Programme (Bulletin officiel n°4 du 29 avril 2010)





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date de publication02.11.2017
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Thème d’exploration n°5
INDIVIDUS et CULTURES



Question 1 : Comment devenons-nous des acteurs sociaux ?
Programme (Bulletin officiel n°4 du 29 avril 2010)


Thèmes d’exploration et questionnements associés


Notions à découvrir 

Indications complémentaires à l’usage des professeurs 


III. Individus et cultures
Comment devenons-nous des acteurs sociaux ?

(thème obligatoire)



Socialisation, normes, valeurs


On montrera que la famille et l’école jouent chacune un rôle spécifique dans le processus de socialisation des jeunes. On prendra en compte le caractère différencié de ce processus en fonction du genre et du milieu social.



L’étude de cette question sera conduite s’articulera autour de quatre séquences :

  • Séquence 1 : Sensibilisation au thème d’exploration à partir d’extraits du film L’enfant sauvage.

  • Séquence 2 : La famille dans le processus de socialisation

  • Séquence 3 : Le rôle de l’école dans le processus de socialisation

  • Séquence 4 : La socialisation, un processus différencié

Séquence 1 : Sensibilisation au thème d’exploration à partir d’extrait du film L’enfant sauvage.
Cette séquence prend appui sur le travail proposé par Vincent BAROU, Daniel DIDIER et Julien KURTZ accessible sur le site de l’IUFM d’Aix-Marseille :

http://www.aix-mrs.iufm.fr/formations/filieres/ses/tice/profaudiobaroudidierkurtz.pdf
Guide pédagogique de la séquence de sensibilisation :
Objectifs :

Le document sur lequel nous avons choisi de nous appuyer permet de mettre en évidence les interactions et les apprentissages sociaux constituant la base du processus de socialisation.

Dans L'enfant Sauvage (1969), François Truffaut s'inspire d'une histoire vraie pour dépeindre l'apprentissage de la vie sociale d'un jeune garçon retrouvé à l'état sauvage dans une forêt à la fin du 18ème siècle. Il donne à voir le processus par lequel le docteur Jean Itard tente de « civiliser » l'enfant. Celui-ci a évolué hors de tout contact avec la société dont il ne connaît ni le langage, ni les codes sociaux en vigueur : il paraît donc inconcevable qu'il puisse s'y adapter.

Le film souligne ainsi le caractère acquis de ces codes qui semblent aller de soi pour l'homme socialisé, c’est ce que doivent comprendre les élèves.
Déroulement de la séquence :

  1. Distribution du questionnaire aux élèves et lecture des questions.

  2. Visionnage intégral du document séquencé. (une fois)

  3. Réponse aux questions individuellement

  4. Second visionnage du document pour compléter les réponses

  5. Mise en commun des réponses

  6. Correction interactive


Document exploité :

La séquence vidéo est extraite du film L'enfant sauvage réalisé par F. Truffaut, sa durée, après coupures et montage, est de 12 minutes 10 secondes.

Les séquences sélectionnées sont les suivantes:

  • L'enfant à l'état sauvage : On voit l'enfant marcher à quatre pattes, se nourrir et grimper dans un arbre pour s'y reposer. (min. 3; durée: 0'50)

  • Visite médicale : examen physique de l'enfant, premières hypothèses sur son histoire et sur ses capacités. (min. 20, durée: 2')

  • L'enfant est amené au dortoir pour y passer la nuit : il refuse de se coucher dans le lit et s'allonge par terre. (min. 25'40; durée: 0'25)

  • L'enfant est malmené par les autres enfants de l'Institut : il est amené au Docteur Itard et son collègue. (min. 27'04; durée: 0'15)

  • Dialogue entre Docteur Itard et le Professeur : ce dernier ne voit en l'enfant qu'un « idiot » tandis que le Docteur pense que son état résulte de son isolement passé.(min.27'19; durée: 2')

