Publication semestrielle du Centre d'Etudes Afro-américaines et





télécharger 121.68 Kb.
titrePublication semestrielle du Centre d'Etudes Afro-américaines et
page7/7
date de publication06.10.2017
taille121.68 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > littérature > Documentos
1   2   3   4   5   6   7

Michel Fabre



Hurston, Zora Neale. Spunk. Trad. Françoise Brodsky. Editions Zulma (32380 Cadeilhan) , 1993. 138 p.

Nulle mieux que Zora Neale Hurston n'a parlé de la libération des femmes et son itinéraire, pour unique qu'il soit, est en tout point exemplaire. Partie de sa Floride natale, elle se retrouva à l'Université, y apprit le métier d'anthropologue à l'école de Franz Boas, et rejoignit avec passion la communauté artistique de Harlem dont elle devint l’un des membres les plus excentriques aux années vingt.. Le Sud, où se situent ces nouvelles, resta sa patrie affective et artistique.. .Soucieuse de rendre compte d’une culture qui risquait de disparaître, elle fut beaucoup plus moderne et audacieuse par ses choix poétiques, et la réflexion qu'elle mena sur la condition féminine. Spirituelle, incisive , elle préfère le rire aux larmes, que ce soit dans “Delia” ou dans “Le demi-dollar doré”, elle refuse l'apitoiement. Impulsive et généreuse, elle incarne bien un certain esprit de la Renaissance noire: le défi, le goût de l'authenticité loin du clinquant, mais aussi la fascination pour le jeu des apparences, la mise en scène, le spectacle. “Spunk”, qui caractérise ces qualités d’allant, de cran, d’insolence sied bien aux personnages féminins de la demi-douzaine nouvelles qui ont fait la réputation littéraire d’Hurston dans les pages d’Opportunity (surtout "Muttsy” et “Sueur”). S’y ajoute “Le procès d’Hérode” qui témoigne d’une écriture et d’une composition plus classiques. Françoise Brodsky, la traductrice, parvient, par des choix judicieux, à rendre l’alternance difficile d’une narration en anglais standard et des dialogues en dialecte. A signaler: une traduction de Their Eyes Were Watching God avait précédemment été publiée par les Editions Castor Astral.

Geneviève Fabre



Charlotte Watson Sherman. One Dark Body. New York: Harper/ Collins, 1993. 210 p. $ 20.00.

Comme l’auteur, qui vit à Seattle, le roman s’ancre dans le cadre de l‘Etat de Washington. Il reflète de près, semble-t-il, l’expérience professionnelle de l’auteur qui a longtemps travaillé comme thérapeute chargée d’enfants maltraités. On pourrait y voir un éventail d’études de cas. et cependant il en est fort éloigné, surtout à cause d’un style poétique et d’une vision imaginative. L’histoire la plus présente est celle de Raisin, une fillette de douze ans, qui a été abandonnée par sa mère et élevée avec d’autres enfants non désirés dans une famille d’accueil . Et c’est aussi l’histoire de sa mère, Nola, qui revient pour retrouver la paix et se réconcilier avec les fantômes qui la hantent, celui du père de son enfant, El, qui s’est suicidé, et celui de sa propre mère, Ouida, qui tua son mari à ce que dit la rumeur. Nous entrons, en même temps, dans la vie de Sin-Sin, le garçonnet de quatorze ans né de père inconnu qui a pour mère l’institutrice locale. Et le destin de la mère de Sin-Sin, elle-même maltraitée par la seconde épouse de son père, violée par ses cousins, négligée par son père. Troisième exemple d’enfance maltraité que celle de Blue, le sorcier/chaman ami de Sin-Sin qui vit dans la forêt aux confins de la ville et qui a résolu d’initier l’enfant à l’âge adulte. Les relations de Blue et de sa famille sont elles-mêmes traumatisantes : son père fut assassiné pour avoir brûlé l’arbre potence après s’être vengé du blanc qui avait violé sa femme. C’est ici qu’intervient le talent poétique et imagination de la romancière . L’initiation de Blue à la médecine traditionnelle populaire africaine dont au personnage une dimension magique. Les vies de ces êtres se mêlent et se croisent, se défont et s'interpénètrent au grè de la narration tandis que chacun s’applique à faire face aux dures réalités de son existence. Et, par la magie du verbe poétique, le lecteur dépasse aussitôt une approche qui aurait pu être psychanalytique . Ce monde qui pourrait être sombre et désespéré, qui offre une vision qui semble surtout pessimiste se révèle porteur de destins difficiles mais remplis de rêve et d’espoir, de magie et de mythe, de dignité et de force spirituelle La structure du roman est complexe et soignée. L’écriture est modulée: par exemple, le chapitre intitulé “Floating” introduit un récit à la première personne fait par un enfant; “Nola” démarre sur une description esquissée par un narrateur omniscient. Les sections de ”Sin-Sin” et “Blue”, entre autres, sont relayées par une narration plus personnalisée. L’unité de l’ensemble est cependant assurée par un parler que sa syntaxe caractérise d’emblée comme “noir” (mais jamais comme “petit nègre”), un parler musical qui enracine des dérives poétiques nombreuses. On songe, certes, à d’autres romancières noires contemporaines en lisant ce roman. Mais Charlotte Watson-Sherman n’a rien à leur envier.

