Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997)





télécharger 47.66 Kb.
titreLe programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997)
date de publication01.11.2017
taille47.66 Kb.
typeLe programme
h.20-bal.com > droit > Le programme


Terminale - baccalauréat professionnel Territoires et nations en Europe depuis le XIXème siècle


Le programme : Extrait du B.O n° 11 – 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (CNDP – 1997)

Sujet d’étude n° 2 : Territoires et nations en Europe depuis le milieu du XIXème siècle

Cartes des tats européens en 1850, 1871, 1914, 1923, 1949 et de nos jours.


  • Commentaire : En utilisant les cartes, on étudie :

  • le rassemblement des entités nationales (Allemagne, Italie),

  • l’éclatement des tats multinationaux (empires ottoman et austro-hongrois),

  • le rôle des conflits dans ces évolutions,

  • la résurgence des nationalismes dans l’Europe contemporaine,

  • le problème de la supranationalité




  • Notions : tats - Nation – Patrie – Patriotisme – Nationalisme – Nationalité – Fédération – Confédération – Supranationalité.


Les documents d’accompagnement précisent un certain nombre de points qui sont utiles pour la mise en œuvre de cette séquence.
«  Présentation du sujet d’étude : Il s’agit avant tout d’approfondir les notions de nation et d’État-nation, d’en replacer le développement et les manifestations dans une perspective historique.

Le mouvement des nationalités se développe au XIX ème siècle en référence à deux modèles : le modèle allemand porté par le romantisme, où la nation est fondée sur la communauté culturelle, et le modèle français issu des l.umières qui exprime la volonté des peuples à vivre ensemble et à constituer un Etat. Enracinés dans le passé, la langue, la religion, l’imaginaire social et «les formes vivantes de sociabilité », les nationalismes ne sauraient être présentés de façon exclusivement négative comme bouc émissaire et uniques responsables des violences et des guerres ils peuvent aussi constituer des forces d’ inté­gration et de modernisation.

A l’écart d’un passé réinventé au service des mythologies natio­nales, l’histoire apporte la connaissance de la réalité des nations.

Mise en œuvre : 5 heures

  • L’examen de l’ensemble des cartes politiques successives de l’Europe met en évidence le constat du modelage des frontières à l’intérieur de l’Europe suivant le modèle de l’État-nation ; évolu­tion qui se réalise suivant des chronologies différentes d’une région à l’autre.

  • Le développement de l’idée, du sentiment et de la volonté nationale peut être étudié à partir d’exemples comme ceux de l’Italie, de l’Allemagne ou d’autres.

  • Dans la guerre de 14-18, on retient ce qui concerne les reven­dications des nationalités en Europe centrale.

  • Cette même région de l’Europe est envisagée pour s’inter­roger sur l’évolution des nationalismes avant et après 1989.

  • La question de la supranationalité est abordée avec l’étude des origines de l’Union européenne, en liaison avec le programme de géographie. »


Quelques éléments de réflexion


  • Pour construire cette séquence, il est important de commencer par dégager les composantes de la nation.

Tout dictionnaire usuel donne une définition de la nation qui pourrait se résumer à cela : . population unie par une histoire et une culture commune, ayant une même origine. Avec une majuscule, la Nation est l’abstraction politique de la nation précédemment définie. Or, cette définition reste vague.

La lecture de textes plus pointus nous montre que, de la volonté de hiérarchiser les composantes de la nation, de les préciser naissent deux conceptions de la nation, l’une française, l’autre allemande.
La conception française de la nation : on peut dire que le concept de nation apparaît avec la Révolution française ; on lit dans l’article 3 de La Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen : «  Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ».

Pierre Nora écrit dans Le Dictionnaire de la Révolution Française que la nation révolutionnaire est un amalgame de trois éléments :

  • au sens historique, «elle est un collectif d’hommes unis par la continuité, un passé et un avenir »,

  • au sens juridique, elle est «le pouvoir constituant par rapport au pouvoir constitué »,

  • enfin, au sens social, elle est «un corps de citoyens égaux devant la loi »

Le discours d’Ernest Renan, à la Sorbonne le 11 mars 1882 explique cette conception révolutionnaire.

Ainsi, en simplifiant, on devient élément d’une nation par choix, par libre-adhésion à un contrat social, quelle que soit l’origine de l’homme. Elle aboutit au droit du sol. (1889 : loi qui accorde aux enfants nés en France de père étranger la nationalité française).

