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C'est avec la joie au cœur nue je repris place sur ma monture, trempé comme une soupe, car la pluie ne cessait de tomber, et il faisait déjà noir quand je traversai le plateau du Gâda, aussi je pensais à ma femme et à mon fils qui à la maison devaient commencer à s'inquiéter, car depuis longtemps ils m'attendaient avec impatience, en arrivant je commençais par soigner le cheval avec une bonne ration d'orge quand à moi je dus me changer complètement car je n'avais plus rien de sec trempé de la tête aux pieds après un bon repas et un repos bien mérité le lendemain cavalier et monture étaient prêts à repartir à l'aube par un soleil radieux heureusement pour nous car nous partions en brigade complète pour procéder à des reconnaissances en forêts en vue d'ouverture de coupes de pin d'alep destinées à la fabrication de caissettes pour agrumes, et bois de boulange, mais pour que les coupes soient exploitables il fallait y avoir accès ; et pour cela faire des chemins de débardages ainsi que des chemins d'accès aux poids lourds pour le transport des produits, étant celui qui habitait le plus près de ces lieux, je fus donc chargé de l'exécution de ces travaux, et à cet effet d'embaucher des ouvriers, mais il fallait en premier faire travailler tous ceux qui avaient une transaction à payer à l'Etat, car contrairement à ce qui se passe en France, ici les quatre cinquièmes des délinquants, pour ce qui concerne le régime forestier payent en travaillant à l'amélioration des routes et pistes ou à l'entretien des forêts, en un mot sur les chantiers de l'état ce qui nous donnait un grand besoin de la main d'œuvre, mais pour la qualité il vaut mieux ne pas en parler à part une petite minorité.

Dès que l'ouverture d'un chantier était annoncée, tous descendaient à la maison forestière pour se faire inscrire, on aurait cru à une invasion, tous arrivaient nombreux, mais il me fallait choisir, et en éliminer une grande partie, car ce que nous avions besoin avent tout c'était des hommes valides, tous étaient sans travail la misère était très grande dans les Douars à part les Fellahs cultivateurs les autres ne travaillaient que l'été à la moisson, et l'hiver ils vendaient du charbon de bois qu'ils fabriquaient en forêt à leur risques et périls car nous étions souvent obligés de détruire ces charbonnières de délit, ou quand cela était possible récupérer le charbon, mais ceci n'était pas toujours facile à effectuer au risque d'un accident. Donc après avoir embauché le nombre d'ouvriers nécessaire il me fallait encore choisir un chef par équipe de sept à huit personnes ces derniers étaient choisis parmi ceux oui avaient l'habitude de travailler le plus régulièrement sur les chantiers, sans ces derniers il n'était pas possible de réalisa quelque chose de conforme ressemblant à un chantier, pour ma part il me fallait surveiller l'ensemble et tracer le travail par équipe, les uns au ramassage et à l'extraction de la pierre, les autres au transport des pierres, les autres au terrassage et enfin les constructeurs, car en certains endroits il avait beaucoup de murs de soutènement à construire afin de faire passer une route à flanc de montagne où devaient passer les poids lourds chargés de bois ou de produits forestier cette route devait supporter un mois de 15 tonnes au moins mais ce qui était le principal problème était surtout les virages qu'il fallait agrandir à cause du grand rayon de braquage d'un camion avec remorque, j'avais toujours une certaine crainte au point de vue résistance des travaux, et à ma grande joie les camions ont passé et repassé bien des fois et à très bien résisté et était toujours existante quand j'ai quitté ; pour la rentrée de l'été les travaux étaient suspendus pendant la période d'incendie de toute façon la moisson arrivait et pour tous la moisson était une chose sacrée et tous y étaient attachés à cette moisson, car tous plus ou moins avaient une petite enclave ensemencée dans les Douars, et d'autres allaient comme en France se louer pour la moisson chez les colons ou les Fellahs, je profitais donc de cette accalmie pour effectuer mes bornages qu'il fallait vérifier et dans la mesure du possible remettre dans la position normale, car certaines étaient déplacées souvent par la charrue des riverains, et il avait pour cela les témoins qu'il fallait rechercher avant la mise en place de la borne réelle, je devais prendre pour cela deux ou trois ouvriers munis de leurs ânes afin de transporter le matériel nécessaire (pelles pioches) car en même temps que la recherche des témoins nous devions refaire les fossés d'angles et repeindre les bornes en blanc avec numéros en vert comme le prévoit le code forestier.

