Musée des Beaux-Arts de Lyon





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Musée des Beaux-Arts de Lyon

Le mercredi 21 novembre 2012, de 8h00 à 12h00, la classe de 1°5 L-ES réalise une sortie au musée des Beaux-Arts de Lyon pour étudier des œuvres Baroques, soit du XVIIème siècle, accompagnée de Mme Fresnaye, Mme de Bona et M Bonfils-Guillaud. La classe est divisée en deux parties : les Littéraires sont allés étudier les œuvres du musée, tandis que les ES sont partis à la découverte de l’Opéra de Lyon, puis du musée. Le musée des beaux-arts de Lyon est un musée municipal fondé en 1801. Il est situé dans l’ancien palais Saint-Pierre sur la place des Terreaux ; ce palais était sous l’ancien régime et avant sa destination actuelle, une abbaye de Bénédictines, l’abbaye des Dames de Saint-Pierre. Cet édifice est aujourd’hui classé monument historique. De 1988 à 1998 le musée est la cible de grands travaux de rénovation qui ont aujourd’hui permis une importante expansion des surfaces d’expositions des œuvres, et plus particulièrement des sculptures de l’antiquité grecque et romaine. Réparties sur 70 salles, les différentes collections embrassent une période comprise entre l’époque de l’Égypte antique (momies, tombeaux et différents objets) à aujourd’hui (peintures modernes et abstraites). La plupart des disciplines artistiques y sont représentées, faisant du musée des Beaux-Arts l’un des plus conséquents d’Europe, ainsi que le second musée français par sa superficie et la richesse de ses collections.

Tout d’abord, nous allons vous présenter les œuvres suivantes en trois parties distinctes pour chaque œuvre (la présentation de l’œuvre, son analyse et son interprétation) :

  1. « César remet Cléopâtre sur le trône d’Égypte » réalisée en 1637 par Pierre de Cortone.

  2. « La circoncision » réalisée en 1646 par Le Guerchin.

  3. « La Crucifixion » réalisée en 1636 par Simon Vouet.

  4. « La Cène » réalisée de 1635 à 1637 par Simon Vouet.

  5. « Vanité » réalisée en 1626 par Nicolas Reigner.

  6. « La résurrection du Christ » réalisée en 1674 à 1676 par Charles Le Brun.

  7. « Saint Dominique et Saint François préservant le monde de la colère du Christ » réalisée en 1620 par Pierre-Paul Rubens.

Auparavant, nous allons retracer en quelques traits rapides le contexte historique du XVIIème siècle et du courant Baroque en France :

1589-1610 : règne d’Henri IV, dit Le Bien-Aimé.

1610-1643 : règne de Louis XIII, dit Le Juste.

1610-1624 : régence de Marie de Médicis, mère du roi.

1624-1643 : règne du roi aidé du Cardinal de Richelieu.

1643-1715 : règne de Louis XIV, dit Le Roi-Soleil.

1643-1661 : régence d’Anne d’Autriche, mère du roi, et du Cardinal Mazarin.

1661-1715 : règne personnel du roi.

Ce siècle est une époque de grands bouleversements autant au niveau politique que culturel en France. Henri IV signe l’Edit de Nantes qui autorise la religion protestante et réconcilie le peuple à la Couronne de France. Louis XIII gouverne le royaume sans donner grande importance à la politique et relègue le pouvoir au Cardinal de Richelieu. Louis XIV, quant à lui, révoque l’Edit de Nantes et rassemble ses sujets autour du Christianisme. Il instaure la Monarchie Absolue, et fait preuve d’une grande protection artistique et scientifique (château de Versailles, Académie des Sciences …), malgré de très nombreuses guerres qui ravagent l’Europe la France se retrouve victorieuse maintes fois, d’où l’image de la toute-puissance française dans le monde du XVIIème siècle.

Cette première œuvre, intitulée « César remet Cléopâtre sur le trône d’Égypte » est exécutée en 1637 par le peintre Pierre de Cortone (1596-1669). L’œuvre, commandée au peintre par Louis II Phélyppeaux de La Vrillière à Paris. Cette œuvre est offerte au musée en 1811.

