Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document





télécharger 32.5 Kb.
titreBaccalauréat : sujet d’étude : Etude de document
date de publication31.10.2017
taille32.5 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > droit > Documentos
Thème 4 : Géographie

La mondialisation
Chapitre 2 : Le café, un grand marché mondial

(Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document)
Introduction :

Le café est, après le pétrole, la deuxième marchandise échangée au monde. Il s’intègre dans la mondialisation (voir définition dans le chapitre 2).

Le café provient d’une plante cultivée dans la zone tropicale : le caféier. Il nécessite un climat où alternent saison sèche et saison humide et des conditions naturelles favorables (sols, altitude). Il existe plusieurs espèces de caféiers :

  • L’arabica : petit arbre de moins de 9 m de haut, qui apprécie l'ombre d'arbres plus grands comme les bananiers. Dans les plantations, il est taillé à 2 ou 3 mètres de haut. Il est cultivé entre 1000 et 2000 mètres d’altitude. Il est destiné à une production de qualité. C’est la variété la plus cultivée dans le monde (65% de la production).

  • Le robusta : est de même taille que l’arabica, a besoin d’ombre, mais se cultive à basse altitude. Il est plus riche en caféine, plus productif, moins fragile, mais moins goûteux que les arabicas. Il est réservé à une production de qualité ordinaire permettant la diffusion de cafés bon marché.

  • Le caturra : mis au point au Brésil n’a pas besoin d’ombrage. Il permet de planter cinq fois plus de pieds à l’hectare. Il produit plus vite et sa cueillette est plus aisée, mais il est fragile et coûteux à l’entretien (engrais, pesticides).


La caféiculture se pratique donc à la fois dans des zones de plaines, sur les versants des collines ou des montagnes. Les fruits sont des drupes, appelées «cerises», de couleur rouge vif ou violette à maturité, dont la pulpe est sucrée. Elles contiennent deux graines, placées face à face. Les graines du caféier, après torréfaction donnent le café. Sa production est manuelle et nécessite une main-d’œuvre nombreuse.
Problématique :

Pourquoi peut-on affirmer que le marché mondial du café est un exemple des échanges inégaux entre pays en développement et pays riches ?
I – Quels sont les liens entre les régions productrices et les régions consommatrices ?

A- Où produit-on le café ?

La culture du café n’est possible que dans des pays tropicaux. Cette activité occupe 70 de la zone intertropicale humide. Elle fait vivre 125 millions de personnes dont 25 millions de petits producteurs.

La production de café est originaire d’Afrique de l’est, mais elle provient aujourd’hui de plusieurs régions tropicales :

  • L’Amérique latine produit 60 % de la production mondiale de café. Le plus gros producteur de café est le Brésil (les revenus contribuent au développement économique du pays), suivi par la Colombie et le Mexique.

  • L’Asie et d'Océanie (26%) avec le Vietnam (cultivé à partir de 1988 pour relancer son économie), l’Indonésie, l’Inde.

  • Le reste vient d’Afrique : Éthiopie (3,9%) : environ 1/5 des Éthiopiens vivent de la production de café, Kenya. Il représente aussi une part importante des exportations de certains PMA d'Afrique comme le Burundi (70 % de la valeur des exportations du pays).

B- Quelles sont les conditions nécessaires à sa production ? (Voir introduction)

Le café est produit dans des espaces agricoles très différents selon les régions du monde. Environ 70 % de la production mondiale de café provient d'exploitations dont la superficie est inférieure à 10 voire à 5 hectares. Ainsi, il peut être cultivé sur de petites exploitations d'une manière traditionnelle (comme au Kenya par exemple) : système de polyculture (Fiche : doc 6 Manuel Nathan, 2011) ou dans de grandes plantations commerciales comme au Brésil (Fiche : doc 3 et 4 Manuel Nathan, 2011). Ainsi, au Brésil, premier exportateur mondial, le secteur constitue un moyen de subsistance pour 230 000 à 300 000 fermiers et emploie encore 3 millions de personnes.

Les quantités produites varient en fonction des récoltes et des accidents climatiques (trop fortes pluies, gel).

C- Où consomme-t-on le café ?

