Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918»





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stagiaire au Collège Interarmées de Défense



Gagner les cœurs et les esprits et légitimer l’action de la force face à une opinion nationale et internationale parfois rétives, voilà bien, aujourd’hui, deux des défis majeurs auxquels tous chefs militaires se trouvent confrontés. Ainsi, la communication opérationnelle (COMOPS) mais aussi les opérations d’information (INFO OPS) se retrouvent-elles de plus en plus souvent en première ligne pour pallier ce que les opérations tactico-militaires semblent, de l’Irak à l’Afghanistan, ne plus pouvoir obtenir. Cette montée en puissance de la COMOPS, bien que nécessaire, n’est pas sans équivoque et ne saurait être la solution miracle aux difficultés rencontrées par les forces sur les différents théâtres. Aussi, il apparaît primordial d’avoir une vision claire de la communication opérationnelle, de ses limites et des risques qui y sont associés, mais aussi du type de relations qu’elle doit entretenir avec les opérations d’information dont elle peut-être, à certaines conditions, un relais.
La communication opérationnelle: une nécessité en opération!
C’est un fait acquis aujourd’hui par tous, la communication opérationnelle0 est une nécessité. Elle l’est parce que l’efficacité d’une force est de plus en plus tributaire, dans les conflits modernes, de la perception de son action par les opinions publiques, elles-mêmes directement influencées par la cohérence et la nature du discours tenu par les médias. C’est d’autant plus vrai que toute opération est amenée à devenir, pour un temps du moins, le cœur de l’actualité. À cet égard, la couverture médiatique de l’intervention française au Sud Liban à l’été 2006 en est un parfait exemple.

Certains, peut-être à l’extrême d’ailleurs, la placent aujourd’hui au même niveau que les opérations tactiques. Ainsi, dans leur nouvelle doctrine de contre-issurection0, l’armée américaine ne la subordonne plus aux opérations de combat mais en fait une véritable ligne d’opération0 en la regroupant avec les opérations d’information.
Toutefois, si elle est un appui considérable pour les forces, la communication opérationnelle ne peut pas tout résoudre. Elle ne saurait être une poudre magique capable d’inverser, par enchantement, une perception par exemple négative d’une situation tactique. Elle rencontre, elle aussi, des limites et présente même parfois certains risques lorsque l’on désire l’utiliser pour influencer les médias et les opinions.
La communication opérationnelle: une fonction avec des limites.
La communication opérationnelle a des limites. En effet, il est difficile pour elle d’inverser une perception défavorable voire négative d’une action militaire. Obtenir de «bonnes histoires», c'est-à-dire favorable à la mission et à notre engagement n’est pas, même pour des professionnels, chose aisée. Chacun doit être conscient qu’une communication opérationnelle réussie et efficace est celle qui arrive à conserver, de la part des journalistes, une représentation neutre, peut-être quelquefois positive, de l’action de la force. Cela est malheureusement lié au fonctionnement des médias. La recherche du sensationnel, résultat de la course à l’audience, est devenue l’objectif majeur de nombreuses chaînes d’information (CNN, Al Jaezeera). Le bombardement d’un quartier, l’explosion d’un IED ou le nombre des pertes sont des informations plus vendeuses que l’inauguration d’une école ou le retour de réfugiés. De même, la ligne éditoriale de tel ou tel journal occidental rappellera vite à l’ordre un journaliste qui se serait allé à trop de «compassion» envers une force.
La communication opérationnelle atteint aussi ses limites parce que, basée sur la transparence, elle peut très vite être débordée par une situation qu’elle ne maîtrise plus. A vouloir trop communiquer, on finit parfois par en faire trop. La liberté accordée aux médias américains lors de la guerre du Vietnam et son flot ininterrompu d’images négatives ont probablement fortement aggravé la perception de cette guerre auprès de l’opinion. Plus proche de nous, la volonté britannique d’incorporer des médias au sein de leurs unités présentes dans le sud de l’Afghanistan, pour montrer l’action positive de leur participation, a vite tourné court. Il aura suffit d’un article d’une journaliste britannique pour que le Premier ministre anglais fasse interdire tout «embedded»0. Cette dernière, tombée dans une embuscade avec un détachement britannique dans un village où ils venaient «gagner les cœurs et les esprits», n’avait pourtant fait que rendre compte de ce qui s’était passé: une embuscade, une situation confuse, des insurgés nombreux et manoeuvrants, appuyés par des mortiers, un détachement anglais vite à court de munitions, coupé de ses arrières et surtout incapable de recevoir le moindre appui aérien faute de moyens, ce qui n’aura pas plu à monsieur Blair.
Communication opérationnelle et risques, ou les limites de la stratégie d’influence.
La communication opérationnelle peut aussi présenter certains risques, notamment lorsqu’elle cède à la tentation de la «manipulation» ou de l’influence des médias. Cette tentation peut-être compréhensible, lorsque l’on sait d’une part que l’éventail des cibles pouvant être atteintes par le biais des médias est considérable (population, acteurs locaux, opinion internationale comme décideurs mondiaux), d’autre part, que la nécessité de contrer les campagnes médiatiques mises en œuvre par l’adversaire est primordial pour conserver sa crédibilité. Cette tentation peut aussi être grande pour tout communicant qui se retrouve, un moment ou à un autre, sous la pression de ses chefs et qui doit, une fois encore, trouver de «bonnes histoires» et inverser la tendance médiatique.

