Je dédie cet ouvrage à mon fils Rodolphe





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La prise inconsciente de son état dans une pensée rigide.

Déjà huit années que la maladie règne en maître. Le blindage a été changé, nouveau départ. Je ne veux pas laisser vivre Rodolphe seul, bien évidemment, je tiens à l'aider afin de lui donner les meilleures chances de surmonter son mal. Un seul but en terminer dans les meilleurs délais, sans objectif. De son propre aveu, son affirmation de ne pas vouloir retourner une troisième fois à l'hôpital est déjà une motivation qui me satisfait. Disponible, je vais aller vivre quelque temps avec lui, dans son appartement acheté deux années auparavant. Je dispose de mon temps libre pour l'assister, je resterai le temps qu'il faudra, le temps qu'il trouve un équilibre psychique stable plus satisfaisant ; la durée nécessaire à sa prise de conscience, à part entière, de sa réalité. Dès lors, le suivi entrepris par sa psychiatre va pouvoir reprendre et moi, de mon côté, je dois l'amener à le faire se convaincre que ses perceptions proviennent uniquement du dysfonctionnement de son cerveau. On ne peut guérir une personne qui ne peut considérer son état pathologique, mon seul but, ma seule obsession, la reconnaissance inconditionnelle de sa maladie en employant tous les moyens disponibles. Il va falloir que je trouve des failles à son raisonnement et je sais que ce ne sera pas totalement suffisant, car à chacune de ses nombreuses hallucinations passées, il s'est toujours rangé, sans équivoque, derrière ses perceptions. Un cycle interminable, il perçoit, donc il croit sa réalité, et comme il croit, il est attentif et en état d'alerte, donc il a des perceptions. Qui a dit que le mouvement perpétuel n'existait pas ? Il est là, imperturbable, avec ses accélérations brusques, ses ralentissements instables, ses dépassements brutaux. Il faut arriver à casser ce rythme et trouver des solutions pour freiner le moteur de sa construction psychotique et je sais que ce sera d'une impossibilité manifeste en s'appuyant sur des démonstrations logiques et surtout les miennes. La conviction doit se construire en venant de sa personne et cette reconnaissance ne peut être indissociable d'une décroissance significative de ses perceptions négatives. Le nouveau traitement sera-t-il efficace ? Je peux le penser, sans lui, c'est peine perdue. En premier lieu, il faut s'organiser, ma présence ne doit pas lui sembler une contrainte, il est aussi important qu'il se sente libre et puisse, dans la mesure de ses possibilités, se prendre en charge à minima. Un planning est adapté selon son niveau de dépendance ponctuel dans la maladie. Des débuts de semaines identiques. Après le week-end à la maison, nous rentrons chez lui, ensemble, le dimanche soir, avec sa voiture et c'est lui qui conduit. Moi, je fais le retour, soit le vendredi ou, dans le meilleur des cas, le jeudi, après qu'il ait intégré le travail du matin. Mon fils rentre seul à la maison familiale le samedi matin, généralement. Ma vie est mobile, comme vous pouvez le constater. Chaque dimanche matin, je vais me décompresser par un footing d'une petite paire d'heures ; même si la performance n'est pas de rigueur, un peu d'oxygène me revitalise et j'en ai bien besoin. Dans la traversée du désert, tant que l'on marche, c'est que l'on est en l'état d'un vivant.

