M. Jean-Yves Le Drian





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MINISTÈRE DE LA DÉFENSE



M. Jean-Yves Le Drian,

Ministre de la Défense


Discours à l’occasion des cérémonies de commémoration

de la Libération de Strasbourg


A Strasbourg, le 23 novembre 2014
Seul le prononcé fait foi –
Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs, chers Strasbourgeois,
Le 2 mars 1941, à des milliers de kilomètres d’ici, le général Leclerc, est entré dans l’Histoire en faisant prendre à ses hommes le Serment de Koufra : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ».
Le 23 novembre 1944, il y a soixante-dix ans aujourd’hui, après des mois d’une épopée terrible et salutaire, ce sont ces mêmes hommes, les glorieux combattants du général Leclerc, qui ont repris cette place pour libérer Strasbourg.
Au prix de combats acharnés avec les troupes allemandes, les forces du lieutenant-colonel Rouvillois étaient parvenues à entrer dans la ville, bientôt suivies par les autres groupements de la 2e Division Blindée. En moins de deux jours, le commandant allemand est forcé de se rendre, avec près de 6 000 prisonniers.
Le Serment de Koufra est tenu. Strasbourg est libérée. Grâce à ces hommes exceptionnels qui ont tracé sur des milliers de kilomètres, depuis l’Afrique du Nord, le chemin de la liberté retrouvée, nos couleurs, nos belles couleurs, sont à nouveau hissées dans le ciel de Strasbourg.
Cette victoire, ce n’est pas seulement l’accomplissement d’une promesse faite par quelques héros sous le ciel de Libye, c’est la France rendue à elle-même et notre Nation à nouveau réunie. Car la libération de la capitale alsacienne annonce aussi ce que chaque Français espère depuis 1940 : les retrouvailles de la France et de l’Alsace.
La libération de Strasbourg est aussi une victoire décisive sur le nazisme, une victoire des armes, celles de la 2e DB, et une victoire du cœur, celui de tous les Strasbourgeois, rassemblés autour de leurs libérateurs. Car l’ennemi d’alors n’a pas seulement annexé l’Alsace et sa capitale en 1940, il a encore voulu assujettir l’esprit de ses habitants. L’Alsace a subi le nazisme plus qu’aucune autre région en France. Elle l’a vécu de l’intérieur : elle a connu la toute-puissance du parti nazi, l’embrigadement dans les jeunesses hitlériennes, et, pour 130 000 Alsaciens et Lorrains, l’enrôlement dans la Wehrmacht.
Mais le 23 novembre 1944, à l’arrivée des troupes du général Leclerc, les cris de joie sont français. Car le cœur n’a pas cessé, durant quatre longues années sous le joug du nazisme, dans les relents de la peste brune, d’être français.
La guerre, cependant, ne finit pas en novembre 1944, avec la libération de Strasbourg. Les héros de la 2e DB devront continuer de se battre. Ils le feront avec autant de bravoure et de cœur, avec la 1ère DFL. Durant les longs mois de l’hiver qui suit, la bataille d’Alsace se poursuit pour libérer Colmar, et pour défendre Strasbourg des ultimes assauts de l’ennemi. Mais Strasbourg a retrouvé sa patrie, sa fierté, sa liberté. Aucun ennemi n’est plus jamais entré ici. Cette ville, qui était la proie de la guerre et l’otage du nazisme, est devenue, soixante-dix ans après, la capitale de l’Europe, c’est-à-dire la capitale de la paix.
Nous n’oublierons jamais le sacrifice consenti par tous les soldats français pour que triomphe cette paix, et pour que notre nation recouvre sa liberté. Je veux saluer tout particulièrement le régiment de marche du Tchad, le « régiment du Serment », parce que lui aussi a fait la promesse, à Koufra, en 1941, de libérer la France. Il a tenu plus que ses promesses par tous ses combats glorieux : au sein de la 2e DB, ses hommes ont contribué à libérer Strasbourg, en 1944, et ils continuent encore aujourd’hui de combattre au nom de la France, au nom des valeurs qui sont les nôtres.
Il y a soixante-dix ans, la Libération de la France nous a rappelé qu’il n’y avait pas de liberté sans combat. Aujourd’hui, en rendant hommage aux héros de la 2e DB, comme à la population de Strasbourg victime de la guerre, nous nous souvenons qu’il n’y a pas non plus de liberté sans mémoire pour la défendre.
