Utopie a du plomb dans l'aile, la relève somnole bercée par la pub, Mais sa lucidité l'a doté d'un mélange de tendresse et d' ironie auquel on ne «On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments»





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titreUtopie a du plomb dans l'aile, la relève somnole bercée par la pub, Mais sa lucidité l'a doté d'un mélange de tendresse et d' ironie auquel on ne «On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments»
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Comment citer?

   L'une des difficultés du commentaire est d'intégrer à l'analyse les termes et expressions qui valident l'interprétation. Il convient à la fois d'éviter l'impression de "patchwork" de citations et celle de lourdeur que pourrait générer l'amas des mots cités. Deux principes généraux :
- plutôt que de citer des termes isolés, identifier les procédés (une métaphore, un champ lexical, un mode...) ;
- varier les verbes introducteurs (et éviter l'horrible "l'auteur fait passer le message").

 Voici une liste de quelques-uns de ces verbes. Redonnez à chaque procédé le verbe introducteur qui saurait désigner l'effet produit (exemple : un cliché dénonce ou tourne en dérision une représentation naïve) :

Procédés cités

Verbes introducteurs

la personnification
un temps verbal
un champ lexical
l'assonance
un cliché
un rejet
le discours indirect libre
le rythme d'un vers
un terme péjoratif
la métaphore
l'allitération
l'allégorie
l'italique
la structure d'un poème

mettre en valeur
évoquer
animer
traduire
désigner
souligner
déterminer
dénoncer
rendre sensible
accentuer
indiquer (une action)
suggérer
symboliser
prêter sa durée

Application : nous vous proposons de compléter les espaces manquants du commentaire du poème de Verlaine, Beams. Nous y avons en effet supprimé les verbes par lesquels les citations sont introduites ou les procédés commentés :
     mettre en valeur - souligner - traduire - symboliser - prêter sa durée - dénoncer - évoquer - suggérer - indiquer - rendre sensible.
 A vous de les y replacer dans le bon ordre dans le cadre approprié, sans oublier de les accorder à la syntaxe. Vous pourrez ensuite vous autocorriger en cliquant sur le bouton "Correction".




Paul Verlaine : Beams
(Romances sans paroles, Aquarelles, 1874)




Elle voulut aller sur les flots de la mer
Et comme un vent bénin soufflait une embellie,
Nous nous prêtâmes tous à sa belle folie,
Et nous voilà marchant par le chemin amer.

Le soleil luisait haut dans le ciel calme et lisse,
Et dans ses cheveux blonds c'étaient des rayons d'or,
Si bien que nous suivions son pas plus calme encor
Que le déroulement des vagues, ô délice !

Des oiseaux blancs volaient alentour mollement,
Et des voiles au loin s'inclinaient toutes blanches.
Parfois de grands varechs filaient en longues branches,
Nos pieds glissaient d'un pur et large mouvement.

Elle se retourna doucement inquiète
De ne nous croire pas pleinement rassurés ;
Mais nous voyant joyeux d'être ses préférés,
Elle reprit sa route et portait haut la tête.

Douvres-Ostende, à bord de la "Comtesse-de-Flandre" , 4 avril 1873.

Les Romances sans paroles marquent un tournant décisif dans la carrière de Verlaine. Le recueil est en effet contemporain (1874) de l'orage personnel qui traverse sa vie en la personne de Rimbaud. Le poème intitulé Beams, qui est extrait de la section "Aquarelles", ne garde nulle trace pourtant de cette tourmente. Tout auréolée de lumière, une femme énigmatique guide vers (ou sur ?) la mer une cohorte de soupirants fidèles. Cette évocation ne touche-t-elle pas au symbole ? Peut-on considérer ses éléments narratifs comme caractéristiques d'un apologue ? Nous montrerons d'abord que le poème se présente comme un récit simple et poétique, avant d'aller plus avant dans cette dimension symbolique.