Michael Mullin. Africa in America. Slave Acculturation and Resistance in the American South and the Caribbean, 1736-1831. Champaign: University of Illinois Press, 1992. 412 p. $ 37.50.

Victimes ou rebelles, à la fois refusant d’abandonner leurs pratiques ancestrales et avides de maîtriser les façons de faire des occidentaux, tell est selon Mullin l’image de ces esclaves Certes, la résistance violente semble avoir prédominé chez les bossales plus que chez les créoles, mais il semble que l’assimilation ait été conditionnée non seulement par l’origine de l'esclave mais par son statut (aux champs ou à la maison) et par le cadre dans lequel il travaillait, mesure de sa mobilité A la statistique et à la démographie, Mullin préfère les témoignages d’époque et il prend grand soin de distinguer la vie hors des plantation (artisans, mines, marronnage). Les “nouveaux arrivants” sont le sujet de la première partie qui examine le choix de noms par les Africains et par leurs maîtres, et -- pratique encore assez mal étudiée-- la formation de “confréries” par les membres d’une même cargaison, le serment sur le sang, et les ancêtres. Les esclaves des plantations quant à eux étaient souvent soumis aux théories “scientifiques” de l’exploitation rationnelle de la main d’oeuvre servile et devaient s’en accommoder ou les subvertir Les formes de leur résistance économique furent surtout l’appropriation de nourriture, leur participation aux marchés locaux, ce qui permet d’évaluer comment ils parvenaient à amasser un pécule. En troisième partie, Mullin considère “les assimilés”, non seulement selon le clivage entre nègres de champs et domestiques mais selon l’idéologie ambiante. Il s’attache à l’influence des missionnaires chrétiens et à l’impact de leur enseignement sur les révoltes d’avant l’Emancipation. Il note que celles du dix-huitième siècle sont en général destructrices et sanglantes. Celles du dix-neuvième trahissent une résistance soutenue et plus prudente. La résistance spécifique à l’époque révolutionnaire reçoit un traitement en profondeur, de même que la prise en considération des colonies anglaises aux Antilles autant que sur le continent durant la période pré-révolutionnnaire permet de souligner les nombreux points communs entre ces territoires. En conclusion, l’auteur donne une brève analyse des divers aspects de la présence de l’Afrique sur le continent américain. Il unit heureusement les talents de l’ethnologue à la rigueur de l’historien. L’abondance des sources anecdotiques contribue à donner un ton vivant à cette étude bien documentée.

