Bibliographie de l’article «Les généraux commandants d’armée de 1914 à 1918»





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La simulation d’emploi



Par le Lieutenant-colonel (TA) Claude CHARY,

du CDEF/DSRO0

JANUS, ROMULUS, SCIPIO, CEPC, SYSIMEV, CENTAC, voilà une multitude de noms ou d’acronymes qui sont maintenant devenus familiers aux forces de l’armée de terre. Ils témoignent de l’ampleur prise par les différentes formes de simulation dans les parcours de formation et d’entraînement. L’univers des jeux a également fait son entrée dans l’infanterie et la cavalerie, au niveau individuel, avec INSTINCT et FRENCH POINT, pour compléter à moindre frais la panoplie des outils existants. La simulation s’impose comme un des outils majeurs de préparation opérationnelle, complémentaire du terrain et de la théorie. Pour autant la simulation reste un outil et non une fonction, même s’il faudra à l’avenir suivre les compétences des personnes qui y servent. Devenue familière en école ou dans les centres d’entraînement, elle s’est modernisée. Elle met en œuvre des techniques efficaces, capables de faire surgir la sueur sur le front des entraînés.
Cependant elle n’acquérra véritablement ses lettres de noblesse que dans l’emploi opérationnel. Il ne s’agit pas de remplacer la décision du chef par celle d’une machine mais bien de l’aider à gérer une masse d’information dans un délai restreint. De même que les rangers nous permettent de marcher mieux et plus longtemps, la simulation, et les technologies qu’elle utilise, devient un instrument facilitant les travaux d’état-major: constitution de force, préparation à l’engagement, MEDO0, répétition de mission. Ces outils assurent un gain de temps ou une analyse plus exhaustive, selon les besoins et le rythme de travail. Nous verrons donc dans une première partie les emplois possibles. Nous aborderons ensuite les technologies disponibles: automatismes, connexion avec les SIO0, affichage graphique, numérisation de la géographie terrestre. Dans une troisième partie nous aborderons quelques projets en cours. Il nous appartient dès lors d’organiser l’utilisation de ces outils, d’apprendre à s’en servir pour en affiner l’usage et en tirer les avantages, sans confiance aveugle ni scepticisme basés sur la méconnaissance.
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Parler de simulation d’emploi nécessite bien sûr de définir ces emplois envisageables. S’il s’agit dans tous les cas d’aider un homme, une unité ou un PC dans son fonctionnement et dans sa prise de décision, le moment comme les modalités peuvent être différents. Il peut s’agir d’outils individuels ou collectifs, de simples calculateurs d’effets ou de systèmes plus conséquents.

L’équipement des unités en matériels SIC0 permet de les doter dans un même temps d’applicatifs utiles, aide-mémoire, documentation, renseignement, mais aussi d’une simulation, qui pourra devenir une véritable caisse à sable virtuelle. Il sera dès lors possible, pour un Chef de corps comme pour un Commandant d’unité, d’illustrer un mode d’action et de le visualiser pour ses subordonnés. Un petit schéma vaut mieux qu’un grand discours, surtout si ce schéma est animé. La simulation constructive, offre dès maintenant une première capacité que nous évoquerons en troisième partie.
Sur un autre plan la préparation de mission avant l’engagement peut maintenant être envisagée sous forme de drill et de répétition de mission. Les moyens dont nous disposons nous permettent en effet de créer des terrains virtuels en trois dimensions, sur n’importe quel point du globe. Il est alors tout à fait envisageable de doter les engins d’une simulation embarquée et d’épiscopes ou d’écrans pour visualiser le terrain. Dès lors la répétition de mission avant de franchir la ligne de débouché devient possible. Le système sol-air ROLAND était à cet égard un précurseur; ce concept permettait l’usage d’un moyen de simulation embarqué que l'on pouvait connecter au système d’arme.

Enfin, lorsque l’on parle d’aide à la décision l’exemple qui vient sans doute le plus naturellement à l’esprit, est celui de l’appui à la MEDO des PC. Que ce soit pour le calcul d’un mouvement, d’un rapport de forces, l’évaluation de critères selon les modes d’actions ou la comparaison dynamique de modes d’action (le wargaming), la simulation a atteint maintenant une puissance de calcul, une automatisation, et peut dès maintenant extraire ses données des SIOC0 pour permettre à un seul homme de manipuler un outil d’aide à la décision. De même, en phase de préparation à l’engagement, les premiers outils d’aide à la génération de forces font leur apparition tandis que l’État-major des armées explore les concepts d’aide à la décision stratégique. Dans ce domaine, l’apport des techniques mathématiques de la recherche opérationnelle se combine avec l’apparition de nouvelles méthodes de raisonnement pour aider le commandement dans la gestion de la complexité.
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En cinq ans les industries comme les armées ont fait de nombreux progrès dans ce domaine. Des briques techniques et des méthodes ont été testées. Les constituants nécessaires à la réalisation d’outils existent.