Cette œuvre, de sujet profane, représente une scène importante de l’Histoire Égyptienne. En effet, après la mort de Ptolémée XIII, César restitue à Cléopâtre le trône d’Égypte en chassant sa jeune sœur, Arsinoé IV, qui avait été reconnue reine par la population d’Alexandrie. Cette scène dont le sujet Classique, car l’Antiquité est reconnue pour être une caractéristique de l’art Classique au XVIIème siècle, n’en reste pas moins une œuvre Baroque pour autant. En effet, le mouvement, les expressions des visages, la profusion des détails, les gestes des personnages, ainsi que l’anatomie des corps semblent refléter les thèmes baroques. Ce tableau possède une mise en scène plutôt particulière : certains éléments rappellent la scène de théâtre. La posture des acteurs (au premier plan), la présence de spectateurs (personnages à l’arrière-plan), la présence d’instruments de musique, l’apparition d’un rideau qui tombe du ciel et dont la couleur, pourpre, rappelle l’ élément indispensable du théâtres, la scène au premier plan avec une sorte de marche, et enfin, un « décor » au fond. La ligne imaginaire que forment les mains des personnages du premier plan crée la séparation entre les spectateurs et les acteurs. A l’arrière-plan, le décor semble avoir été posé de manière incertaine ; il représente la Rome antique des Césars, plusieurs symboles de l’Empire Romain sont représentés, comme les aigles, les étendards et la couleur rouge -couleur de l’Empire- récurrente.

Ensuite, tous les emblèmes du pouvoir et de la puissance sont présents. Par exemple, on peut apercevoir le trône avec tous ses attributs (le dais, le marchepied et les marches), la couronne, le sceptre, les lauriers de la Victoire.

Les couleurs utilisées par le peintre sont principalement les couleurs primaires et des couleurs vives. On retrouve aisément le bleu, le rouge et le jaune. Le rouge et le jaune -ou l’or- représentent le pouvoir royal, tandis que des couleurs froides, comme le bleu, se retrouvent plus distinctement dans l’arrière-plan et les soldats. Le bleu du manteau de Cléopâtre évoque le manteau royal porté par les souverains français, et contraste avec celui de sa sœur, d’un bleu plus terne voire passé, ce qui signifie qu’Arsinoé ayant fait son temps laisse sa place, dans la contrainte, à sa sœur et donc la représentation d’ une couleur plus vive et plus vivante. Le rouge de la cape de César rappelle le pouvoir et la force de son Empire, tout comme le rideau, ou le dais qui laisserait penser à la protection du trône d’Égypte par César. La blancheur de la peau de Cléopâtre évoque la pureté, alors qu’Arsinoé a le visage blafard, de couleur plus terne.

Le tableau relève d’une composition en pyramide, les lignes de fuites sont très présentes et bien visibles. Les principales lignes se dirigent vers César, en haut du tableau ; par exemple, les instruments de musique, sur la gauche de l’œuvre, renvoient à la couronne de lauriers de César. Ce dernier hisse Cléopâtre sur le même point d’entente que lui au niveau politique, le jeu de l’égalité est perceptible, le royaume d’Égypte étant le plus vaste après celui de Rome.

« César remet Cléopâtre sur le trône d’Égypte »

1637 – Pierre de Cortone



  • Huile sur toile : 2,55 m / 2,66 m.


« La circoncision »

Ce tableau baroque, de Le Guerchin, se nomme La circoncision. Il a été peint en 1646. Cette œuvre représente une scène de la religion catholique, c’est-à-dire un thème classique. Le bébé, Jésus, est le personnage le plus important du tableau. En effet, il est mis en valeur par sa nudité, par son auréole, par le drap blanc qui symbolise la pureté, et aussi car il est placé au centre avec tous les regards mélancoliques tournés vers lui, comme par exemple ceux de ses parents, Marie et Joseph. On peut aussi remarquer que Jésus est le sommet d’une pyramide dont la base est la table. Cette œuvre est dite verticale à cause des éléments, tous statiques, de ce tableau comme les personnages, le « bâton » de Joseph, les colonnes et les cierges. Aussi, à l’arrière-plan, on aperçoit un château fort en ruine symbolisant le passé, c’est-à-dire la représentation du Moyen-Age et faisant contraste avec les thèmes de la renaissance, c’est-à-dire le renouveau.

  • Huile sur toile : 4,15 m / 2,65 m.

« La circoncision »

1646 - Le Guerchin



« La crucifixion »

Entre 1636 – 1637, le peintre français Simon Vouet peint la Crucifixion. C'est une huile sur toile dont le commanditaire est le chancelier Pierre Séguier qui souhaitait cet œuvre dans sa chapelle privée. Elle est désormais exposée au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ce tableau représente la crucifixion du Christ, c'est donc une scène religieuse.