Un événement présenté comme vécu, daté, localisé au bas du poème, mais transfiguré sans doute par le souvenir et la création poétique, donne en effet naissance à une courte anecdote dans un splendide paysage marin. Nous distinguons d'abord sans peine un véritable schéma narratif que la structure du poème nettement dans ses quatre strophes que commandent des temps verbaux différents. Les singulatifs de la première strophe ("elle voulut", nous nous prêtâmes") correspondent à une sorte d'état initial : le désir de la jeune femme de s'embarquer est aussitôt réalisé. La forme elliptique "et nous voilà marchant" participe présent, l'accomplissement immédiat de l'action. Les deux strophes suivantes sont, au contraire, dominées par les itératifs : l'imparfait à la lente évocation d'une marche harmonieuse ("nos pas glissaient") ou à la douceur silencieuse du paysage ("des oiseaux blancs volaient", "de grands varechs filaient"). Enfin la dernière strophe nous fait retrouver le singulatif ("elle se retourna"; "elle reprit") qui , après une brève inquiétude, la ferme décision de la marche.
  Les éléments qui composent ce paysage procurent ensuite un sentiment d'immensité heureuse, perceptible aussi bien dans le choix du lexique que dans la cadence du vers. Cette impression est due, en effet, au champ lexical de la lumière ("blanche, luisait, rayons d'or, oiseaux blancs") auquel nous prépare le titre ("Beams" signifie "traits de lumière"). Mais beaucoup de mots eux aussi cette harmonie : "bénin, calme, délice, mollement, doucement, glissaient". Cette douceur caractérise souvent l'atmosphère des paysages verlainiens et sa quête de réconfort et de réconciliation. Les sonorités elles-mêmes la : les assonances en "i" ("luisait dans le ciel calme et lisse"), les allitérations en "l" ou en "s" ("des voiles au loin s'inclinaient") donnent au poème une cadence musicale et solennelle. Le rythme des alexandrins n'est pas étranger non plus à cette ambiance : la phrase contient tout entière dans la strophe et ne se risque qu'à de timides enjambements. La césure, toujours à l'hémistiche et parfois peu marquée, allonge encore ce vers lent et cérémonieux.
  Ces sensations quasi oniriques de glissement, de bercement, de mouvement doux et ralenti comme celui des vagues, accroissent notre incertitude au sujet des personnages de ce récit. De quoi s'agit-il ? Quel lien secret unit la jeune femme du poème et la "Comtesse-de-Flandre" dont elle semble être la figure de proue? Quelle relation, d'autre part, l'unit à ce "nous" : cohorte de soupirants fidèles ou cercle de poètes guidés par leur Muse ? Le récit se garde de fournir les réponses, nous prévenant de sa dimension symbolique.

*      *

  Il est difficile, en effet, de ne pas être sensible à une possible signification allégorique du récit. Le thème du voyage maritime est déjà riche de connotations culturelles. L'univers de rêve qui empreint le poème auréole aussi la Femme d'un pouvoir quasi magique.
   On songe tout d'abord à l'aventure amoureuse, dont la puissance tient à l'attraction que la beauté de cette femme exerce sur le cortège de ses admirateurs ("nous suivions son pas", "joyeux d'être ses préférés"). On peut évoquer la figure de Vénus, déesse de la beauté et de l'amour, née de l'écume des flots, et quelque embarquement pour Cythère. Mais c'est l'aventure poétique que le poème semble plutôt : le thème du navire (le mot "beam" appartient aussi au registre nautique) en est un motif rituel (que l'on pense à la quête de le Toison d'or - dont Orphée faisait partie - ou à l'inspiration baudelairienne). La jeune femme serait alors une image de la Muse, entraînant ceux qu'elle a élus (les poètes, "ses préférés") sur le chemin douloureux, "amer", de l'invention et de l'expérience poétique (la "belle folie").
   Nous nous garderons de conclure trop hâtivement à la justesse de cette interprétation, et le poème nous en prévient. Il simplement un univers paradisiaque où toutes les contraintes et tous les obstacles du monde sont abolis : délivrés de la pesanteur, les personnages peuvent s'abandonner librement à des sensations oniriques. Les cadences de l'alexandrin le mouvement ralenti d'un rêve ("nos pieds glissaient d'un pur et large mouvement"), les sonorités liquides pour la plupart et le lexique suggérant une lenteur un peu molle ("bénin, calme, mollement") accroissent eux aussi cette impression. Ils viennent d'ailleurs adoucir ou nier le danger de cette aventure et en préservent l'harmonie : "belle" atténue le mot "folie" dans un oxymore; la place de l'invocation "ô délice !", en fin de vers,  l'adjectif "amer". De même, l'adjectif "inquiète" est associé à l'adverbe "doucement". S'il s'agit bien d'une aventure poétique, le poète - pourtant submergé par des orages personnels à cette époque - prend soin d'en préserver la lumineuse et confiante avancée.
  La Femme est enfin parée d'un pouvoir magique qui en fait une figure allégorique. L'attraction qu'elle exerce semble due à son caractère autoritaire et altier ("elle voulut", "et portait haut la tête") comme à l'auréole éclatante qui la nimbe ("et ses cheveux blonds étaient des rayons d'or"). On ne manque pas de noter aussi ce caractère maternel qui est si souvent associé aux figures féminines rêvées par Verlaine : la Femme est ici celle qui, soucieuse de ses protégés, les guide, "rassurés" et "joyeux", en dissipant tous les dangers.
  Si cette dimension allégorique est donc bien présente, il faut remarquer comme elle reste discrètement suggérée, le poète refusant que l'on conclue à quelque "message". Ce poème n'est donc rien moins qu'un apologue.

