L'interdiction du parti communiste espagnol en france en septembre 1950





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L'INTERDICTION DU PARTI COMMUNISTE ESPAGNOL EN FRANCE EN SEPTEMBRE 1950

Le 7 septembre 1950, par décret, signé par le ministre de l'Intérieur Henri Queuille, le Parti Communiste d'Espagne fut interdit en France1. La police procéda à une centaine d'arrestations de cadres du Parti espagnol ; des mandats d'arrêt contre les dirigeants (introuvables) furent lancés ; on décréta la fermeture des journaux du P.C.E. et du P.S.U.C. [Parti Socialiste Unifié de Catalogne], Mundo Obrero et Trebal ; furent mis sous scellés les locaux du Mouvement des Femmes Anti-franquistes, ceux de l'Association des Amis de Mundo Obrero, les bureaux de la direction du P.C.E. sis avenue Kléber à Paris.

Cette interdiction, subite et brutale, dénoncée vigoureusement - mais uniquement -par le P.C. Français et la C.G.T., provoqua relativement peu de bruit, étant donné qu'elle se produisit peu après l'éclatement de la guerre de Corée (25 juillet), événement qui monopolisa entièrement l'attention de l'opinion publique française, ainsi que celle de l'ensemble des pays européens.

Curieusement, tout le monde (le P.C.E. en tête) vit dans cette interdiction du 7 septembre 1950 une péripétie de la guerre froide, un coup co-latéral de la guerre de Corée2. Selon notre opinion, la guerre de Corée et toute la psychose qu'elle déclencha servirent de prétextes aux autorités françaises pour résoudre de manière expéditive le problème de l'existence et de l'agissement sur le territoire français d'un Parti Communiste Espagnol fort et bien structuré, cerveau et coordinateur d'un puissant mouvement de guérilleros qui agissait sur l'ensemble du territoire espagnol depuis 1945 et qui avait comme base logistique la zone pyrénéenne du Midi de la France (Toulouse, Perpignan, Tarbes, etc.).

Le Journal Officiel, 9 Septembre 1950, p. 9691.

S. Carrillo, Memorias, Editorial Planeta, Barcelona, 1993, p. 432.

De 1944 à 1947, les autorités françaises, indépendamment du gouvernement en place, toléraient ostensiblement la présence et les activités des organisations du P.C.E. et de centres d'entraînement des guérilleros espagnols tout le long de la frontière franco-espagnole avec comme centre opérationnel Toulouse4. Nul doute que les activités des organisations politiques du P.C.E., ainsi que celles des centres d'entraînement et de préparation à l'action maquisarde, étaient placées sous la haute surveillance des services de renseignements français5. La tolérance française envers le P.C.E. et ses bases de guérilleros dans l'immédiate après-guerre s'explique par la situation internationale de 1944 à 1946, ainsi que par l'immense capital de prestige acquis par les Espagnols lors de leur participation à la lutte contre l'ennemi commun6 durant la Seconde Guerre mondiale, leur participation à pratiquement tous les détachements et les formations des F.T.P., leur ralliement aux F.F.I. en 1944, leur participation active en tant que combattants dans l'armée Leclerc7, ainsi qu'à la libération de Paris, qui, dès 1946, devient le siège du gouvernement républicain en exil, même si la France ne reconnut jamais ce gouvernement comme le représentant légitime de l'Etat espagnol8.

La France, dès la création de l'ONU, fut l'un des principaux protagonistes du combat diplomatique visant l'isolement du régime franquiste et œuvrant pour une solution démocratique du problème espagnol.

3 S. Carrillo, Demain, l'Espagne (entretien avec Régis Debré et Max Gallo), Ed. Seuil, Paris, 1974, pp. 98-99. Cf.
Edition allemande : Spanien nach Franco, Auflage, Westberlin, 1975, Umschlaggrathik : Ernest Volland, pp.
84-85 ; E. Lister, Asi destruyo Carrillo el PC, op. cit., pp. 64-67.

4 Cf. document page suivante (photographie de groupe).

5 Comme l'attestent les documents d'archives des Renseignements Généraux, abondamment cités par D. W. Pike
dans Jours de gloire, jours de honte. Le Parti Communiste d'Espagne en France depuis son arrivée en 1939
jusqu'à son départ en 1950,
Société d'Edition d'Enseignement Supérieur, Paris, 1984, les autorités françaises
étaient parfaitement au courant de l'emplacement et de l'activité des centres de formation de guérilleros
espagnols dans le Midi-Pyrénées.

6 Cf. A. E. Fernández, La España de los maquis, Ediciones « Avance », Milano, 1967 ; M.- A. Sanz, Los
guerrilleros españoles en Francia. 1940-1945, Ed. de Ciencias Sociales, Instituto Cubano del Libro, La Habana,
1971 ; M. Turlôn de Lara, Los españoles en la II Guerra Mundial y su participación en la Resistencia francesa,
in : El exilio español de 1939, Taurus Ediciones, Madrid, 1976, pp.13-85.

7 A. Vilanova, Los olvidados, Ed. Ruedo Ibérico, Paris, 1969.

8 Sans prétendre tracer de parallèles, nous pouvons trouver une certaine similitude entre la situation du général
de Gaulle à Londres pendant la guerre, qui, tout en bénéficiant de la sympathie et de l'appui des Anglais, ne fut
jamais, jusqu'à l'automne 1944, reconnu comme représentant légitime de l'Etat français.

Ainsi, le 12 décembre 1945, le Ministre des Affaires étrangères, Georges Bidault, avait proposé aux deux autres puissances occidentales (Etats-Unis et Grande-Bretagne) d'adopter une position commune sur l'opportunité de rompre les relations diplomatiques avec l'Espagne franquiste et d'appuyer les forces républicaines. Le gouvernement anglais, fidèle à sa politique anti républicaine, répondit le 24 décembre par un refus catégorique, faisant valoir que l'opposition républicaine était en voie de rassembler toutes les forces opposées à Franco, et que ce dernier s'apprêtait à abandonner le pouvoir9. En réalité, la position de la Grande-Bretagne était dictée par la crainte qu'un changement démocratique en Espagne puisse déboucher sur l'arrivée au pouvoir des forces de gauche, ce qui, pour le Royaume-Uni, équivalait à une véritable catastrophe géopolitique10. A la nouvelle note du 15 janvier 1946 du gouvernement français, le gouvernement travailliste anglais, par le biais de son secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Ernest Bevin, répondit sans ambiguïté que la Grande-Bretagne, mise devant le choix entre une Espagne républicaine et Franco, optait pour la seconde variante11

Ce qui ressort de toutes ces tractations diplomatiques de la fin de 1945 et du début de 1946 et, avant tout, le désir de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis de pratiquer une politique de non-intervention dans les affaires de l'Espagne, chacun poursuivant ses objectifs prioritaires : l'Angleterre, voulant préserver ses intérêts économiques présents en Espagne (au nord, fondamentalement), implantés de longue date, ainsi que l'éternel et primordial problème de Gibraltar, verrou d'accès à la Méditerranée. Les Etats-Unis, soucieux, dès la guerre d'Espagne, de leurs intérêts économiques12, percevant la situation stratégique de la Péninsule ibérique comme un élément-clé garantissant leur présence géopolitique en Europe.