Cela peut paraître inconcevable, dans son état pathologique perturbé, on pourrait croire qu'il ne peut avoir une vie proche de la normalité. Et bien si, il est socialement intégré, à sa façon, travaille comme tout le monde, circule et pilote sa voiture depuis ses dix-huit ans dans une conduite irréprochable, assure sa logistique avec moi, est fidèle à sa séance hebdomadaire de natation. Hormis ses activités sportives cadrées, son lourd handicap l'empêche d'accéder aux autres loisirs, la foule est trop perturbante et ses contraintes le restreignent à rester dans son appartement, le plus souvent au repos dans une position parallèle au plafond. Comme il me dit : L'Haldol me scotche au lit. Moi, je crois volontiers que la sortie en extérieur est pesante et il s'en dispense le plus souvent. Si les neuroleptiques provoquent un état de somnolence, il est certain, qu'au-dehors, son état d'éveil permanent, ciblé sur son environnement, est plus que fatigant et il est aussi évident que cette maladie provoque le repli naturel sur soi. Une vie plus que monacale tel un ascète anachorète. Ma présence, lui fait une compagnie qui le rassure. Je m'organise pour planifier mes grandes journées. Je réfléchis sur des méthodes à employer pour le dévier de sa croyance, je cherche de la documentation en librairie, je marche, je me charge de l'intendance, je vais au ciné le mercredi. S'occuper à tenter de le sortir de cette impasse est un travail à plein temps très déconcertant, épuisant moralement.
La dualité entre les perceptions et la reconnaissance d'une maladie, la logique n'est pas celle que l'on espère.

L'évidence, pour moi, est d'arriver à ce qu'il reconnaisse son statut de ‘malade’ et rien d'autre. On en est bien loin, malgré qu'il ait fait quelques infructueuses tentatives de durée restreintes. Positivons, il se pose des questions, s'interroger est déjà une démarche, mais rien qu'une démarche. Il écrira : J'ai la sensation d'être surveillé, Pourquoi ? J'ai l'impression que mes ennemis attendent que je sois seul pour me revenir dessus, ils sont invisibles aux gens qui ne les ont jamais remarqués, moi, je les reconnais par des signes distinctifs. Vont-ils me suivre encore longtemps ? Ils agissent comme des personnes normales, leur seul but est de se débarrasser de moi, ils semblent toujours sûrs d'eux, ils sont du milieu que je gêne à cause de Dieu.

C'est toute la difficulté de le voir prendre conscience que ses manifestations ne sont que leurres, en arriver à ce stade serait éliminer la plus grande partie de sa souffrance, une avancée significative vers un état moins perturbant par la compréhension de son unique implication dans son insupportable trouble. Je verrai au feeling, ne pas le convaincre par des démonstrations rationnelles, le rassurer, le faire parler, quand c'est possible, le faire écrire, c'est aussi plus que difficile, il faut insister et ce n'est qu'un résumé trop restrictif. A ce jour, je ne sais que peu de chose sur le vécu de ses hallucinations, que quelques fragments épars, glanés dans les brèves discussions, une vision non-globale, très imparfaite des effets de sa psychose. Dans cette souffrance, le patient se renferme sur lui-même, parle peu, ne partage pas le contenu des événements qui va l'endoctriner chaque jour un peu plus, le reclure dans son autre monde. Les communications visuelles, venues de l'au-delà, gardées dans son coffre-fort intérieur, lui sont plus importantes qu'un secret d'état. Dans notre réalité, sur notre commun désaccord, nous ne communiquons que très peu, ce qui n'empêche pas de ne rien se dire. C'est de ses perceptions réalistes et traumatisantes que se blinde son histoire cohérente et indestructible. De cette construction hétéroclite, dans sa vie qui va à vau l'eau en personnalité de rupture où tout fout le camp, rien ne s'échappe, il absorbe et entasse les images perçues dans son cerveau saturé qui, de temps à autre, se décharge brutalement en délires comme un trop-plein insupportable. Un bunker en solide béton, qu'il va falloir démolir sans méthode précise, en chercher les failles, gratter, faire tomber et faire disparaître, un à un, tous les matériaux de construction jusqu'au dernier grain de sable. Un exercice proche de l'insurmontable, si le but de la vie est de construire, dans une psychose, il ne faut que démonter, bender, casser, briser, racler, balayer, laver. La destruction est l'unique maître-mot à mettre en œuvre et je ne pense qu'à ça.