Je m'arrangeais toujours et cela dans la mesure du possible de prendre les ouvriers dans les douars les plus proches, et parmi les personnes qui étaient en redevances envers l'état, c'est à dire ayant des transactions à payer, en général pour pacage en forêts consignés au carnet de délits consignés par mes soins.

Le travail était assez plaisant, car une fois les bornes peintes et les fossés refaits, rien n'était plus facile de connaitre la délimitation des forêts, il ne pouvait avoir aucune équivoque de la part des riverains, il nous arrivait souvent d'être à proximité des douars les Indigènes étant très curieux de nature se faisait un plaisir de nous offrir le thé ou même quelques fois de manger avec eux, il faut bis n remarquer que chez eux l'hospitalité est une chose sacrée, je vous assure que c'était vraiment le bon temps, aimant me lever très tôt nous commencions vers quatre ou cinq heures du matin et l'après midi nous étions libre à la maison, et une bonne sieste était de rigueur, puis après j'en profitais pour faire des travaux en maison forestière, c'est ainsi que je réussis à nettoyer une source perdue, qui plus tard fut captée et servi à. installer l'eau courante à la maison forestière et aux dépendances de cette dernière c'était l'été tout allait pour le mieux. Moi j'étais tranquille, les indigènes étaient heureux car ils avaient fait une bonne récolte, les troupeaux avaient du pacage, et tout était calme nous n'entendions que le concert des cigales dans les pins, que c'était beau ce concert de la nature. On dirait qu'elles avertissent qu'il n'y a rien à. faire dehors, car quand il fait bien chaud tous je dis bien tous aussi bien Indigènes qu'européens savions nous mettre à l'abri des rayons du soleil source de vie de richesse et c bonheur seule satisfaction de tous les peuples.

Pour nous les gardes forestiers c'était la bonne saison car nous avions un peu de répit, en un mot c'était la période la plus calme de l'année et par excellence la période de reconnaissance des terrains, et les instructions de reconnaissances et de demandes de défrichement sollicitées par les colons et fellahs d'une certaine classe, mais notre plus grand soucis état le feu car en cette période d'été il en fallait si peu pour que la forêt devienne un brasier, une cigarette, un morceau de verre faisant loupe cet.. etc.. car en cette fin d'été 1939 l'atmosphère était lourd, quand je descendait au village beaucoup de gens venaient à. moi pour avoir des nouvelles, alors que moi je comptais sur eux pour en avoir de plus fraiches car en montagne nous vivions loin de toutes rumeurs et du bruit, et surtout sans soucis du monde extérieur.

Quand un jour en pleine sieste, un Indigène vint m'avertir que la guerre était déclarée entre la Frange et L'Allemagne, et aussi que l'Angleterre allait suivre, nous nous attendions à ce désastre, mais peut-être pas aussi rapidement, car depuis quelques années nous avions eu pas mal de fausses alertes qui s'étaient soldées par des non lieux, mais cette fois-ci s'était bien vrai, et cela nous semblait invraisemblable, tellement nous avions du mal à y croire.

Cela me donna la chair de poule, car ayant un fascicule pour rejoindre en temps de guerre mobilisation générale la première escadrille de Cherbourg, donc le lendemain je fus obligé de chercher un logement pour ma femme et mon fils au petit village de Martymprey, puis ensuite me rendre à la Brigade remettre mes armes et munitions à Frenda, dans ce village également tout le monde tous les hommes valides se préparaient à partir, une telle pagaille tég²nait partout, et cela faisait pressentir des signes de mauvais présages, donc je partis dans la soirée en compagnie de mon collègue des eaux et forêts habitant le village, tout le monde était parti il n'y avait plus de moyens (IF transports, nous sommes partis avec une voiture particulière jusqu'à Mascara, nous partions avec conviction que nous allions faire une promenade, nous avions tous confiance dans les forces armées Française, Hélas nous ne savions pas ce qui nous attendais, moi je suis resté en Afrique, mais mon collègue qui lui croyait rester à Oran n fut envoyé directement en Frange avec son régiment du génie Forestier.