Mais attention, les risques sont grands lorsqu’on se laisse bercer par les sirènes de la «manipulation», de la stratégie d’influence ou du mensonge par omission et cela peut coûter très cher!


  • La perte de confiance des médias


La diffusion d’une fausse information, un compte-rendu sciemment erroné de la situation opérationnelle, la manipulation de journalistes, la non-transparence sur les pertes, etc., autant d’actions qui peuvent avoir un impact positif sur le court terme, mais qui aboutissent, sur le long terme, à une perte de confiance de la part les médias. La rétribution directe de journalistes pour la rédaction d’article favorable à la force en Irak eut, par exemple, un effet désastreux sur l’image de la communication opérationnelle américaine. Celle-ci perdit, pour de long mois, la confiance des journalistes engagés sur zone et se montra incapable de diffuser le moindre message ou la moindre information sans être suspectée de désinformation.

Or, conserver la confiance des journalistes avec lesquels, sur un théâtre, les relations sont quotidiennes est un impératif. Combien de situations tendancieuses ont pu être désamorcées ou mises en attente, le temps de permettre à la force de préparer ses réponses, grâce à des contacts privilégiés et à une confiance mutuelle.


  • La décrédibilisation de l’action de la force


Influencer les médias pour obtenir une image positive d’une situation opérationnelle qui ne l’est pas afin de démontrer le succès d’une opération est, là encore, un calcul à court terme qui finit par décrédibiliser la force. Un des exemples les plus connus est la politique dite du «comptage des morts» adverses utilisée lors de la guerre du Vietnam et plus proche de nous en Afghanistan. Le but de celle-ci est de rétablir, dans l’opinion publique, une meilleure perception d’une situation opérationnelle plus que moribonde et de justifier le décès de ses soldats, plus compréhensible par cette dernière lorsqu’elle voit des résultats tangibles sur le terrain. Si elle marche à brève échéance et donne, au moins pour un temps, une impression de succès et de réussite de la mission, elle finit par déborder son utilisateur. Pourquoi y a t-il encore des combats si tant d’ennemis ou insurgés ont été tués? Cela veut-il dire que la rébellion se renforce, que les choses tournent mal? La force aurait-elle sous estimé son adversaire? La mission peut-elle réellement être encore gagnée? Autant de questions qui non seulement placent la force dans une situation encore plus difficile à gérer vis-à-vis des médias et de l’opinion publique mais qui surtout la décrédibilisent car elle semble incapable d’emporter la décision.


