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Chez ce dernier j'étais vraiment le fils de la famille, aussi bien que chez mes parents, et surtout mieux considéré, la famille était composée, de la femme (la patronne) comme on dit si bien en Normandie, une bien brave personne comme dit en cette région elle avait deux filles une de mon âge et une autre un peu plus jeune toutes deux vraiment bien charmantes, puis il y avait aussi une petite nièce dont la mère était malade, et qu'ils avaient recueillies à la maison.

Mon travail était régulier et mon patron me faisait une confiance absolue, après avoir vu la façon dont mon travail était effectué, il m'arrivait souvent d'aller faire des réparations dans de petites exploitations où je pouvais liquider la réparation dans la journée et régler seul avec le client.

Car il fallait peser le cuir et faire le compte des matières employées, et il fallait que cela concorde. Les habitants de cette régions étaient des gens qui étaient très près de leurs gros sous et les serraient de très près. Souvent aussi en compagnie de mon patron nous allions effectuer le même travail, car à l'époque il était de coutume pour le bourrelier de se rendre au moins une fois par an pour visiter les harnachements au grand complet à domicile du client.

C’était pour nous un travail assez pénible, car il fallait par nos propres moyens transporter tout notre matériel ; cuirs, huile, pinces à coudre et surtout le sac à outils qui à lui seul était bien lourd, nous partions tous deux chargés comme des mulets, mais dans le fond c'était pour nous un genre de distraction car nous étions plus à l'atelier et cela nous faisait une sortie agréable nous changions d'ambiance et en plus c'était un moyen de distraction, car pour les gens de la ferme nous étions en quelque sorte de distraction pour eux, pour nous nous étions bien nourris pour la pluspart du temps à la table des patrons.

Nous faisions souvent des tours aux employés de la ferme peu dégourdis ; surtout que mon patron un bon vivant et joyeux drille avait plus d'un tour dans son sac.

Je me souviens de jolies régions parcourues et en particulier un ancien domaine (peut-être une Abbaye, car il y avait encore les vestiges d'une chapelle) cette dernière était exploitée par une famille entière composée du père de la mère filles et garçons au nombre d'une dizaine au moins, dont l'ainé avait une vingtaine d'années. Souvent le midi à l'heure du repos je partais en compagnie d'un fils de mon âge soit visiter le petit bois qui faisait partie de la propriété ou alors nous visitions les bâtiments, parmi lesquels une grange qui était une ancienne chapelle, ce domaine ayant été certainement une ancienne abbaye, ou une ancienne place forte secondaire avec son pont levis.

J’aimais visiter ces lieux et monter au clocher à l'emplacement des cloches et regarder par les meurtrières cela me faisait penser à je ne sais quoi, que la nuit en rêvant je revoyais toutes ces choses eu pensant à tous ceux qui y avait vécu en cette période du moyen âge et qui certainement avaient souffert de la tyrannie de ces seigneurs, beaucoup d'endroits et de salles étaient interdits ; par des murs qui en interdisaient l'accès il devait y avoir des oubliettes ou peut-être bien des malheureux avait fini leurs jours sans autre forme de procès pour avoir été récalcitrants à l'impôt ou aux corvées imposées par le seigneur ; je pensais à tous ceux qui avaient vécu sur ces lieux et qui n'étaient plus, tout cela me laissait rêveur, il m'était presque impossible à ne pas penser à cela à toutes ces souffrances qu'avaient endurés les gens de l'époque.

Puis vint l'automne avec son cortège de brume et de tristesse, cela me donnait le cafard, j'avais envie de changer d'air, pourtant j'étais bien, très bien dans cette famille, je quittais donc Torcy et sa région pour aller travailler à Dieppe dans un magasin de quincaillerie pour bourrellerie et sellerie, à ce point de vue je n'étais pas trop dépaysé, mais cela fut pour moi un nouveau métier car il m'a fallu apprendre la tenue en écriture d'un magasin, et faire les inventaires de fin d'années, car le patron était souvent en tournée, commis-voyageur de son état ; il prospectait pour deux maisons de cuirs et matériels divers et de ce fait était très souvent absent du magasin. Je devais donc faire le vendeur enregistrer les commandes prises par téléphone, tenir certains comptes, et discutent avec le client, et le servir, un travail intéressant, mais quand même assez chargé aidé de temps en temps par la femme du patron, qui elle était au courant de la tenue générale de comptabilité et de marche du magasin.

