Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918»





télécharger 0.53 Mb.
titreBibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918»
page4/17
date de publication27.10.2017
taille0.53 Mb.
typeBibliographie
h.20-bal.com > droit > Bibliographie
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   17

Articles d’intérêt général





Avis aux lecteurs

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous proposer un article, ce dont nous vous félicitons.

Cette revue a été conçue pour que vous vous exprimiez, alors… n’hésitez pas!

Tous les articles en rapport avec la tactique, au sens large, et avec le métier des armes, objet des Cahiers, acceptés par le comité de lecture, c'est-à-dire la quasi-totalité, sont intégralement publiés sur les sites Intranet et Internet du CESAT où chacun peut les consulter.

Nous comptons sur vous pour diffuser cette information, afin que même les non-destinataires des Cahiers puissent suivre réflexions et débat tactiques qui s’installent par articles interposés.

En effet, les Cahiers ne permettent qu’une promotion limitée de vos écrits alors que ceux-ci méritent une large diffusion. C’est pourquoi le Général Commandant le CESAT vient de décider de porter leur nombre de trois à quatre par an, avec parution en octobre, décembre, mars et juin.

Alors…. à vos plumes, et confondez ceux qui en sont restés à la Grande Muette!

Site Internet CESAT: www.cesat.terre.defense.gouv.fr

Site Intradef CESAT: www.cesat.terre.defense.gouv.fr


Quelles menaces demain


pour la France?


Par Monsieur Aymeric CHAUPRADE0,

Docteur en science politique,

Professeur de géopolitique

au Collège Interarmées de Défense,


La problématique actuelle des guerres occidentales est celle des «guerres au sein des populations»0, face à des ennemis essentiellement asymétriques, comme en Afghanistan ou en Irak après la chute rapide des États taliban et baathiste. La raison essentielle en est l’asymétrie de puissance entre des acteurs censés être symétriques, à savoir les États.

Dans la décennie qui a suivi la chute de l’URSS, et donc l’éclipse géopolitique momentanée de la Russie, le déséquilibre entre le potentiel militaire des États-Unis, d’une part, et des États de taille moyenne comme l’ex-Yougoslavie ou l’Irak baathiste, d’autre part, n’a pu être compensé par un soutien de taille. L’Amérique a lancé les guerres qu’elle pouvait mener tant que la Russie était faible et que la Chine n’était pas encore suffisamment forte pour modifier les rapports de force mondiaux. Cette situation de prééminence a fait illusion auprès de nombreux experts; ils ont cru que le monde des conflits interétatiques était derrière nous et que se substituait à celui-ci un monde «d’États faillis» gendarmés par des contingents dont les gouvernements occidentaux attendaient tout, jusqu’à l’installation de la démocratie dans des cultures qui ne l’avaient jamais connue. D’autres raisons sans doute expliquent le fait que notre littérature stratégique est envahie cette idée de la disparition des conflits interétatiques:

  • la mémoire encore fraîche de la Guerre froide qui, grâce à la dissuasion nucléaire, a substitué aux guerres industrielles interétatiques de haute intensité, des conflits de basse intensité, par l’intermédiaire de guérillas pro-occidentales ou pro-marxistes.

  • une erreur classique de raisonnement, l’idée que les formes nouvelles tuent nécessairement les formes anciennes; en admettant d’ailleurs que les guerres asymétriques soient plus nouvelles que les guerres symétriques puisqu’on trouve les deux formes de guerres dans l’Antiquité: que font par exemple les Parthes face à Rome si ce n’est tenter d’épuiser leur volonté en refusant l’affrontement symétrique?

  • enfin, l’éventualité de guerres interétatiques est souvent écartée parce que l’on raisonne avec les mêmes mobiles qu’autrefois, c’est-à-dire la prédation territoriale et la volonté de redécoupage des frontières. Il est peu vraisemblable, en effet, qu’à l’horizon de trente ans, des États musulmans ou asiatiques prennent le risque d’attaquer des pays occidentaux pour occuper physiquement leur territoire, y installer des colons et des gouvernements de collaboration. Ce n’est donc pas l’hypothèse que nous défendons. Même si des gouvernements islamistes parvenaient au pouvoir dans de nombreux États musulmans, compte tenu des rivalités sunnites/chiites et ethniques (Arabes, Perses, Turcs), les Musulmans auraient encore suffisamment «d’occupation entre eux» avant de s’unir en califat et de partir à la conquête des territoires de l’Occident, comme ce fut le cas au Moyen-âge (jusqu’à la contre-offensive des Croisades qui permit à l’Occident de respirer et de sauver Constantinople jusqu’en 1453).