Ici, le personnage le plus important est évidemment Jésus, qui se trouve au milieu et est éclairé par une lumière venant d'en haut à gauche du tableau. Son corps est donc mis en valeur et on peut noter des touches légères de verts dans la couleur de sa chair, lui donnant un aspect cadavérique et exprimant ainsi sa mort. On retrouve ce teint projeté sur le visage de Marie, qui est évanouie, retenue par deux femmes, couleur qui ressurgit aussi sur le visage de St Jean, au pied de la croix. La pâleur des personnages contraste avec l'obscurité du ciel, qui s'est soudainement assombri à la mort du Christ. Nous avons de cette façon une mise en valeur de la scène, la dimension de la croix étant ramenée à hauteur d’homme.

A gauche de la croix se trouve Marie Madeleine, qui semble saisie d'effroi face à cette scène. L'observateur se trouve au même point de vue que Marie, c'est à dire en contre plongée par rapport à Jésus, il a l'impression de rentrer dans le tableau, de devenir un témoin de cette scène tragique. On notera un certain déséquilibre dans cette composition, avec quatre personnages à droite et seulement un à gauche. De plus, l'axe de la croix est de biais par rapport au bord du tableau et elle est aussi plus courte, pour rajouter à cet impression d'intimité. Il y a aussi une ligne souple allant de la tête de Sainte Marie Madeleine à celle de St Jean, comme un élan dans un tourbillon qui encercle presque le Christ.

« La crucifixion »

1636 – Simon Vouet



  • huile sur toile : 2,16 m / 1,46 m.

« La Cène »

Une autre scène religieuse peinte par Simon Vouet est la Cène, peinte elle aussi en 1636-1637, puisque qu'elle appartient à la même série que la Crucifixion.

On retrouve dans ce tableau plusieurs procédés communs au précédent. En effet, ici encore le point de vue est en contreplongée et on rentre à nouveau dans la scène en étant projeté par ce personnage de dos et coupé. Le cadrage décentré intensifie cette impression.

On se sent comme parmi la foule, présente pour le dernier repas du Christ. Les regards sont d'ailleurs concentré sur lui, il est l'élément principal de l'œuvre, tout converge vers lui. On a une impression de mouvements, les personnages sont surpris dans leurs mouvements, comme pour une photographie.

On le remarque surtout avec l'homme à droite, apportant un plat, qui est figé dans son élan, alors qu'il monte une marche. C'est deux tableaux appartiennent donc au mouvement baroque puisqu'ils rassemblent les éléments propres aux œuvres de cet époque : mouvements, luminosité, expression des visages, jeux d’ombres et de lumière, théâtralisation, les muscles des corps mis en valeur, montrant « le travail des corps », l’aspect réaliste allié à l’aspect mythologique ou religieux.



« La cène »1635 à 1637 – Simon Vouet

  • Huile sur toile : 1,33 m / 1,50 m.

« Vanité »

1626 – Nicolas Reigner

Cette œuvre intitulée « Vanité » ou « Jeune femme à sa toilette » est exécutée en 1626 par le peintre Nicolas Reigner (1590-1667). L’œuvre, de composition Baroque est offerte au musée en 1976, fait d’abord l’objet d’une légère restauration et est ensuite exposée au public parmi les collections du XVIIème siècle.



Cette œuvre est de sujet profane, représente une scène du quotidien pour une demoiselle du XVIIème siècle faisant sa toilette. En effet, le peintre choisit simplement de représenter une jeune femme se contemplant devant un miroir, en train de se coiffer en s’accommodant de fleurs blanches dans les cheveux et rajustant ses boucles blondes. Cette femme assise se trouve au-devant d’une table recouverte d’une étoffe de velours cramoisi.

Différents objets insignifiants présents sur la table sont en réalité porteurs de messages plus ou moins implicites. Par exemple, on peut apercevoir un collier de perles, une broche dorée, un crayon, une lettre, une bouteille de parfum, un miroir, un vase … tout ceci représente un seul et même thème : la vanité. Le miroir, thématique emblématique du baroque, trahi lui-même l’image de la jeune femme ; en effet, en observant de plus près, on peut aisément s’apercevoir que son reflet n’est pas la copie conforme de la réalité : le reflet incline la tête vers la droite, alors que la demoiselle l’incline du côté opposé. Le courant baroque, comme nous l’avons précédemment évoqué, favorise le mouvement, l’illusion, le reflet -donc le miroir- et une profusion de messages divers dont les plus récurrents sont religieux ou politiques.

