Premiere partie





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Ma vie de ma naissance à 1980






Fernand AUTIN




A mon père, son Fils.

Même si ce n’est pas le cas, je crois être dépositaire d’une certaine volonté de notre père qui souhaitait faire connaître à ses enfants et petits enfants sa vie.

Lorsqu’il me remit ce document, il m’avait fait promettre de divulguer plus tard…

Il a fallu 1998 pour je trouve enfin le courage de relire son texte que je pensais devoir réécrire. Quelque chose me dit maintenant que cela ne serait pas bien car ce serait dénaturer son écriture…

A aucun moment notre mère, votre grand-mère n’est absente du récit même si elle n’est pas directement partie dans ce récit.

C’est pourquoi elle est à associer à cet hommage.

A notre mère.

Jacques, Jean-Claude, Fernand leurs fils

Le 22/10/1999

PREMIERE PARTIE


La vie d'un homme est souvent liée à sa naissance, à son origine souvent le rang auquel il appartient est la cause de sa réussite, ou tout au moins cela y participe pour une grande part.

En jetant un regard sur le passé, on s'aperçoit que toutes ces petites choses qui souvent n'ont l'air de rien font partie intégrante de la vie, elles aident et prédisposent un homme au combat qui l'attend tout au long de sa vie durant, car de la naissance à la mort il faut lutter sans cesse, contre tous les éléments de la vie des hommes, et de la nature (les maladies, les fléaux, de toutes natures ; les guerres etc...etc..).

Né d'une famille modeste, mon père étant l’ainé d'une famille de treize enfants. Fils d'un conducteur de chevaux travaillant pour un maquignon de la région, ma mère était employée comme femme de chambre chez Lui colonel en retraite, elle était fille d'un artisan maçon travaillant à l'époque avec ses trois fils. La vie était très dure en cette fin du dix neuvième siècle, le pays était encore un peu moyenâgeux pour les habitants c'était un peu la misère profonde et en plus une époque ou existait encore la bourgeoisie. Le peuple restait soumis à cette dernière, surtout dans les petits villages de campagne, qui en général étaient dirigées par les châtelains du pays ou de la région, c'était soi-disant la belle époque.

Né à la veille de la guerre de 1914 ; le 16 janvier 1913, j'étais encore bien jeune lorsque mon père parti pour la guerre et la maison nous étions deux frères et deux sœurs, la vie n'était pas toujours rose, pourtant il parait que nous nous défendions très bien, et de ce fait beaucoup de choses dont nous aurions pu avoir droit nous étaient supprimées pour la commune nous possédions une vache et un poney, et de ce fait considérés comme des gens aisés il ne fallait pas posséder de bétail pour avoir droit aux allocations existantes à l'époque, mes parents n'auraient jamais voulu se séparer de leurs bêtes auxquelles il tenais comme à la prunelle de leurs yeux, et en plus nous avions un terrain en location, pour mes parents l'abandon des bêtes et de la terre était la dernière des choses à faire, il est vrai que cela nous aidait à vivre, par le jardin où nous récoltions des pommes de terre, des haricots et bien d'autres légumes, la vache nous donnait du lait pendant une période de l'année, et aussi un petit veau chaque année, ce qui nous faisait rentrer un peu d'argent à la maison ; car les années de guerre ont été longues et très pénibles et en particulier les hivers 16.17 qui furent longs et froids, je me souviens que le cidre gelait dans les futailles entreposées dans le cellier, et en plus c'était une épidémie de grippe, qui fit beaucoup de ravages dans toute la France on se souvient encore des morts de la fameuse grippe espagnole, à ces morts se joignaient ceux de la grande guerre creusant un vide de plus dans beaucoup de familles, et y ajoutant un peu plus de tristesse, chaque jour, tout le monde en avait assez de cette sale guerre, et tous attendaient la fin de ce fléau avec impatience.

Pour mon compte je me souviens particulièrement de cette période, car elle fut le commencement de mes souffrances, un matin je me suis réveillé avec l'œil gauche complètement fermé et un joli abcès sous la paupière, à l'époque il n'y avait pas de médecin dans le canton, ce fut un médecin belge qui me soigna avec des moyens de fortune, faute de médicaments, ma mère avait bien peur que je perde l'œil, c'était la guerre car à cette époque je me souviens très bien qu'on entendait le canon pendant la bataille de la Somme, il n'était pas rare d'assister à un combat aérien, deux avions étaient tombés tout près du petit village de Calnon.

Tout le monde attendait la fin de cette guerre, quand soudain sans trop y croire le jour tant attendu arriva par un triste matin brumeux de novembre je me souviens très bien de ce jour de 11 novembre 1918, malgré le froid glacial et humide qui nous gelait les os, ce fut un jour de liesse, vers neuf heures toutes les cloches se mirent à sonner dans tous les villages des environs et c’est certain il en était de même dans toute la France, c'était la joie qui commençait à l'annonce de cette grande nouvelle, le secrétaire de mairie de la commune étant l'instituteur, ce fut lui qui nous annonça la bonne nouvelle car venant de recevoir confirmation de la sous-préfecture, et tout radieux il nous donna congé pour la journée. Ce fut comme une envolée de moineaux qui sortis de la cour des écoles, en criant ‘La Guerre est finie’.

