Publication semestrielle du Centre d'Etudes Afro-américaines et





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Etats-Unis



Arnold R. Hirsch and Joseph Logsdon, ed. Creole New Orleans: Race and Americanization. Baton Rouge: Louisiana State University Press, 1992. 322 p.

La Nouvelle-Orléans a toujours offert un cas à la fois atypique et exemplaire d’interaction ethnique aux Etats-Unis, Ceci semble du à la fois à sa composante française et espagnole et à sa situation sur les confins nord de la zone culturelle caraïbe. tout au long de l’ouvrage, l’accent se trouve mis sur l’importance de l’enjeu politique t culturel lié à la race. La culture africaine a laissé une empreinte durable et étendue mais elle a été à son tour influencée, et contrebalancée, par l’arrivée d’immigrants de divers pays d’Europe, et non seulement par l’afflux massif anglo-saxon qui a entraîné la domination de ce dernier groupe. Telle est la ligne directrice d’un recueil qui en s'efforce pas de soutenir une thèse mais de conjuguer l’ouverture d’esprit et le sérieux d'une recherche qui s’avère à bien des égards novatrice..L’organisation de ces essais dus à quelques uns des meilleurs spécialistes des sciences sociales et historiens de la Louisiane suit une séquence chronologique. Dans une première partie il s‘agit de retracer la formation et surtout la persistance d’une culture creole franco-africaine jusqu’aux années 1830. Les fondateurs français sont étudiés de manière systématique par Jerah Johnson dans le contexte plus vaste de la colonisation du Canada. L’idée porteuse d’un projet de société racialement et cuturellement assimilée étant empruntée aux idéaux du Siècle des Lumières, l’essai aborde en détail al formation d u plus vaste groupe de noirs libres des Etats-Unis. Particulièrement éclairantes est l’utilisation des observations de Beaumont et de Tocqueville à ce sujet. Gwendolyn Midlo Hall apporte bien des données nouvelles sur la provenance de la population d‘origine africaine. L’étude démographique montre d’une part que les Français appartenaient à des groupes géographiquement et socialement fort divers et que les esclaves étaient surtout amenés de Sénégambie, avec une forte prépondérance bambara, ce qui permet de souligner la cohésion culturelle du groupe noir, avec ses communautés de marrons, ses alliances avec les Choctaw mais aussi sa minorité agissante de gens de couleur libres. Le second volet de cette trilogie est axé sur la période 1803-1830, qui voit en gros l’incorporation effective de la Louisiane aux Etats-Unis. Paul F. Lachance recense de très près l’immigration d’origine française et souligne combien l’arrivée de ces immigrants (en général des réfugiés, personnes qualifiées et instruites en provenance de Saint-Domingue ou de la métropole) après 1803 freina fortement l’assimilation à la culture américaine en aidant à perpétuer le pouvoir politique, l’ethos et les coutumes de l’ancien groupe franco-créole. Il montre que le Vieux Carré ne fut pas plus une citadelle française que la paroisse de St Mary n’était dévolue aux américains. Ce sont les noirs qui firent finalement les frais du compromis entre créoles blancs et Américains blancs puisque le traitement des mulâtres comme caste intermédiaire disparut peu à peu pour obéir à la conception “américaine” du fossé entre blancs et noirs. Un magistral essai de Joseph G.Tregle, intitulé “Creoles and Americans”, retrace avec précision l’acheminement du groupe créole (blanc) vers cette proclamation de la suprématie blanche et de sa propre pureté raciale en même temps que se consolide le mythe de la grandeur passée des “anciens habitants”, en réponse à leur déclin culturel et à la représentation que George Washington Cable donne d’eux. Les analyses de Tregle concernant la gradation des réactions idéologiques centrées sur la “controverse créole” sont superbement éclairantes et son écriture véritablement inspirée. Le troisième volet retrace l’évolution des relations raciales dans la ville jusqu’aux années actuelles. Joseph Logsdon et Caryn Cossé Bell s’attachent à mesurer et à définir le clivage culturel et ethnique qui sépare les Créoles blancs des Noirs , libres et/ou émancipés pendant le Reconstruction et la Restauration. Ils font une place nouvelle à des personnalités de couleur comme Rodolphe Desdunes et au Comité des citoyens engagé dans la lutte contre la ségrégation. Ils mettent aussi en valeur, de façon convaincante, combien les idéaux égalitaires de la Révolution de 1848 -qui fit d‘un coup des affranchis des citoyens à part entière- inspira l’attente des noirs libres de Louisiane. Après eux, Arnold Hirsch conduit la même étude jusqu’aux années 80. Il éclaire finement, avec abondance de détails des processus fort complexes et fort mal connus d’alliances entre diverses tendances de la population noire,concernant surtout les données électorales et les orientations de la politique municipale. Cet ouvrage est d’une vigueur dans le propos et d’une nouveauté dans l’information vraiment remarquables. Sans chercher à être systématiquement “révisionniste”, il renouvelle profondément notre vision des composantes ethno-culturelles d’un espace privilégié. Il fait grandement progresser notre compréhension de leur fonctionnement.