Quand à moi qui avait reçu un conseil de la part de mes supérieurs, de me rendre au corps des sapeurs forestiers appartenant au génie, mais cela ne me disait rien de changer de corps, alors que j'avais déjà cinq années de Marine et un grade et une spécialité qui en temps de guerre était bien utile dans la marine, et j'avais une certaine appréhension, je ne me voyais pas finir mes jours dans la biffe comme nous disions aussi bien dans les cols bleus, en plus je n'avais qu'un seul désir suivre mon destin, car je pense que ce dernier est tracé d'avance dans la vie et que cela ne sert à rien de vouloir s'en détourner.

A cet effet je me rendis à la Marine Oran, qui elle me fit poursuivre ma route sur Alger, ce que je fis le soir même, je pris donc le train pour cette dernière ville, il y avait un monde fou dans les trains, nous avons mis une nuit complète pour faire une centaine de kilomètres, car c'était un train qui avait été formé pour les mobilisés, il y avait toutes sortes de wagons, et une pagaille indescriptible indescriptible, à Orléanville nous avons eu le temps d'aller boire le café en ville de revenir tranquillement prendre le train pour arriver à Alger le soir à 21h30 il y avait couvre-feu et personne pour recevoir le monde à la gare et le diriger sur les centres de triage, rien du tout, ce que nous avons fait à trois copains nous sommes allés chercher une chambre en ville, que nous avons enfin trouver dans Bab-et-oued quartier assez douteux, éreintés et morts de fatigues, une bonne douche et une bonne nuit de sommeil, le lendemain nous étions frais et dispos.

Je suis allé me rendre munis de mon fascicule à l'Amirauté, voir s'ils avaient besoin de moi, hélas ces verniers me sautèrent dessus comme sur du bon pain car ils attendaient avec impatience que se pointe un torpilleur, car étant en cours de faire les barrages du port par mines sous-marines, j'étais donc l'homme qu'il leur fallait pour l'amorçage de ces dernières. Je :fus de ce fait habillé et incorporé dans les quarante huit heures, et bien en règle avec la Marins nationale car ils avaient déjà écris au bureau militaire de Cherbourg, pour les avertir de ma présence en ce port, et de mon affectation, il faut dire que j'avais retrouvé un ancien capitaine de compagnie qui me connaissait très bien, pour avoir été l'un de mes chefs lors des écoles à bord du Condorcet, c'est donc dans cette ambiance que je fis l'amorçage de toutes les mines en compagnie de deux camarades, ainsi j'ai passé une période bien calme en cette ville, aussi dès que les travaux d'amorçages furent terminés, il me fut demander de fonder une coopérative militaire vendant un peu de tout pour éviter aux marins en instance de départ de sortir en ville pour se procurer des babioles et surtout que cela se produisait trop souvent, il me fut donc donner carte blanche pour effectuer les travaux d'installation, et ensuite aller prendre de l'argent près du commissaire pour effectuer les premiers achats qui au début surtout le tabac allumettes et cigarettes, et cela à titre d'essais, mais le premier jour la totalité fut vendue; je fus obligé de doubler les stocks et aussi de monter le magasin en denrées diverses, papier à lettre, cartes postales cirage lacets savon et aussi casse croute, la bière étant interdite dans la marine je fus donc autorisé à vendre des sodas et de la limonade.

Le commerce marchant à plein tube je fus obligé de demander de l'aide, car il ne m'était plus possible de faire tout seul, je me fis affecter un pauvre vieux qui avait fait la guerre de 1914, petit colon de la région de Boufarick et ancien des Dardanelles. Ce dernier connaissait la ville corne sa poche, grâce à ses connaissances, je pus avoir des fournitures de toutes sortes pour la confection des casse-croutes car il connaissait toutes les ficelles de la ville, et me donna bien des combines pour avoir des denrées à bon marché, car chez les juifs de la rue Bab-Azoum, rue par excellence des magasins juifs, il fallait toujours discuter et surtout savoir faire, car pour nous Français de la métropole, nous ne savons pas discuter, et surtout tout de ce mode de savoir faire, et même ignorions que ce mode d'achat existait. Mais très vite nous nous y sommes mis au courant, chez certains à chaque commande j'avais mon cadeau, en ayant la ferme conviction que ce cadeau était payé, tout en ayant meilleur marché que chez les européens ces cadeaux étaient partagés entre moi et mon collègue, tous deux nous avions un travail monstre, et en plus il fallait toujours quelqu'un au magasin, mais nous étions libres et autonomes vis à vis de tous les autres mobilisés, pas d'appel le matin midi et le soir, nous étions nôtre propre chef, sauf que nous portions l'uniforme; à cette époque ma femme était arrivée à Alger, nous avions un meublé en ville, dans une des principale rue de la ville (la rue Michelet).