En premier lieu, je rassemble les idées qui me semblent simples et possibles, c'est vite fait, car elles ne font pas légion. Chaque soir, et c'est difficile de le motiver, on résume ensemble, sur un papier, les faits marquants de la journée, le travail, les activités sportives et l'on note, de un à quatre, sa perception de son état psychique. Les repères écrits sont importants, car je constate que lorsqu'il est au plus mal, il m'affirme subir ses agressions sans répit et les jours où il va mieux, il relativise son appréciation. C'est bien plus tard que j'ai compris ce message divergent, selon son état, il n'est plus le même homme, sa double identité se partage rigoureusement. Sachant que dans chacun des deux cas, il est dans une vie entière, dans sa première personne, il est celui qui mène sa vie dans une relative normalité avec ses contraintes alors que dans la seconde, il est en permanente souffrance. N'ayant pas intégré, à cette époque, ses deux facettes séparées, je le guidais dans sa notation journalière en fonction de mon observation visuelle de son état ponctuel, car je pensais, et c'est vrai en grande partie, comme tout en chacun, qu'il est peu facile de s'estimer avec exactitude, l'œil de l'entourage est un indicateur assez réaliste. Compte-tenu de ses positions distinctes, ses deux Moi, Lui et son Autre, je comprends maintenant pourquoi cela n'a jamais été évident pour Rodolphe de s'auto-juger. Actuellement, rien n'a changé, mon appréciation personnelle me permet d'adapter mon discours selon sa personnalité de l'instant. Je lui conseille aussi de tenir un journal personnel, son carnet secret, une manière, par l'écriture, de purger ses angoisses, mais il ne le fera pas, il n'en voit pas l'utilité. Egalement, sur une ardoise, j'ai inscrit, en grands caractères, la réflexion qu'a tenté de lui communiquer le psychiatre lors de son second séjour à l'hôpital : Je suis Rodolphe et ma tête est entière, elle n'est pas cassée.

Une manière à lui rappeler qu'il n'est que lui-même et que tout est réversible. En préparation de son rendez-vous hebdomadaire, de fin de semaine chez sa psychiatre, où de mon avis, il parle peu, je l'oblige à décrire les maux qu'il ressent et à poser les quelques questions sur ses interrogations. Pour l'une de ses visites, il écrira : Au travail, ça été mal. Je voudrais être libre, vivre ma vie, sortir, mais je me sens entouré à chaque fois que je sors. Pourquoi, les autres ne se sentent-ils pas entourés ? Toutes les personnes que j'ai en hallucination se ressemblent toutes. Pourquoi les autres ne voient-ils pas les mêmes choses que moi ? Quand je suis mal, je souffre et j'ai des envies de suicide.

Des interrogations à orienter vers un début de démarche plus constructive. La question que j'arriverai à lui faire poser, après des mois de réitération, tant sa croyance est sans équivoque, est de demander si ses hallucinations sont des faits réels. La réponse bien normale, qu'il m'a rapportée, s'est traduite par une réflexion qu'il doit mettre à profit, approfondir : Si tu es le seul à les percevoir, il faut que tu te poses la question.

Ne pas couper le contact, par une affirmation de désaccord, est l'absolue nécessité d'une relation durable entre le psychotique et sa psychiatre.