Il s’agit donc d’une conception politique et juridique de la nation qui s’appuie sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à choisir librement leur patrie ; exaltée de façon excessive, cette conception de la nation peut déboucher sur le chauvinisme («excès patriotique »).
La conception allemande de la nation : elle ne se définit par sa communauté culturelle, au sens large du terme, incluant l’économie, le droit, les institutions sociales et les manières de vivre. Il est alors fondamental de connaître les origines de cette culture. Pour les Allemands, cette communauté culturelle s’organise autour de la langue : existence d’une langue-mère à la laquelle correspond une race-mère.

En résumé, on naît élément d’une nation, sans autre possibilité de choix. L’appartenance nationale est définie par des critères matériels, des héritages qui déterminent l’homme : discours de Fitche. La nationalité dépend des origines du père, sans condition de naissance. La nationalité est donc fondée sur le droit du sang (code allemand de la nationalité – 1913)

 les termes principaux de cette conception se trouvent dans la lettre publique que Fustel de Coulanges adresse à T. Mommsen, à l’issue du conflit franco-prussien de 1870 et de la perte de l’Alsace.


  • Il est également utile de s’interroger sur les notions de territoire – nationalité – nationalisme


Territoire : d’un point de vue géopolitique, on peut dire qu’il s’agit de l’espace qu’une nation s’approprie en ayant conscience d’appartenir à celui-ci. Le territoire est national quand il a des frontières ; frontières que l’tat doit protéger. C’est la rencontre d’un territoire et d’une nation qui légitime un tat.

Or, après l’échec des révolutions libérales et nationales de 1848, on réaffirme les frontières définies lors du Congrès de Vienne (1815) ; ainsi, tat et nation ne coïncident pas. (Allemagne et Italie divisées ; empires multinationaux…).
Nationalité : la nationalité en 1848 a le sens se «conscience nationale » puis ce terme, utilisé au pluriel, voit son sens se modifier. On parle «du principe des nationalités » : aspiration à l’unité ou à l’indépendance de peuples sans tat. Ainsi, «nationalité » signifie uniquement l’appartenance légale d’une personne à un pays (naturalité jusqu’en 1835)

En France, la nationalité peut être héritée ou acquise ; elle définit, pour un individu, l’ensemble des droits et des devoirs qui le lient à l’tat, seule instance capable de garantir et légitimer cette nationalité. Nationalité et citoyenneté sont confondues (cf. vote des immigrés …). Or, l’étranger doit s’intégrer : maîtrise de la langue et acceptation des valeurs nationales. Mais, depuis 1994 et le droit de vote des ressortissants des autres tats de l’U.E, on peut se demander si l’intégration culturelle ne recule pas au profit d’une intégration plus économico-sociale et s’interroger sur la pérennité de l’tat-Nation
Nationalisme : à la fin du XVIII èmesiècle, il fait référence à l’esprit révolutionnaire et démocratique ; puis, ce terme s’attache à définir le sentiment patriotique (Lamartine) ; enfin, après 1870, il atteste un particularisme outrancier qui l’associe à l’extrême-droite de plus en plus souvent.

  • La carte de l’Europe, après 1850, va se modifier sous l’effet de deux formes de nationalismes :

  • un nationalisme de puissance : expression idéologique des partisans d’un tat fort désireux d’étendre son territoire (Russie - Prusse) ;

  • un nationalisme d’existence : expression idéologique des peuples sous domination étrangère (les empires d’Autriche-Hongrie et ottoman sont confrontés à ce type de nationalisme).

  • A partir de 1871 (achèvement des unités italienne et allemande), l’Europe des nations devient très vite l’Europe des nationalismes avec la montée en puissance de ces deux formes de nationalisme

L’exemple du nationalisme français : après la défaite de Sedan, le nationalisme devient très vite chauvin, revanchard et conservateur (imagerie véhiculée par les livres d’école, Le Tour de la France par deux enfants). On assiste à une nationalisation des masses (cf : importance accrue de l’histoire, géographie, instruction civique ; le français devient la langue unique). L’accès à la culture française devient vite la clé de l’intégration et de la promotion sociale. Parallèlement, le sport devient une donnée essentielle du patriotisme. On développe des grands programmes de commémoration historique (Vercingétorix, Jeanne d’Arc.). Tous ces thèmes sont relayés par une presse populaire en plein essor qui nourrit la xénophobie.

