Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir





télécharger 77.21 Kb.
titreNote pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir
date de publication21.10.2016
taille77.21 Kb.
typeNote
h.20-bal.com > droit > Note
Maman,

Adieu, la vie est moche.

Pour quelles raisons de merde, la vie vaut-elle d’être vécue ?

Je ne crois en rien, ni en un meilleur, ni en un pire.

Je ne ressens rien, pas même de la peur, qui serait au moins une raison de rester.

Je n’ai pas de regrets, pas de remords, un grand vide de rien au fond du cœur.

Maman, je n’ai rien trouvé de plus à te dire.

Je ne peux pas mieux t’expliquer mon geste.

Sois triste ! La vie est moche.
B.



Chapitre Premier :

Céline



Dimanche 6 Septembre 2009. Soir.
VOILÀ la lettre de Balthazar SERVIENT avant sa tentative de suicide. Ça fait froid dans le dos. Mais il a quand même essayé de mettre des mots sur son acte... J’essaye de comprendre. Mais franchement, ce n’est pas facile.

Je suis nouvelle dans ce centre pour handicapés, service éducatif... je dois le faire changer d’avis. Beau projet !

Il est 2 heures du mat, je n’arrive pas à dormir. « La vie est moche », ça me fout un coup au moral, moi qui pensais le contraire ; me serais-je trompée ?

Bon, stop, soyons objective. Je rallume et je sors son dossier :
BALTHAZAR SERVIENT.
Né le : 13 Janvier 1993 À Orléans, France. Vit seul avec sa mère à Lyon depuis 2 ans. Père absent. Pas de fratrie.

Enfant dépressif, sous traitement. Arrêté par les services de police le 21 Novembre 2007, pour détention et consommation de drogues dures.

1ère Hospitalisation d’urgence le 12 Janvier 2008, après une overdose. 2de Hospitalisation d’urgence le 29 Mars 2009, après une défenestration du 6ième étage.

(J’ai une boule au ventre rien que de lire ça ! ! !)

Admis depuis une semaine au « Foyer des Oiseaux ».

(Bonjour le symbolisme !)

Projet : redonner le goût de vivre.

« Je ne ressens rien, la vie est moche. »

Je ne suis pas pessimiste, mais à ce rythme là, dans cinq minutes on sort les kleenex. Et rien à faire, je ne comprends pas, comment peut-on ne rien ressentir ? Il faut bien ressentir quelque chose dans la vie, n’importe quoi, mais c’est obligé ! ? !

Durée de l’admission : néant

Il n’y a rien d’inscrit, j’ai beau retourner la page dans tout les sens, rien. Pas de durée. Un grand vide de rien comme dirait Balthazar. Ça ne laisse rien présager de bon.

Soins : Visite médicale le lundi matin. Psychothérapie le mercredi matin. Kinésithérapie les mardis, jeudis et vendredis matins.

Le reste du temps au Foyer des Oiseaux avec moi... « La vie est belle ! »
2h21 du mat. J’éteins, au risque d’en rêver toute la nuit. J’éteins.


Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir.

***
Lundi matin.
– Eric ! Viens m’aider, Luc a glissé de son fauteuil, je n’arrive pas à le relever toute seule, il est top lourd... Eric ! ! Luc, fais un effort bon sang !

On accueille ici des jeunes handicapés, les plus autonomes possible, mais pour des questions de budget, faut bien remplir les lits. J’en toucherais bien deux mots à Mr Le Directeur... c’est pas sur lui qu’on bave toute la journée. Mais bon. Oh là là ! ! Je sens qu’à peine commencé, vous vous dites que je n’aime pas mon boulot. Je vous arrête tout de suite, vous avez tort. Mais comme dans chaque boulot, il y a le côté positif et l’autre côté. Comme chaque personne, le matin je me lève du bon pied ou de l’autre.

– Luc, prends ta grosse cuillère pour manger, ça ira beaucoup mieux.

Un boulot comme le mien, on l’aime pour ses détails. Par exemple : Luc a fait d’énormes progrès, il arrive à manger tout seul en n’en mettant que la moitié par terre. Au moins il se fait son régime perso et pour ça : Chapeau !1

Les matins c’est pittoresque : on traîne un peu dans le pipi caca ! On fait les levers entre 7h et 8h ; en premier, ceux qui vont à l’école ou au boulot, les autres après. Hop petite toilette, hop on les habille avec une jolie jupe rose ou un sweat Lacoste vert à 75 euros sur lequel ils pourront baver en toute impunité. On tartine les biscottes, on épluche les oranges pour les vitamines et on essuie le café sur la jolie jupe rose. Ce n’est pas grave, de toutes façons elle préférait la bleue. Le temps de faire le tour, pour un sourire, une caresse et les lacets de Luc et c’est déjà midi.

– Salut Balthazar, tu te souviens de moi : Céline. On s’est vu la semaine dernière. Alors il t’a dit quoi le docteur ce matin ?

Je m’obstine à lui parler, je ne sais même pas s’il m’entend, en tout cas il ne laisse rien paraître, il ne me répond pas et dans certains cas, les silences n’en disent pas long du tout ! Quel est le doc qui l’a vu ce matin ? Pas de rapport ? C’est quoi ce bazar ? Docteur machin, c’est quoi son numéro ? Ah oui .. !