Soudain tout changea, les uns pour bien montrer leur joie chantait à tue tête des chansons patriotiques et des chansons de corps de grade, d'autres à leur façon arrosaient la victoire à grands coups de petits-verres le facteur en tête si bien que nous fûmes obligés de le replacer dans sa tournée et de porter les lettres à leur destinataires, tous les enfants en cœur cela nous amusaient beaucoup de jouer au facteur.

Le soir il fallut des bras solides pour faire tout rentrer dans l'ordre car beaucoup étaient tombés dans les vignes du seigneur, heureusement qu'il y avait quelques hommes valides pour faire la récolte de Bacchus et tout faire rentrer dans l'ordre.

Pour nous enfants des écoles ce fut un grand jour, car nous avions eu droit à une distribution gratuite de la part d'une marchande foraine qui habitait le village, vendant les jours de fêtes et sur les marchés de la région des jouets et divers artifices forts à la mode à l'époque.

La brave femme pour montrer sa joie nous distribua une grande partie de sa réserve de jouets, en particulier pour les garçons des revolvers à amorces avec une grande réserve de capsules et de pétards pour les plus grands, je vous prie de croire que toute la journée cela à fait du bruit dans tout le village.

Pour les familles ayant un être cher au front cette fin de la guerre faisait naître en eux une grande lueur d'espoir, avec l'espérance d'un prompt retour du soldat, pour notre part nous avions hâte de voir notre père revenir à la maison, mais hélas, son retour ne se fit pas en quelques jours, mais se fit attendre, car il nous revint que vers février 1919.

Ce jour là ce fut un bien grand jour pour nous, la vie à la maison changea de fond en comble, le fond de commerce fut de nouveau ouvert, après une visite aux anciens clients, et de jour en jour la vie repris son cours normal, nous frères et sœurs nous allions connaitre un peu de joie et de bonheur dans une famille enfin unie, nous étions tous heureux et nous allions à l'école, c'était un petit village, mais nous avions deux écoles, une pour les filles et une pour les garçons, celle des filles était dirigée par une vieille demoiselle fille d'un instituteur de la région ; quant à celle des garçons, c'était un maître qui venait des régions sinistrées du nord de la France, ce dernier nous retraçait des récits de la grande guerre, en particulier des régions qu'il avait dut quitter devant l'invasion des troupes allemandes.

De temps en temps rentrait au village le corps d'un soldat du pays tombé au champ d'honneur une place leur était réservée de chaque entée du monument aux morts, nous les enfants des écoles nous assistions toujours aux cérémonies nous représentions en quelque sorte les habitants de la commune, puis les jours les mois se succédaient toujours aussi monotones, il fallait dire que l'enseignement primaire de l'époque était assez monotone et surtout sans attrait nous allions à l'école parce que nous y étions obligés, la classe ne nous attirait pas, car la méthode était rudimentaire, et la répression très brutale pourtant ce n'est pas par la force que l'on fait rentrer dans la tête des enfants la géographie ou l'histoire et la grammaire, c'est pour cela que l'école risquait de faire des lumières, mais des enfants justes bons à travailler dans les champs, ou les fermes, ou alors se placer chez un artisan en qualité d'apprenti forgeron, charron, ou tout autre métier courant car les parents de l'époque ne songeaient guère de faire de leurs enfants des intellectuels.

Le certificat d'études primaires était réservé a une certaine catégorie de personnages, d’ailleurs peu nombreuse, pour ma part les injustices et la façon d'instruire les enfants m'avaient profondément frappés c'est ainsi qu’a l'âge de douze ans, j'étais heureux de passer le collier, comme on disait chez nous, ruai cela ne devait pas aller longtemps, car à la maison le travail était très pénible, et ne voyant aucun avenir devant moi, et qu'il me serait impossible de m’a hisser à un niveau normal, il me fallait trouver autre chose pour arriver à sortir de cette impasse, pour beaucoup de mes proches cette situation était normale, et de ce fait acceptaient cet avenir, et leur situation a être condamnés à travailler toute leur vie en qualité d'ouvrier agricole, sans aucun avenir, en général mal nourris et très mal payés, c'est après beaucoup d'efforts et de diplomatie que je parvins à reprendre les études chez le curé du village, ancien professeur au lycée Fénenon à Elbeuf grâce à ce dernier, les quelques mois d'études m'avaient permis de faire une bonne année d'études en Latin, et surtout de rattraper tout ce que j'avais perdu à l'école primaire.

C'est ainsi que le 25 septembre je rentrais en cette institution catholique St. Romain qui était à l'époque petit séminaire de Rouen.