Les PEA0 APPLET (Aide à la PLanification de l’Engagement Tactique) et CALIPSO (Concepts Avancés d’interopérabilité pour la connexion de la Simulation avec les SIO) ont en particulier permis de progresser en matière de modélisation et de définition des outils d’aide à la décision des PC de brigade et de division. Ils ont permis de distinguer les différences entre une modélisation pour l’entraînement et pour l’emploi. Ces travaux, comme ceux menés sur SCIPIO, le système d’entraînement des PC de brigade et de division, ont permis à des sociétés françaises de développer des techniques d’automatismes évoluées. Le développement de ces savoir-faire ainsi que l’augmentation des capacités des ordinateurs nous permettent maintenant de disposer d’outils individuels, rapides, exploitables par un seul homme.
Sur un autre plan, la connexion des simulations d’entraînement aux SIOC est en cours. Condition sine qua non d’une utilisation opérationnelle, ces liens permettront l’alimentation des simulations avec des données de situation. Ils éviteront des recopies fastidieuses, incompatibles avec les délais de réflexion et l’armement en personnel de PC de GTIA0 ou de brigade. Ces liens rendent désormais possibles l’intégration de simulations au sein de SIO, pour en faire des applicatifs capables d’analyser des critères au profit d’une MEDO et de permettre du «wargaming» lors de la comparaison de modes d’actions.

Ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas de décider à la place de l’homme. Il s’agit de lui fournir des éléments d’appréciation plus fouillés ou plus rapidement qu’il ne pourrait le faire à la main.
Les progrès techniques réalisés dans le domaine de la simulation pourront aussi faire évoluer la notion de préparation de mission. La répartition des systèmes informatiques aux bas échelons autorise l’ajout de logiciels propres à faciliter l’engagement. Déjà les SIT0 fournissent les photographies géoréférencées du terrain; il est possible dès lors d’étendre les services offerts. Les simulations embarquées peuvent offrir la capacité de «caisse à sable» pour préparer la mission ou de répétiteur de mission dans une version plus évoluée. Les différentes briques des outils de simulation (analyse après action, re-jeu) sont proposées dans les futurs outils de préparation de mission de l’ALAT. De même l’accroissement des performances des ordinateurs embarqués autorise la mise en place de «simulation de bord». Il sera peut-être alors plus aisé d’équiper nos chars d’épiscopes de projection et de commandes de simulation permettant la préparation de mission sur le terrain virtuel. Certes des obstacles existent encore, comme la capacité à créer rapidement des terrains numériques suffisamment précis et complet pour permettre la répétition de missions mais ce n’est plus de la science fiction.
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Cette réalité s’exprime déjà pour l’armée de terre, au travers d’expérimentations menées notamment par la DSRO, à différents niveaux. Elles nous donnent une première capacité, afin de permettre par la suite une meilleure expression du besoin, une définition du cadre d’emploi et de la catégorie de personnel qui sera appelée à se servir de tels outils.
Au niveau brigade, la DSRO a participé au Programme d’études amont ADESION/APLET dont l’enjeu consistait à explorer la faisabilité, l’intérêt et le concept d’emploi de la simulation comme aide à la planification d’engagement dans un PC de grande unité terrestre de niveau 2 (division) et niveau 3 (brigade interarmes). L’aide à la décision visée par l’outil s’inscrit dans le cadre du travail d’un PC équipé du SICF0. Elle a pour cadre général la cellule Manœuvre future (MANFUT) du PC Brigade (APLET V1). L’idée principale, qui est le point focal du projet ADESION/APLET, est d’utiliser des modèles de simulation adaptés à chaque niveau de PC pour aider les officiers dans la 2° phase (élaboration de la manœuvre) de la MEDO. Cette aide s’applique dans les 3 étapes suivantes: tout d’abord lors de la confrontation des modes d’action amis et ennemis (MA/ME), puis lors de la sélection du MA et enfin lors de la rédaction des paragraphes concernés dans l’ordre d’opération et des plans (ordres graphiques) destinés aux subordonnés.

Les fonctionnalités d’APLET permettent:

  • D’importer des feuilles tactiques du SICF contenant les modes d’actions ou de rédiger ces derniers directement sur l’application,

  • de compléter, sans les transformer, les modes d’action avec la profondeur souhaitée dans le paramétrage des modèles,

  • de lancer une simulation entièrement pilotée par des automates capables d’interpréter les ordres donnés aux subordonnés de la brigade et d’appliquer les règles doctrinales pour la conduite de la manœuvre,

  • de stimuler la réflexion de l’officier par la présentation, sous forme graphique, d’informations objectives et quantitatives issues de la confrontation,

  • d’accéder au re-jeu pour parfaire l’analyse avant d’intégrer ces éléments dans la réflexion plus globale de l’officier d’état-major.