C. Peter Ripley, Roy E. Finkelbine, Michael H. Hembree, and Donald Yacovone, eds. Witness for Freedom. African American Voices on Race, Slavery, and Emancipation. Chapel Hill: University of North Carolina Press, 1993. 306 p. $10.95 paper; $ 29.45 Cloth. Tirée du “Black Abolitionist Papers Project” dont C. Peter Ripley a dirigé la publication pendant des années à Florida State University (Tallahassee), ce volume regroupe les documents les plus significatifs et les plus passionnants d’un ensemble qui réunissait près de 14.000 pièces. L’anthologie retrace la montée de l’abolitionnisme noir depuis la controverse sur la colonisation, et le passage à l’action “immédiate”, tandis qu’on vise une réforme morale concernant les préjugés, et conclut à la spécificité de l’abolitionnisme noir. Dans un second temps, la participation de noirs au mouvement anti-esclavagiste montre bien leur place comme avocats de cette cause, le rôle des récits d’esclaves, la place des femmes, l’insertion du mouvement dans la communauté noire et ses problèmes. Une nouvelle direction est donnée par la partisans de l’indépendance noire, (voir notamment les lettres de William Whipper), relayée par la presse afro-américaine, enfin la politique du mouvement et les tactiques des anti-esclavagistes noires pour mettre en oeuvre “tous les moyens justes et nécessaires.” Une partie est consacrée aux abolitionnistes noirs pendant la crise; comment la loi sur les esclaves fugitifs, conduisant à l’émigration des noirs et à la définition de de leur nationalité, souvent en rapport avec Haïti. Généralement partisans de John Brown, ils débattent de leur participation à la guerre, mettent en question les limites de l’Emancipation, se situent par rapport à Lincoln. L’expérience noire dans l’armée, et les avancées du mouvement dans le Sud servent de prélude à la Reconstruction. Il devient ainsi possible au lecteur de considérer plusieurs décennies de l’histoire des Etats-Unis du point de vue exclusif des abolitionnistes noirs et ceci conduit nécessairement à une nouvelle appréhension d’événements et de processus dans lesquels ils trouvent toute leur place. Ripley, dans son éloquente introduction, fournit un cadre clair et nuancé à cette mise en valeur d’une vision qui frappe par son étonnante perspicacité, en même temps qu’elle est profondément engagée et patriotique. Au prix où se vend le volume broché, il mérite de servir de manuel pour tout cours sur l’esclavage durant cette période de l’histoire américaine.

Melissa Walker. Down from the Mountaintop: Black Women's Novels in the Wake of the Civil Rights Movement, 1966-1989. New Haven: Yale University Press, 1993. 226 p. £. 9.14

Depuis le milieu des années soixante, sommet de la contemporain de la lutte pour les droits civiques, le production des romancières noires américaines a été abondante. Melissa Walker s’attache à examiner la relation d’une vingtaine de ces romans au “mouvement”, aux conditions qui l’ont suscité et à son échec relatif. D’emblée, l’organisation de cette étude pose problème. “Down from the Mountaintop” semble renvoyer à la fois la descente triomphale de Moïse et la désillusion succèdant à un sommet exaltant. “In the wake...”, défini par les dates 1966-1989, englobe la période “Black Power” (or le mot n’est presque jamais prononcé). Certes, tous ces romans sont écrits pas des noires mais aucun effort n’est fait pour montrer ce qui les définit comme des romans de femmes (à la différence de romans masculins) dans leur traitement de la lutte des noirs L’éventail des oeuvres étudiées ne montre guère leur lien thématique avec les droits civiques. On peut s’interroger sur le bien fondé d’un choix qui écarte Charlene (sic) Polite, Gayle (sic) Jones et Paule Marshall (sans la nommer) tout en retenant, par exemple, Sassafras, Cypress et Indigo de Shange, dont le cadre historique est peu défini, et où la seule référence aux droits civiques est qu’une protagoniste recueille des fonds pour le mouvement. Semblant préférer des oeuvres explicitement enracinées dans un contexte historico-social, l’auteur tente une approche sociologique sans problématique adéquates (sauf une référence à Lukacs). Elle voit dans le cadre historico-social étroit de la production des oeuvres une explication de leur perspective, sinon de leur contenu, mais se heurte à d’inextricables problèmes: elle retient la publication en 1964 de Jubilee de Margaret Walker (dont la genèse est fort antérieure) pour souligner son militantisme mais utilise la genèse d’autre romans, et non leur publication, pour montrer que leur propos reflète l’atmosphère ambiante; elle semble ignorer que Sassafras de Shange a vu le jour dès 1977, ce qui infirmerait son parallèle. Le souci proclamé de garder un ordre chronologique semble donc superficiel si l’on considère qu’après les romans traitant de l’esclavage et de la Reconstruction le volume passe à l’Entre deux guerres pour ensuite revenir aux années vingt et à la crise économique avec trois romans de Harlem Il n’y a guère d’effort, non plus, pour établir des rapports d’intertextualité, si tant est qu’ils existent, entre toutes ces oeuvres. Ceci dit, si l’on considère cette étude comme une juxtaposition, nourrie d’intéressants parallèles, d’analyses perspicaces des romans retenus --sans trop chercher à y voir des reflets d’une situation contemporaine au sens étroit-- cet ouvrage se recommande par un style exempt du jargon , par une lecture souvent fine des romans étudiés, par un louable effort pour ne pas enfermer ces auteurs dans une vision féministe et pour respecter la diversité des oeuvres. Autant dire que les parties valent mieux que le tout. Et qu’elles sont souvent fort éclairantes.

