Utopie a du plomb dans l'aile, la relève somnole bercée par la pub, Mais sa lucidité l'a doté d'un mélange de tendresse et d' ironie auquel on ne «On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments»





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titreUtopie a du plomb dans l'aile, la relève somnole bercée par la pub, Mais sa lucidité l'a doté d'un mélange de tendresse et d' ironie auquel on ne «On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments»
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date de publication08.10.2017
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typeUtopie
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Les registres du texte argumentatif


   L'intention de communication et l'action exercée sur le récepteur permettent de classer les registres (ou tons ) du texte argumentatif :

la volonté de convaincre s'accompagne d'un effort de mobilisation de la raison. Avec les armes claires des arguments logiques et des exemples référentiels, l'auteur entreprend de gagner le lecteur à sa cause avec son assentiment réfléchi.

  le registre didactique (du latin discere, apprendre) se caractérise par le choix de procédés explicatifs, une modération des thèses, un recours fréquent aux données objectives :

N'assimilez pas la vision intérieure de l'artiste à celle de l'homme vraiment halluciné. Je connais parfaitement les deux états; il y a un abîme entre eux. Dans l'hallucination proprement dite, il y a toujours terreur; vous sentez que votre personnalité vous échappe; on croit que l'on va mourir. Dans la vision poétique, au contraire, il y a joie; c'est quelque chose qui entre en vous. (Flaubert, Correspondance)

la volonté de persuader s'accompagne, elle, d'une action plus ou moins explicite sur la sensibilité du lecteur qu'elle s'efforce de gagner par le pouvoir de suggestion des images, la violence du verbe, la complicité qu'elle peut établir par l'émotion ou le rire :

  le registre laudatif se caractérise par l'abondance des évaluatifs mélioratifs et des exclamations admiratives. C'est le ton de l'éloge, du panégyrique, de l'oraison funèbre :

Quel fut alors l'étonnement de ces vieilles troupes et de leurs braves officiers, lorsqu'ils virent qu'il n'y avait plus de salut pour eux qu'entre les bras du vainqueur ! De quels yeux regardèrent-ils le jeune prince, dont la victoire avait relevé la haute contenance, à qui la clémence ajoutait de nouvelles grâces !
(Bossuet, Oraison funèbre de Condé)

  le registre polémique (ou satirique: polemos signifie guerre en grec) se caractérise par une modalisation très nette de la certitude et des évaluatifs péjoratifs. C'est le ton du pamphlet, de la satire, dont l'arme essentielle est L’ironie :

Je hais les sots qui font les dédaigneux, les impuissants qui crient que notre art et notre littérature meurent de leur belle mort. Ce sont les cerveaux les plus vides, les cœurs les plus secs, les gens enterrés dans le passé, qui feuillettent avec mépris les œuvres vivantes et tout enfiévrées de notre âge, et les déclarent nulles et étroites. (Zola, Mes haines)

le registre injonctif (une injonction est un ordre) se caractérise par une volonté de mobilisation du récepteur : impératifs, apostrophes, interrogations oratoires qui suggèrent les réponses. C'est le ton du discours publicitaire ou propagandiste :

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
  Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
 (Baudelaire, Petits poèmes en prose)

le registre oratoire manifeste une fonction expressive très marquée dans l'appel à l'émotion : colère, indignation , pathétique. Les invocations, les rythmes ternaires, les images saisissantes mobilisent l'attention de l'auditoire. C'est le ton du plaidoyer, du réquisitoire, de l'oraison ou de l'homélie :

O Dieu ! encore une fois, qu'est-ce que de nous ? Si je jette la vue devant moi, quel espace infini où je ne suis pas! Si je la retourne, quelle suite effroyable où je ne suis plus, et que j'occupe peu de place dans cet abîme immense du temps !
(Bossuet, Sermon sur la mort)

L'ironie

  L'ironie est une arme essentielle de la stratégie argumentative parce qu'elle place le récepteur dans une relation de complicité et qu'elle le contraint à faire la moitié du chemin dans l'adhésion à la thèse. Celle-ci se dissimule en effet derrière une formulation strictement inverse et le lecteur doit être sensible aux indices qui le lui signalent:

  une logique absurde : elle consiste à allier à une cause donnée un effet qui est sans rapport avec elle. L'absurdité patente de cette relation ne peut échapper au lecteur. Ainsi Coluche, dénonçant le racisme primaire, faisait dire à son personnage : "Un mec normal, donc blanc." Montesquieu, dans une intention similaire : "[Les nègres] ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre".
  l'exagération caricaturale et cynique: Un autre humoriste, Guy Bedos, pouvait aussi, dans Vacances à Marrakech, interpréter un personnage qui, découvrant le Maroc, s'étonnait de n'y trouver que des Arabes : "Les porteurs, Arabes... Bon, ça, normal... Mais... Les douaniers, Arabes.... Les policiers, Arabes... Tous...". Ici, le lecteur est interpellé par l'énormité du propos ou son caractère franchement odieux (voyez infra le document 2). Montesquieu : "Le sucre serait trop cher si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves."
  l'antiphrase : c'est le procédé essentiel. Il s'agit ici de juger un phénomène à l'inverse de ce qu'on attendrait. Ainsi, rendant un devoir à peu près nul, le professeur peut s'extasier : "Oh! l'admirable travail !". Vous pouvez ainsi commenter le titre donné par Voltaire à son pamphlet :