– Bonjour, je suis Céline Bastie, éducatrice au Foyer des Oiseaux, j’aimerais parler au Docteur Récamier s’il vous plait. (... ) Bonjour, j’appelle au sujet de Balthazar, je suis son éducatrice référente. Vous l’avez vu ce matin ? Parce que je n’ai pas trouvé votre compte rendu ? (... ) Ah bon ! Alors, pourrais-je vous parler à la réunion de jeudi ? Ah non ! ! ! Heu, je devrais pouvoir m’arranger pour passer à votre cabinet alors ! D’accord, merci beaucoup, à jeudi donc, au revoir. » (Expéditif ! non !)
Balthazar, comment vous dire ! Ça a dû être un beau gamin : grand, fin, brun, les cheveux en pétard avec une tonne de gel comme les petits minets. Avec des yeux caméléon, tirant sur le vert-pomme lorsqu’il fait beau dans sa tête, jusqu’au vert-noisette les jours de tempête. Il ne devait pas être très sportif, mais rien de bien dramatique ; enfin c’était avant ça. Parce que là dans la catégorie ratatiné, il est plutôt bien classé. Quel gâchis ! D’ailleurs vous n’avez jamais remarqué que les handicapés sans leur handicap seraient plutôt mignons, que les femmes qui se suicident sont toutes plus minces que moi et que les plus beaux mecs de mon quartier sont tous pédés. Quel gâchis !... Les mecs !

Un mec m’intéresse : Alexandre et j’en fais mon affaire, c’est chasse gardée. Je ne fais pas partie de son équipe mais on se croise tout le temps, on est sur la même plage horaire. Il est sur le groupe des grands. On ne se connaît pas encore beaucoup mais on a un peu sympathisé ce week-end à la crémaillère d’une collègue, très conviviale et très arrosée ! J’arrive à peine dans ce nouveau boulot comme remplaçante sur un CDD de 10 mois et je me sens déjà intégrée. Les éducateurs : une grande famille parait-il, une communauté, limite kibboutz ! La légende voudrait qu’on ne soit pas éducateur par hasard ! En fait, qu’aucune personne ne choisit son boulot par hasard ! Et vous ?

Mais revenons à mon mouton. Jeudi, j’ai réussi à éviter la réunion pluridisciplinaire, où les problèmes se mordent toujours le bout de la queue, pour faire un saut chez le Docteur Récamier. Comme un réel besoin de combler ma curiosité avant les autres, éducatrice référente, j’ai bien le droit à quelques avantages, sinon à quoi bon. Qu’avais-je le droit d’espérer de Balthazar ? À quelle hauteur placer la barre ? Car il faut bien le reconnaître, ce gamin, c’est un défi à lui tout seul, un défi pour tout le monde. Moi, d’abord, soyons égoïste.
Le docteur : « Je n’ai que 5 minutes à vous accorder, j’ai un emploi du temps chargé, c’est pour ça que je ne suis pas dispo pour la réunion. Qu’est ce que vous voulez savoir ? »

(Oh !... le rustre)

Moi : « Ben écoutez, en 5 minutes qu’est ce que vous pouvez me dire de son état médical ? En simplifiant ! »

Le docteur : « Ses fonctions vitales sont opérationnelles, pour le reste, c’est un légume. Ça vous va comme simplification ? »
Homicide avec préméditation, j’en prends pour combien ? UNBELIEVABLE ! Il a osé, quel... heu !... handicapé du sentiment ce mec ! Il aurait pu me servir cette petite délicatesse avec une paire de gants en téflon, c’eût été la même chose. Si je résume bien : ça veut dire que Mon Balthazar est irrécupérable. Je n’en crois pas un mot, pas une once de miette, pas un micron de grain de sable.

Mensonge, boulette, supercherie, billevesée, connerie ! (ah !)

Car il faut que je vous raconte ce qu’il s’est passé dans le snoozeland, il ... ... !

Oh là là, pas de panique devant un mot barbare, c’est hollandais, je crois et j’explique : salle adaptée à la thérapie par l’éveil des sens. Mieux ? R’oh ! Relisez la définition. Le snoozeland, ça ressemble à une grande salle aux couleurs pastel avec une boule discothèque au plafond. Il y aurait le murmure d’un ruisseau au milieu d’une forêt d’eucalyptus, vous voyez ? Et je finirais de planter le décor avec une certaine odeur de parfum envoûtant qui flotterait au-dessus d’un matelas gonflable. Bref, c’est l’endroit idéal pour la méditation d’un grand maître zen.

J’ai invité mon protégé à faire mouillette en pays neutre, allongé sur le dos tel une étoile de mer. Je suis assise à coté de lui, mes yeux plantés dans les siens pour scruter la moindre réaction. Dix minutes déjà et rien ne bouge : « c’est un grand vide de rien » comme une page blanche dans laquelle on plongerait son regard jusqu’à s’hypnotiser. Regardez tout ce vide de rien, tout ce plein de blanc, essayez de regarder au travers ou au-dedans comme j’essaye de regarder au fond de ses yeux...