9 Cf. F. Portera, Franco aislado: la cuestión española en la (1945-1950), Madrid, 1989, pp. 118-119.

10 Ibid, p. 120.

p

n Ibid., pp. 141-144 ; H. A. PoremieBa, Opamun e OOH. 1945-1980, MocKBa, 1984, crp.72. 12 II faut signaler que les communistes, dès le mois de février 1946, commencèrent à dénoncer la pénétration des intérêts économiques nord-américains en Espagne, la désignant comme la preuve tangible du désir des Etats-Unis de ne pas trop modifier les structures politiques de l'Etat franquiste. Cf. D. Ibarruri, "Para acabar con el

Signalons que les dirigeants communistes espagnols qui reproduisaient ponctuellement dans leurs publications toutes les résolutions de la Conférence de Potsdam, de l'O.N.U., des votes des parlements des pays européens concernant l'Espagne14 n'étaient pas plus informés que le commun des mortels des tractations et des accords, des compromis et des arrangements auxquels se livraient en coulisses les représentants des trois grands15.

Le 8 avril 1946, le représentant polonais au Conseil de Sécurité, Oscar Lange16, demanda d'inscrire le problème espagnol à l'ordre du jour17. La proposition d'Oscar Lange contenait quatre points :

  • Le régime de Franco avait été instauré contre la volonté du peuple espagnol et avec l'appui
    des puissances de l'Axe, ennemi juré des Nations Unies.

  • Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le régime franquiste fut un partenaire non officiel,
    mais efficace, des puissances de l'Axe.

  • L'Espagne continuait à représenter un foyer de contamination fasciste et une place forte à
    partir de laquelle pouvait à tout moment démarrer une guerre à caractère planétaire.

franquismo : un gobierno de coalición nacional que organice una consulta democrática al pueblo", Nuestra Bandera, n°4, Toulouse, 1946, pp. 6-8.

13 Cf. E. Lister, A. Cordon, Niech mowiafakty, Wyd. Ministerstwo Obrany Narodowej, Warszawa, 1956.

14 Cf. S. Carrillo, "La situación de España y nuestras tareas después de la Victoria de las Naciones Unidas",
Nuestra Bandera, n°2, juin 1945, pp. 7-20 ; "El franquismo y la situación internacional", Nuestra Bandera,
Toulouse, 1945, n°3, pp. 3-5 ; "Documentas politicos. Resoluciones de la Conferencia de Potsdam", Ibid.,pp. 44-
52 ; "El franquismo acusado ante el Consejo de Seguridad", Nuestra Bandera, n°6, 1946, pp. 122-124.

15 La meilleure preuve en est l'aveu, amer, de la Pasionaria, qui, des décennies plus tard, en 1997, écrivait dans
son journal intime : "Demandez aux Soviétiques si en 1945 fut posé ou non le problème de l'Espagne au moment
défaire la paix. Nous, qui fûmes les premiers dans la résistance au fascisme, on ne nous informa de rien.
" Cf. R.
Cruz, Pasionaria. Dolores Ibarruri, Historia y Símbolo, Editorial Biblioteca Nueva, Colección "Perfiles del
Poder", Madrid, 1999, p. 162.

16 Le diplomate polonais Oscar Lange vécut avant et durant la Seconde Guerre mondiale à l'étranger, en
particulier aux Etats-Unis. Il rejoignit Londres durant la guerre et collabora avec le Gouvernement polonais en
exil. En 1944, il effectua deux voyages à Moscou, servant de médiateur entre le Kremlin et les représentants du
Gouvernement polonais de Londres. A ce titre, O. Lange rencontra le 17 mai 1644 Staline et Molotov avec qui il
eut une longue et fructueuse conversation. En 1945, O. Lange participa la Conférence de l'ONU à San Francisco.
Ce fut en grande partie grâce aux initiatives de cet éminent diplomate polonais que le gouvernement de son pays
fut le premier à reconnaître (le 5 avril 1946) le Gouvernement républicain en exil. Sur Oscar Lange. Cf. T.
Sierocki,Qsca/- Lange,Warszawa, 1989. O. Lange profita du moment pour annoncer, au cours d'une des séances
du Conseil de Sécurité que, que la Pologne avait décidé de reconnaître le gouvernement républicain dirigé par
José Giral, avec la nomination d'un ambassadeur, le célèbre architecte Manuel Sânchez Arcas.

17 F. Portera, op.cit. pp. 165-166; A. CaroMomiH, "HcnaHCKMH Bonpoc d OOH u 1946r.", Bonpocbi
ucmopuu, h"3, 2002, cmp. 33.

- Des savants allemands (tels que le Docteur German von Segerstadt, spécialiste de l'eau lourde et qui avait travaillé dans des usines en Norvège durant la guerre) avaient trouvé refuge en Espagne.

Oscar Lange conclut son exposé en affirmant que les nazis avaient trouvé refuge en Espagne et avaient utilisé ce pays comme base opérationnelle pour mettre à jour leur plan de revanche.

Ces accusations du représentant polonais furent rejetées par les Anglais et les Américains, étant donné que, selon eux, elles ne s'inscrivaient pas dans la logique des Articles 6 et 7 des statuts de l'O.N.U. qui préconisaient les mesures à prendre contre tout Etat qui représentait une menace directe pour la paix. L'argument des Anglo-Américains était qu'il n'avait pas de preuve tangible sur la possibilité réelle que l'Espagne de Franco se dotait d'armes atomiques. Le fait que l'Espagne était gouvernée par un pouvoir à caractère fasciste, dictatorial, ne pouvait être, non plus, selon les Occidentaux, pris en compte : ceci demeurait un problème concernant uniquement le peuple espagnol. 18.

Le Conseil de Sécurité décida de créer une sous-commission sur le problème espagnol, qui élabora le texte d'une recommandation aux Etats membres de retirer leurs ambassadeurs en poste à Madrid, sans rompre obligatoirement leurs relations diplomatiques19. Cette résolution fut discutée et votée par l'O.N.U. le 12 décembre 1946.

Cette dernière discussion à l'O.N.U. autour du problème espagnol illustra la détermination de l'Occident de ne pas entreprendre la moindre mesure efficace susceptible d'apporter un changement politique dans la Péninsule ibérique.

18 La comparaison entre la position anglo-américaine en 1946 vis-à-vis de l'Espagne franquiste (possibilité de
fabriquer des armes atomiques, plus l'existence d'un régime dictatorial sanguinaire) et l'argumentation avancée
par Washington et Londres pour justifier la récente intervention en Irak, doit, obligatoirement, provoquer
l'étonnement.

19 Cf. OOH. Coeem 5e3ovacHocmu. QpunucuibHbie onmëmu., h'2, Hbio-MopK , crp. 183-184.

Ne perdons pas de vue que le vote sur l'Espagne eut lieu le 12 décembre 1946, à la veille de ce qu'on appelle la guerre froide, avec sa confrontation est-ouest et toutes ses conséquences.

Ces facteurs extérieurs vinrent aggraver les relations déjà tendues entre communistes, socialistes et divers républicains, au sein de l'opposition républicaine de l'exil.