Quand à la coopérative cela marchait très bien, surtout au point de vue tabac, car c'était inimaginable les quantités de tabac vendues, tous les deux jours j'étais obligé de renouveler les commandes, afin d'avoir une réserve nécessaire de façon à ne jamais en manquer, car c'était vraiment la denrée qui faisait marcher le commerce, et nous permettait d'améliorer le menu de l'ordinaire, au grand plaisir de l'équipage de la défense du littoral . Tout ce bien être de ma part s'écroula quand le dix décembre 1939, vint l'ordre de récupérer tous les hommes dont la spécialité était la suivante, torpilleur, radariste, et écouteurs et également des jeunes recrues sans formation, ceci était un ordre de l'amirauté commandant la flotte de l'Atlantique basée à Casablanca, étant un des plus ancien en service et en grade, je fus désigné pour prendre les dispositions nécessaires en vue du prochain départ du détachement pour Casa. nous recevions des vivres pour trois jours après avoir tout bien rangé dans des caisses en particulier ce que beaucoup ne voulaient pas se charger individuellement, en général des jeunes qui ne savaient guère se qu'était les transports par convois militaire, car il nous fallut trois jours pour arriver à Casa. Partis très tôt d'Alger nous étions vers quatorze heures à Sidi-Bel-Abbés, dès notre arrivée en gare, nous attendais la Légion Etrangère munie de ses roulantes, car cette dernière nous offrait un repas chaud ayant été avertie de notre passage en cette V h e par les autorités de cette ville pour restaurer le détachement de la marine lors de son passage, après avoir bien mangé et bu un bon quart de pinard, et ensuite le café nous étions tous en pleine forme pour attaquer la route en direction de Oujda où nous sommes arrivés vers dix neuf heures, les hommes furent menés au camp des spahis, où ils furent hébergés et nourris jusqu’au lendemain matin à 8 heures avec la droit de sortir le soir jusqu'à vingt heures . Quand à moi et mon collègue nous avons pris une chambre à l'hôtel pour nous reposer toute la nuit, car nous savions que beaucoup de trajet nous restait à faire et dans de mauvaises conditions, car sur les chemins de fer Marocains il y avait quatre classes et qu’en général c'est celle-là qui était réservée aux militaires en détachement.

Donc après nous être bien reposés, le lendemain matin, nous étions à l'heure prévue à la caserne pour prendre en charge les hommes du détachement.

Et en route pour Casablanca et repartir d'Oujda vers huit heures trente vers Fez Meknès Rabat pour arriver à Casa que le lendemain vers quinze heures trente et dans un état lamentable, car en voyage on dort mal et certains ne dorment pas du tout et en plus empêchent les autres de la faire; arrivés à Casa nous laissons nos valises et bagages en consignes à la gare, car un camion de la marine devait les récupérer. Pour les hommes nous avons été obligés de faire la route à pied de la gare au dépôt de la marine, qui se trouvait complètement en sens opposé de la ville nous obligeant de traverser la ville du bord au sud, de la gare à la place de France nous passions par une avenue très large jusqu'à la. place de France, puis ensuite traversant la ville indigène au plus près des quais, la ville de Casa est une ville très agréable avec ses larges avenues bien plantées, et par les quartiers typiques Indigènes avec leur souks et les petits magasins où on trouve tout ce que l'on veut depuis la pacotille au cuivre repoussé à la main ses cuirs brodés main.