Le message est ici implicite, la religion demeure un message à décrypter, derrière ces objets de vanité ; parmi les objets éparpillés, aucun ne rappelle la religion.

La vanité, est, comme le reflète le miroir, un moyen de perdition, de débauche et de décadence, cela ne permet donc pas d’acquérir son salut auprès du Christ après la mort. Le reflet a un regard vitreux et froid ainsi qu’un sourire faux ce qui souligne le fait que la jeune femme dans ses excès de vanité et d’orgueil se jette droit dans le mauvais chemin.

La jeune femme a recouvert ses épaules d’un châle blanc, couleur de la pureté et de l’innocence, qui n’est pas représenté dans le reflet du miroir. Le message que le peintre veut faire passer au spectateur est à présent plus clair : faire vœu de pauvreté et pénitence, comme le veut la religion, et gagner ainsi son salut dans le royaume des morts, c’ est le seul moyen de reposer en paix à jamais. Aucun argent, artifices ou belles paroles ne pourra jamais acheter son salut et le pardon de Dieu sur Terre.

En outre les couleurs du tableau n’en rappellent en rien la religion qui préfère les couleurs sombres et froides. Le rouge vif, le grenat et le pourpre sont les couleurs dominantes et évoquent ainsi la richesse mais également le péché et le non-respect des contraintes religieuses. Le châle blanc que porte le personnage est lui-même terni mais évoque tout de même la lueur d’espoir de se confesser et le gain du salut, mais cela semble perdu, car le reflet ne renvoie pas l’image du châle et du blanc. Les couleurs azur et or, quant à elles, se distinguent du reste du tableau et marquent la richesse de la jeune femme, qui font ressortir le coté orgueilleux de la personne. Les jeux d’ombre dans le mouvement des étoffes des vêtements de la jeune femme sont présents.

L’œuvre relève d’une composition en pyramide ; le sommet de cette pyramide n’est pas visible par le spectateur. En effet le sommet est hors du tableau, le personnage se trouve alors au pied de cette pyramide. Au XVIIème siècle, Dieu ou le Christ étaient parfois représentés par un triangle dont le centre était un œil ce qui signifiait que Dieu gardait toujours en vue les peuples terrestres. L’œil de la jeune femme est placé au centre de ce triangle, elle n’atteindra donc jamais le sommet, ou son salut, qui est hors de sa portée à présent et qu’elle ne pourra jamais atteindre malgré le blanc du châle qui lui se dirige vers le sommet de cette pyramide.

« La résurrection du Christ »

Dans les années 1674-1676, Charles Le Brun a peint « La résurrection du Christ » qui est une scène religieuse à première vue mais qui, en réalité, est un éloge de Louis XIV donc un thème politique. Sur ce tableau, il y a plusieurs personnages présents, le Christ, Louis XIV, Louis IX ou Saint Louis, Colbert (le ministre des finances de Louis XIV), des anges ainsi que des soldats.

Le Christ ressuscité surgit de son tombeau, s’envole dans le monde céleste et donne le pouvoir du Droit Divin aux rois. Jésus est enveloppé d’un drap blanc tenu par les anges, tout comme le couvercle du sépulcre. Colbert, qui est le ministre des finances de Louis XIV, désigne un vase en or, des pièces d’or et des pierres précieuses qui représentent toutes les richesses de son roi. Il représente les biens matériels et n’est donc pas tourné vers le Christ. Les soldats, ennemis du roi devenu ses esclaves pendant ses conquêtes. Le linceul du Christ est la séparation entre le monde céleste et le monde terrestre. Aussi, ce tableau est divisé entre une partie claire avec le Christ, les deux rois, Colbert et les anges et entre la partie sombre avec les esclaves et les armes.

En réalité, cette œuvre nous dit que Louis XIV avait un grand pouvoir par ses victoires, par rapport à l’Eglise (car il aurait l’appui du Christ). On peut donc deviner qu’en effet il a été commandé par le roi lui-même, mais il y a aussi dans le coin en bas à droite le blason des prêteurs, c’est-à-dire ceux qui prêtaient de l’argent au roi pour ses conquêtes militaires.

Colbert avait contracté auprès de cette corporation un emprunt destiné à financer la guerre contre les nations voisines coalisées contre la France. Par la suite, il avait accompagné le remboursement d'une somme supplémentaire pour l'ornement de leur chapelle et la glorification du roi victorieux. Le fidèle ministre est figuré ici à droite, désignant un vase et une cassette emplis de pièces d'or, qui évoquent autant le tribut saisi aux ennemis que les effets d'un bon gouvernement.