Gaines, Ernest. Une longue journée de novembre. Trans. Michelle Herpe-Voslinsky. Paris: Liana Lévi, 1993. 140 p. 98 F. Le recueil de nouvelles, Bloodline, publié en l968, tire son unité de son thême --les liens du sang-- mais aussi de la séquence des récits qui le composent. Le premier, “A Cold Day in November,” a pour protagoniste un garçonnet de six ans tandis que l'héroïne du dernier est une octogénaire. Cette première nouvelle est un superbe morceau d’anthologie. La suivante “ The Sky Is Grey,” (qui complète le présent recueil) évoque également les rapports souvent malaisés entre parents et enfants et l'héritage, difficile à définir, qu'une génération reçoit des précédentes. L'enracinement de ces histoires dans la culture populaire et la maîtrise du parler du terroir sont les qualités essentielles de la prose de Gaines. La traduction était particulièrement exigeante parce que ce parler noir doit être rendu dans sa différence, avec ce ses "incorrections", sans que la traduction suggère au lecteur français, les connotations péjoratives des parlers paysan et petit nègre. La traductrice attitrée de Gaines, qui a déjà bien rendu le parler du Sud dans Autobiographie de Miss Jane Pitman, D’Amour et de poussière et Colère en Louisiane, s'en tire avec précision et une grande élégance.
Trame et Filigrane. Chambéry: Annales de l’Université de Savoie, no. 16 (1993). 40 F. A côté d’essais consacrés à Frank O ‘Connor, à D.L. Doctorow, à Julian Barnes, à la théorie de la nouvelle et au passage de la fiction à l’histoire, ce numéro contient deux articles qui intéressent notre domaine. Dans “Coups de sonde significatifs dans Waiting for the Barbarians de J.M.Coetzee”, Judith Bates éclaire divers thèmes et topiques du roman. Alain Bonora, quant à lui, donne une passionnante “lecture souterraine” d’une page d’Invisible Man dans “Le Texte invisible de Ralph Ellison”.

Fohlen, Claude. De Washington à Roosevelt; l'ascension d'une grande puissance (1776-1945). Paris: Nathan Université, 1992. 262 p. Rejetant le mythe de l’exceptionnalisme américain, un historien chevronné examine en profondeur les principales étapes de l’histoire des Etats-Unis en insistant sur les sauts quantitatifs de leur développement et de leur influence, notamment à l’occasion des conflit armés et tout spécialement de la Seconde guerre mondiale. Plus que d’une introduction (l’ouvrage se trouve publié dans la collection “Fac”) il s’agit là d’une réflexion poussée, quoique formulée dans un style fort accessible.

Weaver, Michael S. My Father's Geography . Pittsburgh: University of Pittsburgh Press, 1992. 76 p. Ce nouveau recueil de poèmes de l'auteur de WATER SONG, et de SOME DAYS IT'S A SLOW WALK TO EVENING se recommande par sa densité et sa variété. La thématique est aussi changeante que les tonalités d'un lyrisme souple, volontiers méditatif, souvent retenu. Un mot, une rencontre, un événement fournissent le prétexte à un développement mais les plus attachants sont peut-être les poèmes de l'enracinement dans la sphère ou le souvenir paternels, ou encore la séquence dont la persona est "the madman". "The Madman Raises the Dead" restitue toute l'émotion qui sourd de ces photographies d'enfants morts faites par James Vanderzee dans The Harlem Book of the Dead. Nous avions dit naguère que Weaver était un poète à suivre, comme Robert Hayden était "à suivre" lorsqu'il publiait FIGURE OF TIME Ou Michael Harper à ses débuts. Le présent recueil traduit une aisance et une maîtrise accrues. La voix de Weaver est une belle voix lyrique qui utilise adroitement le parler rural et urbain, rendant intensément la symbiose entre le langage et le monde. L’étendue de son registre lui permet d’aller d’une poétique du mon-dit au maximalisme du verset whitmanien. Le lecteur français relèvera en particulier plusieurs pièces inspirées par un séjour parisien en 1985. Luxembourg Garden", " along the Seine"

Sawyer-Lauçanno, Christopher. A Continual Pilgrimage: American Writers in Paris, 1944-1960. New York: Grove Press, 1992. 346 p.