De 1946 à 1947, le P.C.E., tout en participant aux différents gouvernements républicains en exil (qui rejetaient fermement toute action violente contre le régime franquiste20), mena, avec une densité et une efficacité inégale, une guerre de guérilla21 dans plusieurs régions du pays22. Cette attitude ambiguë fut la cause principale de la stagnation et de l'inefficacité du P.C.E., ainsi que l'une des causes de son prompt isolement au sein des autres forces politiques républicaines de l'exil. Bien entendu, il ne faut pas perdre de vue que le P.C.E. suivait scrupuleusement les directives et la stratégie de l'ensemble du mouvement communiste international, dictées par Moscou à travers les orientations du Kominform.

La brusque polarisation des forces politiques en Europe avec la constitution du bloc de l'Est et du bloc de l'Ouest (qui adopta en 1947 le plan Marshall), l'éviction des ministres communistes en France, en Italie et en Belgique, firent que la France, pays d'accueil des Républicains et terre de tolérance envers les combattants anti franquistes, devint

20 Le gouvernement Giral publia au cours de l'année 1946 plusieurs Manifestes (un le 18 juillet 1946 et des autres en août et octobre de la même année) où il martela avec insistance son refus total de la violence comme moyen pour atteindre un changement de régime en Espagne, aveuglement confiant dans la diplomatie occidentale, celle de la Grande-Bretagne en particulier [Cf. F. Giral, op. cit., p. 186]. L'Union General del Trabajo (UGT), totalement contrôlée par les socialistes de droite (Indalecio Prieto et Cie), avec son siège à Toulouse, n'hésita pas à se prononcer en faveur d'une solution monarchiste au problème espagnol.

Cf. E.Lister, De la experiencia de la lucha guerrillera en España (1939-1951), Ed. « Nuestra Bandera », Mexico, 1961 ; A. Soler, Guerrilla española del siglo XX, Colección Ebro, Paris, 1970 ; S. Senano,Maquis. Historia de la guerrilla antifranquista. Ediciones « Temas de Hoy », Madrid, 2002 ; J.-A. Vidal Sales, Maquis. La verdadera historia de la 'otra guerra ', Ed. Espasa Calpe, Madrid, 2002.

22 Ce mouvement de guérilla agissait fondamentalement dans trois zones : la Galice, unique région qui tomba sous contrôle franquiste dès les premiers jours du soulèvement du 18 juillet 1936 et où naquit immédiatement un vaste mouvement de guérilleros [ Cf. E. Lister,Galicia en la lucha contra el regimen de Franco y por la Republica .Ediciones Nuestra Bandera, Paris, 1947; Harmut Heine, A guerrilla antifranquista en Galicia, Ed. Xerais de Galicia, Vigo, 1960 ]; l'Andalousie, région conquise par les franquistes par étapes, conquête qui s'accompagna d'une sanglante, méthodique et systématique répression [ Cf. J-J. Lopez Silveira, Guerra de guerrilleras, Ediciones Pueblos Unidos, Montevideo, 1944 ] ; le Levant (en espagnol Levante) qui fut, dès 1946, la principale place forte du mouvement de guérilleros, dirigé et appuyé par le P.CE. à partir du territoire français [ Cf. J. Izcaray, Con los guerrilleros de Levante, Ed. Nuestra Bandera, Paris, 1948 ].
progressivement un pays qui supportait de plus en plus difficilement la présence d'une force politico-militaire (le P.C.E.) objectivement perçue comme l'alliée du camp socialiste naissant, et de l'URSS avant tout.

La sortie des communistes espagnols du Gouvernement républicain en août 194723 fut, sans aucun doute, l'un des éléments qui détermina le brusque changement de ton et d'attitude des autorités françaises envers le P.C.E. et les mouvements armés clandestins agissant en Espagne, mais ayant leur base logistique sur le territoire français24.

En 1948, sur les conseils de Staline - selon les aveux des témoins et acteurs de l'époque25 - le P.C.E opta pour l'abandon de la lutte armée, ce qui signifia la révision de l'ordre des priorités en matière de stratégie politique et, automatiquement, la réorganisation des structures de fonctionnement des principaux leviers de l'appareil du Parti.

Cette réorganisation ne s'effectua pas, évidemment, en vingt-quatre heures.

Une question logique peut être posée : comment se fait-il que les Etats-Unis et leurs alliés aient décidé de débarrasser la France d'un centre opérationnel des guérilleros agissant en Espagne (le P.C.E.), alors que le Parti espagnol s'était résolu, en 1948 et 1949, à liquider son réseau de détachement de guérilleros sur l'ensemble du territoire espagnol ?

23 Cf. "Carta de dimisión de Vicente Uribe dirigida al Presidente del Gobierno de la Republica", Nuestra
Bandera, n°20, août 1947, pp. 645-646.

24 A partir de 1948, les mesures de répression se multiplièrent envers certains dirigeants du P.C.E.. Ainsi, Luis
Fernandez, colonel F.F.I, héros de la Résistance, décoré de la Croix de Guerre, grand chevalier de la Légion
d'honneur, chef des guérilleros espagnols à partir de 1943, fut arrêté et interrogé par la police française. Cette
même année, Enrique Lister fut arrêté à son retour de Sofia où il participa au congrès du P.C. bulgare. Cf.
document page suivante. Cf. l'Humanité, 24. 12. 1948, pp. 1 et 3.

25 Au printemps 1948, Staline reçut au Kremlin trois membres de la direction du P.C.E. : D. Ibarruri, F. Anton et
S. Carrillo. Selon la version donnée par ces deux derniers au reste des membres de la direction du P.C.E. à leur
retour à Paris, Staline conseilla aux communistes espagnols d'abandonner la lutte armée et de changer de
stratégie pour s'orienter vers l'utilisation de moyens exclusivement légaux, [cf. F. Claudin, Santiago Carrillo.
Crónica de un secretario general, Ed. Planeta, Barcelona, 1979, pp. 97-101; S. Carrillo, R. Debray, M. Gallo,
Spanien nuch Franco, op.cù,pp. 87-88; S. Carrillo, Memorias, Ed. Planeta Barcelona, 1993, pp. 418-422]. Nous
soutenons dans notre thèse [ L'émigration communiste espagnole en France et en URSS (1939-1950), Université
de Poitiers, 2001, pp. 752-758. ] que S. Carrillo et F. Anton interprétèrent tendancieusement les conseils de
Staline qui, en l'occurrence, avait sans doute conseillé aux communistes espagnols de savoir combiner les
moyens légaux et illégaux dans le combat contre le régime franquiste, sans pour autant aller vers l'abandon total
de la lutte armée.

Il faut d'abord comprendre que la liquidation de détachements armés ne pouvait se faire automatiquement : on n'arrête pas un mouvement de ce genre en donnant simplement un ordre, comme d'un armistice. Les réticences de nombreux combattants et dirigeants, les difficultés que représentait le passage d'une vie de hors-la-loi à une vie normale, pour beaucoup (pour ne pas dire tous) de guérilleros, expliquent que les foyers et les groupes armés subsistèrent en Espagne jusqu'en 1951.