Et puis, tout à coup, une étincelle, un petit quelque chose de vie, d’envie, imperceptible comme une étoile qui brille en plein jour. Là, juste là sur fond de vert pomme.
Eric : « T’es bien romantique Céline, il s’est juste pissé dessus, y’a pas de quoi sauter en l’air ! »

Non, je ne suis pas romantique et oui il s’est pissé dessus, j’ai bien fait de suivre mon intuition en ne lui mettant pas de protection, j’explique, ou plutôt je m’interroge : dans quels cas peut-on s’oublier ?

  1. Très envie !

  2. Grosse peur !

  3. Grande joie !

Deux chances sur trois pour que mon étoile de mer ait réagi à son environnement. Deux chances sur trois, ne pas perdre cette idée de vue. Tu vas faire mentir le docteur. Nous partons en guerre, merci Balthazar.

Note pour plus tard : toujours suivre son intuition.

Et si j’avais raison ! Et si Balthazar revenait à la vie ? Et si le projet de redonner espoir à un gamin qui ne sait même pas que ce mot existe, et si ce projet n’était pas une utopie, mais un miracle ? Ce n’est pas que j’en doutais mais bon, parfois c’est bon de se rassurer ! Cette idée me donne du baume au cœur, je serais même d’une humeur badine aujourd’hui ! Youpi !

Mon prochain objectif pour les semaines à venir : vérifier l’hypothèse.

Balthazar, quelle idée de s’appeler comme un roi mage ? Super facile à porter comme prénom, surtout que je n’arrive pas à lui trouver un surnom : balt... hasard... Mr Hasard fait des cauchemars ! Beurk, ça fait policier de série B. ... Bazard... Décidément, il ne peut pas s’appeler comme tout le monde, je sais pas moi : Alexandre par exemple ! ! Non, ce n’est pas un lapsus révélateur, je suis bien consciente que je pense à lui de plus en plus... mais ne changez pas de sujet !

Lazare : le pote de petit Jésus ! « Lève-toi et marche ! » (... ) et si Dieu avait des jambes, où irait-il ? Tiens, je vous donne la dernière qui circule chez les éducs : « qu’y a-t-il de non comestible dans le légume ? Le fauteuil roulant ! » Hi ! Hi ! Hi ! Oh ! Ne faites pas semblant d’être offusqués, rien ne vaut un brin de cynisme pour désacraliser les tabous, c’est bien connu. D’ailleurs, il me semble avoir lu quelque part que les étoiles de mer n’ont pas de cerveau ! ? !

Bon et maintenant... je vous raconte ma vie ?
D’un point de vue personnel, tout va bien merci. Dim commence à dire des gros mots et à réciter le corbeau et le renard en verlan. Ah ! Aurais-je oublié de vous mentionner ce petit détail ? Dimitri, mon fils que j’élève seule, enfin non, ça ne collait plus vraiment avec son père mais on est resté super copains. Ne levez pas les yeux au ciel, ça se fait très bien de nos jours ! J’avais 21 ans à l’époque où j’ai rencontré son père, j’étais jeune, innocente et inconsciente, évidemment. C’était le premier vrai grand homme de ma vie, l’homme idéal, le prince charmant de mes contes d’enfant, naïve à un point ! Et arriva ce qui devait arriver : un polichinelle dans le tiroir, un p’tit pépin de mandarine bref une cigogne égarée. Amoureuse, heureuse et finalement un peu romantique, j’ai voulu garder le fruit de notre amour. Alors le père, courageusement s’est barré ! Adieu veaux, vaches, cochons et marquis de carabas, fées et lutins au placard, la belle princesse se retrouvait plongeant sans brassard ni canard dans la vraie vie. Ça aurait pu mal tourner si ma famille n’avait pas été là ! Mes parents se sont beaucoup occupés de Dimitri. Ils ont toujours été très présents dans notre vie... Très présents, trop parfois, passons ! Il a fallu assumer pour deux, devenir femme sans finir ma crise d’adolescence. (Oui à 21 ans ! y’a des précédents) Mais je me rattrape plutôt bien aujourd’hui : je marche à contre courant, je commence seulement à sortir en boîte de nuit, à faire des bouffe-apéros au milieu du salon et à improviser des vacances sac à dos sous un bras et Dim sous l’autre.

En ce qui concerne Alexandre, j’ai l’impression d’être une vraie gamine, quand je pense à lui j’ai les mains moites, l’air complètement niais et le cœur au bout des doigts. D’ailleurs, si cette histoire vous intéresse, je peux vous dire que ça avance, je lui ai mis le grappin dessus et ce n’est qu’une question de minutes, que dis-je de secondes pour qu’il succombe à mon charme irrésistible. IRRESISTIBLE ! Mais je m’égare encore !