Les conclusions, compte tenu de l’aspect prometteur du démonstrateur issu des expérimentations, ont conduit l’ÉMAT/BSIC à poursuivre en 2007 l’élaboration d’une version expérimentale d’APLET permettant un élargissement de son périmètre fonctionnel. Ceci permettra une diffusion et une expérimentation à grande échelle de l’application, ainsi qu’une validation en détail de l’intérêt opérationnel d’un tel outil avant le lancement d’un éventuel programme. L’intégration dans SICF V3 constitue un objectif à plus long terme.
A une moindre échelle, une expérimentation a également été menée avec deux stages successifs des futurs Chefs de corps de l’ÉAABC sur le logiciel ASTEC. ASTEC est un outil utilisé par la DSRO pour tester les évolutions des automates de SCIPIO, avant livraison au CEPC0. Il utilise donc les mêmes modèles et automates de compagnie, mais avec une interface simplifiée et modernisée, fonctionnant sur un ordinateur portable. Développé et amélioré en continu par une petite entreprise spécialisée en intelligence artificielle et la DSRO, cet outil dispose de toutes les fonctionnalités d’une simulation, préparation, conduite, re-jeu, avec des capacités supplémentaires pour l’enregistrement de scénarios et d’ordres, et des capacités d’accélération du temps jusqu’à 200 fois, la vision globale ou par camp selon le besoin. Ces capacités ont permis de faire du «wargaming» dans le cadre de la MEDO du GTIA. Ce travail consiste à dérouler en accéléré la comparaison dynamique des modes d’action amis/ennemis retenus pour compléter la liste des critères d’évaluation des modes d’action. Ces comparaisons permettent en outre d’affiner le cadre espace/temps de la manœuvre, d’apprécier les consommations logistiques, le dispositif et la pertinence du lieu de l’effet majeur s’il est lié au terrain.
La capacité des nouveaux outils de simulation à fonctionner sur un seul poste permet le développement de la caisse à sable virtuelle. Déjà JANUS version «caisse à sable» permet d’afficher le terrain numérique du théâtre d’engagement pour apprécier le positionnement d’un dispositif au char près, un plan de feu ou un secteur d’observation, des élongations. L’objectif est d’aider le chef à préparer sa reconnaissance terrain ou lui fournir des éléments si celle-ci ne peut-être réalisée. Cette caisse à sable virtuelle a été donnée à une unité actuellement déployée au Liban pour avis, ainsi qu’au CENZUB. ASTEC permet également cette utilisation avec une finesse moindre de niveau section ou patrouille selon l’unité et offre également la possibilité de visualiser en dynamique la mise en place d’un dispositif.

Certes il reste encore une belle marge de progrès qui réside dans l’extension des modèles de simulation vers les actions de stabilisation, le combat en zone urbaine et l’amélioration de la précision des terrains numériques. Toutefois ces travaux sont en cours: JANUS sortira cet été sa version zone urbaine, tandis que ASTEC implémente déjà des éléments de basse intensité comme les armes non létales, les populations et les terroristes. SCIPIO V1 STAB, en cours de négociation, couvrira l’ensemble du spectre de la zone urbaine et des phases de stabilisation. L’évolution des formats standard de terrain numérique, plus précis et plus complet va également dans ce sens, ainsi que l’utilisation de plus en plus courante des photographies géoréférencées.
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La simulation, si elle s’impose maintenant comme un outil incontournable de la préparation opérationnelle, n’a pas encore obtenu ses lettres de noblesse en matière d’emploi. Pourtant, les outils, les techniques et les méthodes ont largement progressé. Il est maintenant envisageable de mettre à la disposition des PC et des chefs des outils fournissant une première capacité, avec des délais d’utilisation compatibles avec les délais de préparation, voire les délais de la MEDO, même raccourcie. Comme pour la préparation opérationnelle, il faudra utiliser ces premiers outils pour affiner notre expression de besoin et l’usage que l’on peut en attendre. Cette utilisation devra permettre de convaincre les plus sceptiques qu’il ne s’agit pas de remplacer une décision humaine en se fiant aveuglément aux résultats fournis par une machine, mais bien de profiter des puissances de calcul et d’analyse pour traiter des informations multiples et prendre en compte de nombreux critères permettant d’éclairer cette décision. Ce challenge culturel sera sans aucun doute le plus difficile. Cette phase d’appropriation devra permettre de définir le niveau de convivialité, le niveau de fiabilité et les méthodes de validation des outils à venir.

Avant de courir après de nouvelles prouesses technologiques, il importe de prendre en main ces outils, de définir l’organisation adaptée et le bon usage.

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