  • Arrivée et début de l'éducation chez le Docteur Itard et sa gouvernante : le Docteur apprend à Victor à se tenir debout et à manger. (min. 28; durée: 1'40)

  • Victor et un autre petit garçon jouent à la brouette (min. 37'33; durée: 1'25)

  • Victor met la table : la gouvernante le reprend sur sa façon de ranger les cuillers. (min. 38'05; durée: 0'35)

  • Victor forme le mot LAIT pour en obtenir auprès de la gouvernante, puis de la nourrice (min. 66'50; durée: 2')


Durée prévisible de la séquence : une heure

Questionnaire proposé par Vincent BAROU, Daniel DIDIER et Julien KURTZ (document professeur) :
1/ Pourquoi l’enfant du film est-il qualifié de sauvage ?

Il est considéré comme sauvage car il grandit hors de tout contact avec la société et il ne dispose d’aucun point de repère pour interagir avec les autres hommes. Il ne sait pas non plus communiquer avec eux, n’ayant jamais appris à parler. Il n’a donc pas été socialisé.
2/ Comment l’enfant marche t-il ? Comment mange t-il ? Comment dort-il ?

Il ne connaît pas la posture verticale et ne sait se déplacer qu’à quatre pattes. Il mange sans aucune forme de retenue. Il est incapable de dormir dans les conditions de confort que nous connaissons et dort dans les arbres ou à même le sol.
3/ Pourquoi considère-t-on cet enfant comme un anormal, comme un idiot ?

Victor ne sait pas s’exprimer par le langage ; il adopte une attitude de fermeture par rapport au monde des humains. Cela est perçu comme une anormalité biologique et non comme pouvant être le résultat de son absence de contacts prolongés avec les hommes.
4/ Quelle est l’opinion du Docteur Itard à ce sujet ?

Il détecte chez Victor une intelligence et des facultés latentes ; il voit dans l’état de Victor le seul résultat de l’isolement social.
5/ Donnez des exemples de ce qu’apprend l’enfant au contact du Docteur Itard et de la nourrice.

Il apprend à marcher avec deux jambes et sans utiliser les mains, il apprend à ne pas se jeter sur la nourriture et à utiliser des couverts.
6/ Comment se déroule l’apprentissage du repas pour Victor ?

il apprend à manger par l’intermédiaire de la gouvernante qui lui prend la main pour lui montrer l’exemple de ce qu’il faut faire pur manger proprement.
7/ Comment Victor apprend-il à jouer avec les autres enfants ?

Il s’intéresse spontanément à l’enfant qui joue dans le champ avec la brouette ; il lui bloque le passage pour lui montrer à sa manière son intérêt pour le jeu. Celui-ci comprend le message, l’assied dans la brouette et le pousse.
8/ Comment pourrait-on définir la socialisation ?

C’est l’apprentissage des règles de la vie en société, règles qui permettent d’intégrer à la société.
9/ Qui sont les principaux agents de socialisation dans nos sociétés ?

La famille, l’école…

Séquence 2: La famille dans le processus de socialisation

Objectifs pédagogiques :

  • Montrer que la socialisation est un processus continu

  • Découvrir les notions de valeurs et de normes


Durée prévisible de la séquence : 45 mn
1/ Socialisation primaire et secondaire

Dans sa famille, l’enfant acquiert des compétences aussi fondamentales que parler, se laver, s’habiller, obéir aux grands, protéger les plus petits (c’est-à-dire la convivialité entre personnes d’âges différents), partager aliments et cadeaux avec ceux qui l’entourent, participer à des jeux collectifs en respectant les règles, prier les dieux si la famille est pratiquante, distinguer de façon primaire ce qui est bien de ce qui est mal selon les principes de la communauté à laquelle on appartient, etc. Tout cela compose de ce que les chercheurs appellent la « socialisation primaire ». […]

Après l’école, les amis, les collègues de travail, etc. réaliseront la socialisation secondaire qui le mènera à des connaissances et des compétences plus spécialisées. Si la socialisation primaire s’est réalisée de façon satisfaisante, la socialisation secondaire sera beaucoup plus fructueuse, car elle aura une base solide.