les types d'arguments : Une thèse peut être soutenue d'arguments de nature diverse. On peut distinguer deux catégories :

ceux qui sont fondés sur l'expérience : ils tirent alors leur validité du réel et persuadent le récepteur par les éléments référentiels qu'il peut connaître et confirmer.
C'est le cas de l'argument d'autorité, qui s'appuie sur une citation, ou sur une opinion dont on souligne la valeur communément admise. C'est le cas aussi de l'exemple argumentatif, qui donne à l'exemple une portée générale.
Exemples :
- un argument d'autorité : La sédentarisation grandissante de l'humanité dans les villes est, comme l'a montré Michel Tournier, un signe de la guerre ancestrale qu'elle a toujours menée contre les nomades.
- un exemple argumentatif : Il suffit de regarder les cages bétonnées que sont devenus les grands ensembles pour douter qu'ici s'installe vraiment une communication chaleureuse.

ceux qui sont fondés sur la logique : ils tirent leur validité de leur aspect rationnel et convainquent le lecteur par l'adhésion intellectuelle.
C'est le cas de l'argument par déduction, qui tire une conséquence logique d'une cause générale (l'argument par induction effectue la démarche inverse, remontant de la manifestation concrète au principe général). C'est le cas aussi de l'argument par analogie, qui, pour établir un phénomène, le rapproche d'un autre qui lui est apparenté.


Exemples :
- un argument par déduction : L'humanité s'est toujours épanouie dans la communauté et, pour cela, les hommes ont recherché les concentrations urbaines, quitte à souffrir de leur pléthore. Pourquoi aujourd'hui en serait-il autrement?
- un argument par analogie : Il est aussi vain de stigmatiser la ville moderne que de regretter perpétuellement la disparition d'un prétendu âge d'or.

Vous trouverez ci-dessous une liste d'arguments. Distinguez les arguments fondés sur l'expérience de ceux qui sont fondés sur la logique. Dans le tableau ainsi constitué, rangez les types d'arguments que nous venons de présenter.

1. La limite à la liberté de l'individu est l'atteinte à la liberté d'autrui. Nul ne doit parler à son voisin pendant un spectacle.
2. Il n'y a pas de bulles dans les fruits. Alors il n'y a pas de bulles dans Banga.
3. Au XVI° siècle, on n'a nullement douté que l'humanité fût en progrès, mais fort peu de gens ont pris conscience que ce progrès se faisait en rétablissant l'esclavage et que, par conséquent, un pas en avant ici peut se payer d'un recul ailleurs.
4. La nuit a certainement une influence très grande sur les peines morales, puisqu'elle en a sur les peines physiques.
5. Le respect d'autrui est un devoir universel auquel ont souscrit tous les peuples.
6. Le plaisir même du comique étant fondé sur un vice du cœur humain, c'est une suite de ce principe que plus la comédie est agréable et parfaite, plus son effet est funeste aux mœurs.
7. Il fallut que Colomb partît avec des fous pour découvrir l'Amérique, et voyez comme cette folie a pris corps et duré.
8. L'ère du multimédia est en train de réaliser, comme le prédisait McLuhan, un véritable village planétaire.

 

les relations logiques :   Pour convaincre, le texte argumentatif se doit d'être soigneusement structuré. Que ce soit dans la communication orale ou écrite, la clarté des relations entre les différents arguments permet au récepteur de suivre le fil du discours et d'adhérer à sa progression. Vous trouverez dans le tableau ci-dessous les mots de liaison (ou "connecteurs logiques") rangés autour des quatre relations principales qui peuvent s'instaurer entre les arguments:

RELATIONS LOGIQUES

PROGRESSION SUIVIE PAR L'AUTEUR

MOTS DE LIAISON

CAUSE

L'auteur justifie l'argument précédent

En effet - Car - ...

CONSÉQUENCE

L'auteur déduit un argument de son argument précédent

Ainsi - Donc - C'est pourquoi - ...

OPPOSITION

L'auteur nuance ou réfute l'argument précédent

Mais - En revanche - Pourtant- Cependant - Or ...

ADDITION

L'auteur établit une liste d'arguments

D'abord - Ensuite - En outre - Enfin ...