Enfin nous voila arrivés au dépôt des équipages de la flotte, après une légère attente, nous sommes allés pour recevoir notre couchage, pour la nuit chose très précieuse après un tel voyage, pour mon compte je retrouvais quelques anciennes connaissances du temps de mon active qui tous étaient rengagés et devenus second maîtres ou maitres, de suite je fus donc invité à manger au poste des bœufs comme on dit dans la mariné, cela nous faisait tellement plaisir de nous retrouver dans de telles circonstance, puis vint le lendemain matin à l'appel beaucoup reçurent leur affectation, les uns dans des services sédentaires, et quelques autres à bord des navires de guerre, ou des bâtiments de commerce transformés pour la circonstance en escorteurs ou en dragueurs de mines. pour mon compte je fus affecté à bord du torpilleur LA RAILLEUSE commandé par le capitaine de vaisseau Fourcade, cette affectation ne me disais rien qui vaille, mais hélas, j'avais décidé de ne rien faire qui puisse contrarie ma destinée afin de suivre mon chemin tracé par la providence, Mon meilleur ami venu d'Alger avec moi, ayant eu vent de mon affectation alla trouver le commandant du dépôt, et se porta volontaire pour embarquer sur la Railleuse, ce que ce dernier accepta; je fus de ce fait libéré de mon affectation mais en échange je reçus une autre destination, et le lendemain j'étais de corvée de scaphandrier, pour relever les cadavres se trouvant prisonniers sur le meilleur de mines Pluton oui avait sauté dans le port de Casa à son poste d'amarrage, par suite d'un sabotage Présumé? et cela afin de donner une sépulture décente à ces pauvres malheureux, je fus astreint à ce travail pendant une huitaine de jours puis vint à. mon encontre une affectation pour le P.140 qui n'était autre que le Yacht EROS, appartenant à la famille Rotchil, donc me voici à bord en qualité de torpilleur, car ce bateau possédait des grenades sous-marines, mais ma fonction était surtout celle de vaguemestre, qui consistait à effectuer tous les mouvement: de courrier à la grande poste de Tanger, qui en somme était notre port d'attache Ville secrète autant qu'étrange, où dans la rue, il était possible d'échanger des dollars aussi bien que des livres sterling cet.. etc.. ce qui me sembla étrange car en France pour effectuer une telle opération, il fallait qu'il y ai des grilles entre le changeur et le banquier pourtant dans cette ville internationale et à l'époque il y avait de drôles de spécimens, c'était une ville où beaucoup venaient y séjourner pour en -repartir fortune faite, mais c'était une jolie ville bien située à flanc de coteau très agréable au climat sensationnel, comme toutes les villes d" Afrique elle comprenais le vieux quartier Indigène avec ses rues & étroites et ses échoppes ses magasins sombres sans visites comme il en existent encore aujourd'hui. Le bord de mer était constitué par une merveilleuse plage de sable très appréciée des cavaliers amateurs, et des touristes sportifs; ici tous le monde à l'air heureux et on sent la joie de vivre.

De temps en temps nous allions à Gibraltar, car nous étions en quelque sono les préposés au transport de l. valise diplomatique entre le consulat de France à Tanger et les autorités de Gibraltar ; la traversée nous était familière, car no étions connus dans les deux ports, et malgré cela assez surveillés par les gardes côtes Anglais qui assuraient la surveillance du détroit.