*      *

  Il offre en tout cas une image assez significative de la création verlainienne. Si l'inspiration n'en est pas nécessairement originale, l'atmosphère est, elle, aussitôt identifiable. C'est à son propos qu'un critique a pu parler de "fadeur", tant les sensations sont "attiédies"et flottent dans une incertitude onirique. Cette lumière délavée n'est pas sans rappeler aussi les techniques impressionnistes, celles d'un Turner, par exemple, rapprochement que semble d'ailleurs autoriser le sous-titre de la section des Romances sans paroles à laquelle Beams appartient : "Aquarelles".

 réponses...

1 : souligne.

2 : indique.

3  : prête sa durée.

4 : traduit.

5 : mettent en valeur.

6 : rendent sensible.

7 : symboliser.

8 : évoque.

9 : suggèrent.

10: dénonce.
Les fonctions du langage: L'étymologie latine du verbe lire nous le confirme: lire (legere), c'est choisir. Choisir d'abord, dans la multiplicité des textes offerts à nos regards, les clefs qui permettent d'y entrer. Pour cela, la notion de type de texte est certes commode en subordonnant le classement à l'intention de communication.     Pourtant, la diversité des messages risque parfois de ne pas se retrouver dans une typologie forcément sommaire et simplificatrice. Il faut souvent regarder d'un peu plus près les éléments constitutifs d'une situation de communication. Représentée ainsi, selon le modèle proposé par le linguiste Roman Jakobson, type de texte 


Référent
Émetteur    Message    Récepteur
Code
Contact

 

La situation de communication choisit toujours les accents que le message mettra particulièrement en valeur : ainsi l'émetteur peut valoriser sa présence ou privilégier le référent (ce dont on parle), le code même (la langue) qu'il emploie, voire le message lui-même (par exemple sa plastique). Il peut choisir de mobiliser le récepteur ou rester toujours soucieux de maintenir le contact (Allo, Hé bien, Voyez-vous ne sont que des outils sans valeur propre et destinés à cet usage). Selon la place qu'occupe tel élément dans le message, on est convenu de déterminer telle fonction du langage, que le tableau ci-dessous vous rappelle rapidement :


 Lorsque le message met en valeur...(mot en rouge)

la fonction est dite...

Exemples

Référent
Émetteur Message Récepteur
Code
Contact

expressive : vocabulaire du jugement et du sentiment, pronoms de la première personne

Ô rage! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie!
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie?


Référent
Émetteur Message Récepteur
Code
Contact

impressive : injonctions, pronoms de la deuxième personne

Prends un siège, Cinna.

Référent
Émetteur Message Récepteur
Code
Contact

référentielle : données objectives (chiffres et dates), absence d'indices de jugement

Après la défaite de Leipzig (octobre 1813), l'Empereur ne peut arrêter l'invasion du pays ni l'entrée des Alliés à Paris (mars 1814)

   Référent
Émetteur Message Récepteur
Code
Contact

poétique : jeux de mots, jeux sur les sonorités, jeux sur le graphisme du message

Pas d'erreur, c'est Lesieur !

   Référent
Émetteur Message Récepteur
Code
Contact

métalinguistique : le texte éclaircit le fonctionnement de la langue (définitions...)

Démocratie : n.f. Système politique dans lequel la souveraineté émane du peuple.

   Référent
Émetteur Message Récepteur
Code
Contact

phatique : outils propres à maintenir le contact (interjections, gallicismes...)

Vous savez, il y a beaucoup de manières différentes de mentir, hein?

