Génération mondialisation : contre la déshumanisation





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Génération mondialisation : contre la déshumanisation
(MFI / 22.06.10) Jusque dans nos bras est un le second roman sous la plume de la franco-algérienne Alice Zeniter. Dans une prose parodique et inventive, cette jeune romancière de vingt-trois ans brosse le portrait de sa génération, hantée par des questions d’identité, d’immigration et de mondialisation. Grâce et passion.
Incroyable Alice Zeniter ! A vingt-trois ans, celle-ci vient de remporter le tout premier prix de la Porte Dorée, décerné par la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, avec son roman Jusque dans nos bras, un livre éblouissant de vitalité et d’engagement. Le roman raconte l’histoire d’Alice – le double de l’auteur -, qui contracte un mariage blanc pour aider son ami d’enfance malien, Mad, à obtenir le droit de vivre en France. On a beaucoup parlé de ce roman à cause de son côté politiquement incorrect, mais il n’est pas que cela.

Originaire d’Alençon, Alice Zeniter a écrit son premier roman Deux moins un égal zéro à l’âge de seize ans. Son deuxième roman qui vient de paraître fait un carton. Entre deux romans, cette jeune femme, née d’un père algérien et d’une mère française, a fait des études de théâtre à la Sorbonne et à l’Ecole normale supérieure. Son ambition est de mettre en scène des pièces de théâtre. Pour pouvoir la réaliser un jour, elle collabore régulièrement à la mise en scène de pièces avec la compagnie Pandora.
Tiré d’un vers de l’hymne national 
L’idée d’écrire ce nouveau roman est née en 2009 alors qu’Alice Zeniter vivait en Hongrie où elle enseignait le français. « Je ne pouvais écouter que France Info. Et j’entendais tout sur le mariage blanc, sur les expulsions, sur le durcissement des enquêtes qui viennent vérifier jusque chez vous la façon dont vous vivez, dont vous partagez votre vie avec l’autre », a-t-elle expliqué. C’est pour protester contre cette déshumanisation des étrangers qu’elle s’est lancée dans l’écriture de son roman.

Jusque dans nos bras est une parodie. Parodie de La Marseillaise tout d’abord, dans la mesure où le titre du livre est tiré d’un vers de l’hymne national : « Entendez-vous dans nos campagnes / Mugir ces féroces soldats ? / Ils viennent jusque dans vos bras / Egorger vos fils, vos compagnes … » Cela donne le ton du roman qui se veut critique, mais aussi engageant et lisible.

Tout le livre est empreint de ce goût de la parodie (qui est aussi auto-parodie). Elle inspire à la narratrice les plus belles pages de ce roman : « Je suis de la génération qui vivra plus mal que ses parents, je suis de la génération qui n’est pas née avec Internet mais qui a grandi avec lui, a atteint la maturité avec lui… Je suis de la génération du terrorisme international… Je suis de la génération des geeks et des otakus… » Il y a une inventivité, une vitalité dans cette prose qui laissent le lecteur pantois. Il est aspiré par le souffle et ne peut s’arrêter.
Le portrait d’une génération
Récit à mi-chemin entre autobiographie et fiction, le roman de Mlle Zeniter brosse aussi le portrait d’une génération. Héritière d’une histoire exaltante (les Lumières, la Révolution française, les droits de l’Homme), cette génération doit également faire face aux inquiétudes du présent, suscitées par le rétrécissement des possibilités dans un monde où l’Occident a de plus en plus mal à tenir son rang. L’arrivée sur le devant de la scène d’autres peuples, d’autres civilisations, marque la fin de sa très longue domination. C’est ce moment historique qu’incarne Alice, l’héroïne éponyme du roman de Zeniter qui, à travers son métissage, sa générosité est peut-être en train de négocier sa survie (culturelle, économique) en tant qu’Occidentale dans une planète mondialisée.

C’est dans ce contexte de bouleversements géopolitiques qu’il convient de situer ce récit sur l’immigration, la circulation des hommes dans un univers en transition, mais où toutes les barrières n’ont pas encore été abattues. Mad, l’ami d’enfance d’Alice en sait quelque chose. Lui, qui doit aller quémander tous les ans à la Préfecture le papier qui lui permet de vivre en France. Alors, Alice va l’aider. Au grand désespoir de son père d’origine algérienne qui a du mal à accepter que sa fille se sacrifie. La mère, française, elle, soutient sa fille, car, pour elle, le combat contre le racisme n’est pas terminé. « Parce que non, non, le combat n’est pas fini. Le combat ne sera fini que lorsque que tous ceux qui veulent une place ici l’auront trouvée. Et la Maman dit : C’est dans la Déclaration des droits de l’homme. Nul n’a le droit de priver quelqu’un de sa nationalité ou du droit de changer de nationalité ».

Il y a beaucoup d’idéalisme dans ce roman, mais aussi un sens profond du réel, surtout dans la mise en scène des psychologies des personnages. Il y a, enfin, une grâce dans l’écriture d’Alice Zeniter, grâce mêlée de passion et de fougue qui rend la lecture de son récit réellement jouissive. Au moins aussi jouissive que n’a été son écriture !
Tirthankar Chanda
Jusque dans nos bras, par Alice Zeniter. Ed. Albin Michel, 237 pages, 16 euros.

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