J’ai rencontré le père de Dimitri, dont nous tairons le nom (secret défense) à l’école supérieure, moi chez les z’éducs et lui chez les z’instituteurs. Il est venu aux cours pendant un mois et une semaine, ce qui pour lui était un record de longévité. Après, il a continué à traîner à l’école pour venir me chercher et faire la fête avec ses potes. Il faisait des petits boulots à droite à gauche, au black et me racontait nos futurs projets de vacances... amour, gloire et beauté ! Il m’a séduite par son côté brut de décoffrage, moelleux au centre ! Je me sentais en sécurité dans ses grands bras... limite étouffée maintenant que j’y pense. On était le couple modèle de l’école, style : le rugbyman et la pom-pom-girl durant presque deux ans. J’ai gardé des photos, je vous les montrerai. Et c’est à cette époque que nous eûmes un accident... de capote. Ça me fait mal de dire ça, j’aurais préféré dire à mon fils qu’il était le fruit de l’amour, mais... Enfin aujourd’hui il l’est et c’est tout ce qui compte. Pour lui j’ai surmonté la séparation, j’ai terminé ma formation et la vie continue de plus belle !
Son père réapparut le jour de l’accouchement,

Presque par enchantement

Si ce n’est le fait qu’il parcourait en courant

Les couloirs de l’hosto en gueulant

Qu’il était papa.

(Quelle ironie !)
Il a fait irruption dans ma chambre, me balançant en vrac qu’il voulait reconnaître son fils, qu’il allait me présenter sa nouvelle petite amie et qu’il venait de s’acheter une superbe Yamaha 850TDM jaune ! ! ! Si je me souviens bien, j’étais encore dans les vapes, ce doit être pour ça que je n’ai trouvé aucune réplique cinglante à lui envoyer au visage et un simple petit « oui » est la seule chose plus ou moins cohérente qui soit sortie de ma bouche à ce moment là. Qu’y avait-il de plus à rajouter ?

Dim, son père et moi, nous nous sommes installés séparément à Lyon après mes études. On s’est accordé pour faire la garde partagée. Je trouve que c’est une excellente méthode, enfin c’est tout à fait relatif, c’est vrai que je préfèrerais vivre avec le père de mes enfants... mais comme dirait ma mère : « on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie ! » et moi de rajouter : « mais il vaut mieux vouloir ce qu’on fait ! » Enfin, cette situation me permet d’être célibataire sans enfant quelques jours par semaine et ça : c’est chouette. Je m’occupe de moi, je sors avec mes amies et je drague ! Certains week-end, on se débrouille pour faire plein de trucs ensemble, on sait que c’est bon pour l’équilibre du petit, on a lu pas mal de bouquins à ce sujet. Devrait-on faire une thérapie familiale ? Bof ! On n’est pas si largué que ça avec notre môme, parce que : « tu sais ce qui compte dans la vie ? C’est l’amour ! » Bon, assez parlé de moi pour le moment.
Alors, le Foyer des Oiseaux, comment dire ! C’est plein d’enfants. Je ne vous en ai pas encore beaucoup parlé, parce que j’ai Balthazar dans la tête, mais ce n’est pas pour ça que je ne m’en occupe pas. Y’a le groupe des petits : de 8 à 12 ans ; les moyens dont je m’occupe : de 13 à 16 ans et les grands, c’est le groupe d’Alex, de 17 à 20 ans. Plus de garçons que de filles, des accidentés de deux roues qui doivent tout réapprendre et des handicapés de naissance qui s’émerveillent chaque jour du même rayon de soleil. Y’a ceux qui ne doutent de rien, ceux qui sont violents parce qu’ils ont peur et ceux qui courent après quelque chose. Tous différents, tous quelque chose en commun... et il y a Balthazar.

Boulot, boulot, paperasse en ce moment pour l’équipe. On prévoit un projet pour les vacances de février : un groupe partirait au ski, à la neige pour être plus exacte. Une semaine à La Clusaz. On en a parlé aux gosses, du coup ils sont un peu nerveux, c’est difficile de les tenir, ça les chamboule un max ! En février, si vous allez à La Clusaz... gaffe sur les pistes ! Hi ! Balthazar n’y va pas, la luge, la neige, moi j’ai dit : « pourquoi pas, ça lui ferait du bien ». J’avais préparé un dossier en béton armé qui s’est fissuré sous le poids du refus de mon chef qui a lui-même plié sous les inquiétudes de la maman.

Elle vient le voir au moins deux fois par semaine mais elle redoute de le prendre chez elle pour le week-end. Trop dur. Elle culpabilise, n’a plus confiance en rien, elle ne comprend pas tout : « il était pourtant si gentil... ». Elle regrette, même si elle ne sait pas vraiment quoi. C’est facile de l’écouter, d’essayer de la comprendre. Mais ce n’est pas facile de lui remonter le moral qu’elle s’est logé bien au fond des chaussettes. Ne pas baisser les bras, c’est la devise de la maison, à consommer sans modération.

Note pour plus tard : ne pas baisser les bras, jamais !

Lundi 12 Octobre 2009.
Déjà six semaines dans la vie de Balthazar. Trop court et déjà si long. Je n’ai pas grand-chose à vous raconter de nouveau. Il continue à aller au snoozeland. L’étincelle est rare, on stagne un peu ou alors je suis trop impatiente, j’étais propulsée par mes émotions du début... et là forcément ! J’ai donc opté pour une nouvelle stratégie : la piscine. Les kinés s’en servent pour la rééducation, nous c’est plutôt pour jouer. Nous allons voir ce que nous allons voir, je me place dans la peau d’un scientifique et j’observe la moindre réaction. Je me jette à l’eau ! Et je l’entraîne doucement, lui et son caleçon hawaïen. Nous avons du matériel super sophistiqué, c’est un lit en plastique attaché à une mini-grue. Du bord de la piscine, je le fais passer sur la nacelle, il pivote au-dessus de l’eau et c’est parti pour une descente lente jusqu’à effleurer les vaguelettes. J’observe, je scrute : pas un mot, pas un cri, pas un sursaut au contact du liquide... mais une petite chair de poule ! Faible récompense.