D'autre part, rien ni personne ne peut affirmer que les Etats-Unis et la France étaient au courant de la décision qu'avait prise le P.C.E., à la suite des « conseils » de Staline, d'abandonner la lutte armée qui avait pour conséquence immédiate la disparition du territoire français en tant que base logistique du mouvement de guérilleros.

La création en 1949 du Mouvement de la Paix et la désignation des intérêts militaires américains en Europe comme cible principale de ses attaques26, transformèrent le P.CE., membre actif de ce Mouvement de la Paix, en objet de surveillance particulière de la part des autorités françaises et des services de renseignements américains

La création de l'OTAN en 1949 avec son siège à Paris, constitua un pas décisif dans la création d'un système de défense de l'Occident face au bloc communiste. Les

26 La dénonciation de la pénétration des intérêts américains en Espagne fut le thème de prédilection des principales publications du P.CE.. Exemple : Nuestra Bandera, n°29, août 1948 : EDITORIAL : "España en los planes de preparación de guerra de los imperialistas yanquis" (pp. 572-588) ; V.. Uribe/'La penetración imperialista norteamericana pone "en grave peligro la independencia nacional de España (pp. 589-617) ; E. Lister, *Es un deber político ganar las fuerzas sanas y patrióticas del ejercito para la lucha por la independencia nacional (pp. 619-628).

"Signalons que selon les Etats-Unis commencèrent dès 1946 à s'inquiéter du rôle joué par les Soviétiques en France et (selon les Américains) de l'implication de l’émigration communiste espagnole dans les activités des milieux diplomatiques du Kremlin. Ainsi, le 8 mars 1946, le chargé d'affaires des Etats-Unis en poste à Madrid, F. Bonsaï, informait le Département d'Etat que :" A Paris, durant une période prolongée, s'est trouvée une mission militaire soviétique dirigée par le colonel Lapchine. En URSS, on craint que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne n’œuvrent pour que les intérêts de la politique extérieure et les intérêts économiques de l'Espagne s'orientent en leur faveur. L'Union soviétique s'efforce de déstabiliser les plans des démocraties occidentales et pour cela, elle a mis en marche de puissants moyens de pénétration en Espagne. Parmi ces moyens : l'utilisation du très discipliné Parti communiste français et des émigrés espagnols en France. L'influence de Moscou sur les communistes français et les réfugiés espagnols s'est révélée de façon évidente ces derniers temps... Les membres de la mission militaire à Paris ont des contacts permanents avec les émigrés espagnols... tentent d'organiser l'acheminement de convois illégaux d'armement et de munitions vers l'Espagne... Le chef des communistes espagnols, la Pasionaria, qui a vécu plusieurs années en Russie, se rend systématiquement à l'ambassade soviétique et transmet des instructions aux autres groupes

principaux pays d'Europe occidentale (douze au total), d'une façon directe ou indirecte, se trouvèrent inclus dans le système géostratégique de l'OTAN, la France constituant, par sa situation géographique et son potentiel militaire, la pièce maîtresse du bloc militaire du monde occidental. L'Espagne, qui possédait comme la France de larges sorties sur l'Atlantique nord et la Méditerranée, et qui, de plus, était présente sur les côtes nord-africaines, le Sahara Occidental, les Iles Canaries (sans oublier Gibraltar), représentait un espace géostratégique d'intérêt capital.

En mai 1949, le représentant des Etats-Unis à l'ONU proposa (en vain) la levée des sanctions votées en décembre 1946 par l'Assemblée générale contre l'Espagne franquiste28. La proposition fut rejetée par une majorité de voix. Le représentant soviétique accusa les Etats-Unis d'oeuvrer en faveur d'une collaboration ouverte avec l'Espagne de Franco, collaboration qui avait comme objectif primordial l'utilisation du territoire espagnol à des fins militaires.29 Dans ce contexte-là, l'existence du P.C.E., engagé dans la lutte politique contre l'Espagne franquiste, pays appelé à jouer un rôle majeur dans le domaine géostratégique des Etats-Unis, apparut rapidement comme un obstacle contraire aux intérêts de l'OTAN.

Les Etats-Unis, et avec eux les Etats membres de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, ne pouvaient en aucun cas imaginer installer des bases militaires dans une Espagne où opéraient des détachements de guérilleros dont la stratégie fondamentale consistait, il est vrai, à s'attaquer à des cibles militaires mineures30 (petites casernes de la

espagnols''^. A. CaroMOHHH, op. cit., crp. 37-38. Les sources citées par ce dernier sont :

«ABU. P0, 0.06 (Ceicpemapnm B.M. Mojionioea), on. 8 navKa 34, d 536, ji6'.

28 Cf. F. Giral, El exilio español de 1939, Ed. Taurus, Madrid, 1977, T. I, p. 187.

2917paeda, 8.05.1949, crp. 2.; Manifiesto del P.C.E. a todos los españoles y a la opinión democrática mundial,

Suplemento a "Mundo Obrero" [ Paris ], 1949.

30 Une analyse des articles signés par E.Lister et J. Modesto et publiés entre 1946 et 1948 montre parfaitement

que toute la stratégie de guérilla consistait à pratiquer ce genre d'actions. Ceci ressort des études (peu objectives,

mais parfaitement documentées) des spécialistes franquistes de la question. Cf. T. Cossias, La lucha contra el

'maquis' en España, Editora Nacional, Madrid, 1956 ; F. Aguado, Sánchez, El maquis en España, Ed. San

Martin, Madrid, 1975 ; Terrorismo y Justicia en España, Centro Español de Documentación, Madrid, 1975 ;

A. Ruiz Ayucar, El PC. 37 anos de clandestinidad, Ed. San Martin, Madrid, 1976.

garde civile, châtiment des pensionnaires, destruction de certains moyens de communication, etc.), mais qui pouvaient, si nécessaire, préparer et exécuter des actions contre des objectifs plus importants, tels que des aéroports, des installations radars, des bases militaires navales, des voies de communication, etc. Pour ce type d'actions, comme l'atteste l'histoire du sabotage, nul besoin de forces armées numériquement importantes : un réseau bien organisé de spécialistes efficacement préparés suffit amplement pour causer des dégâts considérables31.

Or, le mouvement de guérilleros, comme nous l'avons signalé, avait pour base de recrutement, d'alimentation, d'entraînement et de direction, ainsi que de repli32, le territoire français. Le cerveau et le coordinateur de ce mouvement était la direction du P.C.E. installée en France. Le démantèlement d'un mouvement armé clandestin, contrairement à ce que peuvent s'imaginer certains, ne s'effectue pas en le liquidant comme tel sur le terrain où il agit, mais grâce à la destruction, à l'anéantissement de la base logistique de ce mouvement subversif, quels que soient sa nature et son contenu "terroriste", "de libération nationale" ou "d'opposition à un régime en place". La base opérationnelle du mouvement des guérilleros étant la France, et la direction du P.C.E. étant son état-major réel, l'objectif était pour les Occidentaux de liquider celui-ci, de rendre son fonctionnement sur le territoire français impossible, paralysant ainsi le mouvement de guérilleros.

