Ct : Le rêve américain selon Richard Hakluyt (1584)





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CT : Le rêve américain selon Richard Hakluyt (1584)


Hackluyt ou Hakluyt (Richard), géographe né à Londres vers 1553, mort en 1616. Après ses études à Oxford, où il s'était adonné principalement aux langues modernes et aux découvertes géographiques,

Il est surtout un géographe, auteur de nombreux ouvrages :

En 1582, publie Divers Voyages Touching the Discoverie of America and the Ilands Adjacent unto the Same, Made First of all by our Englishmen and Afterward by the Frenchmen and Britons. Ces premiers travaux attirent l’attention de Lord Howard of Effingham et de Sir Edward Stafford.

En 1583, choisi pour accompagner ce dernier, ambassadeur anglais à Paris. Il collecte alors des informations sur l’Espagne et la France, entre autres pour voir comment utiliser les découvertes en Amérique. C’est alors qu’il rédige A particuler discourse concerning Wesierne discoveries written in the yere 1584, by Richarde Hackluyt of Oxforde, at the requeste and direction of the righte worshipfull Mr Walter Ragfly before the comynge home of his twoo barkes. Ce manuscrit n’est publié qu’en 4 exemplaires, pour l’entourage royal. L’un d’entre eux sera finalement imprimé en 1877. il recommande l’implantation d’anglais dans les parties vides d’Amérique du Nord. Il donne en 1584 une copie de ce discours à la reine, qui lui donne une prébende à Bristol à son retour en 1588, où il restera ensuite.

il résida cinq années à Paris, se mit en relation avec les géographes du temps, entre autres Ortelius et Mercator, et publia une édition du livre latin de P.-M. d'Anghiera De Orbe Novo (Paris, 1587). A Paris, il constate que les entreprises anglaises sont loin d’être valorisées et se lance dans son grand œuvre : Ses travaux, grâce auxquels quantité d'aventures et de découvertes de navigateurs ne tombèrent pas dans l'oubli parurent en trois volumes, de 1589 à 1600, sous le titre The Principal Navigations, Voyages, Traffiues and Discoveries of the English Nation made by sea or over land to the Remote and Farthest Distant Quarters of the Earths, within the Compass of  the 1500 years étaient consultés par tous les navigateurs de l'époque et furent réédités en 5 vol. in-4 en 1809-12.

Il traduisit du portugais, d'Antonio Galvão, gouverneur de Ternate (Indes orientales), Discoveries of the world, front the first original to the year of our Lord 1555 (Londres, 1601). A sa mort, ses manuscrits tombèrent entre les mains de Samuel Purchass, qui en tira une histoire de voyages, Pilgrimes (1625-1626, 4 vol. in-fol.).

= Il est un des fondateurs de la littérature de voyage, dont Shakespeare, entre autres, s’inspire.

 

Ce texte est donc un extrait du Discours de 1584. il ne s’agit pas d’un rapport de voyage, mais bien d’un texte adressé à la reine dans le but de dvper les entreprises royales en Amérique. Un projet d’implantation. En effet, il est rédigé en un temps de forte concurrence pour la domination des espaces maritimes atlantiques et de développement de l’implantation américaine. Depuis le milieu du 16e siècle, les anglais sont de ++ présents dans cette entreprise. Mais plus que d’officiers royaux, il s’agit d’aventuriers, de marchands, de corsaires. Ce n’est pas un discours de première main, mais un rapport enthousiaste rédigé après collation d’informations sur les possessions espagnoles et françaises, par un savant, l’un des meilleurs connaisseurs européens de l’entreprise d’exploration et de colonisation, certainement le meilleur anglais dont le voyage en France a permis d’élargir les horizons.
Il est écrit en 1584. Elisabeth règne sur l’Angleterre depuis 1556 (jusqu’en 1603). Grande promotrice de l’église anglicane, fondée par son père Henri VIII en 1534, elle a été excommuniée en 1570. sa politique d’expansion insulaire passe par la concurrence maritime avec l’Espagne. L’Angleterre connaît alors une période de forte croissance démographique, d’inflation et de baisse générale du niveau de vie qui participent peut être de l’ouverture croissante de l’île sur le monde extérieur, européen et extra-européen. Le développement des enclosures, l’insuffisance des productions agricoles et l’aggravation des tensions sociales incitent certainement à rechercher hors du pays des solutions économiques, d’autant que le modèle espagnol, assis sur un trésor monétaire, fait rêver toute l’Europe.