  • Rater sa cible


Enfin, dans toute tentative d’influence il y a toujours le risque de rater sa cible. L’utilisation de la communication opérationnelle pour faire passer un message précis, destiné à une population ciblée, peut bien souvent atteindre une autre population interprétant de façon erronée ledit message. L’effet ainsi atteint est à l’opposé de l’effet recherché.
Pour une claire distinction entre communication opérationnelle et opérations d’information.
La découverte ou la redécouverte de l’utilité et de l’importance des opérations d’information dans les conflits asymétriques entraînent de plus en plus un mélange et une certaine confusion entre communication opérationnelle (COMOPS) et opérations d’information (INFO OPS). Assurément, la vision anglo-saxonne qui prône le regroupement de ces deux actions (bien que différenciées dans la doctrine US) dans une même division, celle des Opérations Basées sur les Effets (Effect Base Operation / Joint Coordination Effect Branch), a beaucoup contribué à ce mélange et cette confusion.

Si les opérations d’information0 agissent effectivement aussi sur les opinions (décideurs, population, ennemis/adversaires), elles s’inscrivent cependant résolument dans une stratégie d’influence. Cela passe, entre autres, par l’engagement de leaders-clés et de la population via les opérations psychologiques (PSYOPS) et les ACM (actions civilo-militaires), ainsi que par l’utilisation du ciblage ou de la guerre électronique pour obtenir la suprématie des ondes. Ces opérations d’information, un temps dénommées, Opérations Militaires d’Influence (OMI), peuvent être assimilées en fin de compte à une version moderne, un peu édulcorée, il est vrai, de la propagande. Or comme on l’a déjà vu plus haut, les risques sont grands pour la communication opérationnelle de rentrer dans ce jeu. Ainsi, si elle peut parfois être un relais pour les opérations d’information car directement au contact des médias, la communication opérationnelle ne doit pas devenir l’un des organes de diffusion de cette stratégie d’influence. Elle se doit de garder son indépendance en ne restant subordonnée qu’au commandant de l’opération.
Malgré ses défauts, la communication opérationnelle est plus que jamais devenue, dans le monde surmédiatisé d’aujourd’hui, un impératif pour tout chef militaire quel que soit le niveau de son intervention. Cependant, la volonté d’utiliser cette dernière pour influencer les médias, bien que compréhensible, présente bien souvent plus de risques que d’avantages.
La communication opérationnelle a ses limites:

Elle ne peut à elle seule inverser ou rétablir le soutien de l’opinion publique. En effet, il faudrait être naïf pour croire que cette dernière est la solution miracle qui permettra de combler les lacunes dans la préparation et la conduite d’une intervention.

L’histoire,

une coquetterie de l’esprit?



Par le Chef de bataillon Pierre de COLIGNY,

stagiaire au Collège interarmées de défense


En 2005, la France participe en grande pompe à la commémoration de la défaite navale de Trafalgar, avec la présence remarquée et hautement symbolique de l’unique porte-avions français, le Charles De Gaulle. En revanche, elle n’envoie qu’une représentation discrète à la célébration du 200ème anniversaire de l’éclatante victoire napoléonienne d’Austerlitz, archétype s’il en est de l’art de la guerre, reconnu et fêté par de nombreux Européens d’ailleurs.

Ce qui frappe le plus n’est pas tant la différence de traitement entre les deux manifestations que les motifs d’une telle différence: le rapport particulier de l’empereur avec l’esclavage, mis en avant par un collectif antillais dans une logique de revendication mémorielle.

Au-delà de la polémique, cette affaire met en exergue le rapport difficile que les Français entretiennent avec leur passé. Le dilemme est de taille: il revient à se demander comment on peut vivre le présent et se projeter dans l’avenir, si on ne peut se tourner vers le passé, ou du moins l’envisager sans circonspection, amertume, culpabilité ou repentance.

C’est pourquoi, dépassant la mémoire, il paraît intéressant de poser la question de la place de l’histoire et ce qu’elle apporte pour un chef militaire.

Loin d’être la panacée, la discipline historique est une clé essentielle que le chef militaire se doit de posséder: l’histoire est un atout capital, une valeur cardinale dans le bagage du décideur.