C'est à Tanger mouillés en grande rade que nous avons appris la triste nouvelle de l'explosion du torpilleur La Railleuse à bord duquel j'avais bien failli poser mon sac. Le commandant ayant appris cette nouvelle et devant nous rendre à Casa pou: signer des états de fournitures, nous mettons au poste d'appareillage dès le soir arrivant à destination le lendemain vers la fin de la matinée, afin de participer en quelque sorte à une enquête discrète, :non travail de vaguemestre me permettait de rencontrer pas mal de camarades des navires amarrés dans le port cela me permis d'interroger certains de mes connaissances parmi eux, et en même temps de faire le tour au dépôts prendre des nouvelles, et aller aux renseignements auprès des rescapés de la Railleuse hébergés en conséquence au dépôt. J'avais hâte de posséder de leur part quelques renseignements; j'avais en tête le danger que présentait les torpilles, qui en réalité ne risque rien, mais peuvent très dangereuses à qui ne connait pas bien la manœuvre du chargement des bouteilles d'air de lancement, a bord des torpilleurs de cette classe, ce sont des tubes de lancement en surface ne possédant que un jeu de bouteilles de lancement ne servant qu'à chasser les torpilles du tube en la projetant dans son élément liquide, ces engins n'ayant aucun secret pour moi . J'avais bien vu anciens du détachement, venant d'Alger il y a quelques mois, mais personne ne m'avait rien dit et même fait allusion à ce qui s'était passé, quand en me rendant à l'amirauté pour faire signer une demande de munitions pour le compte du patrouilleur P 140 munitions manquantes au stock par suite de tirs d'entrainement effectués en mer; c'est à ce moment là que je vis un ancien, un vrai copain que je connaissait particulièrement, ce dernier me prenant à part, me conta toute l'histoire, et quelle fut ma stupéfaction d'apprendre que le premier qui fut retrouver complètement nu et décapité, ce fut mon camarade Ourcade, qui avait fait des pieds et des mains pour embarquer à ma place quelque temps avant mon embarquement sur l'Éros ce qui me fit penser de plus en plus à une faute professionnelle.

Le bateau étant en instance d'appareillage, le pauvre gars était bien torpilleur mais hélas pendant la guerre de 1914; et depuis ce temps là les torpilles et leurs tubes de lancement avaient subit bien des modifications, et dans certains cas une nouvelle technique, dont ce dernier ne pouvait être au courant de tous ces changements qui avaient eu lieu entre les deux guerres. Il y eu beaucoup de morts dans cette catastrophe et certaines personnes restaient frappées de ce qu'ils avaient vu et vécu, c'est ainsi que un certain employé préposé au ravitaillement des bâtiments en Mazout, me raconta ce qu'il avait vu de son chaland ravitailleur, lorsque ayant fait le plein en fuel d'un bâtiment, ils allèrent lui et ses compagnons s'amarrer à un appontement situé près de l'ancienne base de sous-marins, et non loin de la Railleuse, puis s'installèrent comme ils en avaient l'habitude sur le pont du chalar pour le repas du soir (qui dans la marine se situe à 17 heures 30, tous étaient en train de manger quand l'explosion se produisit, un morceau de métal provenant probablement d'un réservoir à air comprimé de torpilles tomba dans la gamelle qui était sur la table, tous prirent la fuite d'une façon inattendue tant la surprise était grande, les uns se jetant à l'eau, les autres fuitant par les radeaux servant d'accès aux barques et vedettes de la marine civile et militaire, il ne restait pratiquement plus rien du navire au dessus de la ligne de flottaison, le pont était complètement ravagé de l'avant à l'arrière une partie des chaudières ayant explosé Après la cérémonie funèbre les esprits se calmèrent un peu quoique la tragédie restait présente dans la mémoire de ceux qui avaient vécu la tragédie.

Je me souviens de la dernière fois que j'ai rencontré mon ami Ourcade, c'était à Gibraltar, c'était après une patrouille en mer au large des côtes espagnoles, lui était tout heureux de ses premiers exploits (la destruction d'un sous-marin allemand), son bâtiment avait reçu à cet effet la croix de guerre, et l'équipage était fier de l'exploit de leur navire hélas les malheureux ne se doutaient pas que la catastrophe était proche et que beaucoup d'entre eux allaient mourir.

Quand à nous nous sommes repartis à, la surveillance du détroit de Gibraltar avec cornue toujours notre point d'attache le port de Tanger, nous étions très heureux dans ce secteur, il nous arrivait souvent de faire des parties de pêches dans la région de Trafalgaraux alentours des bateaux coulés lors de la fameuse bataille du même nom, ou alors des parties de chasse dans la région de Tanger, à part les patrouilles en mer nous avions une vie agréable à bord de l'Eros, bien nourris logés agréablement, car nos cabines n'avaient rien_ à envier aux cabines de premières classe des paquebots peut-être un peu plus réduites, en temps de guerre il n'était guère possible de trouver mieux.