Lorsque nous parlons de risque futur de guerres interétatiques, nous ne voyons pas les mobiles d’hier et les formes du passé. Il faut être capable d’un peu plus d’imagination…
Tout d’abord, au risque de surprendre ceux qui sont accoutumés au tableau «cataclysmique» que les médias brossent de la Russie de Vladimir Poutine, nous ne considérons pas la Russie comme une menace future.

Le président Poutine est en train de reconstruire la puissance de son pays après l’ère oligarchique de la présidence Eltsine. Il tente de dissuader les Américains, via l’OTAN, de grignoter son «étranger proche». Il est un partenaire qui entend se faire respecter et qui refuse l’ingérence dans son système politique; qui a du mal aussi à comprendre la politique de soutien à l’émergence d’États musulmans (Bosnie-Herzégovine, Kosovo) à sa porte. La Russie est l’un des principaux réservoirs énergétiques du monde. Elle est incontournable, pour son gaz surtout. Or elle n’entretient plus de projet de domination idéologique; Qui peut prétendre sérieusement qu’il existe aujourd’hui un quelconque projet de «Russie monde» comparable à celui «d’Amérique-monde»? La Russie n’a, par ailleurs, aucune affinité civilisationnelle avec la Chine qu’elle craint et elle n’utilisera celle-ci que comme un contrepoids conjoncturel face à Washington et l’OTAN. Comme la France et plus largement l’Occident, Moscou est la cible de l’islam radical. Et puis la Russie n’est pas en mesure, à la différence de la Chine, de changer les rapports de force économiques du monde et les centres vitaux de la mondialisation. En quoi alors la Russie, même autocratique, serait-elle une menace? Si autocratie il y a demain, c’est dans le sens d’une reprise en main de l’oligarchie locale. En quoi cela nous concerne-t-il? En quoi la Russie nous menacerait-elle? La Russie est-elle en pleine expansion démographique et aura-t-elle à donner demain des perspectives à d’immenses masses de jeunes désœuvrés?

La réalité c’est que la Russie modernise ses forces armées parce que, compte tenu du chaos durable au Moyen-Orient, ses formidables réserves énergétiques en font une sorte de grenier à blé du monde qui va susciter toutes les convoitises. Elle s’arme pour se défendre, non pour conquérir le monde.
Notre premier scénario de guerre interétatique est un éclatement de violence entre l’Occident américain et la Chine.

Dans l’histoire, aucun reclassement civilisationnel ne s’est fait sans guerre. Or avant 2050, si aucune rupture n’intervient, le monde occidental aura perdu le statut de moteur de la mondialisation qu’il tient depuis le XVIème siècle, moment où, en contournant l’islam grâce aux Grandes Découvertes, grâce aussi aux capacités d’évolution de sa propre religion ainsi qu’à ses propres innovations techniques, il a commencé à surclasser la civilisation islamique. Les États-Unis, qui ont mis en place l’architecture de la mondialisation et qui cherchent à mondialiser leurs standards depuis 1945, accepteront-ils qu’un Empire puissant, nombreux, qui a conservé son identité, et qui consomme une proportion croissante des réserves énergétiques non renouvelables, puisse les dépasser? Une guerre de rang, sur fond de rivalité commerciale, et pour le contrôle des ressources énergétiques (en Afrique, en Amérique Latine, au Moyen-Orient)0 et de leurs routes pourrait éclater et mobiliser, des deux côtés, une puissance de feu considérable. Sans déboucher sur un affrontement nucléaire généralisé, un bras de fer intense mais court pourrait en revanche provoquer l’effondrement de la dynamique de globalisation que nous connaissons actuellement et fracturer le monde en deux nouveaux pôles de co-prospérité indépendants (asiatique et transatlantique).

Dans une telle hypothèse, qu’elle choisisse la neutralité ou l’engagement proaméricain, la France ne pourrait assurer sa sécurité que grâce à une force de frappe aérienne et maritime conséquente.

Neutres, les Français, pour préserver leurs approvisionnements énergétiques (l’accès aux zones de production et la sécurité des routes0), devraient disposer d’une marine0 et d’une aviation suffisamment crédibles; face aux Américains d’abord, qui favoriseraient leurs alliés dans l’accès au pétrole plutôt que ceux qui ne les auraient pas suivis; face aux Chinois également qui ne feraient sans doute aucune nuance entre Occidentaux.