L'année 1950 commença par une nouvelle offensive diplomatique des Etats-Unis. Le député républicain J. Kee proposa le 11 janvier devant le Congrès des Etats-Unis le rétablissement de relations diplomatiques normales avec l'Espagne, proposition qui reçut le

31 Un exemple concret vient illustrer la capacité d'un parti, ayant une large expérience de la lutte armée, à réveiller et mettre en action ses moyens humains et techniques paramilitaires mis en veilleuse des années auparavant. En septembre 1961, lors de la crise de Berlin, deux dirigeants du P.C.E., E. Lister et Romero Marin, reçurent, au cours d'une réunion du Bureau Politique du P.C.E., qui siégeait clandestinement à Paris, la mission de mettre sur pied des détachements d'experts en repérage et sabotage des installations militaires américaines sur le territoire espagnol [E. Lister, Asi destruyo Carrillo el PC, op. cit., pp. 172-175]. Il s'agissait concrètement de porter atteinte aux bases militaires (la base de Moron, très précisément, située dans la province de Séville). Des experts furent dépêchés sur les lieux et un plan d'opérations fut élaboré. L'apaisement de la tension internationale rendit l'exécution de ce plan inadéquate. Mais une chose ressort de cet épisode : la capacité d'un parti comme le PCE, qui vivait dans l'illégalité à Paris, de mettre en marche son appareil paramilitaire.

soutien du sénateur Dean Acheson33. La succession de ruptures des relations diplomatiques des Etats d'Amérique latine avec le Gouvernement de la République, initiée en 1949, se poursuivit en 195034.

En France, une campagne de presse démarra pour dénoncer le caractère subversif du P.C.E. en France. Ses militants furent présentés comme des agents à la solde de puissances étrangères. Remarquons que, trente-sept ans plus tard, cette campagne, qui s'inscrivait dans le contexte de la Guerre froide, continuait à être exploitée. Ainsi, en 1984, D. W. Pike publia son volumineux Jours de gloire, jours de honte35, appelé à dénoncer le prétendu rôle de cinquième colonne (totalement au service de l'URSS) joué par le P.C.E. en France entre 1945 et 1950.

Nous n'analyserons pas ici l'ensemble du procès d'intention monté de toutes pièces par David Pike contre le P.C.E.. C'est là l'objet d'un travail spécifique et d'ampleur considérable. Soulignons, néanmoins, que D. W. Pike construit sa démonstration sur la base de trois sources fondamentales : les rapports de divers services de renseignements français auxquels il a eu (à titre exceptionnel36) accès et qu'il cite sans esprit critique, reproduisant les

32 Le P.C.E. avait créé, dès 1945, à Toulouse, un hôpital (en espagnol Hospital Varsovia), où travaillaient des
médecins et infirmières membres du P.C.E. dont la tâche consistait à soigner les guérilleros espagnols blessés au
cours des combats et accrochages avec la garde civile et l'armée franquiste.

33 Cf. L'Humanité, 13 janvier 1950, p. 3. Signalons que D. Acheson, qui fut l'un des promoteurs du plan Marshall
et le principal adversaire de la politique soviétique en Europe et en Asie, posa comme condition à la
normalisation des relations diplomatiques avec l'Espagne, la dérogation par l'ONU du vote de décembre 1946.
Cf. F. Giral, op. cit., p. 187.

34 Ainsi, le 1er mars 1950, le Panama, suivant l'exemple de l'Argentine y du Venezuela rompit avec le
gouvernement républicain et rétablit ses relations avec l'Espagne franquiste.

35 D. W. Pike, Jours de gloire, jours de honte, Société d'Edition de l'Enseignement Supérieur, Paris, 1984. Le
sous-titre de ce livre est intitulé : "Le Parti Communiste d'Espagne en France depuis son arrivée en 1939 jusqu'à
son départ en 1950", le mot départ étant appelé à voiler les mesures d'interdiction et d'expulsion prises par les
autorités françaises vis-à-vis du P.C.E. en 1950.

36 Ne perdons pas de vue que le livre de D. W. Pike est préfacé, de façon élogieuse par Pierre Bertreaux, qui fut,
comme l'indique la note explicative de bas de page : "Directeur général de la Sûreté pendant la Guerre froide."
Cf. op. cit.,
p. XXIV. Notons que D. W. Pike ne se limite pas, dans son livre, à remercier Pierre Bertreaux pour
l'aide que celui-ci lui a apportée, mais prend en outre la défense de son puissant protecteur. Ainsi, D. W. Pike
écrit : "Le nouvel ouvrage de Sanz [Miguel Àngel Sanz, Luchando en tierras de Francia. La participaciôn de los
Espanoles en la Resistencia, Ediciones de la Torre, Madrid, 1981 - E.L.] a été inspiré, m'a-t-il dit, par le désir de
corriger celui de Pierre Bertreaux [La libération de Toulouse et sa région, Editions Hachette, Paris, 1973 - E.L.]
'qui dit beaucoup de mensonges'. Je lui ai demandé un seul exemple : il n'a pas pu m'en fournir, son livre non
plus." Cf. D. W. Pike, op. cit., n. bas de page 38, p. 34. Déclaration de la part de D. W. Pike plus que déplacée,
étant donné que, selon P. Bertreaux, la libération de Toulouse fut l'œuvre, exclusivement, de la Résistance

données, les chiffres et les réflexions des fonctionnaires des services secrets comme des vérités absolues, alors que la lecture des matériaux d'archives nécessite une approche rigoureuse, une lecture critique et une interprétation perspicace. La deuxième source d'inspiration de D. W. Pike est constituée par les journaux français, de préférence Ici Paris, cité abondamment. Les « découvertes » (les scoops) de ce journal sont présentées comme des preuves irréfutables des activités des communistes espagnols en France, de leur culpabilité évidente dans la préparation d'un mythique coup militaire destiné (en 1949 !) à provoquer l'effondrement de la France menacée par une intervention militaire soviétique. La troisième source se compose des interviews aussi abondantes qu'inconsistantes rassemblées par D. W. Pike, ainsi que des conversations (informelles) qu'il dit avoir eues avec les protagonistes de l'époque. Ici aussi, les opinions, personnelles et profondément subjectives de ces témoins, sont présentées comme des preuves permettant au lecteur à se forger une opinion sur tel ou tel événement. Toutes les réflexions de D. W. Pike, les "preuves" qu'il apporte, les conclusions auxquelles il arrive, essaient de mettre le lecteur en condition d'accepter l'idée centrale selon laquelle le P.C.E. fut en France une cinquième colonne au service de l'URSS37. [L'une des particularités du procédé de D. W. Pike consiste à mélanger les époques, à présenter les

française, les Espagnols ne figurant qu'en tant que force quasi inexistante, alors que selon Miguel Àngel Sanz, la libération de Toulouse fut essentiellement l'œuvre de l'Agrupaciôn de Guerrilleros Espanoles, sous le commandement de Luis Fernandez, les Français n'étant apparus pratiquement qu'après la bataille, pour cueillir les fruits de la victoire. Signalons, pour notre part, que la libération de Toulouse fut, en réalité, la libération d'une ville abandonnée par les Allemands à l'arrivée des Espagnols et des Français.