Question : la chair de poule peut-elle entraîner une émotion, ou est-ce seulement une réaction du corps à la différence de température ?
J’ai jeté mon espérance à la baille parce que je n’arrive pas à savoir s’il fait pipi dans l’eau ! Peut être que l’étincelle s’est noyée dans la javel. Alors rien de neuf, j’attends de trouver l’activité qui fera le déclic dans sa tête, j’ai pourtant pas mal d’idées. Je réfléchis, je me creuse la cervelle, comme si c’était un puzzle et qu’il me manquait le morceau du début, celui qui permet de débloquer tout le reste. J’ai tous les indices sous le nez, mais je n’arrive pas à voir celui qui me mettra sur la bonne piste.

J’ai tout sous le nez !

J’ai quoi sous le nez ?

À part une photocopie de lettre... « Je ne ressens rien »... Rien ? Pas le moindre petit frisson, pas d’envies ? Ni effroi, ni bonheur, ni colère ? Pas d’émotions ? Est-ce possible ?

Emotion : trouble passager causé par un sentiment vif de joie, de peur, etc. (dico de poche)
Peut-être que le déclic est là ! Il faut qu’il se trouve une raison de se battre, une envie plus forte que tout. Quoi ? L’adrénaline, le bonheur c’est quoi ? L’amour ? Alors, de qui ? Et moi, l’amour ? Alexandre dit que je suis trop impatiente et pas que dans mon boulot, qu’insinue-t-il ?


Chapitre Deux :

Alexandre




ÀLEXANDRE, c’est moi.

Educateur spécialisé aux Oiseaux machin chose... Moi, j’dis : « L’Albatros 2 » !

Albatros, vous savez : très délicat au décollage, très douloureux à l’atterrissage ! ! !

J’assure le boulot depuis 4 ans avec les grands, les plus difficiles (question troubles du comportement), les révoltés ... Je compatis.

Je suis moi-même un grand révolté, en théorie contre tout, en réalité contre l’autorité, la société, l’armée bien sûr, le cloisonnage, la consommation, la politique et ma famille, digne représentante des symboles cités ci-dessus !

Alex. Alexandre LEGRAND. C’est mon nom. On ne choisit pas.

Vous en restez coi ! Moi aussi et ce depuis 29 ans déjà, pas réussi à m’en remettre. Ma mère est prof d’histoire, mon père : militaire de carrière. On ne lutte pas contre les évidences.

Alexandre Le Grand (3ème du nom) Roi de Macédoine à l’âge de 20 ans, parti conquérir l’Asie, fonda Alexandrie, mourut maître de tout l’empire perse en 323 avant JC...
Je devais suivre en droite ligne la réussite de mon ancêtre. J’étais celui qui devait porter l’honneur du nom. L’aîné. Le fils prodige. Je devais gagner les galons du paradis pour mes dignes géniteurs.

On n’échappe pas à son destin ! ? !

Parfois, votre ligne de vie est toute tracée...

Parfois, seulement parfois !

Je me suis fait réformer P4.

Certains disent que je devrais faire une psychothérapie pour voir ce qui ne va pas avec mon père. Mais je n’en ai pas besoin, je sais : le garde à vous, ça me fait mal aux genoux ! ! !

Ah ! Tragédie. Plus qu’une honte : l’échec de toute une vie parentale.

Pas de carrière militaire pour Alexandre Legrand.

Avais-je la prétention de réécrire l’Histoire ?

Heureusement, la cavalerie est arrivée un an plus tard !

La relève au doux prénom de Camille : Camille Legrand. Ma sœur cadette. Entraînée, éduquée, formatée depuis sa plus tendre enfance. Pistons, St Cyr, galons... Sonnez tambours et trompettes !

Mes parents placent en elle de gros espoirs, au moins 50 ans de purgatoire en moins ! Minimum. Ils vont d’ailleurs à l’église tous les dimanches matins. Cela dit, j’hésite sur leur motivation profonde. Je crois que mon père prie pour qu’elle ne se marie jamais, surtout qu’elle n’ait pas à changer de nom. Camille Legrand, ce n’est pas aussi rutilant qu’Alexandre Legrand mais ça surpasse de loin Camille Dupond. Comme quoi la vie nous apprend aussi la modestie !

Depuis que Camille joue les petits chefs, les relations familiales se sont nettement améliorées. Mes parents me reparlent, c’est pour dire. Ça a pris du temps, mais grâce à un splendide travail de fond psychologique, pour déraciner les secrets de famille... nous y sommes arrivés. Nous : Margot et moi.

Margot : mon ange, ma douceur, ma sœur jumelle de 5 ans ma cadette.