Alliés des Américains, notre nation ne serait pas pour autant protégée. A quoi servirait notre dissuasion nucléaire contre une puissance nucléaire d’1,4 milliards d’habitants? En imaginant que nous portions contre la Chine, ne serait-ce que dix fois le feu nucléaire qu’elle aurait porté contre la France pour la rayer de la surface de la terre, il resterait encore à l’Empire du Milieu plus de 700 millions d’habitants; par conséquent, il nous faudrait être capable d’équilibrer le nombre chinois par la supériorité technologique et par une puissance de feu conventionnelle considérable. Là encore, sans une armée qui surclasserait technologiquement l’adversaire, on voit mal comment la France pourrait sécuriser son territoire ultramarin dans le Pacifique et tenir en même temps son rang dans la coalition transatlantique.

À la lecture de ce scénario, on objectera avec raison que la Chine n’a aucune ambition de domination mondiale, et que l’on serait bien incapable de trouver, ne serait-ce que la prémisse d’un projet de «Chine-monde» comparable à celui de «l’Amérique-monde», puisqu’il n’y a point de messianisme chinois… Tout cela est vrai et c’est ce que nous défendons dans nos écrits depuis longtemps0. La civilisation chinoise n’étant pas d’essence universaliste, à la différence de la nation créée par les Pèlerins du Mayflower, elle ne peut engendrer de programme visant à transformer la culture et les standards politiques des autres civilisations. Mais, ce qu’elle peut tout à fait porter, c’est un programme simple de domination et de prédation illimitée, comparable à celui des Japonais en Asie dans la première partie du XXème siècle, et au profit en particulier de ses élites étatiques, ces nouveaux «mandarins-capitalistes».

Une Amérique, surpassée économiquement par la Chine et ne voulant l’accepter, pourrait choisir d’inverser le cours de l’histoire par le canon et provoquer les conditions de la confrontation. Comme il est peu probable, parce que l’indépendance d’une nation n’implique pas la négation de sa civilisation, d’imaginer une alliance franco-chinoise, on ne peut imaginer pour la France, dans cette hypothèse, que neutralité ou engagement proaméricain. Nous voyons bien alors que ce ne serait pas une armée faite de seules forces de maintien de la paix qui nous sortirait du mauvais pas…
Le deuxième type de conflit interétatique que la France doit se préparer à affronter implique l’islam.

Aujourd’hui, dans le monde musulman, l’Occident ne gère que des problèmes asymétriques pour une raison simple: les islamistes n’ont pas encore pris le pouvoir dans les grands pays sunnites… Ils sont à la tête de l’Iran chiite depuis 1979, mais ils ne sont pas encore à la tête de l’Algérie, de l’Égypte, de l’Arabie Saoudite, ou du Pakistan.

Pourtant, presque partout ils sont déjà majoritaires. Sans revenir sur les causes, nous pouvons dire que si nous en sommes là c’est, comme le soutient l’islamologue Bernard Lewis, premièrement parce l’islam n’a jamais digéré l’inversion de puissance avec le monde occidental (laquelle s’est produite au XVIème siècle), deuxièmement parce que toutes les expériences modernisatrices fondées sur l’importation d’idées européennes échouent les unes après les autres en terre d’islam, qu’il s’agisse de la modernisation engagée par la dynastie des Pahlévi en Iran, du nationalisme arabe (de Nasser à Saddam Hussein) ou du kémalisme turc aujourd’hui en plein recul. Certains pays comme la Tunisie ou le Maroc sont bien sur la voie du développement, mais celui-ci est mis en péril par l’islamisme qui ronge les sociétés. À moins d’être obstinément aveugle, comment ne pas voir qu’il s’agit purement et simplement d’une résistance de la civilisation islamique à toute forme d’altérité ?
Combien de temps encore certains régimes fatigués, comme l’Égypte et l’Algérie, vont-ils résister? Combien de temps l’Arabie Saoudite, alliée de l’Occident par choix stratégique, mais irréductiblement ennemie par la civilisation (son wahhabisme intransigeant) va-t-elle échapper à ses contradictions? Combien de temps nous reste-t-il jusqu’à l’éruption du volcan pakistanais? Tous ces régimes sont en sursis et ne semblent montrer aucune capacité d’adaptation interne dans un contexte de radicalisme islamique croissant. Quant à la Turquie, elle est certes dans l’OTAN et piaffe d’impatience aux portes de l’Union européenne, mais son peuple s’éloigne de plus en plus de l’Occident, tranquillement, démocratiquement même, pour revenir à la «pureté islamique» et rompre avec quelques décennies de laïcisation forcée qui pèsent peu, dans le temps long de l’histoire turque, en comparaison des nombreux siècles de califat ottoman0.
Or contrairement à ce que beaucoup semblent penser, surtout après avoir assisté à l’écrasement des forces conventionnelles irakiennes en 1991 et 2003, nombreux sont aujourd’hui les pays musulmans qui disposent d’une puissance conventionnelle sérieuse. Des pays comme l’Algérie, l’Iran, l’Égypte et le Pakistan possèdent chacun de l’ordre de 1000 aéronefs (avions et hélicoptères confondus pour l’armée de l’air, l’aéronautique navale et l’armée de terre) et la Turquie plus de 1500. Certes, on objectera qu’en majorité, et en comparaison des moyens dont disposent les Français, ces matériels sont obsolètes et que leur disponibilité technique opérationnelle ainsi que leur support sont faibles. Mais ces volumes représentent tout de même une capacité de nuisance que l’on aurait tort de sous-estimer. L’effort de modernisation des flottes d’avions de chasse entrepris par plusieurs pays musulmans est d’ailleurs impressionnant: à 500 km à peine de nos côtes, un pays comme l’Algérie est en train de se doter d’un nombre important d’avions modernes russes, des chasseurs Sukhoi 30 MK, des Mig 29, des Yak 130. L’Arabie Saoudite, qui possède déjà plus de 180

