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BULLETIN DE LA SOCIETE THEOPHILE GAUTIER N° 2 (1980)

COMITÉ D'HONNEUR

M. Jasinski, M. Van der Tuin, Mlle Cottin, M. Suffel, M. Ambrière, M. Castex.

CONSEIL D'ADMINISTRATION

Mmes Bouchard, Cermakian, MM. Fizaine, Gann, Mme Lacoste, MM. Laubriet, Masson, Miquel, Richer.

SOMMAIRE

David Graham BURNETT, Sur la composition de la Comédie de la Mort 1

Ilse HEMPEL-LIPSCHUTZ, Théophile Gautier et son Espa­gne retrouvée dans l'œuvre gravé de Goya 9

Hany COCKERHAM, Quatre voyages de Gautier en Angleterre. Quelques documents 35

Claude-Marie SENNINGER, España à mi-chemin entre la Comédie de la Mort et Émaux et Camées 51

HEVELYNE, Les Grotesques de Théophile Gautier, les

Grotesques de la Musique d'Hector Berlioz . 6l

Gaston DUPOUY, A propos du Capitaine Fracasse 77

Pierre CAIZERGUES, Apollinaire et Gautier 83

Marianne CERMAKIAN, Le Journal d'Eugénie Fort (1856-1872) 91

Claudine LACOSTE, Joseph Lingay : profession de foi poli­tique 109

Jean RICHER, Notes bibliographiques 117

Claudine LACOSTE, Théophile Gautier et la presse de son temps II 125

David Graham BURNETT, Complément au dossier américain

sur Théophile Gautier 131

Sho KIMATA, Théophile Gautier au Japon 135

Bibliographie 137

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[1]

SUR LA COMPOSITION DE LA COMÉDIE DE LA MORT

Théophile Gautier a publié La Comédie de la mort en 1838. L'édition originale consiste en un volume in-8° « d'une typographie belle et simple » selon La Bibliographie de la France du 10 février 1838. Voici le début de la table des matières de cette édition repro­duite exactement :1

Portail

LA COMEDIE DE LA MORT

I. La Vie dans la mort

II. La Mort dans la vie Le Nuage

……………………

Le Sommet de la tour

II semble donc évident que le recueil emprunte son titre à une pièce bipartite qui y figure. La pagination des poèmes individuels renforce cette impression. Le volume s'ouvre avec le titre, COMÉDIE de la mort, en face d'une vignette de Louis Boulanger, « La Chimère ». La première page numérotée porte le titre, en majuscules, de la pièce liminaire, « Portail », ainsi que la première stance du poème, qui s'achève à la page 10. Ensuite, c'est la page 11 qui porte le titre de la pièce bipartite, cette fois-ci, avec COMEDIE en majuscules de deux centimètres, et « DE LA MORT » en majuscules de quatre centimè­tres. Chacune des deux parties de « La Comédie » se présente à la manière de « Portail, » c'est-à-dire le (sous) titre en majuscules et la première stance de la partie à la page droite. La façon de présenter les 56 autres poèmes du recueil est toujours identique.

Une telle symétrie de présentation se combine avec l'absence de toute division interne (la catégorie de «poésies diverses », par exemple, n'apparaît pas) pour produire chez le lecteur une forte impression d'unité du volume. En même temps, la pièce liminaire, « Portail, » et la pièce finale, « Le Sommet de la Tour » encadrent la matière du volume de leurs métaphores architecturales.

Sept ans plus tard, en 1845, paraissent Les Poésies complètes de Gautier chez Charpentier. Cette édition est surtout connue à cause du remaniement total de Poésies et d'Albertus, et la disparition de la préface de 1832, des épigraphes, et même des titres de toutes les piè­ces qui en résulte. Heureusement, R. JASINSKI et plus récemment H. COKERHAM, ont recomposé le recueil conformément à l'édition originale. Quant à « La Comédie, » cependant, R. JASINSKI ne trouve pas de modifications dans l'édition de 1845 :

Or, si « La Comédie de la mort » et les « Poésies diverses » qui l'accompagnaient ne subirent aucun changement d'impor­tance, il n'en fut pas de même ....2
II y avait, quand même, changement dans la présentation des poèmes. Voici la table des matières de l'édition de 1845 :
La Comédie de la Mort

La Comédie de la mort La Vie dans la mort ...p. 132

Portail...p...l27

La Mort dans la vie ...p. 144

Poésies diverses

Le Nuage ........................

Le Sommet de la Tour

« Portail » se trouve donc assimilé au poème narratif qui fournit le titre au recueil et les autres pièces sont maintenant classées comme « poésies diverses. »

Cette déformation de la structure originale du recueil s'accen­tue après 1845. Dans l'édition posthume de 1875, les « poésies diverses » passent devant « La Comédie », quoique « Portail », qui devait ouvrir le volume (« Ne trouve pas étrange, homme du monde, artiste, / Qui que tu sois, de voir par un portail si triste / S'ouvrir fatalement ce volume nouveau. / ») reste attaché à « La Comédie. » La jolie édition Lemerre (1891) met les « poésies diverses » dans le volu­me VII et « La Comédie » avec « Portail » dans le volume VIII.