Le travail n'était pas désagréable et me plaisait assez, mais le grand point de friction c'était la maison, car il aurait fallu que je couche à Dieppe, mais cela mes parents ne l'auraient jamais voulu, donc j'étais obligé de faire le parcours, soit par le train de Dieppe à Offranville l'hiver, et d'Offranville à Auppegard en vélo, mais à l'époque les routes étaient simplement empierrées et à, la saison des betteraves et des pommes, cela était terrible tant il y avait de la boue et faire attention de ne pas glisser sur une betterave ou même des pommes. L'accueil à la maison n'était pas toujours agréable, à la longue cela finit par dégouter complètement de vivre dans de telles condition, je n'avais qu'un seul désir pouvoir vivre tranquille et vivre ailleurs que dans le sillage de la famille et surtout de ne plus avoir l'impression de ne plus être à leur charge, peut-être que comme me le disait souvent ma famille que j'avais une tout autre conception de la vie, peut-être à cause de mon séjour au petit séminaire de Rouen, ce séjour m'avait rendu un peu différent des autres, à cause du peu d'instruction reçue dans cet établissement, et qui m'ouvrait les yeux sur d'autres horizons que ceux de ma famille.

Par instants je songeais à mon avenir, et je vous prie :: de croire que j'y pensais fort ment, mais je ne parvenais pas à prendre une décision sérieuse, j'aurais tant aimé apprendre la mécanique, mais hélas je n'ai jamais réussi à décider mes parents à faire le nécessaire auprès d'une école de formation professionnelle, ou dans un atelier mécanique, car à l'époque les écoles étaient assez rares, et de toutes façons il ne pouvait en être question, c'est ainsi que pour éviter d'aller travailler dans les fermes et ne sachant trop quoi faire je me rendis sur un coup de tête, et par une triste journée de janvier, le seize exactement, à la caserne du 8ème d'infanterie de Dieppe afin d'essayer de contracter un engagement dans la Marine, car à Rouen j'avais essuyer un échec à Dieppe j'avais réussi à ma grande stupéfaction, car l'après midi je rapportais l'autorisation des parents, car j'étais mineur, en sortant de la caserne j'étais civil mais soumis aux autorités militaires, et muni d'une feuille de route pour me rendre au ler dépôt des équipages de la flotte, à la grande surprise de toute la famille.

Pour moi allait commencer une nouvelle vie de collectivité, mélangée de toutes sortes d'éléments, des gens de tous milieux.

Donc je partis un beau matin muni d'un nécessaire de toilette, et d'un peu de linge, et aussi il faut le dire que ma mère m'avait préparé un bon casse–croute (un poulet de la basse cour et une bonne bouteille de vin de Bordeaux).

Je pris le train à Anneville sur Scie petite localité située à trois kilomètres d'Auppegard, puis changement de train à Rouen pour Serquigny, et de là la ligne Paris Cherbourg, où j'arrivais vers quatre heures de l'après-midi comme on dit souvent chez nous ; puis je me suis mis en quête de me renseigner afin de connaître mon chemin pour me rendre au ler Dépôt des Equipages de la flotte, auprès d'un marin auquel je me hasardais de demander la direction du dépôt, ce dernier me donna un conseil en me recommandant de ne pas m'y rendre, ou alors de me débrouiller en passant les visites pour ne pas être apte au service. Je crois que si à ce moment là, je n'avais pas été en procession de mon ordre avec l'heure fixée, j'aurais volontiers fait demi-tour, mais pensant aux complications que cela pouvait comporter, j'ai préférer malgré tout me rendre à ce cher Dépôt, où j'arrivais vers 16H40 me présentant à l'aubette (poste de garde de la marine). Quant tout à coup retentie la sonnerie annonçant l'arrivée d'un engagé, après avoir entendu cette dernière, le chef de poste me fit rentrer à l'intérieur du poste pour y subir la fouille réglementaire, Premièrement la fouille des poches pour savoir si je ne possédais pas une arme un couteau à cran d'arrêt ; j'ose vous dire que je fus fort déçu de ce genre de réception. Puis vint la fouille de la valise, on me laissa le poulet qui s'y trouvait, quand à la bouteille de vin St Emilion qui s'y trouvait elle disparut avec une rapidité déconcertante, que je n'ai même pas eu le temps de réagir.