37 Un passage illustre bien la méthode de David Pike, soucieux de démontrer cette soumission du P.C.E. à Moscou : "En janvier [1950 - E.L.], le Kominform ordonna une nouvelle purge du P.C.E., qui devait être achevée avant le congrès national clandestin prévu pour le mois de mars. Le Kominform confia cette mission à son agent José Artal, dont le supérieur Ivanovitch Lidstein dépendait directement du Maréchal Lavrenti Beria, chef du NKVD. " Et en note de bas de page (numéro 2), D. W. Pike glisse un commentaire destiné à nous mettre la puce à l'oreille et à accréditer la véracité des renseignements fournis par les Renseignements Généraux du Midi-Pyrénées : "El Campesino [...]fait allusion à un certain Ivanovitch à l'Académie Frounze à Moscou, lors de son passage." D. W. Pike, op. cit., p. 223. Premièrement, nous n'avons trouvé nulle part un quelconque document, ni entendu parler à aucun moment de la préparation d'un quelconque congrès national du P.C.E. prévu en 1950. Pure fantaisie donc des Renseignements Généraux, que D. W. Pike n'hésite pas à reproduire mécaniquement. Le problème d'une purge qu'aurait préparée un certain Ivanovitch Lidstein est à laisser à la seule honnêteté intellectuelle de t). W. Pike. En ce qui concerne le témoignage d'El Campesino, ce qui nous étonne est qu'il n'ait pas croisé une douzaine d'Ivanovitch à l'Académie Frounze et au moins un millier pendant son séjour en URSS. Les sources que cite D. W. Pike dans les notes de bas de page n°2 et 4 sont : L-17, X.T-6; numéro 9 daté du 6janvier 1950 (archives du Midi-Pyrénées, Toulouse) et L-17, X.T.6, daté du 3 janvier 1950, c'est-à-dire
activités des guérilleros espagnols en 1944, comme la pénétration en France du bras armé clandestin au service de Moscou, tout en faisant l'amalgame entre différents pays européens. Ainsi, un dépôt d'armes découvert à Bologne (Italie) est exhibé comme preuve du caractère international d'un complot communiste dirigé par le Komintern. La subite découverte par les services de la police française d'un autre dépôt d'armes des guérilleros espagnols, cette fois-ci près de la frontière espagnole en 1949, est présentée aussi comme la preuve d'une conspiration internationale et anti-française inspirée par Moscou et donc la force de frappe (selon D. W. Pike) n'était autre que les 40 000 combattants communistes espagnols, situés tout le long de la chaîne pyrénéenne.

L'existence en France de dépôts d'armes des guérilleros espagnols n'était nullement un secret pour les services de renseignements français. La preuve en est que la police française fit main basse sur ces dépôts lorsque les autorités françaises durent justifier l'arrêté d'interdiction du P.C.E. en France. Ces dépôts d'armes et de munitions étaient peu nombreux. Ils contenaient des quantités limitées de matériel de guerre qui datait de la Seconde Guerre mondiale, composé, fondamentalement d'armes automatiques légères et explosives provenant des armées de différents pays (Angleterre, Allemagne, Etats-Unis). La meilleure preuve du caractère limité (en quantité et en qualité) de cet armement est le voyage que S. Carrillo et E. Lister durent effectuer en Yougoslavie en 1948 pour demander l'aide militaire des Yougoslaves38.

Une des cibles privilégiées de la surveillance policière fut l'hôpital Varsovia de Toulouse, créé par le P.C.E. en 1945, destiné à recevoir et à soigner les guérilleros venus d'Espagne, ainsi que les rescapés des camps de concentration nazis. David Pike, qui consacre une dizaine de pages à cet hôpital, déclare au début du chapitre XIV :

au moment où les services secrets français étaient en train de monter tout le dossier sur le P.C.E. en vue de son

interdiction en septembre 1950.

38 Cf. Spanien nach Franco, op. cit., pp. 86-87 ; E. Lister, Asi destruyo Carrillo el PCE, op. cit., pp. 53-54.
Aux yeux des autorités françaises, l'hôpital Varsovie de Toulouse, annexe médical du P.C.E., constituait la meilleure couverture pour la branche espagnole du Kominform, ainsi que le refuge le plus sûr pour les agents soviétiques.39

Et comme preuve matérielle lui permettant de formuler une telle accusation, D.

W. Pike cite en note de bas de page l'une de ses sources :

Jean Sermet (interview) est du même avis : // est certain que l'hôpital servait de refuge à des agents soviétiques.40

Affirmation que rien ne vient étayer. On peut traduire la logique de D. Pike de la façon suivante. : "Ce que je déclare est vrai, étant donné que mon ami pense la même chose que moi. "

Le décore et les personnages, l'ambiance et les activités de l'hôpital Varsovia offertes par D. Pike dans son livre sont dignes d'un scénario hitchcockien : de mystérieuses, belles et généreuses (dans tous les sens du terme) femmes, les unes franco-allemandes, les autres américano-suisses ; des médecins espagnols qui, en réalité, ne sont pas médecins (ces précieuses informations sont fournies à P. Pike par des témoins aussi fiables que Jean Sermet) et ceux qui ont le mérite de l'être sont, automatiquement, déclarés par D. Pike agents soviétiques. Ainsi, les docteurs Francisco Bosch Farjames et Josep Bonifaci Mora sont désignés par D. Pike comme les chefs de la branche espagnole du Kominform pour l'Espagne et le Midi de la France41 Quelles sont les sources ? Dans le cas de Francisco Bosch, ce sont :

Les autorités françaises [qui - E.L.] l'identifièrent comme "agent principal du Kominform pour l'Espagne"4

Quant à J. Bonifaci, c'est :

Selon la sûreté nationale qu'il était le responsable du Kominform pour l'Espagne.43

Signalons que D. Pike précise en note de bas de page :

39 D. W. Pike, op. cit., p. 137.

40 Ibid., note de bas de page n°l, p. 137.

41 Ibid., p. 178.

42 Idem.

Informations rassemblées à partir des différents dossiers des archives du Midi-Pyrénées donnés dans la bibliographie.44

Nous découvrons dans la bibliographie qu'il s'agit des archives des

Renseignements Généraux auxquelles D. Pike, comme nous l'avons signalé, contrairement au simple chercheur, eut libre accès.

Le livre de D. W. Pike est entièrement consacré à justifier l'interdiction du P.C.E. en France, l'arrestation et l'expulsion de dizaines de cadres de ce parti. La justification de cette mesure est nécessaire à D. W. Pike pour dissimuler les véritables raisons qui ne sont autres que le désir des Etats-Unis de voir une Espagne totalement pacifiée, débarrassée d'un mouvement de guérilleros dangereux pour les intérêts militaires américains. Et, comme nous l'avons signalé, il fallait, pour liquider ce type de danger, anéantir la base opérationnelle de cette force paramilitaire. D'où l'arrêté du 7 septembre 1950. Voilà le seul détail qui, curieusement, échappa au champ de vision de l'ancien membre des services de renseignements anglo-américains.

La tension internationale avait, durant l'été 1950, monté d'un cran avec l'éclatement, le 25 juin de cette année-là, de la guerre de Corée qui apparaissait comme le prélude d'une troisième guerre mondiale. Nul doute que cette confrontation ouverte entre l'Est et l'Ouest joua un rôle non négligeable dans la campagne anti-P.C.E. en France, mais ce ne fut ni la seule, ni la principale raison de l'attaque frontale menée par le gouvernement Pleven contre le Parti Communiste Espagnol.]

