Cahier 18 – Le Bardö Thodol, (ou livre des morts), dans le Bouddhisme tibétain





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Jacques Henri PREVOST

Petit Manuel d’Humanité

 

CAHIER 18 – Le Bardö Thodol, (ou livre des morts),
dans le Bouddhisme tibétain.




MANUSCRIT ORIGINAL

Tous droits réservés


N° 00035434



Le Bardo Thödol

dans le

Bouddhisme tibétain.

Table des Matières.

Introduction.


Le contexte bouddhique du Bardo Thödol.


Origine et vocation du Bardo Thödol.


Le quatrième passage, le Tchika Bardo.


Le cinquième passage, le bardo de la Dharmatä.


Le sixième passage, le bardo de l'orientation.


Les Bouddhas et les Bodhisattwas.


Tchenrezi le Bouddha de Compassion.


Bhaishajyaguru le Bouddha de Médecine.


Le Bouddhisme tantrique.




Mandala
Le Bardo Thödol
(ou Livre des Morts)


dans le Bouddhisme tibétain.


Introduction
 

Le Bardo Thödol tibétain a été comparé au Livre des Morts égyptien. On peut trouver certaines analogies entre les deux recueils qui ont également pour objet d'assister les défunts après la mort du corps physique. Leurs âmes entreraient alors dans un "monde intermédiaire" avant de se fondre dans le mystère originel. Mais il y a cependant énormément de dissemblances dans les formes, les époques, et surtout les desseins. Le Bardo Thödol, (le livre tibétain des morts), est récité en présence du corps défunt mais il est aussi destiné à aider les vivants. Il présente les étapes de la traversée du monde intermédiaire à la lumière des enseignements du Bouddhisme. Il décrit le chemin qui peut mener de la fin de la vie biologique du corps à une vie éternelle purement spirituelle, le Nirvana.

Le Livre des morts égyptien est intégré à un environnement magique et technique centré sur la fin de la vie terrestre et la mise au tombeau. Il est déposé dans le sarcophage et il est associé à une pratique de momification et à des offrandes destinées à retarder le processus de la mort totale. Ses formules veulent aider l'âme à affronter efficacement le jugement. Elles apportent  aussi les connaissances nécessaires à la survie dans un monde intermédiaire différend et parfois dangereux, peuplé de dieux et de démons multiples et réels, avant la fusion dans l'au-delà ultime. L'Égyptien désire toujours demeurer en deçà de la mort véritable. Mais dans l'univers ésotérique assez sinistre des Égyptiens, Isis, mère de tous vivants, est une  veuve éternelle, et Osiris est un dieu mort, à jamais immobile.

Le "livre des morts" tibétain se propose d'accompagner l'âme égarée en l'aidant à se détacher des attraits de l'incarnation dans la matière. Il l'incite à les reconnaître comme des illusions fomentées par le mental, comme le sont aussi les dieux et les démons multiples. Dans le monde intermédiaire, cette prise de conscience pourrait permettre d'échapper aux perpétuelles réincarnations. Positionné dans une démarche essentiellement métaphysique, le Tibétain voudrait dépasser toutes les illusions du monde qui sont la cause du cycle des renaissances, afin de se fondre un jour dans l'au delà de la réalité divine. Le Bardo Thödol tend à sublimer la mort physique et les épreuves du passage pour faire accéder l'âme à cette vie spirituelle ultime, la fusion dans l'éternel Nirvana de la vie divine.

La vie de Siddhartha Gautama Bouddha



Le Bouddhisme.

C'est Siddhartha Gautama qui fonda le Bouddhisme, il y a environ 2500 ans. Il était de la lignée princière des Shâkya. Siddharta Gautama renonça aux avantages procurés par sa famille et, après plusieurs années d'ascèse inutile, s'orienta vers la méditation. Après quarante-neuf jours de réflexion profonde sous l'arbre "Bodhi", il perça le mystère de la souffrance et atteignit l'illumination. Siddhartha devint alors un "Bouddha", ce qui signifie un "éveillé", et il commença à enseigner. Sa doctrine se présentait seulement comme une solution philosophique au problème de la douleur. Elle ne postulait rien sur l'existence ou la non-existence d'un Dieu.  Elle est cependant maintenant perçue comme une véritable religion et elle est diffusée comme telle dans le monde entier.


En se basant sur sa propre expérience de l'illumination, Gautama formula sa théorie des "Quatre Nobles Vérités":


  • La vérité de la douleur, comme synonyme de l'attachement à l'existence terrestre, et la captivité de la chaîne des renaissances.

  • La vérité sur l'origine de la douleur, notamment l'aspiration et la recherche de joie, désir et possession.