Aussitôt un homme de garde me conduisit, au bureau du Capitaine d'armes qui lui me fit suivre la filière, pour avoir à manger à la soupe du soir, et avoir un couchage pour la nuit, je dus me rendre à la voilerie pour y recevoir mon hamac ; là on me distribua une toile de hamac, deux couvertures, deux araignées jeu de cordage munis de deux anneaux dont l'un est munis d'une corde appelée raban et servant à régler la hauteur du hamac selon la façon que l'on veut dormir, bien entendu ou assez lâche selon le désir de chacun.

J'étais bien embêté avec tout ce matériel ne sachant quoi faire, je fus bien heureux de trouver un copain pour me sortir de ce pétrin, sans lui j'aurais été certainement obligé de coucher parterre, grâce à ce dernier, et à ses bons conseils mon hamac fut prêt, et je pus dormir dans ce nouveau système de couchage qui m'était jusqu’ici inconnu, mais je vous jure que la première nuit il ne faut pas bouger car on risque de se retrouver par terre, mais au bout de quelques nuits on s'y fait vite c'est une question d'équilibre, au bout de quelque temps on y dort très bien, mais la première nuit malgré tout je ne dormis que d'un œil car j'avais été averti que les militaires étaient des champions en matière de resquille, le lendemain 17 janvier 1931 j'avais passé ma première nuit, et à six heures branlebas, réveil au clairon, et dix minutes après tout le monde en bas et en rang dans la cour, par groupe de huit pour recevoir les tickets de café ainsi que pour le pain un de nous partit avec un bidon pour aller chercher le café pendant qu’un autre allait chercher le pain et le chocolat, ou le beurre selon les jours, quelques fois il nous était donné ces sardines pour casser la croute le matin, et cela avec une demi-boule de pain pour huit, pendant ce temps-là les six autres allaient en vitesse au réfectoire pour se réserver une table, car elles aussi étaient prises d'assaut, nous étions très nombreux, et il fallait aller vite si nous voulions boire le café confortablement, il en était ainsi le midi et le soir pour les repas, nous étions dans un dépôt et les arrivages étaient constants il y avait bien des jours creux mais il fallait toujours se débrouiller. Après le café il y avait le lavage corporel. Puis appel dans la cour, où nous étions avertis de nous préparer pour aller à la visite, ou alors de se tenir prêts pour subir un examen, ou une épreuve quelconque, ou les radios à passer à l'hôpital maritime.

Pour mon compte j'allais à la visite à huit heures, je me rendis donc dans la salle d'attente de l'infirmerie, étant appelé dans les premiers suivant l'ordre alphabétique, passé dans les premiers. Je fus assailli de questions par ceux qui attendaient, car nous étions interrogés par les docteurs sur le passé des parents, sur les maladies infantiles et de jeunesse etc, etc.

A l'appel de une heure, nous fûmes appelés pour nous rendre à l'hôpital maritime, afin de passer les radios, et autres examens des yeux et oreilles certains revenaient l'air triste, car la visite de l'hôpital avait décelé quelques chose, et avaient peur de ce fait de ne pas être pris pour le service et d'être ainsi obligés de retourner dans leurs foyers.