Le 1er août 1950, les forces républicaines en exil et une grande partie de l'opinion publique mondiale apprirent avec stupeur que les Etats-Unis accordaient à l'Espagne franquiste un prêt de 100 millions de dollars45. La somme en soi, en l'occurrence modeste, n'était pas l'aspect le plus important de ce ballon d'oxygène que Washington venait

43 Idem.

44 Idem.

d'administrer à l'économie espagnole. L'importance était politique, étant donné que par ce geste les Etats-Unis venaient de fournir la preuve matérielle de leur détermination à voir le régime franquiste solidement et pour longtemps installé en Espagne46.

A partir de ce moment-là commença une véritable préparation psychologique de l'opinion publique française à une interdiction du P.CE. Les journaux, surtout ceux de la région toulousaine, concrètement La Dépêche du Midi, dans plusieurs numéros de la fin août et du début de septembre, multiplièrent la publication d'articles appelés à créer une véritable psychose sur certaines disparitions d'individus résidant dans la région47.

Le 1er septembre 1950, à Strasbourg,, le Président du Conseil, le radical René Pleven, déclara haut et fort que le gouvernement était prêt à mettre en œuvre :

tous les moyens que donnent les lois pour mettre à raison les cinquièmes colonnes qui agissent sur le territoire français.48

L'emploi du terme cinquièmes colonnes laissait clairement entendre contre quelle

catégorie d'étrangers le gouvernement français était prêt à employer tous les moyens coercitifs à sa disposition.

Le P.C.E., grâce aux informations que lui procura la direction du P.CF., s'attendait à des mesures de rétorsion de la part des autorités françaises et prit, durant les premiers mois de 1950, toutes les mesures nécessaires pour encaisser le coup49.

45 Cf. F. Gordon Ordâs, Mipolitica fuera de España, Talleres Gráficos "Victoria", México, 1969, T. III, pp.255-
257.

46 La réaction du P.C. fut à la hauteur de l'événement, chose prévisible et totalement compréhensible. Quant aux
socialistes espagnols, ils se virent obligés de rendre leur désarroi public : Indalecio Prieto publia une lettre
ouverte dans laquelle il reconnaissait sa faillite personnelle dans la pratique d'une diplomatie basée sur la
confiance aveugle envers la diplomatie occidentale, celle des Etats-Unis et de l'Angleterre en premier lieu. Cf. F.
Giral, op. cit., p. 188. Juan Negrin en fit autant et déclara la suspension de son bulletin d'opposition républicaine
édité à Londres.

47 Cet aspect de la question constitue le socle de l'acte d'accusation que D. W. Pike dresse dans son livre [Cf. op.
cit., pp. 223-228] pour renforcer cette plaidoirie anti-P.C.E. par des interviews, des entretiens et des
conversations téléphoniques que D. W. Pike dit s'être procuré et avoir eus avec des républicains espagnols, sans
oublier les rapports de la Préfecture de la Haute-Garonne, de la Direction Générale de la Sûreté Nationale, etc.
Ainsi, dans le but d'apporter des éléments susceptibles de justifier la méfiance ressentie par les autorités
françaises envers les activités du P.CE., D. W. Pike consacre deux pages [pp. 224-226] à évoquer les sales
coups dans lesquels étaient (ou étaient supposés être) des anarchistes du M.L.E. - C.N.T. [Movimiento de
Libertario de Espana - Confédération Nacional del Trabajo], tout cela accompagné des incontournables sources :
Comme nous l'avons signalé, le 1er septembre 1950, le président du Conseil René Pleven déclara ouvertement que son gouvernement était prêt à employer les moyens pour mettre fin aux activités subversives sur territoire national du P.C.E. et d'autres organisations50. Cette déclaration fut amplement commentée par l'ensemble de la presse et confirma naturellement au P.C.E. que le coup auquel il s'attendait était imminent.

Le 7 septembre à l'aube, fut déclenché, simultanément dans plusieurs villes de France, une rafle policière contre les dirigeants et cadres du P.C.E.

La direction du P.C.E. prit préalablement des mesures adéquates :

Lister, Anton, Cristobal Errandonea, Manuel Delicado et moi-même [S. Carrillo - E.L.], nous échappâmes à la détention, étant donné que, vu l'aggravation de la situation, nous avions pris la précaution de ne pas dormir à nos domiciles.5

E. Lister donne la clé qui permet de comprendre pourquoi le P.C.E. était prêt à

encaisser le coup du 7 septembre 1950 :

Le dimanche 652 à dix heures du matin, pendant la fête de l'Humanité, le camarade Jacques Duclos me communiqua que le coup était pour le lendemain à six heures du matin. Je pris durant toute la journée une série de mesures pour

Préfet de la Haute-Garonne au Ministre de l'Intérieur, n°l 752 / RS.Ph, daté du 10 février 1948 (Archives Midi-Pyrénées, Toulouse).

48 Cf. L'Humanité, 2 septembre 1950, p. 1.

49 E. Lister écrit dans ses mémoires : "Je dois signaler que le coup policier de septembre ne fut pas pour nous
une surprise. Nous nous y attendions dès le mois de juillet. Personnellement, je vivais depuis un mois hors de
mon domicile connu par la police. " Cf. E. Lister, op. cit., p. 69.

50 La formule employée par René Pleven "les cinquièmes colonnes" laisse clairement comprendre qu'il n'y avait
pas que le P.C.E. qui était la cible des mesures répressives prévues, mais aussi d'autres organisations. Avec
l'emploi du pluriel de la troisième personne, le Président du Conseil laissait clairement entendre que d'autres
étrangers, des membres d'autres partis communistes, étaient sous surveillance.

51 S. Carrillo, Memorias, Ed. Planeta, Barcelone, 1993, p. 432.

52 Laissons de côté nos liens parentaux, ainsi que le respect qu'un fils doit à son père et permettons-nous le luxe
de rappeler (à titre posthume) à l'ordre Enrique Lister : selon le calendrier grégorien, toujours en vigueur, le 6
septembre 1950 ne tomba pas un dimanche, mais un jeudi... Et les fêtes de l'Humanité ont traditionnellement
toujours lieu la deuxième fin de semaine (samedi et dimanche) du mois de septembre. Donc en septembre 1950,
la fête se déroula le samedi 9 et le dimanche 10. Bien entendu, durant toute la semaine, eurent lieu les préparatifs
de cette fête : installation des stands, des points de rencontre avec les partis frères, des installations de loisirs,
restaurants, etc. Les dirigeants du P.C.F. et d'autres partis (comme le P.C.E.) défilèrent pendant l'installation de
la fête pratiquement tous les jours. Sans aucun doute, E. Lister, comme d'autres, fit un tour ou deux pour voir et
pour contrôler les travaux d'installation du stand du P.C.E., ainsi que ceux des organisations proches de ce parti.
C'est à ce moment-là, sans doute, que se produisit la rencontre entre E. Lister et J. Duclos. Ne perdons pas de
vue qu'E. Lister avait rédigé Asi destruyô Carrillo el PC en 1982, trente-deux ans après ces événements. Voilà
un exemple de la prudence qu'un historien doit observer lors de l'utilisation des mémoires des personnages
illustres du passé, même s'il s'agit de son père.