  • La vérité sur la cessation de la douleur: la destruction de la soif existentielle.

  • La vérité sur le chemin qui mène à la cessation de la douleur. Cette voie s'appelle le "Noble Sentier Octuple" dont les huit étapes sont les suivantes: La compréhension juste.  La pensée ou l'intention juste. La parole juste. L'action juste. Les moyens d'existence justes. L'effort juste. L'attention juste. La concentration juste.


hacun peut parvenir à l'illumination en suivant ce "noble sentier octuple". En ce chemin, il trouvera l'aide nécessaire auprès des "Trois Joyaux" traditionnels qui sont les trois éléments fondamentaux du bouddhisme.

  • Le premier joyau est le Bouddha, la figure historique et sacrée de "l'Éveillé".

  • Le second joyau est le Dharma, la doctrine ou vérité révélée par Gautama Bouddah. Elle est également la loi cosmique universelle, "le Grand ordre" auquel le monde est soumis.

  • Le troisième joyau est la Sangha, la communauté des adeptes vivant conformément à cette vérité révélée.

 



 

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Le contexte bouddhique du Bardo Thödol.

 

 

Le Bardo Thödol, le Livre des Morts tibétain, est un ouvrage composé à la lumière des enseignements du Bouddhisme Mahayana, dans son expression tibétaine particulière appelée Vajrayana. Il existe en effet trois courants dans la pratique du Bouddhisme.



  • Le Hinayana, ou Petit Véhicule. Il s'inscrit dans la tradition des Theravada, la pure doctrine enseignée par Gautama. Il ne concerne que les moines qui apprennent individuellement à éviter la souffrance et à se libérer du cycle perpétuel des réincarnation afin d'accéder au Nirvana.


 

  • Le Mahayana, ou Grand Véhicule, (ou voie du milieu). En plus des moines, ce courant propose de délivrer tous les hommes en recourrant à l'aide des bouddhas et des bodhisattvas. Aidé dans sa recherche d'absolu, l'adepte doit aussi oeuvrer pour le bien général de l'humanité.




  • Le Vajrayana, ou Véhicule de Diamant, est surtout pratiqué au Tibet et au Népal. Issu du Mahayana, il est très ritualisé. Chaque être doit prendre conscience qu'il est un bouddha en puissance et travailler à sa réalisation. Les textes "tantra" décrivent le chemin permettant d'atteindre ce but en une seule vie. L'initiation nécessaire est donnée par un maître, le Guru. On y pratique des contemplations, des récitations de mantra, et divers rites ou mudra. L'objet de culte le plus caractéristique est le "Vajra", qui a donné son nom au courant tibétain du Vajrayâna. C'est un objet liturgique formé de deux couronnes accolées à la base. Le Vajra est le diamant indestructible, la foudre ou l'éclair. Il  symbolise le dynamisme masculin. La "Ghantâ", la cloche, symbole féminin, lui est associé dans les rites du bouddhisme tantrique.

Le "Vajra"





Le Mantra "OM MANI PEME HOUNG"


Origine et vocation du Bardo Thödol

 

 

Dans la tradition bouddhique tibétaine des réincarnations, il y a six mondes et six époques de la vie. Il y a aussi six passages à franchir pour se libérer du cycle perpétuel des réincarnations et atteindre l'état de bouddha afin d'accéder au Nirvana. Trois se situent entre la naissance et la mort, les trois autres entre l'agonie et la nouvelle naissance. Le Bardo Thödol contient une partie des instructions nécessaires à ce chemin, et il insiste particulièrement sur la seconde série. Il fut dicté par un adepte, Padmasambhava, à sa femme, Yeshe Tsogya, qui écrivit les textes. Pendant les violents conflits religieux avec les Taoïstes, Padmasambhava les enterra dans les collines de Gampo au Tibet central, pour les protéger. A cette époque troublée, de nombreux "termas", ou trésors cachés, furent ainsi enterrés dans tout le Tibet. Plus tard, Karma Lingpa, la réincarnation de l'un de ses disciples, retrouva le texte du bardo prés du monastère du grand maître Gampopa.


La roue de la vie dévorée par le seigneur Yama




Les six Bardo

 

Pour aborder le Bardo Thödol, il faut d'abord bien comprendre l'idée de base sous tendue par le mot "bardo": bar, signifie "entre", et do "île", ou "marque". C'est donc un espace entre les choses, comme une île au milieu d'un lac.  Une situation vient d'avoir lieu et une autre situation n'est pas encore en place. Il y a un intervalle entre les deux. Tel est le bardo. Les Tibétains distinguent six états du Monde. Il y aurait donc, dans l'existence, divers bardo ou situations de passage. Dans la philosophie bouddhiste de la réincarnation perpétuelle, il ne peut y avoir de mort sans naissance. On peut donc appliquer ce concept à l'espace expérimenté entre la mort actuelle et la nouvelle naissance.