 

les types de plans :

   La nature des mots de liaison indique souvent le type de plan que suit l'argumentation. Selon la stratégie choisie, celle-ci peut obéir à trois types d'organisation :

   Mode d'argumentation

Exemples

  Types de plans

l'auteur confronte des thèses opposées

le texte de Diderot page suivante

plan dialectique

l'auteur développe sa thèse dans plusieurs domaines successifs

le texte ci-dessus

plan thématique

l'auteur établit un parallèle entre plusieurs notions

comparaison de deux époques, de deux types d'individus

plan comparatif

 

Commenter, reformuler une argumentation  

1) Commenter une progression argumentative :

 « Commentez l'organisation des arguments », « comment les arguments s'enchaînent-ils ? » etc. La question revient souvent sous diverses formes au baccalauréat. L'ordre donné à l'argumentation est en effet une arme essentielle de la stratégie de la conviction : on vous demandera donc quelle place l'auteur donne à la thèse adverse, comment la progression des arguments s'efforce de gagner peu à peu l'adhésion du lecteur. Comme pour les autres questions de compréhension, il faudra élaborer une analyse soigneusement rédigée, que nous vous proposons de détailler.

Le relevé des indices d'énonciation doit guider votre réponse à ces deux questions classiques au baccalauréat : quelle est la thèse soutenue ? quelle est la thèse rejetée ? Prenez exemple sur le texte suivant dont les commentaires en marge vous indiquent le parti à tirer des mots ou expressions colorés:
On s'assure aujourd'hui par le développement des techniques de communication qu'une ère nouvelle est née où l'homme va enfin sortir de son isolement et, dit-on, triompher des obstacles qui jugulaient sa parole : courrier électronique, "chat" (prononcez Tchat !) sur Internet,  prolifération des chaînes de télévision, que de moyens offerts aujourd'hui à notre désir légitime d'ouverture à l'autre ! Si l'on en croit les nouveaux apôtres de ce nouvel Évangile, nous n'aurions qu'à nous féliciter de cet élargissement des frontières ancestrales dans lesquelles l'humanité croupissait : disparu le village où chacun restait confiné toute sa vie dans l'ignorance, révolue cette époque où l'information arrivait à ses destinataires déjà périmée ! Voici les temps nouveaux où des citoyens éclairés vont exercer leur sollicitude sur les misères du prochain et participer également à la vie publique.
   Ne rêvons pas trop : cette ère nouvelle, si elle bouscule en effet notre univers, ne réussit guère qu'à substituer une communication indirecte et désincarnée aux vrais rapports humains qui, à l'évidence, ne peuvent se passer de la présence charnelle de l'autre. Car on ne communique bien qu'avec des mots. Si la plupart des grands médias s'adressent à nous, c'est dans une masse d'images confuses et de slogans publicitaires qui ne peuvent que nous guider à notre insu vers des buts plus ou moins douteux. Et que penser d'une apothéose de la communication qui permet aux gens de dialoguer jusqu'à l'autre bout de la planète alors qu'ils n'ont pas encore adressé un mot à leur voisin de palier ?
Le pronom indéfini On commande un verbe d'opinion. Il indique nettement la parole de l'autre dans la proposition incise.

Le conditionnel vous invite à prendre le discours qui suit avec prudence : il est d'ailleurs clairement renvoyé à des "nouveaux apôtres" (notez l'ironie).

Attention au discours indirect libre : ici le discours cite les arguments adverses (il est clairement introduit par :, qui signale un discours rapporté.)

Une injonction : on s'adresse à nous en nous invitant à réfléchir. L'auteur va affirmer sa thèse (notez aussi l'alinéa).

Une forme sentencieuse : notez le présent de vérité générale et l'autre valeur de On.

Les termes péjoratifs jugent clairement la thèse adverse.

Une interrogation oratoire : l'auteur nous invite à y répondre dans un sens qui ne peut être qu'approbateur.
« Ironie est chez nous une raillerie dans la conversation, ou une figure de rhétorique, et chez Théophraste, c’est quelque chose entre la fourberie et la dissimulatio, qui n’est pourtant ni l’un, ni l’autre. » La Bruyère, Caractères( 1688), éd. Garnier, 1962, p. 16.

Par ce propos, La Bruyère souligne la polysémie que recouvre le terme d’ironie : il désigne tantôt une pointe rhétorique, tantôt une attitude associée à celle du philosophe depuis la caricature de Socrate proposée par Aristophane. Dans les deux cas néanmoins, la dissimulation suppose moins l’appel à une inversion directe du sens qu’une participation de l’interlocuteur à un jeu complexe de reconstruction des intentions. En ce sens, l’ironie est une forme de propos par lequel un orateur entend non pas faire comprendre le contraire de ce qu’il pense, comme le postulent souvent les théoriciens, mais le contraire de ce qu’il dit : la contradiction réside dans la formulation elle-même et laisse le doute planer sur ce que pense le locuteur. Elle implique donc une composante pragmatique essentielle.

Figure de pensée ou figure de mots? Telle a longtemps été la question centrale posée par l'ironie. Mais depuis les années 70, l'intérêt de la notion s'est déplacé de la rhétorique à la définition de la littérarité.

Le champ des études consacrées à l'ironie ne cesse de s'étendre. Mais alors que de plus en plus de monographies sont consacrées à "l'ironie chez Untel", peu d'études prennent en compte le caractère historique de la notion elle-même. Pour éclaircir le lien entre ironie et littérarité, il importe aussi de comprendre comment une figure aussi confuse, et définie de façon aussi variée, a pu devenir une notion clé de la théorie littéraire contemporaine.
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