alerter non seulement les camarades de Paris, mais aussi ceux qui étaient venus des divers points de France.53

La rafle du jeudi 7 septembre eut comme résultat l'arrestation d'une centaine de

cadres du parti. Selon les informations fournies par le ministère de l'Intérieur à la presse dans la matinée du 7 septembre, furent arrêtés environ deux cents ressortissants étrangers parmi lesquels une centaine d'Espagnols54. Le bilan de l'action policière, selon le ministère, était le suivant : à Toulouse 30 arrestations, à Saint-Gaudin 3, dans l'Aude 30, en Ariège 25, dans les Pyrénées 15, dans le Gers 10, dans le Tarn 8. Le ministère précisait que des arrestations avaient aussi eu lieu dans l'Aveyron, la Lozère, le Tarn-et-Garonne55. Outre les Espagnols, furent arrêtés aussi des ressortissants des pays de l'Est56. Nous sommes enclin à penser que l'arrestation de ces derniers ne devait rien au hasard ou aux bavures policières, fréquentes au cours de telles opérations, mais était un geste délibéré, destiné à montrer le caractère multinational, tentaculaire du complot monté par le Kominform en France C'est là que l'on comprend mieux la formule employée par René Pleven quand il parlait des cinquièmes colonnes opérant sur le territoire français. Cet aspect multinational de la rafle du 7 septembre portait le nom de Boléro Paprika, censé symboliser la collaboration entre « agents » d'origine latine (Italiens et Espagnols) et les ressortissants des pays de l'Est {paprika, en hongrois, en tchèque, en slovaque, en polonais et en yougoslave signifie poivron et piment). Signalons que le communiqué transmis à la presse par le ministère de l'Intérieur le 8 septembre, à la suite de la déclaration qu' « avaient été interpellées 266 personnes dont 13 Italiens, 80 ressortissants russes ou des démocraties dites populaires et 160 Espagnols », rappelait clairement que

53 Ibid., p. 69. Notons que D. W. Pike, avec beaucoup de théâtralité, écrit : "Le 8 septembre, à une heure du
matin jurent déclenchés simultanément sous le nom de code 'Boléro Paprika les plus vastes opérations de police
jamais effectuées en France depuis la fin df la Deuxième [sic ^Guerre mondiale. » D. W. Pike, op. cit., p. 229.
Nous sommes en droit de nous interroger sur l'information de l'auteur d'un livre destiné à expliquer et justifier
l'expulsion du P.CE. de France en septembre 1950. Comment l'auteur peut-il ignorer la date et l'heure exactes
du point culminant de son étude ?

54 C'est le chiffre fourni dans les témoignages des acteurs de ces événements. Cf. S. Carrillo, op. cit., p. 432 ; I.
Falcôn, Asalto a los cielos, Ed. Temas de Hoy, Madrid, 1996, pp. 263-264 ; E. Lister, op. cit., p. 70.

55 Cf. « Vaste opération de police contre les communistes étrangers en France », Le Monde, vendredi 8
septembre 1950, p. 1.

« l'opération de ce jour doit être considérée comme un avertissement solennel aux étrangers vivant en France. » 5?.

Le choix des interpellés réalisé par les autorités françaises au moment de l'opération montre que furent aussi victimes de cette rafle des gens connus de longue date des services de police, mais dont certains n'avaient rien à voir avec le P.C.E., ou avaient abandonné les rangs de ce parti depuis des années. C'est donc en se basant sur des données anciennes, des archives de la D.S.T., que les services de police avaient établi (dans la précipitation sans doute) la liste des « suspects » à arrêter. On peut donc parler de certaines bavures, mais limitées, produits de la routine policière.

Au total, comme nous l'avons signalé, plus d'une centaine de cadres du P.C.E. furent arrêtés et envoyés les uns en Corse59, les autres en Afrique du Nord60.

Une lecture, même rapide des journaux de l'époque, révèle le côté grotesque de l'opération. Le journal Le Monde, pour le prendre en exemple, l'exprime très bien. Le numéro du 8 septembre (qui parut dans la soirée du 7) annonçait en première page, comme information principale, la rafle du 7 septembre61. Le 9 septembre, le même journal, sous la plume d'A. F. (André Fontaine), se voyait obligé de reconnaître que le butin de toute cette

S6lbid.

57 Cf. « De nombreux étrangers arrêtés en France ont été reconduits ce matin à Kehl », Le Monde, 9 septembre
1950, p. 4.

58 C'est le cas de Lôpez Tovar, ancien dirigeant de l’Agrupaciôn de Guerrilleros Espanoles en Francia, l'un des
organisateurs de l'opération du Val d'Aran, qui abandonna le P.C.E. juste après la Libération et se vit obligé, au
déclenchement de la rafle du 7 septembre, de jouer au chat et à la souris avec la police française. On peut aussi
citer le cas de l'ancien Premier Ministre, Fernando Favela, républicain de gauche, arrêté par erreur par la police
française.

59 Parmi les expulsés en Corse, se trouvait le docteur José Bonifaci, exilé plus tard à Prague. Selon les
informations [nous nous voyons obligé d'employer ce terme] fournies par le journaliste A. F. (André Fontaine ?)
du Monde : «A l'hôpital espagnol connu sous le nom d"Hôpital Varsovie' et qui est l'un des plus importants
centres d'activités communistes de la Haute-Garonne, les inspecteurs de la D.S.T. ont appréhendé 7 Espagnols
parmi lesquels l'ancien médecin de la Pasionaria, récemment arrivé de Russie, via le Mexique. » Cf. « Le 'Parti
Communiste Espagnol' est dissous », Le Monde, 9 septembre 1950.

60 Le général Blasquez, chef adjoint de l'Agrupaciôn de Guérilleros espanoles en Francia, fut envoyé, avec une
trentaine de cadres du P.C.E., en Afrique du Nord, ce qui provoqua la colère d'E. Lister : « Des détachements de
la police, comme au temps de l'occupation allemande, investirent dans toute la France des centaines de foyers
de communistes espagnols, leur infligeant des violences physiques et morales, et les conduisant, menottes comme
de vulgaires malfrats, dans des lieux de déportation dans les montagnes de Corse ou dans les arides régions
d'Afrique du Nord. » Cf. E. Lister, op. cit., p. 69.

61 Voir document photographique.
opération était plutôt médiocre. L'auteur de l'article supplée au manque d'informations par des considérations politiques dont le contenu idéologique emprunte aux stéréotypes de la guerre froide :

Les opérations de ce genre n'ont de sens que si elles donnent des résultats vraiment importants. Lorsqu'elles se limitent [...] à l'expulsion de quelques comparses, elles servent plus la propagande communiste, habile à dénoncer les brimades policières et les atteintes à la liberté qu'elles ne la gênent. Les démocraties populaires, acharnées à éliminer de leur sein toute influence occidentale, y voient un bon prétexte à représailles.62

Notons que ce même journaliste indique le véritable but de toute cette opération :

Quant à la dissolution du Parti Communiste Espagnol en France et du Parti Socialiste Unifié de Catalogne63, elle est le corollaire logique de l'action

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