Gallicismes : Expression ou tournure propre au français. L’expression au petit bonheur la chance est un gallicisme de vocabulaire, alors que l’expression s’en prendre à qqn est un gallicisme de construction.

 Ordre formel, exprès. Recevoir l’injonction de faire qqch., de ne pas faire qqch. Obtempérer, se rendre à une injonction. Résister à une injonction.

enjoncer 

Avant de vous laisser vous initier à la lecture méthodique (ou analytique), nous vous proposons un tri de textes dans lequel vous pourrez, pour chacun d'eux, vous demander quelle est la fonction du langage dominante (il est bien évident qu'un texte en met plusieurs à l'œuvre, et parfois toutes !). Après avoir lu chacun de ces  textes consacrés au thème du pain, remplissez le tableau qui vous est proposé :

 1 La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
  Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses... Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
  Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable...
Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

2    Quand je repense à mon enfance, je ne peux manquer d'y associer l'odeur et le goût du pain. Les villages tout entiers étaient, à cette époque, organisés autour du boulanger et comme réglés par lui dans l'ordonnancement des rites quotidiens. Ah ! délicieux matins d'hiver où nous descendions encore tout engourdis mais guidés vers la grande table par la fragrance du pain blond ! Tièdes après-midis d'été où notre mère récompensait nos expéditions dans la campagne par de larges tranches toutes dégoulinantes de confiture ! Et c'est le pain, encore, qui commande mes souvenirs pour retrouver la tendre solennité du repas du soir où nous faisions fondre quelques croûtons dans la brûlante soupe aux choux.

3     C'est à Athos que j'ai découvert le pain grec. Tu sais, chez nous, on ne réfléchit pas au pain qu'on mange. Le pain a l'air de se fabriquer comme des allumettes, c'est devenu une denrée banale et industrialisée. Eh bien, figure-toi qu'à Athos, les moines font leur pain une fois par semaine, dans des fours chauffés au feu de bois. Eh bien, ce pain, crois-moi si tu veux, tout noir et dur et qu'il faut manger un peu mouillé, jamais je n'en ai  mangé de meilleur. Tu sais, lorsqu'on se trouve comme ces moines, dans des ermitages très retirés, avec rien d'autre, souvent, qu'un peu d'huile d'olive et quelques oignons, ce pain est comme un cadeau de Dieu.

4    Boulangerie  : transformation de la farine en pain. La farine est hydratée avec de l’eau salée et de la levure " boulangère ", délayée auparavant dans de l’eau sucrée pour la réactiver. Le pétrissage consiste à créer un réseau de gluten afin de former une structure qui retienne le gaz développé au sein de la masse par la fermentation. Les pâtons fermentés sont cuits au four vers 200°C, en présence de vapeur d’eau. La surface brunit, les gaz font gonfler la pâte donnant la mie.
   Le pain ordinaire a une structure alvéolée résultant de la production de gaz carbonique par la fermentation panaire provoquée par la levure. Il est présenté sous des aspects et des formats très variés : baguette, ficelle, bâtard, gros pain, couronne.... La formule des pains spéciaux peut éventuellement comporter du sucre, des matières grasses, de la poudre de lait et quelques additifs interdits pour le pain normal. Citons, parmi les pains spéciaux : le pain viennois, le pain de gruau, le pain de mie, le pain de seigle, le pain dit de campagne, le pain bis, le pain complet, le pain au son.

5     pain n. m. • 1050; pan 980; lat. panis  1. Aliment fait de farine, d'eau, de sel et de levain, pétri, fermenté et cuit au four (le pain, du pain); masse déterminée de cet aliment ayant une forme donnée (un pain).
2.  (Dans des loc.) Symbole de la nourriture, de la subsistance (le pain). Du pain et des jeux (II, 1o). « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais il vit aussi de pain » (Renan). Gagner son pain à la sueur* de son front. Ôter, retirer à qqn le pain de la bouche, le priver de sa subsistance. Ôter à qqn le goût du pain, le maltraiter, le tuer. Le pain quotidien : la nourriture de chaque jour; fig. ce qui est habituel. « on le traita de séditieux parce qu'il prononça un peu haut, Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien
(Voltaire).