Margot Legrand : balance ascendant balance ; 48 kilos de diplomatie.

D’ailleurs, elle en a fait son métier, à force de devoir réconcilier les forces ennemies à la maison : mon père et Camille d’un côté et moi de l’autre. Ma mère loin, très loin derrière les lignes.

Tirs à vue. Attaques directes, de jour comme de nuit. Bombardements annuels... et Margot plantée bien au milieu du salon avec son étendard blanc telle la statue de la liberté, proposant de signer la trêve pour les fêtes.

Margot : mon émissaire du bonheur.

Bon, j’arrête de vous raconter ma vie ?
***

Mercredi 18 Novembre.
Côté boulot, je m’éclate, je joue le grand frère plutôt relax. Quand les gamins rentrent de l’école (pour ceux qui y vont) je leur fais faire les devoirs vite fait bien fait, histoire de vérifier s’ils ont pigé quelque chose, en plus ça me fait réviser, c’est du deux en un. Aujourd’hui c’est maths avec Anthony :

Anthony : « Ouais ben, l’école j’m’en bats les couilles ! »

Moi : « Mon pauvre, depuis le temps que tu t’les bats, y doit pas rester grand-chose ! »

Anthony : « Oh ! Alex, t’es chiant, t’es là depuis 5 min et tu me prends déjà la tête. »

Moi : « Mais oui mon p’tit père, j’suis payé pour ça ! ! ! Plus j’te prends la tête, plus ça te fait du bien. »

Anthony : « Arrête, t’es fou, j’suis pas maso ! ! ! »
Ensuite, je leur apprends à faire la cuisine, les p’tits plats épicés, c’est ma spécialité : porc à l’ananas ou au caramel, poulet curry ou coco et un p’tit cari poisson... Des trucs créoles ou asiatiques, ça les change des hamburgers-frites. Moi, la malbouffe, ça me tue à petit feu. La cuisine, c’est comme la peinture : un peu de couleur par-ci par-là, une touche de lumière dans la profondeur et le tour est joué : des accras de morue à se taper le cul par terre ! Après, j’leur mets leur tôle aux jeux vidéos : imbattable à « Need for speed nitro ».

Moi : « 40 secondes dans ta face, Raymonde ! ! ! Bon allez les gars faut ranger vite fait bien fait ; ce soir y’a foot : match de qualif pour la coupe du monde 2010 France/ Irlande. On se grouille et les p’tits au dodo à la mi-temps et ne râlez pas, c’est non négociable. C’est déjà une fleur que je vous fais ; si c’était Françoise ce soir, elle vous aurait tous mis au lit avec un bon livre : la Philo pour les nuls, chapitre 2. »

Ah ! J’adore mon boulot !
Une fois le match terminé (je voulais vous raconter, mais c’est trop minable, une passe décisive de la main, c’est la honte) tout le monde au lit, c’est le moment le plus pénible, qu’est-ce qu’ils peuvent traîner. Et enfin, un petit 5ème avec l’équipe de nuit, débriefing, prépa du lendemain... Nan, je déconne, on en profite juste pour fumer un bédo avant l’extinction des feux. Ah ! J’adore mon boulot !

Et au boulot, y’a Céline !

Nouvelle, mignonne... et...

Et complètement impatiente avec les mômes.

Avec moi aussi d’ailleurs. (Qui a dit : ça revient au même ?)

Elle voudrait que tout lui tombe tout cuit dans les bras et plus vite que ça ! Elle voudrait que son petit protégé : « Lazard », nous fasse un discours des feux de dieux et qu’il nous explique, schéma à l’appui comment y a rien dans sa tête ! ! ! Et le tout devant public... elle abuse ! ! ! Grave.

Imaginez, ce môme-là, il en a ras le bol de la vie, il y pige rien, il veut en finir et en plus il se loupe. Comme si, même de ça, il en était incapable. Bonjour la dose de confiance en soi ! Elle est descendue à 6 pieds sous terre dans la négativité. Faut comprendre qu’il en ait grillé tous les fils. Moi aussi j’aurais les boules.

Alors, il faut qu’elle lui laisse le temps de digérer l’échec. Le temps passe, la colère monte, si elle veut bien ! (et la caravane passe !) C’est à partir de là qu’on peut commencer le boulot. Parce que la colère, ça se travaille, mais pas le vide de rien ! (eh oui, moi aussi, j’ai lu son dossier.)

Bon, d’un autre côté, Céline est une fille super motivée et fraîche, qui apporte plein d’idées neuves dans la boîte, et ça, ça fait du bien, un peu de sang frais. Elle carbure au café, elle est un peu trop speed mais ça fait pas longtemps, elle va finir par se calmer et comprendre qu’ici c’est comme dans les pays chauds : pas trop vite le matin et doucement l’après midi. Social quoi !
Moi, mon point fort, c’est la créativité : aider les mômes à exprimer ce qu’ils ont à l’intérieur à partir de la matière. Mon credo, c’est la violence : j’fais aller au maximum à l’intérieur, j’les pousse dans leurs derniers retranchements pour faire cracher tripes et boyaux, la haine, la peur et tout avec. Toutes les ondes négatives à expulser sur un bon bout de bois, de terre, de métal, n’importe quoi, y’a pas de limites.