F-15 américains a commandé plus de 70 Eurofighter. Dès 2008, le Pakistan produira quant à lui ses propres chasseurs.
Petit à petit, face à ces États du monde musulman, le fossé en termes de puissance de feu tend à se réduire, même s’il reste aujourd’hui encore largement à notre avantage.
La réduction dans l’écart des forces conventionnelles se double du problème de la prolifération en matière d’armes de destruction massives. À moins d’une guerre ou d’un écroulement brutal et spontané de son régime, en 2020, l’Iran sera une puissance nucléaire. Il y a fort à parier que d’ici là le Traité de non prolifération paraîtra plus dérisoire encore qu’aujourd’hui. Face à un Iran chiite nucléaire, des puissances sunnites comme l’Arabie Saoudite, l’Égypte, l’Algérie et la Turquie auront sans doute engagé un programme nucléaire militaire.

Cela signifie qu’en 2020, les Européens peuvent avoir plusieurs grands voisins musulmans gouvernés par des fondamentalistes sunnites et chiites, disposant de puissantes capacités de destruction conventionnelles et sanctuarisés par la dissuasion nucléaire. Ces États, habités par des idéologies profondément hostiles à notre civilisation et ses valeurs, décideront-ils pour autant de nous attaquer frontalement? Iront-ils jusqu’à provoquer des guerres interétatiques?

Un indice nous est donné par l’examen du comportement de certains États musulmans à l’égard d’Israël, ces dernières décennies. L’Iran ou la Syrie ont-ils attaqué frontalement Israël? Non, ils l’ont fait de manière indirecte en soutenant des mouvements terroristes, c’est-à-dire en soutenant des guerres asymétriques. Le Hamas et tant d’autres mouvances radicales palestiniennes, le Hezbollah libanais ont ainsi obtenu des soutiens financiers et logistiques de plusieurs États du Moyen-Orient, non seulement l’Iran et la Syrie, mais l’Irak baathiste d’avant 2003 et l’Arabie Saoudite proaméricaine.
Quel risque représente un État sanctuarisé par de puissantes armes conventionnelles et nucléaires et dont l’idéologie vous est hostile de manière irréductible? Qu’il finance la haine contre vous, ou qu’il utilise le chantage terroriste pour parvenir à ses fins économiques ou politiques. La Libye et l’Iran ont ainsi procédé de la sorte par le passé.

Les Européens, qui n’ont plus la culture de la «longue durée» chère à Braudel, ne semblent pas voir, qu’une lente, mais ferme, dynamique d’islamisation s’est lovée au cœur de leurs sociétés civiles. Lorsqu’un choc culturel amplifié par le choc générationnel (des populations autochtones européennes vieillissantes face à des populations immigrées musulmanes jeunes), les amènera à réagir, certains États musulmans, confiants dans le rapport de force, ne les laisseront pas faire. Puissamment sanctuarisés, ils n’hésiteront pas à promouvoir directement le terrorisme contre eux, comme ils le font aujourd’hui contre Israël. L’alliance entre le risque symétrique et le risque asymétrique sera alors scellée.
L’Occident se rapproche aujourd’hui dangereusement du moment où il risque de perdre cette primauté dans le rapport de force entre civilisations qu’il tenait depuis cinq siècles. Face à lui, se tient un nombre impressionnant de régimes, qu’ils soient d’Asie, d’Amérique Latine ou d’islam, qui fondent sur la mémoire de l’humiliation et le ressentiment à l’égard de l’Occident, leur volonté de revanche et leur émergence. C’est curieusement dans ce contexte que certains doutent aujourd’hui de l’utilité de nos Rafale, de nos sous-marins, de nos chars Leclerc qu’ils seraient prêts à troquer contre une armée de forces de police censée en découdre avec le kamikaze islamiste.