6    Coupez le pain rassis en tranches épaisses. Laissez-les tremper quelques minutes dans un litre de lait additionné de 10 grammes de cannelle en poudre et d'un sachet de sucre vanillé.    Battre les œufs, badigeonnez-en chaque tranche des deux côtés.
  Faites fondre 50 grammes de beurre dans une large poêle, où vous disposerez les tranches de pain que vous laisserez dorer à feu moyen.
  Saupoudrez de sucre les tranches tiédies et consommez tout de suite.

7    J'ai le respect du pain.
   Un jour je jetais une croûte, mon père est allé la ramasser. Il ne m'a pas parlé durement, comme il le fait toujours.
  « Mon enfant, m'a-t-il dit, il ne faut pas jeter le pain; c'est dur à gagner. Nous n'en avons pas trop pour nous; mais si nous en avions trop, il faudrait le donner aux pauvres. Tu en manqueras peut-être un jour, et tu verras ce qu'il vaut. Rappelle-toi ce que je te dis là, mon enfant.»
  Je ne l'ai jamais oublié.
  Cette observation, qui, pour la première fois peut-être dans ma vie de jeunesse, me fut faite sans colère, mais avec dignité, me pénétra jusqu'au fond de l'âme; et j'ai eu le respect du pain depuis lors.
  Les moissons m'ont été sacrées, je n'ai jamais écrasé une gerbe, pour aller cueillir un coquelicot ou un bluet; jamais je n'ai tué sur sa tige la fleur du pain !

 

 

Texte 1

Texte 2

Texte 3

Texte 4

Texte 5

Texte 6

Texte 7

Qui parle ?

 

 

 

 

 

 

 

A qui ?

 

 

 

 

 

 

 

De quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi ?

 

 

 

 

 

 

 

Type de texte

 

 

 

 

 

 

 

Fonction du langage

 

 

 

 

 

 

 

 

  Quelles remarques appelle ce tableau une fois rempli ? La notion de type de texte aurait-elle suffi à rendre compte de la spécificité de chaque texte ? Pourquoi ?

Après-dire : Discours, fonctions ... Tout cela ne doit pas vous faire oublier qu'un texte littéraire est d'abord né d'une émotion et qu'il ne vise à rien d'autre qu'à en créer. Sachez franchir les pages des manuels et les murs des écoles avec leurs armes mêmes : ils vous ménagent des îlots de liberté, quoi qu'on en dise. Il n'y en a pas beaucoup d'autres aujourd'hui. Sachez, dans la palette infinie des textes que l'on vous donne (et ceci aussi n'est pas mal), écouter la voix qui ne parle qu'à vous et sollicite en vous l'écho de son émotion.

 

3) La mise en place du plan analytique :

  Le plan analytique se distingue du plan thématique en ce qu'il propose un examen méthodique d'une notion : ce peut être le type de plan « causes/conséquences/solutions » ou une approche méthodique d'une notion qu'on commencera par expliquer, puis qu'on justifiera avant d'analyser ses implications.

sujet 2
« Il n'y a pas de vrai sens d'un texte. Pas d'autorité de l'auteur. Quoi qu'il ait voulu dire, il a écrit ce qu'il a écrit. Une fois publié, un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise et selon ses moyens.»
  Comment comprenez-vous cette opinion de Paul Valéry ?

  Les termes du sujet : il invite à examiner la notion de « sens », entendu à la fois comme direction à faire prendre au texte et interprétation de son contenu.
  Le libellé du sujet : il s'agit d'une question ouverte vers une appréciation personnelle où vous aurez l'occasion de vous défaire de cette croyance naïve selon laquelle l'auteur voudrait toujours "faire passer un message" (sic), mais aussi de cette prudence intimidée devant le texte que, il faut bien le dire, l'école encourage sans toujours le vouloir.
  La position de la problématique : les théoriciens modernes ont combattue la notion de « sens », en raison des lois internes de l'écriture qui génère plusieurs niveaux de signification inconnus de l'auteur de lui-même et des droits du lecteur fondé à déterminer librement le parcours personnel qu'il choisit d'emprunter dans l'œuvre. Comment justifier cette position selon laquelle l'auteur n'aurait pas d'autorité particulière sur le sens de son texte, et le lecteur tous les droits de l'interpréter comme il le veut et peut ?
  Les domaines d'application : la création littéraire, la critique littéraire, le rôle du lecteur dans l'appréciation de l'œuvre.
  La recherche du plan : cette question appelle un examen méthodique. Il faudra d'abord expliquer les termes de Paul Valéry, puis les justifier avant de déterminer leurs conséquences sur l'acte d'écrire et de lire.