La vie et la discipline étaient très dure, c'était un peu comme à l'année de l'époque cette discipline était jugée nécessaire, car nous étions très nombreux notre emploi du temps était ainsi conçu, levé le matin à six heures, à six heures trente étude, sept heures trente messe à la chapelle, huit heures déjeuner, huit heures trente classe, dix heures quinze un quart d'heure de récréation puis classe jusqu'a midi, déjeuner avec lecture, il y avait à cet effet au centre du réfectoire une chaire, nous passions à tour de rôle pour lire les évangiles de St Luc ou de St Jean tous nous y passions à tour de rôle afin de nous apprendre à parler en public et de nous empêcher de faire du chahut au réfectoire, quelquefois le surveillant faisait interrompre la lecture, à partir de ce moment c'était un indescriptible bruit de fourchettes, et de voix des gens qui commençaient à discuter entre eux.

L'après midi même tarif que le matin, les classes et les études se succédaient jusqu'au soir à dix neuf heures, puis nous allions tous en rang dans une grande salle pour la prière du soir, c'était une salle énorme avec des bancs comme à la chapelle, cette salle servait également pour la distribution des prix, et aussi quand il y avait des réjouissances ce qui arrivait environ deux fois par an vers Pâques et à la fin de l'année, à vingt heures c'était le souper du soir, puis en ensuite nous allions en récréation 10 minutes, et au coup de sonnerie nous rejoignions tous nos dortoirs respectifs en rang et dans un ordre parfait, comme vous le voyez le régime était très dur, mais malgré tout cela allait bien, car il y avait de très bons copains, mais venait les vacances, je les aimaient bien ces vacances, et en même temps j'en avais une certaine appréhension.

Car pendant ce séjour j'étais souvent occupé à des travaux, et à des déplacements qui me mettais en relation avec différentes personnes ce qui influait sur mon esprit de telle façon qu'il se produisit en moi un changement, et, me firent regretter les sacrifices consentis de la part de mes parents.

Car l'argent chez nous c'est comme pour les gens de régions, a leurs yeux avaient trop de valeur dans leur esprit, où tout n'était qu'argent, souvent il passe avec priorité, car ici la famille passe elle même après le bétail, les vaches en particulier, la récolte etc...

Cela fait qu'en octobre 1929 je dus abandonner à mon grand regret et au regret de la plupart de mes professeurs qui auraient bien voulu me conserver parmi eux c'est à contre cœur que je dus quitter mes camarades, par la suite il m'est souvent arrivé d'en rencontrer en ville ou à la cathédrale de Rouen cela me faisait bien plaisir de ce retrouver et d'échanger ces propos qui nous rappelaient de bons souvenirs. Je suis resté en relation plusieurs années avec mon professeur de Géographie et d'histoire, ce dernier était pour moi vraiment un bon copain, venant d'une humble famille de Fécamp, ce dernier me réconforta lors de mes moments de cafard, car je le tenais vraiment au courant de tous mes soucis, c'était pour moi mon confesseur, et un ami, il m'arrivait souvent d'avoir recours à lui pour des conseils, et ses lettres étaient pour moi un réconfort.

Afin de pouvoir lui donner un coup de main à son atelier de bourrellerie, qui à cette époque était prospère, mais dès le retour de mon frère je dus me résigner à trouver un autre emploi, et c'est ce que je fis avec empressement, mon premier était comme cuiseur d'émail à l'émaillerie de Dieppe. Le travail y était pénible mais les patrons étaient très chics, et nous étions mis au courant de notre travail par des méthodes rapides et révolutionnaires, pour l'époque en principe les jeunes de mon âge ne faisaient que passer dans les usines de ce genre et qui ne payaient pas beaucoup, et avec cela un travail très dure devant les fours à trois cents degrés environ ils ne restaient guère plus que quelques mois ; le contremaître qui était chargé de former les jeunes en avait une telle habitude, déjà à cette époque il était question de rendement, cela était très dur, les conditions de travail étaient pénibles par la chaleur, et la cadence de rotation des fournées, et en plus je prévoyais la dure saison de l'hiver ou il me fallait faire douze kilomètres le matin et autant le soir pour rentrer à la maison en bicyclette et cela dans la boue et souvent sous la pluie, car la Normandie est très renommée pour son climat humide, surtout sur le littoral de la Manche.

Donc je me suis mis en quête de trouver un travail, je tiens tout fois à préciser qu'à l'époque il n'y avait pas d'agence pour l’emploi, ou tout au moins je n'en connaissais pas, et étaient inconnus de la plus part des culs terreux, de toutes façons nous aurions eu honte de consulter ces officines.

Cela existe encore de nos jours, dans certaines contrées au fond de la Normandie ou de la Bretagne ; nos parents n'auraient jamais voulu que nous allions nous faire connaître dans ces endroits car ils auraient été connus et auraient figuré sur des listes de ces organismes ; chose qui ne leur convenait pas et surtout ne désirait pas ayant l'air de mendier du travail.

Après avoir consulté les journaux locaux en particulier la Vigie de Dieppe qui était le journal le mieux garni en offres et demandes d'emplois, sur le vu d'une annonce je me rendis à Torcy -le Grand où je fus embauché sur le champ en qualité de bourrelier sellier, chez un collègue de mon père, qui ne manque pas de lui écrire pour l'avertir que son fils était chez lui et qu'il m'avait embauché en qualité de bourrelier, à cette époque nous étions suivis de près par nos employeurs surtout quand il s’agissait d'un artisan.
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