Dans ces années noires, c'est grâce au courage hors du commun de nos combattants, mais aussi à la solidarité extraordinaire de nos alliés, que la France s'est relevée de l'abîme, et qu’elle a renoué avec le destin qui a toujours été le sien, celui d’une grande nation, qui prend ses responsabilités devant les périls qui peuvent le menacer.
Si c'est à eux, combattants et alliés d'hier, que nous devons de vivre dans un espace désormais pacifié, honorer leur combat c'est aussi ouvrir les yeux, comme ils l'ont fait, sur la réalité du monde qui nous entoure.
En soixante-dix ans, le monde a considérablement changé. Notre ennemi commun, cependant, sous des visages différents, est demeuré le même : l'intolérance, le racisme, le fanatisme, la barbarie. Hier, cet ennemi terrorisait nos familles et asservissait en Europe des pays entiers. Aujourd'hui, il sème une même terreur parmi des populations amies, aux portes de l'Europe.
A l'égard de nombre de ces pays, nous avons une dette héritée de la Seconde Guerre mondiale. Comment en effet pourrions-nous rester les bras croisés alors que la liberté de ceux qui ont contribué à nous libérer hier peut être aujourd'hui menacée ?
Mais ce combat pour la liberté de nos alliés, dans un monde qui a rarement été aussi interdépendant, c'est aussi plus que jamais un combat pour notre propre sécurité.
Des groupes armés terroristes, comme AQMI ou Daesh, ne se contentent pas de piller, violer, anéantir des populations entières, ici au Sahel, là en Irak et en Syrie. Ils prolifèrent sur la faiblesse de ces États pour chercher à atteindre l'Europe et la France.
C’est pourquoi la France prend toutes ses responsabilités. Elle le fait au Mali depuis le 11 janvier 2013 avec l’opération Serval, et désormais dans l’ensemble du Sahel, avec l’opération Barkhane, pour lutter contre des groupes terroristes. Elle le fait en Centrafrique, pour empêcher des exactions et prévenir l’effondrement d’un pays qui déstabiliserait le cœur du continent africain. Elle le fait bien sûr aussi en Irak, dans le cadre de l’opération Chammal, qui permet de porter des coups décisifs contre cette nouvelle forteresse de la barbarie qu’est Daesh.
Elle le fait encore dans l’Océan indien, lorsqu’elle défend la liberté des mers contre la piraterie. Elle le fait partout où nos concitoyens, nos intérêts de sécurité et nos valeurs peuvent être menacés.
Aujourd’hui comme il y a 70 ans, la France agit au nom de ses valeurs. Elle continuera d’agir, au nom des idéaux qui l’animaient déjà hier et du devoir qui s’impose à elle aujourd’hui.
Je veux rendre hommage, devant vous, à l’engagement de nos soldats. Souvent au péril de leur vie, avec un courage qui force l’admiration, ils veillent sur la tranquillité de la Nation – sans que nous nous en rendions toujours compte. J’étais hier au Tchad, au quartier général de l’opération Barkhane à N’Djamena. J’ai pu mesurer à nouveau la bravoure de nos soldats, leur fierté de servir la France et ses valeurs, la reconnaissance qu’ils méritent pour cela.
Ministre de la Défense, ma mission est de veiller avec tous nos soldats sur la sécurité des Français. Dans un monde dangereux, c’est une mission difficile. Elle appelle un effort important de la Nation. C’est à ce prix que notre armée sera la première en Europe en 2020, et que la France restera un grand pays pour affronter les urgences du présent et relever les défis de sa sécurité.
Défense de notre liberté hier, défense de notre sécurité aujourd’hui.
Mesdames et Messieurs, tel est le devoir de vigilance que les héros du Serment de Koufra et de la Libération de la France nous ont laissé en partage. À nous de l'exercer, et de nous montrer ainsi à la hauteur du combat qu'ils ont mené et qui reste, soixante-dix ans après, d'une brûlante actualité.
Vive la République !

Vive la France !

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