Pour une fois, voici un ouvrage qui tient compte du rôle important joué par les écrivains noirs américains expatriés à Paris depuis la Seconde guerre mondiale jusqu'aux années soixante.. Richard Wright, James Baldwin, Chester Himes figurent en bonne place auprès de William Styron, Alan Ginsberg et Lawrence Ferlinghetti, James Jones, John Ashberry, et aussi des auteurs moins connus comme George Plimpton, Harry Matthews L'arrière plan de l'époque qui va des débuts de la Guerre froide aux Beats est évoqué avec équilibre et doigté. Le rôle clé de la Paris Review fait l'objet de développements documentés. L’auteur d’une intéressante biographie de Paul Bowles se révèle ainsi un historien de la culture contemporaine.
Wolfgang Binder, ed. Slavery in the Americas, Würzburg: Köningshousen and Neumann. xii-647 p. DM 98.

Ce gros volume rassemble vingt-deux communications présentées au colloque international organisé par Wolfgang Binder, de l’Université de Nuremberg-Erlangen, au chatte de Pommersfelden en Novembre 1989. L’ensemble est remarquable autant par la qualité que par les disciplines représentées. Histoire, anthropologie, économie, science politique, histoire littéraire jouent toutes un rôle dans la discussion d’un phénomène qui a profondément influencé la vie en Afrique, dans l’Europe de la traite, et dans les divers territoires du Nouveau Monde. La complexité du trafic négrier, et de l’esclavage sous ses diverses formes exigeait une approche pluri-disciplinaire. La collaboration internationale a donc été le moteur du colloque dont cette publication est le prolongement. Parmi les articles il faut d’abord retenir un choix d’approches historiques: historiographie de l’esclavage depuis Ulrich B. Phillips à Eugene Genovese (Daniel Littlefield); examen de la culture de l’esclavage en Amérique du Nord (Stephan Palmié) et dans les territoires espagnols et portugais (Magnus Morner); analyses orientées vers l’économie -- évolution de la main d’oeuvre au Brésil, au Mexique et en Caroline (Russell Menard et Stuart Schwartz), esclavage dans les plantations brésiliennes (Jens Hentschke) ou en Equateur (Sybil Speiser); traite organisée par le port de Dunkerque (John Everaert) Les politologues passent en revue le codigo negrero de 1789 (Hans Koenig), les révoltes d’esclaves en Jamaique (Gail Neuman), le marronnage au Surinam (Wim Hoogbrgen); Hans Lüsebrink examine la conceptualisation de l’esclavage pendant la Révolution française et James Bolner sa place dans la constitution des Etats-Unis; l’abolitionnisme de Samuel Sewall, (Jean-Pierre Martin) et la transition de l’esclave au “contraband” (Michel Fabre) sont aussi pris en considération . Plus proches de l’ethnologie sont les études de Sidney Mintz sur “la nourriture de la liberté”, de Brigitte Kossek sur les blanches et leurs esclaves à Grenada; d’Angelika Krüger sur les inscriptions et décorations funéraires. Sur le plan de l’histoire culturelle, Stephan Palmié traite des processus ethnogenétiques et des transferts culturels, Geneviève Fabre évoque les élections de “rois noirs” pendant l’esclavage, Berndt Ostendorf l’héritage créole à la Nouvelle Orléans, Gerard Kubick la transplantation des cultures musicales africaines dans le Nouveau Monde. La littérature a une belle place avec des articles sur Defoe et l’esclavage (Eberhardt Späth), les récits d’esclaves fugitifs (William Andrews), l’autobiographie de Juan Francisco Manzano (Thomas Brener), T.C. Haliburton et les esclaves au Canada (Dieter Meindl). Citons aussi les communications de Wolfgang Binder sur le” “passage du milieu” dans la littérature afro-américaine, de Simone Vauthier sur William Alexandre Carruthers. Ulrik Felischmann traite du marronnage en littérature et Michael Cooke de la métaphore de l’esclavage dans la littérature noire récente; Klaus Ensslen retrace la renaissance du récit d’esclave fugitif dans le discours critique et fictif contemporain; enfin, Harald Wentkalff-Eggebert se penche sur l’autobiographie de Miguel Barnett. L’ouvrage, qui invite au comparatisme autant qu’au feu croisé des approches interdisciplinaires, fera date.
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