Sur le plan politique, on voit l’apparition des ligues d’extrême-droite (ligue d’action française - C. Maurras et L. Daudet : , des patriotes – P.Déroulède) : dénonciation du libre-échange, exaltation de la conquête coloniale, antisémitisme forcené (affaire Dreyfus ; Zola, La Vérité).

Le nationalisme en Allemagne : il se confond avec le pangermanisme.


  • Les nationalismes sont à l’origine de nombreuses crises qui éclatent dès 1905(Maroc, Bosnie-Herzégovine, guerres balkaniques) et conduisent à la 1ère guerre mondiale. En effet, la guerre est, pour beaucoup, le seul moyen de parvenir à leurs exigences (système d’alliances ; une Europe divisée en deux camps). Les traités de paix construisent une Europe très complexe et instable qui porte les germes de la 2ème guerre mondiale (balkanisation de l’Europe centrale et sud-orientale, corridor de Dantzig, enchevêtrement des nationalités…)




  • Les années 90 se caractérisent par un «paradoxe » : retour apparent des nationalismes (éclatement de l’URSS, partition de la Tchécoslovaquie, conflit yougoslave …) et la supranatioanalité.


léments de bibliographie


  1. Quelques ouvrages de référence

  • Consulter la bibliographie de la revue Historiens et Géographes – juillet-août 1995, p 67-100 ;

  • E. Gellner, Nations et nationalismes – Payot, 1989 ;

  • E. Hobswan, Nations et nationalismes depuis 1780 – Gallimard, 1992 ;

  • J.C Caron, La Nation, l’tat et la démocratie en France de 1789 à 1914 ;

  • R. Girault, Peuples et nations au XIXème siècle, Carré Hachette, 1996 ;

  • G. Hermet, Histoire des nations et du nationalisme en Europe, Point Histoire n°198, 1996 ;

  • M. Winock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Point Histoire n°131, 1990 ;

  • Y. Santamaria et B. Waché, Du Printemps des peuples à la société des Nations ? La Découverte, 1996.



  1. Articles et périodiques

  • La Documentation photographique n° 6089 (1987), tats et nationalités dans l’Europe du XIXème siècle, rédigé par B.Michel ;

  • La Documentation photographique n° 7017 (1993), Nation, patrie, patriotisme, M.Agulhon ;

  • L’cole des lettres (février, mars et juin 1991), Nationalités, nationalisme en Europe du XIX ème siècle ;

  • Le Monde, Dossiers et documents n° 236 (octobre 1995), Les nationalismes en Europe

  • Le Monde, Dossiers et documents n° 253 (avril 1997), tat, nation, peuple ;

  • Consulter également :

  • Le Monde-Dossiers et documents consacrés au conflit yougoslave (n°198,avril 92…) ;

  • LesClés de l’Actualité : n° 87-103-113-114-132-168-219-220 ;

  • Le Courrier de l’Unesco juillet-août 1997, article sur Sarajevo (cf : à mettre en parallèle avec les nouvelles étudiées en français)…


SEANCES ET SUJETS D’ETUDES






OBJECTIFS



NOTIONS


OUTILS SOLLICITES


ACTIVITES DES ELEVES

Sénace 1


- L’Europe en 1850 -

1 heure 30




  • Analyser les frontières des Etats en 1850 et leur évolution jusqu’en 1914 ;

  • Comprendre l’origine des mouvements nationaux unitaires et indépendantistes qui secouent l’Europe jusqu’à la 1ère guerre mondiale ;





Nation

Nationalité

Etat

Etat nation

Nationalisme

Principes des nationalités




  • carte de l’Europe des années 1850

  • allégorie de Sorrieu – 1848 –Le Printemps des peuples :

  • extrait de Giusti, La botte italienne

  • groupe de cartes : le puzzle de l’unité italienne

  • page leçon du manuel élève sur l’unité allemande




  • A partir d’informations cartographiques, déduire les problèmes politiques qui en résultent (Europe autoritaire d’où revendications libérales ; Europe où des nations sont divisées ou soumises à un étranger d’où mouvements nationaux) ;

  • Mettre en relation une situation historique et sa représentation (allégorie de Sorrieu)

  • Construire, à partir, de plusieurs documents une réponse à une question posée (la réalisation de l’unité italienne) ;

  • Utiliser le manuel (vérifier que les élèves comprennent le langage du manuel …) et construire un paragraphe explicatif sur l’unité allemande.