Seulement 26 % de la production est réservée à la consommation intérieure des pays producteurs : le café est avant tout une culture commerciale d'exportation.

Les pays du Nord sont les plus gros consommateurs de café :

  • L'Union européenne est actuellement le plus gros importateur de café (40 % des importations, près de 10 kilos par personne et par an) : pays scandinaves et pays de l'Europe occidentale (Allemagne, France et Italie).

  • Les États-Unis représentent à eux seuls 22% des importations

  • Le Japon, troisième importateur mondial.

II – Comment s’organise le marché mondial du café ?

A- Qui domine ce marché ?

Manuel MAGNARD : Document 8 p. 183 : Tableau de la filière du café : acteurs et gains /prix du paquet de café.

Dans la filière agro-tertiaire du café, les producteurs des pays du Sud ne touchent que 10% du prix de vente d’un paquet de café, alors que les grandes firmes transnationales des pays du Nord, qui organisent l’importation, la torréfaction et sa distribution perçoivent la plus grande part (85%).
Manuel MAGNARD : Document 5 p. 182 : Planisphère de l’implantation de la FTN Nestlé dans le monde et Document 7 p. 182 : Arabica ou Robusta, les planteurs doivent choisir, Courrier international, n°1046, 2010

Les FTN (Firmes transnationales : notion à connaître pour le baccalauréat) comme Nestlé réalisent au moins le tiers de leur activité hors de leur pays d’origine. Elles sont les premiers agents de la mondialisation, car elles exercent leurs activités dans plusieurs Etats :

  • Elles gardent un ancrage national : Le siège social et les fonctions les plus qualifiées (conception de nouveaux produits par exemple) restent dans le pays d'origine. (Nestlé : siège social en Suisse, fondateur : Henry Nestlé, PDG actuel : Peter Brabeck-Letmathe)

  • Elles développent des filiales à l’étranger qui leur permettent une couverture mondiale du marché. Les activités de production, de recherche et développement sont implantées en fonction d’avantages comparatifs (salaires, fiscalité, infrastructures…). La concurrence des territoires reste forte : un produit est souvent le résultat d'un assemblage de marchandises d'origines diverses.

  • Elles gèrent toute la filière depuis les centres de R&D (recherche et développement) jusqu’à la distribution. Elles fournissent des plants aux producteurs qui travaillent sous contrat avec elles. On les appelle des « travailleurs à façon ». Elles exercent une pression sur eux pour qu’ils se soumettent à leur volonté (document 7 p. 182).

  • Les activités de commercialisation sont ciblées en fonction du type de produits et des caractéristiques des populations (niveau de vie, culture,….).


Cinq grandes sociétés transnationales dominent le marché du café. Elles achètent à elles seules 65 % de la production mondiale de café vert (non torréfié). Il s’agit de Kraft Jacobs Suchard (États-Unis), Nestlé (Suisse), Procter & Gamble (États-Unis), Sara Lee (Pays Bas) et Tchibo (Allemagne).

Elles achètent le café non torréfié, car le café se conserve mieux lorsqu'il n'est pas transformé. Elles ont un poids important sur le marché et peuvent imposer leurs prix aux petits planteurs.

D’autres grandes firmes sont également mondialement connues :
Manuel MAGNARD : Document 9 p. 183 : Photo d’un entrepôt de « Blue Mountain » en Californie

L'un des cafés les plus célèbres au monde provient de la Jamaïque et porte l'appellation contrôlée de « Blue Mountain ». 65% de sa production est exportée dont 95% part pour le Japon. C’est l’un des cafés les plus chers du monde (27€ les 250 gr.). Le plus cher est celui de « le Bourbon Pointu » de la Réunion (115€ les 250 gr. en 2007).
Manuel MAGNARD : Document 10 p. 183 : Photo d’un café Starbucks à Shanghai