Michel Fabre




Nous signalons


Une splendide traduction de Chita , de Lafcadio Hearn, due à Patrick Repusseau ( Mercure de France, “Bibliothèque américaine”, 1993, 99 F). Le récit de Hearn, somptueux et visionnaire, met en scène une Louisiane peu connue; celle des éléments déchaînés, du littoral marécageux et des îles qui, plus encore que les personnages de ce drame du milieu du siècle dernier, apparait comme la véritable héroïne.

Grace, Patricia.. Potiki, l'Homme-amour (trad. Hélène Devaux-Minié, Trans.). Paris: Arléa, 1993 . 266 p. Un roman inspiré d’une néo-zélandaise inconnue en France, elle-même fille d’un maori et d’une blanche, mêle les épisodes dramatiques et les mythes ancestraux à travers les récits de Roimata et de son fils benjamin, Potiki,.marqué par la difformité et qui appartient aux élus qui ont reçu du Créateur une connaissance hors du commun

Pierre Lagayette. Les grandes dates de l’histoire américaine. Paris: Hachette, 1993. 198 p. Seize dates-chapitres qui ont fait l’histoire américaine avec, pour chacune, un exposé principal en anglais et un éclairage complémentaire en français, une série de rubriques d’accompagnement, cartes, illustrations, etc. Destiné aux étudiants niveau DEUG. L’assassinat de Lincoln figure parmi les dates-clés mais pas l’Emancipation. Le rôle des Noirs se limite en gros à l’affaire Dred Scott, à la Marche sur Washington de 1963, et au rôle de Martin Luther King. Pratiquement rien sur d’autres minorités. Ceci reflète assez bien la vision qu’en a le mainstream.
1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Publication semestrielle du Centre d\Calendrier universitaire 2016-2017 65 Emploi du temps 2016-2017 66...
«Centre d’études féminines et d’études de genre», a fêté ses quarante années de vie. Le «Centre d’études féminines» a été fondé à...

Publication semestrielle du Centre d\Atelier de formation doctorale Emplois du temps 2016-2017 Le département...
«Centre d’études féminines» a été fondé à Paris 8 (Vincennes) en 1974 par Hélène Cixous. La filière Études féminines proposait alors...

Publication semestrielle du Centre d\Atelier de formation doctorale p. 66 Emplois du temps 2015-2016 p....
«Centre d’études féminines» a été fondé à Paris 8 (Vincennes) en 1974 par Hélène Cixous. La filière Études féminines proposait alors...

Publication semestrielle du Centre d\Centre d’Etudes et de Recherche sur le Droit, l’Histoire et l’Administration Publique

Publication semestrielle du Centre d\Programme des enseignements master «genre(S), pensées des différences, rapports de sexe»
«Centre d’études féminines et d’études de genre», a été fondé à Paris 8 (Vincennes) en 1974 par Hélène Cixous. Contemporain des tout...

Publication semestrielle du Centre d\Centre International d'Etudes Pédagogiques : formation d'enseignants,...

Publication semestrielle du Centre d\Né le 12 juillet 1949 à Reims (51) 39, rue Gabriel Lamé, 75012 Paris...
«Les débats philosophiques en Amérique Latine», dea «Etude des sociétés latino-américaines» de l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique...

Publication semestrielle du Centre d\En collaboration avec le Centre Franco-Argentin des Hautes Etudes (Buenos Aires)
«l’état de la recherche latino-américaniste en France et en Argentine» (Voir programme ci-joint en annexe)

Publication semestrielle du Centre d\Programme du colloque
«Centre Jeanne-d’Arc» (Orléans), du «Centre Charles-Péguy» (Orléans), du centre «Europe de l’Espérance» de Varsovie (Pologne) et...

Publication semestrielle du Centre d\Centre d’Études et de Recherches autour de la Démocratie l’Université Rennes 1
«Recherche» et tapez le titre ou l’auteur dans la case dédiée), ils sont disponibles sous le format pdf (nécessite le logiciel Adobe...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com