Quoique R. JASINSKI, dans son édition de 1930, ait bien réta­bli l'ordre des poèmes, il a toujours gardé la présentation de 1845. La critique moderne est donc amenée à considérer « La Comédie » une composition tripartite, se fiant sans doute à ces mots :

Tous les autres recueils s'ordonnaient sans peine, [....] d'abord la Comédie de la mort, proprement dite, précédant les Poésies diverses, ......3

Cette tendance est évidente dans les citations suivantes, tirées de trois études récentes sur l'œuvre de Gautier :

« La Comédie de la mort » a trois parties ; un « Portail » à la terza rima, « La Vie dans la mort, » et « La Mort dans la vie. »4 « Structurally the poem itself is somewhat confused ... demonstrably so ... After an introductory personal meditation (« Portail ») in which the poet confesses in the sustained ima­ge of the gothic vault, his obsessive pessimism and proclaims the inescapability of death, the poem takes the form of an exploratory « voyage sombre. »

………………………………………………………………………………………………………………….

“ The poems concludes (section ix) with a personal meditation, exactly balancing in length the introductory “Portail”, which makes a final despairing plea to ward off the everpresent menace of death”.5

« The poems that comprise the section entitled « Drama of Death » are only three in number, but they form a sort of pro­logue of over forty pages to the remaining shorter poems, 56 in number, that follow.... The opening poem of the prolo­gue, « Portail, » sets the theme squarely ... The second of the three poems, « La Vie dans la mort » would lead one to suppo­se from its title that it develops the idea announced in « Portail, » that is, that life comes from descending into death. But the poem is disappointing ».6

Les critiques, semble-t-il, ne sont pas très satisfaits de ce mariage for­cé de « Portail » avec « La Comédie. » Ph. TENNANT, cependant, essaie vaillamment de forger quelques liens et R. GRANT fait voir sa déception de n'en pouvoir trouver assez.

L'évidence prosodique pour un tel mariage n'est pas, en fin de compte, très grande. La structure de « La Comédie, » 189 sixains à clausule double divisés en neuf sections égales, s'accorde mal avec la terza rima de «Portail. » Les rapports sémantiques entre les deux piè­ces sont également ténus. « Portail » annonce le projet de l'auteur ; créer une construction poétique aussi élaborée, aussi complexe qu'une cathédrale gothique. Comme son modèle architectural, l'édifi­ce poétique se dresse sur une base funèbre (« Ces vers sont des tombeaux tout brodés de sculpture, » tercet 27) et s'achève par une fantaisie décorative (« Sonnets, ô blanc ramiers du ciel de poésie, / Posez votre pied rose au toit de mon clocher ». / tercet 37). En rem­plaçant l'église historique par une cathédrale poétique, le jeune poète crée un texte sacré, destiné, espère-t-il, à attirer « son Dieu » (tercet 43).

« La Comédie de la mort, » proprement dite, qui raconte la con­frontation du poète et de ces rêves de « science, amour et gloire », joue sans doute un rôle capital dans le développement de ce projet. Mais ce n'est pas dans la section finale de cette pièce que s'achève la construction, comme le suggère Ph. TENNANT. La réunion extatique, mais provisoire, du poète et de sa Muse et les prières ferventes qui y figurent révèlent plutôt l'optimisme du poète croyant à la possibilité de réaliser son projet.7

Il y a d'autres moments, bien sûr, où le poète semble perdre le courage et la confiance de « Portail. » On pense, par exemple, à « Ténèbres » où l'on retrouve les mêmes images architecturales, et les mêmes phoques monstrueux prêts à dévorer les illusions du poète. Tout en créant une partie du « triste temple souterrain » où sont enterrées les illusions mortes du poète, « Ténèbres » met en question la réalisation même de l'édifice poétique. Il faut donc reconnaître l'ironie extraordinaire du dernier vers qui reflète une déception esthétique aussi bien que religieuse :

Le Dieu ne viendra pas. L'Eglise est renversée.

La réalisation du projet, bien sûr, c'est la composition du recueil lui-même, marquée par la dernière pièce, «Le Sommet de la tour », où Gautier reprend la terza rima et la métaphore architectura­le qui caractérisent « Portail. »8. Les 57 tercets du « Sommet » se divisent, à la manière de « Portail, » en deux mouvements : une métaphore architecturale atténuée suivie d'une glose où le poète lui-même analyse ses propres images. Les poèmes sont donc emblématiques à la façon de « L'Albatros » du jeune Baudelaire.

