Les institutions culturelles en france depuis la liberation





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B. Une politique culturelle critiquée.

-En décembre 2007, la Cour des comptes publie un rapport critiquant vertement la gestion des travaux des nouvelles grandes structures culturelles. Elle note que les opérations engagées par l'État entre 1998 et 2006 dans ce domaine, dépassent en moyenne de 30% l'enveloppe initialement prévue, et débordent chaque fois largement les délais prévus.

-Le rapport critique alors le surpoids systématique de ces chantiers (tels les ouvertures du Musée du Quai-Branly et de la Maison du cinéma de Bercy ainsi que les restaurations ou réaménagements du Théâtre national de l’Odéon, du Grand Palais, de l'Opéra Garnier et du Musée d’Orsay) qui engagent près de la moitié des crédits d'investissement du ministère, aux dépens de ses autres missions comme la restauration du patrimoine en région. Cette gabegie serait, selon les magistrats de la rue Cambron, due aux ministres successifs et leurs décisions contradictoires, aux mauvaises estimations du coût des projets par les services du ministère, et l'absence de contrôle des professionnels de la construction par les donneurs d'ordre. Une poignée d'institutions culturelles, notamment héritières des grands travaux présidentiels, comme la Bibliothèque nationale, engouffrent la grande majorité du budget de la rue de Valois.

- Pour Marc Fumaroli qui est historien, essayiste et académicien français (né à Marseille le 10 juin 1932), il s’agit de dénoncer l’État qui se crée une culture artistique à son image, qui finance trop volontiers et trop directement une culture de l’événement et de la vedette.

-Il s’agit surtout de constater une mutation profonde dans le concept de culture lui-même. Il semble en effet que l’État veut se retirer de la compétition artistico -littéraire, veut cesser de jouer le rôle de soutien et d’orientation dans la création des œuvres de l’art et de la pensée, pour considérer dorénavant comme « culture » tout ce qui relève des rapports socio-culturels concrets dans la société.

-Nul besoin de se cultiver, chacun a déjà sa culture. Le fait que nous passons six heures par jour devant le télévision, ce que nous mangeons, nos jours de fêtes, etc., tout cela est d’emblée culturel.

-L’État entretient un art contemporain officiel, subventionne des « vedettes » de la culture d’élite, afin de donner le spectacle de la culture elle-même. La conséquence de ce fait est l’apparition d’une sous-culture qui cultive l’élite pour ensuite la dispenser ou la « brader  au peuple devenu touriste de ses propres richesses ».

-On trouve ainsi du côté de l’État la même politique d’image qui caractérise les sponsors soucieux de rehausser leur image corporative : « La culture est à la mode, tant mieux. Tant qu’elle le restera, il faut s’en servir. ». Le véritable danger serait donc de laisser l’État élargir la notion de culture pour y intégrer tout ce qui relève de l’événement grand public et de la communication de masse, de laisser l’État assimiler productions culturelles et productions médiatiques. On remarque aussitôt qu’en élargissant ainsi le champ culturel en privilégiant la production artistique spectaclisable dans le champ culturel élargi, l’État accroît ses modalités de contrôle sur les citoyens.



1 À ce titre, elle est signataire des conventions internationales sur la culture, telles que la convention de Berne de 1889, sur les droits littéraires et artistiques, la convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de l'UNESCO (1972), la convention sur la diversité biologique de Rio en 1992, la convention de Grenade (1985) pour la sauvegarde du patrimoine architectural, la convention de La Haye (1954 et 1999), créant une « Croix-Rouge » des biens culturels, la recommandation de l'UNESCO qui définit les principes internationaux à appliquer en matière de fouilles archéologiques (1956), et la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de 2005.

2 Cinq ans plus tard, c’est le gouvernement Jospin qui se trouve face à la contestation des milieux culturels à l’occasion des négociations de l’accord multilatéral sur l'investissement (AMI). Il fait prévaloir les idées française auprès de l’Union européenne, qui les adoptent finalement au sommet de Seattle de 1999, puis au sein de l’UNESCO.

3 Ces nouveaux talents, initiés par Copeau, tels Jean Dasté, au sein de l’éducation populaire et du scoutisme, comme Hubert Gignoux, ou à travers le théâtre populaire, comme André Clavé, prennent en main les théâtres publics de province. Les préceptes du « Cartel des Quatre » sont diffusés par ces pionniers de la décentralisation dramatique : auteurs classiques et contemporains et mise en scène centrée sur le texte.

4 L'intérêt à la Renaissance pour les « antiquités », monuments de l'époque gallo-romaine, évolue vers une protection des biens nationaux contre le vandalisme à la Révolution, puis un souci de les inventorier et restaurer à partir de la Monarchie de Juillet.


5 Celui-ci dispose que « les établissements d'enseignement public de la musique, de la danse et de l'art dramatique dispensent un enseignement initial, sanctionné par des certificats d'études, qui assure l'éveil, l'initiation, puis l'acquisition des savoirs fondamentaux nécessaires à une pratique artistique autonome. Ils participent également à l'éducation artistique des enfants d'âge scolaire. Ils peuvent proposer un cycle d'enseignement professionnel initial, sanctionné par un diplôme national. »

6 C'est l'article D211-13 du Code de l'éducation qui précise que ces deux établissements publics à caractère administratif incombent entièrement à la responsabilité et à la charge de l'État. Originellement les politiques culturelles en prévoyaient six. Ces deux établissements sont extrêmement contrôlés et sous tutelle de l'État. Ils dispensent des diplômes par des professeurs nommés par arrêté du Ministre de la Culture. Ces conservatoires sont extrêmement sélectifs ainsi l'entrée est sur admission à un concours.
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