I -  EXPLICATION :



Cette affirmation peut surprendre : l'auteur passe pour celui qui s'efforce de transmettre un message (voir les nombreuses préfaces, les avis au lecteur, par exemple ceux de Laclos dans Les Liaisons dangereuses, des Confessions de Rousseau).



Traditionnellement, la littérature a fait l'objet d'exégèses, d'explications de textes où le commentateur, le professeur prétendent se faire les interprètes quasi officiels du texte. Parallèlement, celui-ci apparaît au public comme un monument vers lequel il désespère de jamais pouvoir se hisser, découragé par ses opacités, ses mystères.



Si la question rituelle du lecteur est encore le fameux "qu'est-ce que l'auteur a voulu dire ?", c'est aussi que certains courants littéraires l'y ont habitué. On pense à toute la littérature à thèse, aux écrivains "engagés" qui imposaient clairement leur vision du monde : voir les apologues du XVIII° siècle (Candide de Voltaire), les écrits d'un Sartre (Qu'est-ce que la littérature?).

II - JUSTIFICATION :



Or, depuis le XIX° siècle, l'auteur a lui-même préparé son lecteur à faire le chemin tout seul. Il a même parfois renoncé au «sens» : la poésie symboliste a voulu suggérer des correspondances (Baudelaire). Le poème est devenu un carrefour de significations pareillement admissibles dès lors que la raison, l'étroite utilité de la parole n'y sont pas concernées.  «J'ai voulu dire ce que ça dit, littéralement et dans tous les sens», explique Rimbaud, et Nerval nous prévient : «[Mes poèmes] perdraient de leur charme à être expliqués, si la chose était possible.».



Les découvertes fondamentales de la psychanalyse sur l'inconscient humain ont révélé l'insuffisance de la raison et de la volonté dans toute entreprise de connaissance de soi. Les surréalistes se sont ainsi employés à dérouter le sens par la stimulation ludique de l'énergie de l'inconscient, cependant que, de plus en plus, les romanciers ou les dramaturges modernes mettaient en scène le vide métaphysique, l'absurde ou les petits riens qui meublent des vies inutiles (Ionesco, Beckett).



Enfin la critique moderne donne le pas à la forme sur le fond et considère le texte comme une unité linguistique où le sens est toujours à construire, jailli de l' «humus silencieux» (Barthes) de l'écrivain où le fourmillement des métaphores personnelles participe d'un mythe privé indépendant de l'intentionnalité.

III - CONSÉQUENCES :



Il semble qu'il faille aujourd'hui souscrire à la phrase de Valéry : loin d'un privilège exclusif réservé à quelque génie, l'inspiration s'assimile en effet pour nous à un passage particulier du langage de tout le monde à travers une sensibilité. Renonçant au sens et au message dispensé de haut par quelque mage, la critique littéraire a contribué à rapprocher le créateur de son public et à débarrasser l'art de la lourdeur des thèses et des idéologies («La poésie doit être faite par tous et non par un», dit Éluard).



La littérature n'est pas en effet une simple «mimèse» du réel, ce qui exclut la tentation naïve de vouloir à toute force l'y retrouver. Elle est une recréation qui, à son tour, invite le lecteur à trouver ses propres clés. Il peut arriver d'ailleurs que l'auteur invite à découvrir un sens que le lecteur va infirmer, retrouvant, comme au-delà de l'intention avouée, la motivation inconsciente de l'écrivain (voir par exemple les différences de compréhension d'une œuvre selon les époques, ainsi celle de Molière par les Romantiques).



Enfin, et de manière plus générale, la phrase de Valéry a le mérite de remettre en cause le rôle de la raison et de l'intelligence critique dans la compréhension d'une œuvre. Car trop souvent celle-ci est réduite à quelque énigme intellectuelle qu'on aurait la satisfaction d'avoir déchiffrée, alors que la véritable communion est affaire de plaisir et de communion (« Les chemins de la connaissance ne passent que par le cœur », écrit André Breton).




..." Choisissez plutôt parmi les verbes d'opinion suivants celui qui vous paraît le mieux rendre compte du système d'énonciation que vous avez étudié :

affirmer - prôner - supposer - déclarer - assurer - hasarder - reconnaître - s'insurger - dénoncer - déplorer - préconiser - regretter - convenir - souhaiter - stigmatiser - s'alarmer.
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