C’est pourquoi, depuis le milieu du siècle environ, marchands, navigateurs, aventuriers se lancent de ++ souvent sur l’atlantique, vers l’Amérique et au nord pour trouver de nouvelles routes commerciales avec l’espoir de faire fortune, souvent en dévalisant les galions espagnols. D’abord insérés dans le commerce des esclaves, ces entrepreneurs s’intéressent à une possible expansion contre l’Espagne. Intensification de participation anglaise à l’exploration des nouveaux mondes. Francis Drake, 1er circumnavigation anglaise entre 1577 et 1580.

C’est aussi une période d’expansion commerciale, notamment avec la compagnie de Moscovie, fondée en 1555. un laboratoire. On ne cherche pas tant des pays où vendre que des voies pour atteindre des denrées précieuses : vers l’extrême orient par le nord. Navigateurs et marchands innovants. De même, l’Eastland Compagny, vers la Baltique, est fondée en 1579 pour l’exportation des draps au delà du Sund. Puis la Compagnie du Levant (1581). monopole de commerce de Méditerranée orientale. 15 à 20 navires armés apportent en Méditerranée drap anglais (old draperies) et étain des mines de Cornouailles. Organise aussi commerce des tissus légers (new draperies) contre produits de luxe de Marseille et d’Italie.
Ce texte s’inscrit donc dans une période d’ouverture sur l’extérieur et révèle toutes les attentes possibles face à la colonisation : § 1, religieuses, §2 commerciales, § 3 sociales ; avant d’en souligner la facilité (§4-5 possibilité d’affaiblir une Espagne pas si forte, § 6 facilités de navigation) et l’intérêt pour la reine (§ 7 : revenu accru et gloire).

Il s’agit donc, en étudiant ce texte, de comprendre comment et pourquoi une expansion coloniale est-elle souhaitée par l’auteur de ce texte ? Ce projet est-il illusoire ? Ne s’agit-il que du rêve d’un savant dans son cabinet de travail ou répond-il à une demande plus générale ?

I.Une colonisation devenue possible : le rêve d’un savant



Un savant cosmographe de cabinet qui accumule des connaissances depuis son passage à l’université dans toutes les langues sur toutes les explorations. Il prend d’abord acte d’une possibilité réelle, grâce au progrès général des connaissances et des entreprises :
Une connaissance des concurrents

l. 4 : Verrazzano, Cartier.

l. 14 : Sébastien Cabot.

+ connaissance de l’empire espagnol et portugais : l. 1-4 : lecture des ethnographes (cf cours Léry).
Inscrite dans une série de tentatives anglaises

l. 34 : Gascogne, Guyenne : anciennes possessions anglaises. Guerre de 100 ans, mais toujours liens commerciaux maintenus.

l. 36 : Irlande : Henri VIII proclamé roi d’Irlande.

= ouverture maritime atlantique.
Avec début efforts vers Amérique: l. 41 : John Cabot.

Mais surtout des entreprises ponctuelles de pillage jusque là.

Avec cependant une connaissance des routes et des conditions de voyage l. 32-37. l’atlantique est très fréquenté.
Meilleure que les impasses de l’extrême orient ?

Seule entreprise vraiment commerciale sur la Moscovie.

l. 15-17 : destinations commerciales habituelles, dont Pologne et Moscovie

= peu de succès de ces entreprises.
On peut dire que l’auteur est pétri de savoir sur les empires ibériques et rêve que son pays s’illustre aussi. Le passage en France est certainement une étape, qui lui fait prendre conscience, par un autre regard que celui des anglais de la faible place que joue l’Angleterre dans la conquête du monde.

Ce texte illustre le rêve d’un savant d’inscrire son pays dans la lignée des découvreurs et des colonisateurs : transformer des entreprises isolées de marchands et d’aventuriers en œuvre organisée sous l’égide de l’Etat. Pourquoi faire ?

II.Une motivation surtout économique ?



La 1er raison en est économique. Angleterre en difficultés :
Une réponse à l’affaiblissement du commerce traditionnel

l. 10-11 et 16-17 : danger commercial

Angleterre au début du 16e siècle une bonne puissance commerciale, mais dont le partenaire traditionnel était Anvers, qui se ferme à cause de l’Espagne, qui depuis 1570 environ fait régner une loi de fer sur cette région, dévastée par le duc d’Albe et ses troupes. Donc, depuis une 15aine d’années, effort de diversification commerciale, mais sans grand succès, car partout, des concurrents.

Conscience commence de possibilité de se passer d’intermédiaires.
Une réponse aux difficultés sociales

l. 18-20 : affaiblissement social en Angleterre. Augmentation des vagabonds vers 1570. peur de tumulte, émeute. Législation draconienne n’empêche pas montée du pb. D’où législation abondante. Avec les poor laws. En 1547 : vagabond marqué au fer rouge. Rébellion de 1569 dans le nord fait peur, d’où nouvelles lois. 1572 et 1576 : imposition des paroissiens aidés pour aider les pauvres si besoin, par semaine. Ateliers de travail dans les paroisses.