Première déception, depuis sa sortie de l'hôpital, la médication est loin de donner des résultats satisfaisants, le nouveau neuroleptique le fait fonctionner comme une mer agitée, tantôt, c'est le creux profond de la vague avec toutes ses conséquences, comme un vide qui l'absorbe brusquement, sans prévenir, auquel succèdent quelques accalmies trompeuses. Les sensations et les hallucinations ne l'ont pas quitté, elles lui font subir d'impressionnantes angoisses et dans les périodes les plus difficiles, il s'agite et tourne en rond comme un satellite autour d'un désastre. Quand, je le vois dans ses états insupportables, je me demande comment on peut survivre dans cet enfer. Malgré tout, il assume et je m'imagine quelle force il a, en lui, pour résister, avoir tant d'énergie pour se maintenir à flots. Le sport en général, dont la natation, lui convient et permet de garder le lien physique avec sa vie ; un contact corporel qui sursoit son mal. Il ne pratique pas la natation en ouverture libre, trop de gens inconnus pour son mental, il est inscrit dans un cours restreint de perfectionnement, ainsi, il se meut dans un milieu connu, sans surprise. Egalement, il pratique, en première année, le yoga et sur cette discipline, je suis plus mitigé, la communication, qui lui manque, n'est pas de rigueur. Il s'y rend par habitude et malgré tout, c'est de la relaxation, une détente qui lui procure un peu de calme. J'eus préféré qu'il se retrouve dans une activité d'ouverture, qu'il parle, qu'il s'exprime, qu'il crie, qu'il exulte son trop-plein d'angoisses ; un cours plus adapté, spécialisé à la mesure de sa nécessité. Quand il rentre, en fin d'après-midi, s'il est en état de stress intense, je dois trouver le moyen de calmer ses angoisses, parfois, il m'arrive de m'allonger près de lui et de rester dormir la nuit entière, tant il est pris dans la tourmente. Le but à atteindre semble être une mission impossible, il faut le rassurer, lui redonner confiance et ma présence est un atout indispensable ; un complément, plus que nécessaire, à sa nouvelle médication dont il faut faire avec. Contrairement à son ancien traitement, qui le faisait survivre un peu artificiellement comme dans un cocon protecteur, l'Haldol le fait renouer avec sa personnalité toujours dans des conditions plus mouvementées. Un neuroleptique qui ne fait pas de miracles pourtant les malades sont proches de Dieu, convaincus de l'existence d'un monde supérieur, mais je ne peux que constater, qu'il n'y a pas beaucoup d'efforts venus de Là-haut ; on se sent bien seul face à cette dérive. L'anxiolytique, le Xanax, lui, par contre, a bien amélioré son état de mémoire, les trous du gruyère ont été comblés ; une grande satisfaction, Rodolphe n'appréhende plus le travail, une importance vitale à une prémisse de réintégration sociale. Dans l'impuissance ambiante, mon premier souci a été de trouver un moyen de calmer ponctuellement ses angoisses perturbantes afin d'apaiser et de raccourcir le temps de sa souffrance. Dans ce registre, j'ai trouvé, dans une méthode de relaxation, un texte, ressemblant à une histoire que l'on raconte à un enfant pour l'endormir. Un processus, une méthode psycho-imaginaire dont le déroulement naturel est à l'opposé de l'état psychologique du souffrant, le positionnant temporairement dans un univers différent. Position couchée sur le lit, en fermant les yeux, il faut créer le climat apaisant et lire ce texte de substitution à son imaginaire : Sur la rivière, ton corps est allongé sur une barque. La barque flotte paisiblement et glisse tranquillement, de plus en plus calmement. La barque glisse, glisse... et ton corps se détend, lentement, lentement et progressivement. Sur cette rivière, tu t'approches d'une montagne enneigée et la vision est apaisante, ton corps se détend de plus en plus, tu te relaxes, tu es calme, c'est le bien-être, la tranquillité, la sérénité... Au pied de cette montagne, la rivière entre dans une grotte. La barque se rapproche, tu te sens de plus en plus calme et reposé. La grotte est tranquille. La lumière diminue lentement, très progressivement. Ton corps se détend, se détend et s'efface de plus en plus... Tu es dans la grotte, la barque s'arrête, tu es parfaitement calme et détendu, tu te reposes dans la tranquillité et la sérénité, tes yeux se ferment, tes paupières deviennent lourdes, lourdes et tu dors…

Un texte qui me fait ramer et ce n’est « pas gai ». Une démarche qui ne fonctionne que très partiellement, je n'arrive pas à l'endormir, seulement à le calmer, enfin presque, c'est préférable, car dans l'hypnose, il faut aussi savoir réveiller et ça, je ne sais de quelle manière opérer. La condition expresse est d'avoir une grande confiance mutuelle, mais il faut se rendre à l'évidence, le mal est si profond que toutes les méthodes, de nature identique, ne sont que des palliatifs plus que limités. Le texte est ce qu'il est, l'important est de rassurer, de le faire décompresser ; le fait de parler permet de dévier sa pensée obsédante, de vider son trop plein d'anxiété. Mettre seulement un temps limité afin de le faire revenir à un état mieux stabilisé est un résultat insatisfaisant, encourageant malgré tout. De nombreux jours, la méthode n'a pas donné ce que l’on pouvait en espérer, alors le dernier recours passe par un léger somnifère. Une bonne nuit de repos est primordiale. A chaque jour suffit sa peine, demain sera d'autres jours.
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