Starbucks est la plus grande chaîne multinationale de café. Fondée en 1971, Starbucks Coffee Company est alors spécialisée dans le café en grains. Devenue officiellement Starbucks Corporation en 1987 après son acquisition par Howard Schultz (mais continuant à communiquer sous le nom de Starbucks Coffee Company), l'entreprise a ouvert et racheté des boutiques à travers de nombreux pays. Les magasins Starbucks, vendent leur propre marque de café (moulu ou en grains), du thé, des pâtisseries, des ustensiles et des machines à café. Le siège de Starbucks est à Seattle, dans l'État de Washington.
B- Quelles sont les évolutions des termes de l’échange ?
L’organisation internationale du café, dont le siège social est à Londres a été créée en 1963 pour développer la coopération entre pays producteurs et consommateurs de café. C’est une organisation intergouvernementale, qui comprend 77 membres aujourd’hui. Ils ont signé l'AIC en 1962 (Accord international du café). Il entre en vigueur en 1963 et fixe un prix moyen pour garantir un revenu minimum aux producteurs et des quotas afin d'éviter la chute des cours du café.
Manuel MAGNARD : Document 12 p. 184 : B. Daviron et S. Ponte, Le paradoxe du café, Quae, 2007.

Mais en 1989, l'AIC prend fin en raison de l'absence d'actualisation des quotas, la garantie des prix qui ne favorise ni les gains de productivité, ni la diversification des cultures et de l'existence d'un marché parallèle, destiné aux pays consommateurs non membres de l'organisation internationale du café, qui favorise la contrebande. Les quotas sur la production de café sont ainsi supprimés. Le marché est libéré.
Manuel MAGNARD : Document 13 p. 184 : Photo de la Bourse de New-York.

Les cours du café sont cotés sur les places boursières new-yorkaise ou londonienne et sont désormais très instables surtout en raison de l’augmentation de la production au Brésil et au Vietnam.
Manuel MAGNARD : Document 14 p. 185 : Production, consommation et cours du café entre 1990-2010

Depuis les années 1990, les recettes des pays producteurs ont baissé de 60 % (baisse la plus spectaculaire des cours des produits de base), alors que dans les pays importateurs la valeur du marché de la vente de détail a plus que doublé. L’invention de nouveaux produits a stimulé le marché.

C- Quelles en sont les conséquences pour les pays producteurs ?

Le revenu des producteurs a chuté. Les pays producteurs ne perçoivent plus que 10 % du prix du paquet de café contre 30 % dans les années 1990. Cette baisse a eu un impact important dans les pays où l'exportation de café représente une contribution essentielle à la richesse nationale. La réduction des ressources s'est traduite sur le terrain par la fermeture d'exploitations caféières, la baisse des dépenses de base et en particulier des dépenses de santé et d'éducation.

De nombreux paysans pauvres se sont endettés ou ont dû quitter leurs terres (exode rural). Le chômage des exploitants a conduit à renforcer la pauvreté. Selon le directeur général de l'Organisation internationale du café, Nestor Osorio, cette situation met en péril 25 millions de familles dans 50 pays. L'an dernier seulement, plus de 500 000 emplois directs ont été perdus au Mexique et en Amérique du Sud.

Certaines économies nationales, extrêmement tributaires du café, sont menacées. En Ethiopie, les revenus d'exportations du secteur ont chuté de 42 % en une seule année et la baisse est de 30% en Ouganda (secteur qui emploie un quart de la population du pays). En Colombie, les surfaces caféières ont été en partie remplacées par des cultures illicites plus rentables (feuilles de coca).
Tous ces facteurs augmentent encore les inégalités entre pays du Nord et du Sud.

III – Une régulation du marché du café est-elle possible ?

A- Quelles sont les exigences des FTN et des consommateurs ?

Les FTN conçoivent sans cesse de nouveaux produits pour satisfaire à la demande des consommateurs (rapidité ou qualité) et rester compétitive sur le marché mondial. Elles n’hésitent pas à imposer leurs prix sur les producteurs pour dégager un maximum de bénéfices.

Mais en même temps, la compétition est rude entre ces firmes :

Fiche : doc 4 et 7 Manuel Nathan, 2011 : Nespresso, ou Nestlé Nespresso S.A., dont le siège est situé à Lausanne, en Suisse, est une filiale du groupe Nestlé. Positionnée sur le marché du café en dosette, elle propose des machines utilisant des capsules en aluminium (café expresso). Son invention a été copiée par d’autres firmes qu’elle a dû poursuivre en justice pour réclamer ses droits d’inventeurs.