Et une fois qu’ils se sont bien torturés, vidés le cœur et l’âme, une fois qu’ils sont lessivés psychologiquement, je les achève avec du sport : un bon basket fauteuil, piscine ou boxe pour tuer le corps. Et là au moins, je suis sûr qu’ils dorment comme des bébés et plus de cauchemars comme avant.

Un jour, un môme a écrit ça :
Vivre c’est lutter, combattre, toujours.

Seules changent les armes et les ennemis

Refuse la fuite, garde le couteau entre les dents

Sans merci !
Ça me fout la chair de poule, j’adore !


Chapitre Trois :

Balthazar
Note de l’auteur : Je ne vais pas vous mâcher tout le travail, je vous laisse libre choix pour le visage que vous donnerez à notre héros, je m’occupe des deux autres !
Septembre... Octobre...




Chapitre Quatre :

Céline




Mercredi 25 Novembre.
Je n’ai même pas croisé son regard

Que le mien ne le lâchait déjà plus.

Ce fut une seconde de trop.

Mon cœur n’attendait que ça !

Une seconde de répit pour réapprendre à battre.

Comme toujours, c’est son sourire qui m’a fascinée en premier.

Il m’a prise au dépourvu, plein de sincérité, plein de fantaisie, plein de franchise, plein de fruit défendu.

Nous n’avions échangé aucun regard et je sentais déjà que s’il se détournait…

Et je me sentirais abandonnée.

Je ne voulais que lui au milieu de toutes ces bouches qui le désiraient.

Je ne voulais que lui au milieu de tous ces corps qui se déhanchaient.

Il s’approche, il m’a vue, il se rapproche dangereusement de moi.

Je n’arrive plus à trouver mon souffle.

Il colle sa peau contre la mienne.

Il me pousse doucement contre le mur.

Je suis prisonnière volontaire.

Sa bouche...

Je me sens chavirer et... je me réveille... le souffle court... dans mon lit... seule.

J’ai les boules !

Jeudi 8h47, Balthazar me regarde droit dans les yeux, là maintenant, comme ça, sans prévenir. Il ne cille pas mais il me fixe, j’en suis sûre. Je n’ose pas bouger, pas cligner, pas respirer, j’ai peur de couper le contact. Il m’aspire. Essaye-t-il de me dire quelque chose ? Combien de temps cela a-t-il bien pu durer ? Trente secondes ? Trente minutes ?

C’est un claquement de porte qui m’a fait sursauter. Plus de contact. Allo la lune, ici la terre, m’entendez-vous ? Répondez !... Et puis plus rien. Mon cœur va exploser ou prendre feu, j’hésite encore.
Eric : « Céline ! Qu’est ce que tu fous à le regarder comme ça depuis cinq minutes ? »

J’ai les larmes aux yeux de ne pas avoir cligné pendant tout ce temps, mais aussi parce que j’ai la certitude qu’il m’a regardé volontairement. La vie, l’espoir. Plane, plane sur nos têtes, dans la lune en fête. C’est Balthazar qui m’a donné ma plus belle preuve d’amour cette semaine. (Dim est chez son père, Alex n’est toujours pas entré dans ma vie !)

Balthazar m’a regardée... la vie est belle. Le ciel est gris argenté, la pluie tambourine, il fait un temps de chien alors la vie est belle comme un arc-en-ciel.

Chef : « Vous avez l’air d’être en forme, Madame Bastie ! »

Moi : « Ah ! Euh ! Monsieur Le Directeur, vous tombez bien... j’espère que vous aviez prévu de venir à la réunion cet après-midi, ça risque d’être intéressant ! »

Je n’ai même pas attendu sa réponse ; remarquez, avec mon petit air de malice, je pense qu’il viendra au moins par curiosité.


***

Compte Rendu de la réunion du jeudi 26 Novembre

Ordre du jour :
- Grève de l’enseignement !

- Prépa de Noël.

- Conférences de fin d’année

- Séjour au ski en février

- Activité Poney
1 : La grève de l’enseignement pour lundi prochain. Organisation des activités des enfants :
- les petits : pâte à sel ou peinture s’il ne fait pas beau ; promenade en forêt s’il fait beau pour les valides ; parc pour ceux en fauteuils.

- les moyens : Atelier écriture aux parents ; prépa de Noël ou activité libre.

- les grands : sortie en ville, ciné ; ou prépa de Noël.

(Moi, je m’en fiche, lundi c’est RTT : Remets Tes Tongs. Une journée avec Dim, rien que pour ses beaux yeux, peut-être avec son père, mais comme d’hab, on ne saura qu’au dernier moment.)
2 : Spectacle et prépa de Noël :
- les petits : soit un spectacle de marionnettes, soit de magie. Pas encore trouvé la compagnie.

Chef : « Vous savez tous qu’on a un budget serré en fin d’année, alors pas de folies d’accord, trouvez un truc sympa et raisonnable ; OK ! »

(Évidemment ! ! !)
- les moyens : Organisation du repas de Noël :

Entrée : crudités à volonté.