Il est pourtant une leçon à puiser dans la longue durée européenne: celle d’une civilisation du «trop peu d’hommes» qui, face aux civilisations du nombre, n’aura dominé essentiellement que grâce à son ingéniosité et sa puissance de feu. Une autre leçon à puiser dans l’histoire mondiale cette fois, est que les retards scientifiques ou la perte de l’avantage technique ont été chèrement payés par les civilisations. Si nous laissons les Américains et les Asiatiques courir en tête, nous risquons la faiblesse irréversible.

Il est temps donc que la projection de puissance soit considérée comme autre chose qu’un soutien à la projection de force. Un reclassement s’impose parce que ceux qui à l’Est et au Sud contestent la prééminence de l’Occident sont en train de se donner les moyens de leur contestation et que la France, que l’on veuille la regarder dans une Europe indépendante, dans un bloc transatlantique dominé par les États-Unis ou comme la France éternelle ayant vocation à peser dans le monde, n’en reste pas moins, aux yeux des autres civilisations, un pays d’Occident.
Ankhé (Centre-Annam, 24 juin 1954):

extraction difficile

ou embuscade annoncée


Par le Général de corps d’armée (CR) BILLARD0,

ancien Major général de l’armée de terre.

Note liminaire:

L’opération ATLANTE, évacuation d’ANKHÉ, a fait l’objet d’une analyse, sous l’angle doctrinal, du Colonel GRITCHENKO publiée dans le n°12 de la revue Doctrine (Août 2007). L’article qui suit présente la vision complémentaire d’un exécutant sur le terrain.
Son propos est double:

  • Replacer les combats des Hauts-Plateaux (opération ATLANTE) dans leur contexte stratégique. Dans l'esprit de NAVARRE cette opération PRINCIPALE visait à la reconquête et à la pacification du Lieu Khu V. DIEN BIEN PHU ne devait être qu'une opération SECONDAIRE destinée à concentrer les forces Viet-Minh en un point où elles seraient vulnérables.

  • Apprécier la responsabilité du commandement qui avait choisi d’évacuer ANKHÉ avec un dispositif inadapté (type CAO-BANG) qui ne permettait aucune manœuvre et qui livrait aux Viets un GM 100 pieds et poings liés. Une étude approfondie des archives du SHAT0 montre que la responsabilité du choix de cette solution est partagée entre le Colonel BARROU, commandant le G.M. 100, le Général de BEAUFORT, commandant l’opération ATLANTE, et les états-majors de SAIGON et NIATRANG



«L'évacuation d’ANKHÉ, qui avait été prévue par une directive du général ELY en date du 20 mai dernier (1954) lors de sa mission en Indochine, n’avait pas encore, ce 20 juin, reçu de commencement d’exécution. Elle devenait plus délicate, mais il fallait la réaliser».

Général Salan
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   17

similaire:

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» iconBibliographie p. 9
«premier flic de France», président du Conseil de 1906 à 1909, puis de 1917 à 1920 et préside les commissions du Sénat sur les questions...

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» iconLes monnaies de nécessité ou la grande débrouille dans le Nord occupé (1914-1918)

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» iconHistoire des deux guerres mondiales (1914/1918 et 1939/1945)

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» iconLes Limousins pendant la guerre de 1914-1918
«Comité départemental de la Haute-Vienne de l’or, des bons et des emprunts de la Défense nationale»

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» iconParcours pédagogique
«la commune de Villarcerf à ses glorieux enfants morts pour la France. 1914-1918»

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» iconLa 1ère Guerre mondiale: l’expérience combattante
...

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» iconLa guerre 1914 –1918
«Qui peut me rappeler à quelle période nous nous situons ? Quels sont les repères que nous connaissons déjà ?»

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» iconThème 1 la première guerre mondiale : vers une guerre totale (1914-1918)

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» icon3 les principes generaux du droit budgetaire
«Magna Carta» (ou «Grande Charte»), puis en France en 1789 au sein de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen; et inscrit...

Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918» icon100 ans après, le scoutisme en 1914-1918
«Sous la conduite de jeunes gens de 16 à 20 ans, les troupes d 'éclaireurs se sont dépensées dans toutes les activités locales et...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com