Quand à ceux qui étaient aptes, le lendemain nous fûmes dirigés vers le sous-sol où se trouvaient tous les corps de métiers concernant l'habillement, la chaussure et aussi la chapellerie, à tour de rôle nous passions dans ces ateliers pour mensurations, au deuxième circuit, nous sortions du sous-sol les bras chargés de linge et de tenues neuves ; cela sentait la naphtaline à plein nez, vite et tous heureux d'avoir reçu notre paquetage. Tous nous montions vite au dortoir pour nous mettre en tenue, car nous avions hâte de nous voir en tenue et surtout de voir la bouille que nous pouvions avoir dans cet accoutrement certains étaient rajeunis d'autres étaient et semblaient des gamins, car le costume marin à tendance à faire ressembler à des enfants.

Mais le grand Hic c'est que à partir du moment que nous portions la tenue nous étions obligés de saluer nos supérieurs, et aussi aptes à effectuer toutes les corvées (la garde de vingt quatre heures, c'est ce qui m'arriva quelques jours après. Je dus me rendre en tenue à la salle d'armes et y recevoir le célèbre fourniment, ceinturon, bretelles, cartouchières, et pour finir un bon et non moins célèbre Fusil Lebel. Muni de la non moins célèbre Rosalie.

C'est donc dans cet accoutrement que je vis en militaire pour la première fois de ma vie, il nous fallut à tous formant le corps de garde, présenter les armes aux couleurs et dorénavant par la même occasion aux officiers supérieurs, cela ne devait pas être très beau à voir, car sans entrainement au préalable, nous tous et malgré tous nous étions gauches.

Puis commençait la ronde infernale des deux heures de garde, et des deux heures de repos tout habillé et avec le fourniment complet, tant de jour que de nuit ; ce repos consistait à se reposer sur le baflan du corps de garde et cela tout habillé, car en cas d'alerte nous devions toujours être prêts à toute éventualité, aussi nous étions heureux de voir arriver le matin à huit heures, car c'était la fin de notre cauchemar, et nous étions remplacés par une autre équipe toute fraîche et pleine d'ardeur, pendant ce temps là nous avions une demi journée pour nous reposer, laver un peu de linge, et aussi écrire à la famille, et la mettre au courant de notre nouvelle vie, mais défense de dormir dans la carrée au risque de se faire embaucher pour une corvée quelconque.

Pour mon compte je fus ainsi tranquille quelques jours, puis je dus comparaitre devant le conseil de spécialité présidé par le commandant du dépôt, un énergumène se recommandant toujours de Dieu et de la St Vierge, ce dernier était peu aimé des marins du Havre, en particulier ceux du quartier st François ; sachant que j'avais été élève au petit séminaire de Rouen, ce dernier me conseilla vivement de devenir Infirmier, et vouloir à cet effet m'envoyer à l'hôpital maritime de Cherbourg, pour suivre pendant six mois les cours d'infirmier.

Mais ne voulant être ni infirmier, ni rester croupir à Cherbourg, je voulais avant tout voir du pays, et pour cela il me fallait au moins aller à Toulon, voyant que le commandant voulait absolument que je sois infirmier, je dus pour me défaire de son emprise le menacer de résilier mon engagement, mon premier désir était je ne sais pourquoi de devenir canonnier, mais les docteurs de la marine m'avaient trouvé un peu faible de corpulence pour faire ce travail car dans la marine ce sont en principe des pièces de gros calibres, il faut des types costauds pour effectuer ce genre de travaux, après bien des palabres je réussis à être destiné pour l'école suivre les cours de torpilleur, donc quelques jours après grand départ pour Toulon. Distribution de boules de pain et vivre pour la route se comportant de quelques boites rie singe, puis au moment du départ grandes recommandations de ce Capitaine de frégate, et commandant le ter dépôt des équipages de la flotte, nous mettant en garde, et de bien faire attention à nous, car nous étions des enfants qui ne connaissaient rien de la vie nous mettant en garde contre les mauvaises fréquentations, et les filles, nous recommandant pour nos sorties la fréquentation du Foyer(Villa Jeanne d'Arc à Toulon, car la ville de Toulon était reconnue comme une ville de perdition pour les marins) ces petits enfants qu'il chérissait, et savait punir d'une façon exemplaire à l'occasion.
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