Surtout quand je pense à ceux oui à bord de certains patrouilleurs avaient une couchette pour deux, pour mon compte j'avais une cabine avec couchette bureau penderie et un coffre où je devais ranger certains plis ou objets de valeurs appartenant au navire, étant au port tout les matins j'étais en ville, et quelques fois l'après midi selon les besoins de la poste, plusieurs fois je fus inquiété par des civils qui cherchaient à savoir et connaître le sujet de notre présence en zone internationale, il y a des jours où vraiment j'étais inquiet. Heureusement que la police spéciale était là et veillait à ce que tout se termine pour le mieux souvent par la capture de certains suspects.

Puis vint le jour où celui que j'avais remplacé pendant son congé de trois mois était de retour et repris son poste, quand à moi je dus réintégrer le dépôt de l'unit marine Casablanca, où dès mon arrivée je m'empressais de poser une demande de permission de dix jours qui me fut accordée, avec les souhaits de bonne permission de la, part du commandant, du navire que je venais de quitter, ce oui avait une signification que je compris vraiment, à mon retour de permission; après ces dix jours passés en_ famille et par un temps splendide de printemps, il me fallu prendre le chemin du retour pour Casa; arrivé un peu après trois heures de l'après midi, après un voyage très pénible à cause de la chaleur et de la longueur du trajet, car il me fallut partir à six heures pour arriver le lendemain après midi à Casablanca.

A mon arrivée au dépôt, le chef de garde me fit savoir que j'étais de service le soir même, il reçu de ma part des protestations, car il était bien prévu dans le règlement que tout homme rentrant de permission, et ayant passé plus de vingt quatre heures en voyage était exempt de garde le jour même de son arrivée à son unité, mais on me fit savoir qu'il était toujours préférable de s'exécuter avant de protester officiellement, c'est ce que je fis et le lendemain matin à l'appel, je fus appelé au bureau des effectifs, où l'officier de service me remis lui-même un ordre d'affectation, plus un laisser passer de jour et de nuit, ainsi qu'un laisser passer pour rentrer au dépôt ainsi qu’à l'hôtel des postes pour rentrer à toutes heures de la journée et de la nuit pour les besoins de mon service en la ville de Casablanca.

Tout ceci me provoqua un certain choc, car je me demandais ce que tant de précautions voulait bien dire, et quel pouvait être mon nouvel affectation, car celui qui m'avait été donné ne comportait pas d'adresse, je dus sur ordre verbal me rendre dans un logement réquisitionné qui se trouvait en plein centre de la ville, donc sonne sonnant à l'adresse indiquée; je fus, surpris d'être reçu par un planton de la biffe un tirailleur marocain qui me conduisit au bureau du commandant, qui me souhaita, la bienvenue, et me mis au courant de mes nouvelles fonctions, et ensuite me présenta aux nouveaux collègues, tous des gradés de différant corps, légion et tirailleurs en général tous des réservistes étant pour la plus part des bien placés de l'administration, le plus vieux était un caporal de réserve professeur de Français dans un lycée de la ville, ce dernier me précisa que j'appartenait à un service d'état major de l'armée de terre et des troupes d'occupation du Maroc, je me trouvais un pet désorienté, mais je me mis vite dans l'ambiance, avec les collègues du bureau en plus tous étaient de la région, et le soir rentraient dans leur famille, sauf le commandant qui lui était de Marrakech, le logement où avait été installé les bureaux comportaient des chambres de libres j'ai donc été vite installé dans l'une d'elle et heureux comme un pape. Il m'arrivait souvent de sortir en ville en compagnie du commandant, ou alors de monter à bord des navires, en provenance de France ou de l'étranger afin de posséder tous les renseignements utiles sur les mouvements des navires, suivant les événements en cours, car à l'époque c'était la grande retraite en France, et beaucoup arrivaient complètement désemparés à Casa. J'avais pas mal de connaissances qui étaient sur des bâtiments de commerce armés, j'allais voir ces camarades ce qui me permettais de & posséder pas mal de renseignements sur les navires en provenance de la métropole, car c'était vraiment la grande pagaille lors du retour des chasseurs alpins, et de toutes les troupes de retour de Norvège, la ville était submergée par la troupe de toutes armes, car on en trouvait partout, il n'y avait plus de place dans les casernes, les hangars du port et tous les dépôts regorgeaient de soldats de toutes sortes complètement désemparés, il était difficile d'en tirer quelques renseignements, en me rendant à la grande poste, là je profitais de bien me renseigner, au centre d'écoute de standard car ce dernier était tenu par des collègues de la marine nationale, en plus j'étais obligé de m'y rendre assez souvent pour effectuer des saisies de courrier tant civil que militaire.