B- Quelles solutions apporte la filière du commerce équitable ?

Manuel MAGNARD : Document 11 p. 184 : Schéma comparatif : filières classique et équitable

et Fiche Manuel NATHAN, 2011 : documents 1,2, 3 et 5
Le commerce équitable reprend un principe de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : «quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant, ainsi qu'à sa famille, une existence conforme à la dignité humaine ».

Les associations du commerce équitable s’engagent à :

  • acheter directement aux petits producteurs (supprimer les intermédiaires)

  • favoriser les regroupements de producteurs sous forme de coopérative

  • acheter les productions à un prix-plancher (peut être supérieur à celui du marché mondial) pour garantir aux producteurs des revenus convenables et leur permettre d’investir.

  • acheter les productions sur du long terme afin de garantir des revenus stables aux producteurs.

Ces labels communiquent beaucoup autour de la solidarité nécessaire entre consommateurs du Nord et producteurs du Sud (le prix plus élevé du paquet est payé par le consommateur).
Max Havelaar est l’un des principaux acteurs du commerce équitable dans le monde. C’est un label international qui regroupe des ONG et des représentants de producteurs. Cette association est née aux Pays-Bas en 1988.
Mais le commerce équitable ne concerne qu'une minorité de producteurs : 600 000 producteurs, ce qui ne représente que 2 % du commerce mondial de café. Il ne concerne que les petites paysanneries les mieux organisées. 
Il fait aussi l'objet de certaines critiques. Il est devenu «à la mode» dans les pays du Nord ». Ses labels ont été adoptés par des groupes de grande distribution qui n'hésitent pas à l'utiliser dans leur propre publicité pour se donner une meilleure image.

C- Quelles sont les autres solutions possibles ?

L'Organisation internationale du café (OIC), mais aussi certaines Organisations non gouvernementales (ONG), proposent d'augmenter la qualité du café et de maintenir la diversité des productions grâce au regroupement des petits producteurs :

  • Baisser la quantité de café produite : permettrait de rehausser les cours mondiaux.

  • Instituer des labels de qualité : pour vendre les productions plus cher, même s'ils ne concernent qu'une partie des cafés produits (ex : Le gouvernement du Costa Rica a détruit des sacs de café de moindre qualité).

  • S’unir entre petits producteurs : pour être plus forts face aux grandes multinationales du café.

  • Diversifier les cultures pour ne plus être totalement dépendants d'une seule production.


Ces propositions permettent de prendre en compte les préoccupations actuelles du développement durable.

similaire:

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconAccompagnement personnalisé Préparation au baccalauréat : étude critique d’un document
«étude critique d’un document en histoire» : à rendre pour le lundi 24 septembre 2012

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconAteliers didactiques. Ii/Après-midi : Ateliers didactiques : Le sujet...
«L’union Européenne et ses territoires») peut être le premier sujet d’étude abordé en géographie pour le programme de Terminale Bac...

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconSujet d’ etude : les lumieres, la revolution et l’europe : les droits de l’homme
«Les Européens et le monde, xviè – xviiiè siècle». IL concerne plus particulièrement le sujet d’étude «Les Lumières, la Révolution...

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconSujet d’étude I. L’Union Européenne et ses territoires

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconEtude de document courte : La mémoire de la Résistance vue par le général de Gaulle

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconC’est pourquoi nous proposons, en complément de l’étude de l’extrait...

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconSujet d’étude : Les sociétés face aux risques
«feuille de route» en recherchant des informations dans un globe virtuel (Google Earth)

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconCorrection du sujet d’étude – l’Algérie depuis 1954
«pieds noirs» en France, retour brutal de près de 900 000 personnes, vécu comme un déracinement

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconBibliographie Ce document, la bibliographie détaillée et les données...

Baccalauréat : sujet d’étude : Etude de document iconSujet d’étude 3 : Louise Weiss (1893-1983)
«La femme nouvelle» lâchent des ballons rouges, lestés de tracts, dans le stade de la finale de la Coupe de France de football






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com