 

Les enseignements du Bardo Thödol considèrent six " bardo" ou périodes intermédiaires:
La vie entre la conception et la mort. Le premier bardo concerne l'intervalle entre le moment de l'entrée de l'âme dans la matrice maternelle et le moment de l'extinction de l'existence physique. Dans la tradition tibétaine, l'âme réincarnée n'est pas vierge à la conception mais marquée par les empreintes karmiques laissées par les actes commis dans les existences passées. Ce karma détermine la durée de la nouvelle incarnation. Les actes et les hasards de la vie actuelle vont y ajouter leurs propres empreintes.
Le rêve. Le deuxième Bardo est, sur un plan plus subtil, l'expression actualisée  de toutes ces empreintes karmiques dans le corps mental. À partir de la naissance, l'âme incarnée prend conscience du monde extérieur au moyen des sens. Lorsque l'on s'endort, ces parcelles de conscience rejoignent  la conscience basale (alaya vijnâna). Pendant le sommeil, elles s'éveillent et déterminent les types et le décours des rêves. Elles marquent la conscience de base puis se résorbent en elle.
La concentration. Le troisième Bardo est l'espace dans lequel agit le processus purificateur volontaire de concentration et de méditation qui pourra permettre à la qualité divine de l'âme de s'exprimer.
L'agonie. Le quatrième Bardo, le Tchika Bardo ou Bardo de l'agonie, est celui des moments entourant la mort.  C'est le karma provenant des vies passées qui détermine la durée de la vie. Le moment de la mort survient quand il est épuisé. L'âme et le corps mental se séparent du corps physique et il n'y a plus de réveil. Le processus de mort dure environ trois jours et demi. C'est la période des dissolutions que nous allons approfondir un peu plus tard.
 


La luminosité. Le cinquième Bardo est dit de la Dharmatä. C'est celui de la nature intrinsèque de la réalité absolue ou divine. Après la dernière dissolution, l'âme expérimente la lumière, l'ineffable clarté de la divinité ultime. Pour les mystiques, cette période peut durer très longtemps, mais pour les êtres ordinaires, elle s'efface aussitôt pour faire place au dernier Bardo.
Le devenir. Le sixième Bardo est le Bardo de l'orientation. C'est un passage dramatique qui détermine l'avenir prochain de l'âme du défunt. Son corps mental va s'orienter dans des états infernaux purificateurs ou paradisiaques. En fonction de l'évolution des charges karmiques réalisée dans la vie achevée, la nouvelle naissance va se faire, soit dans un corps physique éventuellement encore plus grossier, soit dans un corps mental plus subtil.




Yama (Seigneur de la Mort)




Le quatrième passage, le Tchika Bardo.


 

 

Les trois premiers Bardo sont des passages entre différents états de l'incarnation de l'âme dans un corps vivant de sa vie quotidienne. Les trois Bardo suivants sont ceux du passage à travers la mort jusqu'à la réincarnation suivante. Puisque j'expose ici les conceptions  tibétaines du passage de l'âme à travers la mort, c'est donc à partir du quatrième intervalle, le Tchika Bardo que je vous propose d'approfondir cette étude. Cette période délicate constitue le Bardo de l'agonie. C'est pendant ce temps, selon la tradition bouddhiste, que le phénomène des dissolutions externes et internes se produit.

 

Les dissolutions externes sont des transformations visibles ou des séparations progressives intéressant successivement les cinq éléments constitutifs du monde ésotérique tibétain, la terre, (principe de cohésion), l'eau, (principe de fluidité), le feu, (principe de chaleur), l'air, (principe de mobilité), et l'éther qui est l'espace ouvert pour les quatre autres. Elles sont accompagnées de signes biologiques évidents. La force physique s'amenuise,  les humeurs liquides se tarissent, la chaleur corporelle diminue, la respiration s'affaiblit puis cesse et la raideur de la mort survient.

 

Les dissolutions internes (ou subtiles) succèdent aux dissolutions internes. Elles concernent les pensées et les émotions telles la colère, l'envie et l'ignorance. Par exemple, trente-trois énergies liées à la colère se dissolvent, puis quarante autres liées à l'envie, puis sept liées à l'ignorance, etc.. Toutes ces dissolutions subtiles se produisent dans le corps mental. L'agonisant perçoit les signes des dissolutions externes et internes. Elles se traduisent par des visions parfois effrayantes. Il appartient aux personnes présentes d'intervenir pour adoucir et harmoniser cette transition de l'agonie qu'on appelle Tchika Bardo.

 
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