« La résurrection du Christ » 1674 à 1676 – Charles Le Brun



  • huile sur toile : 4,80 m / 2,65 m.

« Saint Dominique et Saint François préservant le monde de la colère du Christ »

Le tableau de Pierre-Paul Rubens (1577-1640) est réalisé en 1620 pour la nef de l’église Saint-Paul-des-Dominicains d’Anvers en Espagne. Ce tableau est ensuite acheté par l’Etat et offert au musée en 1811.

Jésus est représenté en Jupiter terrible brandissant la foudre. Il est échevelé dans sa fureur, les sourcils froncés, le regard menaçant fixant les ennemis qu'il est sur le point de mettre à bas.

Dans l'élan de son combat, son vêtement vole au vent, il tend un bras musclé et son poing se crispe. La colombe du saint Esprit vole derrière lui. Dieu le regarde sans intervenir mais son regard est soucieux. Son air perplexe se manifeste par un geste de la main.

Manifestement, la Vierge Marie, dans son émoi, s'efforce de le calmer d'un geste timide mais sans aucun succès. Comment peut-on imaginer Jésus ainsi ? Peut-être à Anvers, dans les Flandres espagnoles, faisait-on cette confusion depuis que le Duc d'Albe avait exercé une féroce répression contre les protestants, justement au nom du Christ : les condamnations à mort, et les bûchers s'étaient comptés par milliers pour rétablir une « justice divine » que les Dominicains rendaient implacable.

Au bas du tableau Saint Dominique, assis sur le globe du monde et Saint François semblent impressionnés, mais évidemment impuissants et dominés par ce tourbillon de la vengeance divine. Un cardinal reconnaissable à son chapeau rouge et un évêque à sa mitre semblent eux aussi sous le choc. Évidemment au temps du baroque, il était habituel se peindre de grandes scènes de violence qui frappaient les esprits et Rubens s'en était fait une spécialité. C'est sans doute cela qui plaisait aux dominicains d'Anvers et avait provoqué leur commande de ce tableau. Sans doute aussi, alors qu'ils se faisaient traditionnellement une spécialité d'une grande rigueur théologique, ont-ils été eux-mêmes surpris des étranges conceptions de Rubens.

Alors que le Christ s'était montré dans les évangiles comme l'ami de tous les hommes, y compris des plus méprisés, il est paradoxal de le voir représenté comme leur ennemi et d'attendre que ce soient saint Dominique et saint François qui « préservent le monde de la colère du Christ ». Mais dans ce tableau, ces deux saints ne font justement rien de tel, non plus que les ecclésiastiques présents qui semblent totalement dépassés par l'événement. Seule la Vierge Marie paraît surmonter un peu son émotion et se hasarder à tendre la main comme pour freiner l'élan de son terrible fils. Le Christ n'est pas, ici, dans le rôle de sauveur du monde mais Marie qui s'efforce - manifestement sans y réussir - à sauver le monde de la violence de son fils !

Les dominicains qui enseignaient sans aucun doute l'unité des personnes de la Trinité ont dû aussi se tapoter le menton en considérant que dans ce tableau le saint Esprit n'anime et ne conduit pas l'action du Christ mais se contente de le suivre à distance ! Et que Dieu le Père se désolidarise manifestement par son attitude en retrait de la catastrophe qui s'annonce. Comme nous le démontre le titre de l’œuvre le Christ est en colère, on le voit grâce à  la foudre qui la dans sa main et les nuages sombres qui montrent cette atmosphère pesante.

Les gens sur Terre sont donc dans la panique ce qui rend cette scène tumultueuse. Marie joue un rôle important dans ce tableau car elle essaye d’apaiser le Christ de sa colère. Nous remarquons aussi une Colombe qui signifie la paix, c’est un contraste avec l’ambiance de cette œuvre. Le serpent symbolise le mal et fait référence à Adam et Eve, extrait du livre de la Genèse. Zeus fait référence à l’Antiquité, ce qui montre qu’on est à l’époque de la Renaissance. Pour finir, Marie montre l’intersession de la Vierge, la contre-réforme (réaction des catholiques à la Réforme protestante après le concile de Trente).

« Saint Dominique et Saint François préservant le monde de la colère du Christ »

1620 - Pierre-Paul Rubens



  • Huile sur toile : 5,65 m / 3,65 m.

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