Dans son analyse des images de « Portail, » le poète esquisse 1es dimensions héroïques du projet ; la descente dans la désillusion et l’élévation triomphante éventuelle :
Pour ces chercheurs d'un monde étrange et magnifique,

Colombes qui n'ont su trouver leur Amérique,

En funèbres caveaux creusez-vous, ô mes vers !
Puis montez hardiment comme les cathédrales,

Allongez-vous en tours, tordez-vous en spirales.

Enfoncez vos pignons au cœur des cieux ouverts.

(tercets 34 et 35)

« Le Sommet de la tour » se réfère aux mêmes étapes en employant les mêmes images. Ce sont les caveaux (tercet 46) qui mar­quent la descente et les voiliers à la recherche de l'Amérique (tercet 40) qui signalent le désir du poète de remonter. C'est également l'apprivoisement des monstres héraldiques (cf.« Portail, » tercet 37) pour faire, de leurs bouches, des nids («Sommet», tercet 51) qui marque l'atteinte poétique du sommet de la tour (tercet 43).

Peut-on dire, cependant, que la tension créée par la question finale de « Portail » (« Y viendrez-vous mon Dieu? ») se résout grâce aux efforts prodigieux du « patient architecte » (tercet 49) ? Il faut répondre, inévitablement, oui et non. D'une part, Gautier souligne le sentiment quasi-divin qui résulte de la domination de la ville à la fois menaçante, vorace et étouffante (tercets 16-17). Il se. permet un moment de transport lorsqu'il se trouve au-delà des pauvres tours d'une église de la famille humaine (tercet 134). D'autre part, le poète ne perd pas de vue le caractère hétérogène de sa construction poéti­que. Lorsqu'il composait « Le Sommet » vers 1836, Gautier savait bien que son recueil ressemblerait à une cathédrale gothique, c'est-à-dire à un projet de longue durée qui a été commencé, modifié, et révisé à plusieurs reprises sous toutes sortes d'influences. Les résultats, admet-il dans « Le Sommet », ne sont toujours pas d'une qualité éga­le :

Puis l'église elle-même, avec ses colonnettes,

Qui semble, tant elle a d'aiguilles et d'arêtes,

Un madrépore immense, un polypier marin ; (tercet 50)

En fin de compte, Gautier ne se fait pas d'illusions sur la capa­cité de l'artiste de se diviniser. La divinité que confère « la gloire » sur le poète vient d'autrui. « Le Sommet » se termine sur une varia­tion de la même question posée à la fin de « Portail » :

Du haut de cette tour à grand'peine achevée,

Pourrai-je t'entrevoir, perspective rêvée,

Terre de Chanaan où tendait mon effort ? (tercet 52)

Une conscience ironique de soi comme artiste en train de « fai­re » de l'art informe donc la vue rétrospective de « Portail » et du « Sommet. » Si le volume intitulé La Comédie de la mort est une com­pilation de la production poétique de l'artiste après Albertus et avant España, et non pas une œuvre intégrée, Gautier voulait quand même encadrer cette période mouvementée de sa carrière de poète. Ce désir, réalisé par la composition de « Portail » et de sa pièce jumelle, « Le Sommet de la tour », devrait nous rappeler l'avis prudent de S. de Lovenjoul :

« des convenances de librairie ont fait intervertir, dans l'édi­tion de 1875-1876 l'ordre des pièces ; les poésies diverses y passent avant le poème qui donne son titre à l'ouvrage ; il en résulte que le « Portail », qui ouvre le volume et devrait avoir pour complément, après la lecture du volume, la dernière pièce intitulée « Le Sommet de la tour, » est lue aujourd'hui après ce morceau. »9

David Graham BURNETT

Indiana University.

NOTES

1. J'ai eu le plaisir d'examiner les différentes éditions des poésies de Gautier, y compris l'édition originale de La Comédie, à la Bibliothèque Lilly à Indiana University Bloomi ngton.

2. R. Jasinski, dans l'introduction à son édition des Poésies complètes de Th. Gau­tier, Paris, Nizet, 1930, Vol. I, page V.

3. Ibid., p. XV.

4. B. Delvaille Théophile Gautier, Paris, Seghers, 1968 p. 56

8. Ph. Tennant Théophile Gautier, London, Athlone Presse 1975 p. 48-50

6. Richard Grant Théophile Gautier, Boston, G.K. Hall 1975 p. 66-67

7. cf. mon article, « The Thematic Function of sexual Identity in Gautier's Comédie de la mort, » Nottingham french Studies, Vol. 16, no. 1 (mai, 1977), pp. 38-50.

8. Le rapport entre « Portail » et « Le Sommet » est noté par Grant dans sa mono­graphie citée dans le texte de cette étude, mais il ne développe pas la comparaison. Grant remarque également plusieurs éléments de la quête héroïque dans les poésies narratives de Gautier.

9. HOTG, vol # 301 bis.
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