Certes, l’histoire doit être bien comprise et il faut dénoncer les travers ou avatars de son exploitation qui, pour autant, ne remettent pas en cause sa pertinence. En effet, les nombreux bénéfices qu’apporte cette discipline au chef militaire justifient une place importante dans sa formation et sa culture de décideur. Surtout, l’histoire, en élevant l’intelligence à la vision globale au-delà de la complexité des situations, est à même de stimuler la réflexion prospective et de nourrir l’éthique.
*

* *
Avant toute chose, il convient d’éviter un certain nombre d’écueils quant à l’histoire en général ou l’histoire militaire en particulier. Ils sont de plusieurs ordres: tout d’abord le caractère intrinsèquement non scientifique de l’histoire, ensuite la vaine prétention à tirer des leçons du passé directement transposables au présent, enfin les vicissitudes spécifiques à l’histoire militaire dans les armées françaises.
En préambule, on distingue traditionnellement l’histoire de la mémoire, la seconde constituant plutôt une lecture partielle et émotionnelle de la première; la mémoire est relative à un seul groupe humain. Si sa pertinence n’est pas à discuter, son approche du passé diffère radicalement de la méthode historique et ne sera donc pas évoquée davantage.

D’une part, l’histoire n’est pas une science au sens strict. En effet, la science doit être universelle, vraie en tout lieu, tout temps et pour tous. C’est le gage de l’objectivité. Or «l’étude ou l’enquête portant sur des faits» (signification de «historia») est menée par des historiens dont l’impartialité est rare, à partir de sources elles-mêmes fragmentaires et subjectives par nature. Par exemple, Thucydide est l’unique source disponible sur la guerre du Péloponnèse; les acteurs des batailles, selon Maurice Genevois, ont connu «l’incommunicable» et peinent souvent à rendre compte eux-mêmes des faits qu’ils ont vécus. Même si l’histoire peut expliciter les causes, et par là rendre intelligibles les faits qu’elle étudie, elle ne peut prétendre à la vérité scientifique.

D’autre part, l’histoire militaire n’a pas pour objet de tirer nécessairement des leçons, qui sont souvent partiales ou idéologiques; tous les régimes les ont invoquées, faisant dire à l’histoire ce qui les arrangeait. De même, il est hasardeux de prétendre tracer des parallèles entre événements passés et présents: l’histoire en effet ne se répète jamais à l’identique et, sous des apparences semblables, se cachent un contexte et des conditions différents. Le déterminisme n’existe donc pas comme le rappelle le professeur Hervé Coutau-Bégarie: «la bataille est la plus spectaculaire illustration de l’absence de déterminisme historique».

Par ailleurs, apprendre l’art militaire par le seul biais de l’histoire a été largement condamné, les événements venant le plus souvent sanctionner cette approche. Sans rappeler l’évolution de la pensée militaire française, on notera cependant que l’histoire militaire connut une véritable désaffection en raison du mauvais usage qu’on en fit: ceci la disqualifia durablement.

En effet, après Sedan comme après la Grande Guerre, l’Armée française a beaucoup développé l’étude de l’histoire, avec une incapacité persistante à penser la guerre en fonction des conditions nouvelles du combat ou pour justifier les orientations stratégiques du pays. Les hécatombes du premier conflit mondial et la défaite de juin 1940 furent l’aboutissement de cette dérive.

En réaction, au début des années 60, l’histoire militaire était fustigée au motif qu’elle était la cause majeure du revers de 1940 ; jugée stratégiquement dangereuse, on pouvait cesser de l’étudier. La guerre révolutionnaire fut présentée par ses théoriciens comme l’aboutissement de l’art de la guerre moderne mais l’issue de la crise algérienne décrédibilisa cette approche.

Avec l’avènement de l’atome, l’influence croissante de la technique et la radicale nouveauté de l’arme nucléaire, l’étude des conflits d’hier devenait caduque.
En somme, l’histoire ne prétend pas à l’universel, n’est ni un catalogue de leçons ni un simple savoir mondain figé. Dans un monde en proie à des bouleversements profonds et rapides et dans des sociétés en quête de repères, elle suscite un regain d’intérêt. Après une longue «mise en quarantaine», l’histoire militaire profite de cette embellie.
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