Ici autre solution proposée, d’exportation des oisifs. Renvoie à modification de l’image du pauvre, de méritant à dangereux.
Le rêve de fabuleux trésors

Mais derrière, il y a aussi un rêve : celui des fabuleux trésors d’Amérique. Mais pas seulement pour luxe : aussi volonté de maîtriser une filière coloniale complète. Cf. l. 18 « plantation » et l. 20 « cultiver, mines ». : sur modèle espagnol, agricole et plus encore minier. L’agriculture pas l’élément principal.

Objets, monnaies. Surtout connaissance anglaise par les pillages de galions, comme le nombre de Dios, avec 160000£ saisies. Passer de politique de vol à légitime expansion.

Rêve nourri des nombreuses lectures de l’auteur.
= un savant, qui est aussi un homme en prise avec sa société.

III.Une politique de gloire : la conscience du sea power



Enfin, dernier aspect est une conscience nationale. Volonté d’affirmer la gloire anglaise et anglicane face à l’Europe. Peut-être aussi un espoir de meilleure position à son retour de France.
Une motivation religieuse

l. 4-9 : convertir et éviter la « contamination » par les catholiques. Moines portugais et espagnols sont surtout des jésuites (cf cours sur religieux). Volonté de faire pièce à l’ennemi en se montrant aussi comme une puissance religieuse en expansion.

Aussi visible l. 28-31 : atrocités espagnoles. En 1570 excommunication de la reine par le pape. Massacre de la Saint-Barthelémy : affrontement entre catholiques et non catholiques, ici anglicans, très violent. Dans les deux camps, propagande contre adversaire.
L’affaiblissement stratégique de l’Espagne

l. 11 : crispation croissante avec Espagne. Sensible à plusieurs reprises. L. 26 : Irlande.

= guerre religieuse en Europe. + tensions croissantes autour de la navigation.

D’autant que Espagne, depuis 1580, beaucoup trop puissante à cause du Portugal et de son empire.

D’où utiliser alliances indiennes pour affaiblir Espagne. L. 23-26.
L’or et la gloire

l. 38-46 : Enfin, on trouve en gestation les moyens financiers du programme de glorification personnelle de la reine vierge, surtout effective à partir de 1588. mystique d’une idylle d’Elisabeth avec ses sujets. Rêve qui suppose des moyens financiers, à l’imitation de la monarchie espagnole. Copier leur fonctionnement, en prélevant un quinto réal (1/5e de taxes sur les retours de navires). Mais auteur joue sur intérêt de gloire royale par comparaison avec ses adversaires : l’Espagne, déjà évoquée, la France, ennemie historique, et Portugal, riche et depuis 1580 rattaché à l’Espagne. Cela s’appuie sur la conscience d’un isolement anglais : France et Espagne ne peuvent être des alliés durables.

En conclusion, ce texte est un témoignage important sur les visées coloniales anglaises. Il montre combien l’impulsion vient de la société civile et marchande, plus que de la monarchie. Il est possible que, comme l’avance certains historiens, en réunissant dans un même mouvement des objectifs commerciaux, sociaux, politiques et savants, ce type d’ouvrage favorise l’émergence d’une conscience nationale autour d’une entreprise commune.

En donnant l’impulsion, il permet l’installation en 1585, par Sir Walter Raleigh de la 1er colonie anglaise en Virginie à Roanoke. Avec des colons, mais aussi des savants, comme Thomas Harriot et John White qui dessine des cartes, observe la population, la faune, la flore. Mais la colonie disparaît, laissée à elle-même. Apporte le tabac en Angleterre et le rêve de la perte de l’Amérique. Bien qu’un échec, cet épisode marque un virage vers l’étatisation de l’entreprise.

La guerre ouverte avec l’Espagne commence quelques années + tard : 1595-1603.

Cette entreprise connaît sa première grande consécration le 29 juillet 1588 Vainc l’Invincible Armada espagnole de Philippe II. Grand succès, car énorme flotte espagnole : 160 000 hommes dans les ports flamands. Flotte de 131 vaisseaux avec 6000 marins et 17 000 soldats. En face, les anglais plus modestes : pas d’armée professionnelle, 11 000 hommes assez entraînés. 27 vaisseaux de guerre et beaucoup de navires marchands réquisitionnés. John Hawkins, corsaire, qui s’occupe de rendre la flotte plus rapide, de la doter d’artillerie à longue portée. Surtout tempête qui détruit la flotte espagnole. Mais ce n’est qu’au siècle suivant, et plus encore au 18e siècle, que l’Angleterre deviendra une véritable puissance coloniale.

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