Chef : « Quoi, à volonté, et le budget ! »

Isabelle : « non, mais ne vous inquiétez pas, vous savez bien que les gamins et les légumes sont pas les meilleurs amis du monde alors, à volonté, c’est façon de parler, hop une cuillérée de carottes râpées pour tous et c’est fait ! »

Chef : « Ah bon ! ! ! »

Plat principal : Dinde (Ah ! de contentement !) Frites ! (oh ! de déception !)

Chef : « Et les marrons ? »

Isabelle : « Ben, chef, c’est sensé être la fête pour les gamins, pas une punition ! Alors pour les marrons, on verra le budget ! »

Eric : « Gloups ! On est marron pour les marrons ! ! ! »

Et le dessert : Tiramisu au chocolat parce que y’en a plein qui n’aiment pas le café

Arrosez le tout d’un bon Coca-cola frappé !

(Ah ! ben, super ! vraiment youpi ! Quel régal en perspective ! Faut vraiment que je me débrouille pour ne pas être là ce soir ! Qu’est ce que j’ai de prévu moi pour Noël ?)

- Les grands : (le groupe d’Alex !) Préparation du spectacle de Hip-hop. Musique et chorégraphie avec Mélanie ; Costumes avec Françoise ; Décor et Lumière avec Alexandre.
3 : Les conférences de fin d’année. Veuillez vous inscrire dans le groupe qui vous intéresse :
- Les nouvelles thérapies comportementales.

- Le toucher comme soin et la distance relationnelle.

- Le deuil de l’enfant idéal et le déni.

- La gestion de la violence chez un sujet en crise.

Moi : « Tiens, en parlant de violence, qu’est ce qu’on fait avec Anthony, parce que là, ça devient vraiment invivable ? »

Chef : « Hors sujet Mme Bastie, Anthony n’est pas dans votre groupe, on verra ça avec ses éducateurs ! »

Moi : « Ah ! Non, je ne suis pas d’accord, c’est facile de toujours éluder ! Mais qu’est ce que vous faites de la transversalité dans les groupes ? C’est pas la priorité de cette année ? Faudrait savoir ! Si Anthony peut circuler de groupe en groupe, nous, faut qu’on puisse le gérer ! »

Chef : « OK ! Je vois, mais pas de panique ! Ce n’est pas à l’ordre de jour mais je garde ça sous le coude ! La suite... le séjour au ski ?»
4 : Février, une semaine à La Clusaz :
La location de l’appart est faite, pour 12 personnes, commerces à 50 mètres, pistes à 100 mètres en plein centre ville = 2000 euros.

(Houtch ! et ben non, pas de marrons ! ! !)
5 : L’activité poney :
Six enfants, deux dans chaque groupe, sont allés faire une séance d’essai dans un centre équestre. Encadré par une équipe d’éducateurs, ergothérapeutes et éducateurs sportifs. L’essai est un succès, prochaine séance le mois prochain.

Chef : « OK ! On a fait le tour ! En petits groupes, vous ferez le point pour jeudi prochain. Ah ! Mme Bastie : vous avez une information à nous transmettre ? »

Moi : « OUI ! Je crois qu’on fait des progrès avec Balthazar. Il a établi un premier contact ; il m’a regardée dans les yeux ce matin ! ! ! »

Silence

Moi : « SI, j’vous jure, il m’a regardée ! »

Silence pesant.

(Je crois que j’ai fait un bide !)

Eric : « Il te trouve peut-être à son goût ! »

(Quel con ce type !)
Fin de la réunion.


PS : Une étincelle de vie vaut mieux qu’un abruti.
***


1 Toutes les références numérotées renvoient à l’index en fin d’ouvrage.


similaire:

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir iconIbiza est encore loin : Les touristes ? Ils n’ont qu’à aller dormir à la belle étoile !
«Aucun investissement dans les zet n’a été concrétisé depuis leur classement en 1988», nous révèle un cadre du ministère de l’Aménagement...

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir iconEt pour commencer, leur première apparition dans le roman, lorsque...

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir iconL'oeuvre de Marcel Pagnol est fortement influencée par celle de Jean...

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir iconScénario Chris vander stappen
Je suis un garçon, mais plus tard je serai une fille", pour lui, c'est évident, c'est comme s'il disait "plus tard, je serai grand...

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir iconAvatar Si ce n’était ces quelques rides…
«Vous n’êtes pas la première à vous tromper de chemin… Le gr passe juste au dessus de la falaise. Ici, vous êtes au Moulin de Boussaguet....

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir icon2 Histoire naturelle du cancer
«c’est pour votre culture» ou «c’est juste pour vous». Après bon ok IL a dit les chiffres à l’oral que je n’ai pas mit en gras mais...

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir iconPourquoi vos parents ont-ils décidé d’avoir un enfant ?
«Il m'a fallu vingt ans pour mettre au point cette méthode. Bien sûr je me suis arrêté de temps en temps pour manger ou dormir, mais...

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir iconJe note les faits, hâtivement, pour ne pas les oublier, parce qu'il

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir iconLe Web entre aux archives
«Internet est un média qui change les relations entre les personnes, ou entre les institutions et les personnes. C’est une image...

Note pour plus tard : impératif, ne pas boire de thé avant d’aller dormir iconPour aller plus loin






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com