinante.

Il semble pourtant que Charlotte Bruner ne cherche pas une représentation nationale mais laisse parler, dans des langues diverses, des voix diverses et dont chacune a son talent propre.

Rachida Chbihi



Femi Osofisan, Nicole Medjigbodo, Sam Asein, G.G. Darah, eds. African Literature Before and After the 1986 Nobel Prize; Proceedings of the International Symposium on African Literatures/ Compte-rendu du colloque sur les littératures africaines - 2-7 May 1988, Lagos. CBAAC (Union Edibiri, Director, Centre for Black and African Arts and Civilization, PMB 12794, National Theatre, Lagos, Nigeria), 1991. 403 p.

Ce gros volume contient à la fois le programme détaillé, les discours de la cérémonie d’ouverture, les ateliers, les résiliations et communiqués, un choix d’articles, et, en appendice, la liste des intervenants , des délégués, des journalistes présents à ce colloque qui a porté su les facteurs linguistiques, la distribution et le public, et le statut de l’écrivain dans les littératures africaines écrites, dont surtout celles de langues anglaises et française. en effet,la plupart des participants étaient nigérians, puis d’Afrique occidentale, enfin d’Afrique sub-saharienne. On trouve plusieurs écrivains africains établis en France comme Breyten Breytenbach mais, pas un seul auteur, critique ni même journaliste venant d’Afrique du Nord, du moins il le semble.
L’ouverture comprenait, entre autres discours officiels, une allocution de Wole Soyinka - introduit par M. C. Echeruo et remercie par Kole Omotoso. Soyinka , dans “Power and Creative Strategies” , Soyinka évoque la genèse de la conférence et les rapports ambigus des organisateurs/écrivains et du pouvoir. Il s’étonne que le gouvernement, un gouvernement autocratique, accepte l’inauguration d’un “village des écrivains” qui sera potentiellement un nid de questionneurs embarrassants. Il s’étonne moins de voir que sa pièce, A Play of Giants, dont le thème est les affrontements du pouvoir politique, n’a pas été retenue pour célébrer cette occasion. Rien de nouveau dans son attitude, mais il persévère dans sa critique d'intellectuel responsable de la moralité de son pays et de son époque.
Les compte-rendus des débats sont bien présentés. Parmi les intervenants, on trouve beaucoup de noms connus et célèbres: ceux de Ofun Balogun, Elechi Amadi, Cyprian Ekwensi, Flora Nwapa, Chukwemeka Ike, Gabriel Okara, sans compter des critiques comme Joseph Okpaku, ou Michel Echeruo, rien que pour le Nigeria. D’Afrique Occidentale et Central étaient venus de grands contingents dont Souleymane Cissé, Aminata Fall, William Conton, Jean Pliya, William Sassine, Amadou Kourouma, Emanuel Dogbé, etc. L’Afrique du Sud était représentée surtout par Keorapetse Kgotitsile, Breyten Breytenbach. Et Daniel Maximin ajoutait une note caribéenne. Bien sûr, ils ne pouvaient pas intervenir tous, mais je regrette un peu la brièveté de certaines réactions venues de ces “grands noms”, et aussi que les remarques les plus synthétiques semblent venir des enseignants et non des “creative writer”. Ceci malgré ce que déclare l’un deux qui souligne.que l’écrivain africain doit se dédoubler souvent en critique, éditeur, libraire à causse de l’industrie africaine du livre. A croire que, même si les “editors” ont un peu condensé les propos, rien de très nouveau, de très original n’a été avancé, sauf en termes d’une évaluation plus fine de cette situation de nos jours.