Séance 2


- Les guerres mondiales et les nationalismes -

1 heure 30




  • Analyser deux conceptions de la nation et deux formes de nationalisme afin de mieux comprendre les divergences franco-allemande et les points communs (nationalismes de puissance qui s’affrontent)

  • Analyser les conséquences des guerres mondiales sur l’évolution des nationalismes européens et les frontières de l’Europe


Nationalisme

Patrie - Patriotisme

Pangermanisme




  • extrait de Renan, Fustel de Coulanges ;

  • extraits de Mommsen et Fitche ;

  • extrait de texte de C Maurras ou tract de l’action française

  • extrait de O.N Tannenberg, Gross Deutschland - 1911

  • carte de l’Europe en 1920




  • Repérer les informations essentielles d’un texte et construire un tableau à double entrée illustrant les différentes conceptions de la nation(Fr./Al.) et les points de convergence du nationalisme allemand et français (deux nationalis-mes de puissance) ;




  • Comparer deux cartes et montrer que les modifications territoriales intervenues en 1920 ne sont qu’une réponse imparfaite aux revendications nationalistes


Séance 3

- Le nationalisme aujourd’hui

2 heures




  • Monter que l’on assiste à une résurgence du nationalisme en Europe de l’Est, depuis l’effondrement du communisme, à travers un conflit récent, la Yougoslavie ;

  • S’interroger sur les nationalismes en Europe de l’Ouest : supranationalité d’une part dans le cadre de l’UE mais, d’autre part, manifestations parfois violentes de particularismes régionaux (Corse, Pays Basque, Irlande…).





Fédération

Confédération

Supranationalité




  • dossier de travail sur le conflit yougoslave (chronologie, carte de la Yougoslavie avant et après Dayton ; carte des nationalités, indicateurs de développement écono-mique selon les républiques ……) ;

  • extraits choisis dans l’ouvrage publié par Le Monde, Les nationalismes en Europe : quête d’identité ou tentation de repli, E. N’Guyen




  • S’exercer à l’épreuve du baccalauréat : commenter des documents et les mettre en relation pour décrire une situation, ses causes et ses conséquences ;

  • A partir d’un travail de lecture de documents, se renseigner sur une question (affaiblissement de l’Etat-nation en Europe de l’Ouest) et se forger une opinion puis en débattre en classe.

  • (cf Activités en français)



- Page / - Dominique Jouannet, nov. 00

similaire:

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) iconTerritoires et nations en europe
...

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) iconRéunion de bassin 2009-10 Jeudi 29 avril
«des clics et des classes»). Autre thème abordé, celui des porte-documents numériques en vue de conserver les documents liés à l'option...

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) iconDocuments entrés au cdi de Juin à Septembre 2012

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) iconPhilippe Verheyde
«Spoliation de biens juifs sous l’Occupation : l’aryanisation économique» dans Regards sur l’actualité, n° 232, La Documentation...

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) iconNote de service n° 2016-184 du 28-11-2016
«le chemin de l'œuvre» (extrait du programme fixé par l'arrêté du 21 juillet 2010, B. O. E. N. spécial n° 9 du 30 septembre 2010),...

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) iconLe Moyen-Orient ancien et moderne : tribus et empires
«La Foi et la raison, histoire d’un malentendu» 1997, «Le Trésor. Dictionnaire des sciences» 1997, «Les Deux Occidents» 2004

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) icon* Programme du débat du 9 juin 2001

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) iconHistoire des arts Sonia Duval Fiche de synthèse musique en histoire des arts (session 2015)
«Motivés, le chant des partisans», est une chanson en style reggae de zebda, 1er extrait de l’album «Motivés ! Chants de lutte» en...

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) iconGestion électronique des documents … Acquisition de documents papier...
«papier» pour les intégrer dans le système de gestion électronique des documents produits et exploités au sein de l’organisation

Le programme : Extrait du B. O n° 11 15 juin 1995 et documents d’accompagnement (cndp 1997) iconHistoire de la fsu, tome 2/1997-2000
«Droit du sol», une indépendance accrue de la justice et la transparence de la police. Le premier ministre affirme qu’il n’y aura...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com