Ainsi nous avions pu assister à la grande affaire du Massilia, ayant à son bord une partie de l'équipe gouvernementale, qui à l'époque voulait établir en Afrique du Nord un gouvernement provisoire une bien triste époque en réalité, car avec les évènements de France, Casablanca était le port par excellence, pour toutes les troupes les champs de bataille, ou ne désirant rester en Angleterre, et bien souvent pour rejoindre leur famille au lieu de servir dans les forces Françaises libres, Dieu sait combien sont nombreux parmi ces derniers, ceux qui se disent résistant de p première Heure.

Nous avons également assisté à l'évacuation d'une partie de l'or de la banque de France et placé à la banque Chérifienne par les moyens de l'armée Française.

A cette époque nous avions subit plusieurs alertes sur la ville, alertes d'ailleurs sans importances, mais atteignant le moral de certains quartiers de la ville, en leur créant une telle peur, que lorsque elles avaient lieu, il y avait des blessés par piétinement et par bousculades.

Puis ce vut la trajedie de Mres-et-Kébir l'anéantissement d'une partie de la flotte Française par la marine Anglaise, causant la mort de centaines de marins, ce fait marqua profondément le moral des français résidant en Afrique du Nord qui considérèrent les Anglais comme des assassins ; au bureau où j'étais affecté nous sommes restés glacés sur place quand nous avons appris la nouvelle au téléphone par les services qui étaient chargés des transmissions.

Le soir même nous sommes sortis en ville prendre en quelque sorte la température et le moral de la population de la troupe, tout le monde était indigné de la catastrophe, et surtout de la façon que les évènements se sont déroulés, beaucoup auraient souhaité que les évènements se soient déroulés d'une autre façon, et éviter le massacre et la tuerie de toutes ces victimes sans défende comme le prévoyait les conditions d'armistice, tous les navires désarmés, et ne possédaient plus de munitions à bord.

Puis ce fut le grand calme, nos préoccupations étaient après l'occupation de la France, et l'instauration de la ligne de démarcation, était de récupérer tous les volontaires qui se présentaient à Casablanca, et en Afrique du nord, ainsi que ceux qui s'étant échappés et obligés de passer par l'Espagne, ces derniers arrivaient le plus souvent dans un dénuement le plus complet, et souvent dans un état lamentable au point de vue physique beaucoup d'antre eux devaient titre hospitalisés pour être soignée et prendre un peu de repos, après en général trois ou quatre mois de prison passée en Espagne et ceci dans les pires condition, c'était le régime pour ceux qui passaient par l'Espagne et à l'époque il était difficile de faire autrement, car sur les navires il était très difficile d'embarquer à bord, et en plus ils étaient peu nombreux.

Puis au moment où en réalité personne ne s'attendait, vint l'ordre de démobiliser tous les réservistes, ce qui se fit très rapidement, une grande partie des nommes retournaient chez eux sans trop d'enthousiasme, ayant la ferme conviction que nous serions obligés de remettre cela dans un délai assez proche.

Je suis donc retourné à mes occupations ayant en tête de bien tristes souvenir et beaucoup de mes collègues étaient comme moi, je n'avais pas de nouvelles de ma famille se trouvant en zone occupée, il arrivait souvent que dans les familles il y avait soit un prisonnier ou un mort; pour ma part je me retrouvais seul en maison Forestière, seul comme garde pour trois triages, et en plus avec plusieurs chantiers à surveiller, le plus fort travail était de tenir la comptabilité et paye des ouvrier et aussi les états de fin de mois à fournir et vérification des stocks sur le terrain Ii faut reconnaitre que à cette époque les Français ne trouvaient dans une bien drôle position (plus de la moitié de la France occupée, et la partie la plus fertile et la plus riche en industrie lourde) le mineur, la misère, la disette; voila ce que nous avions gagné de cette guerre, mais il fallait se résigner à cette situation mais malgré tout au fond de chacun brillait une lueur d'espoir si faible soit-elle.

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