C’est dans la troisième partie, celle des motions et résolutions que l’on découvre des problèmes et que quelques solutions éventuelles s’esquissent dans le contexte d’ateliers de réflexion assez clairement structurés. Pourtant, la section la plus accessible pour un étudiant qui n’a pas encore une connaissance très avancée de la production nigériane et surtout des conditions d’existence et de développement de cette production, est celle dans laquelle se trouvent réunis quatorze articles et / ou communications (aux pages 285-385): le langage en Afrique, les problèmes de la traduction, ceux de l’écriture polyglotte (un très intéressant article de Nourani Tidjani-Serpos), précèdent l’examen des enjeux sociaux, de la place de l’écrivain dans sa société et des problèmes du copyright. Puis, c’est le tour de la dimension socio-politique, des rapports entre littérature et culture. Là se trouvent un essai sur Amilcar Cabral et un autre sur la critique marxiste. Les médias sont d’abord la critique journalistique et les nouveaux médias. Une partie également intéressante est celle qui groupe les témoignages de Jean Pliya (“Naissance et Exigences” est souvent admirable, de Tierno Mononembo (“Les héritages littéraires”) et de Niyi Osundare (“Stubborn Thread”). Il y a quelques coquilles dans la transcription mais l’ouvrage a le mérite d’être bilingue, en anglais et en français, comme le fut le colloque. Une table des matières plus détaillée et groupée aurait été souhaitable, à la place d’une demi-douzaine de listes. Le chronologie de la carrière de Soyinka ne semble pas avoir sa place ici Sans être parfait, ce compte-rendu a le grand mérite de mettre celle ou celui qui n’a pas eu la chance d’assister à ce colloque dans l’intimité de ce qui s’y est dit et surtout , dans une certaine mesure, dans l’intimité de ces écrivains qui y ont parlé beaucoup de littérature et aussi, apparemment, beaucoup d’eux-mêmes.

Rachida Chbihi


Wole Soyinka. Isara. Paris: Belfond, 1993. 370 p. 140F.

Traduit par le professeur Etienne Galle avec la grande compétence que nous lui connaissons, ce volume avait paru en 1988 avec le sous-titre A Voyage around Essay, inspiré du titre de la pièce Voyage around My Father de John Mortimer. “Essay” déconcerterait si nous oublions que c’est le surnom du père du Prix Nobel, dont la mère se nommait “Chrétienne Sauvage”. Isara est un ouvrage à la limite entre la fiction et le document biographique et historique, tout en restant fort près de ce dernier. Le protagoniste nommé Ayinyodé est en effet le père de l‘auteur qui, après sa mort, avait trouvé des archives -- des revues annotées, de la correspondance, des journaux intimes -- qu’il utilise ici pour évoquer son destin. Ce père fut instituteur de village avant la Seconde Guerre mondiale et se trouva fortement sollicité par la culture coloniale tout en menant une vie politique, intellectuelle et culturelle centrée sur l’Afrique et sur une tradition bien vivante. Soyinka donne des aperçus pleins d”humour de cette existence d’une homme intègre mais habile qui s’accommode, plus qu’il n’est tiraillé entre la tradition ancestrale et l’attrait, parfois contraignant, de la culture occidentale. On retrouve ici l‘astuce, le bon sens dont V.S. Naipaul avait donné l’image naguère dans A House for Mr.Biswas, qui est aussi le récit, assurément plus romancé, de la carrière de son propre père, pareillement sollicité par la culture britannique. Les ressemblances sont patentes dans ces deux situations souvent comparables. On trouve chez les deux écrivains un humour compatissant et tendresse mais non dépourvu de malice. Akinyode connait ainsi une vie intérieure plein d’aventures et de fantastique. Aspect qui ne se retrouve guère dans le roman de Naipaul, Soyinka s’applique à restituer avec précision et exactitude des faits historiques marquants, non seulement pour le devenir de son personnage mais pour celui de son pays. On trouve des morceaux de bravoure: les bancs de l’école durcissent sous trente paires de fesses tandis que les élèves s’appliquent à écouter la Troisième Symphonie de Schubert au phonographe, présentée par un certain Dr Mackintosh qui recommande: “Et maintenant, pensez à des pics montagneux, à la neige qui tombe doucement entre les sapins...” Nous ne sommes pas loin des jonquilles et des sapins couvert de givre que les Antillais de Naipaul s’efforcent de mettre en poèmes. La critique de l’éducation européenne est aisée, Soyinka ne s’y attarde pas. Il fait revivre avec élan ce quartier d’Isara et une existence ponctuée par les cérémonies rituelles, les danses, mais aussi les petits problèmes suscités par les proches ou les autorités. Car le Maître ne leur laisse pas prendre plus d’importance qu’ils n’en méritent. Nous frappent davantage les aspirations d’un homme qui est plus proche qu’on ne le croirait des autres, non seulement des instituteurs d’Afrique du Nord ou d’Europe, mais de ces hommes dont la vie était marquée par la quête vigoureuse d’une place dans l’ordre nouveau à une époque où bien des choix étaient encore possibles

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