F. Savater, Pour l’éducation, coll « manuels Payot », Payot, 1998



1/ Entourez la proposition exacte :

  • la socialisation est le fait de vivre en société

  • la socialisation est un apprentissage social


2/ En quoi la famille constitue-t-elle l’un des premiers lieux d’éducation ?

La famille est le premier groupe social dans lequel l’enfant évolue et est confronté à autrui
3/ Citez des exemples d’apprentissage réalisés par l’enfant dans la famille

Apprentissage de la propreté, du langage, de la politesse, de respect d’autrui, de la générosité
4/ Comment appelle-t-on la socialisation effectué au sein de la famille ?

Socialisation primaire
5/ Existe-t-il d’autres agents de socialisation que la famille ? lesquels ?

Ecole, groupe de pairs, collègues de travail
6 / Comment appelle-t-on la socialisation s’effectuant hors du cadre familial ?
La socialisation secondaire, tout au long de la vie
2/ Socialisation, valeurs et normes
Complétez le texte à l’aide des mots suivants :

« abstraites », « normes », « mort », « socialisation », « repères », « conduites », « valeurs », « concrétisent », « intérioriser », « naissance », « bien et mal ».
La……………………. est le processus débutant à la……………… se poursuivant toute la vie pour s’achever à la ……………… Ce mécanisme permet aux individus d’apprendre et d’…………………… les ………………… et les ………………. De la société dans laquelle ils vivent. On définit une valeur comme une manière d’être ou d’agir qu’une société propose comme idéal à ses membres. La société détermine par exemple ce qui est ……………………, honorable et déshonorable, agréable et désagréable, beau et laid..

Les valeurs demeurent ………………. ….., elles nous offrent des……………………., mais ne nous indiquent pas précisément comment agir dans un situation donnée. Les valeurs se ………………………….dans des normes.

Les normes sont des règles plus ou moins contraignantes, généralement non écrites, qui fixent les ………………….. qu’une société attend de ses membres conformément à son système de valeurs

1/ Définir la socialisation en utilisant les notions de valeurs et de normes.

La socialisation est l’ensemble des mécanismes par lesquels les individus assimilent les normes et les valeurs d’une société
2/ Comment peut-on distinguer une norme d’une valeur.

Une valeur est une notion abstraite définie par la société et qui oriente l’action des individus ; une norme précis les règles de vie en société et le comportement attendu des individus au sein d’une collectivité
3/cochez la bonne réponse :





valeur

norme

Distinguer le beau du laid







Respecter la signalisation routière







Etre fidèle







Etre honnête







Se marier







Souhaiter un anniversaire







Respecter autrui







Ne pas insulter ses parents







Etre solidaire avec les personnes









Séquence 3 : Rôle de l’école dans le processus de socialisation :
Durée prévisible de la séquence : une heure
1/ Sensibilisation
Plusieurs documents vidéos de sensibilisation sont proposés ici :


  • Document 1 :


Question : Qu’apporte la rentrée de maternelle aux enfants de 3 ans?

L’enfant de trois ans est par nature égocentrique, centré uniquement sur ses propres intérêts donc la vie en collectivité doit lui permettre d’apprendre, de comprendre qu’il n’est pas seul et qu’il doit composer avec les autres.

Les enfants apprennent à communiquer, à échanger, en fait , ils rentrent de façon autonome dans le monde de la société ; ainsi, ils seront plus disposés à aborder les divers apprentissages, de la lecture notamment (ce qui permet de limiter l’échec scolaire, notamment pour les plus défavorisés)


Questions : Listez ce que peut apporter ce type de visites aux enfants de l’école :

  • tisser des liens avec les anciens

  • connaissances de Gutenberg, fondateur de l’imprimerie

  • la lecture d’histoires pour donner aux enfants l’envie de lire (« le livre est un trésor »)

  • découvrir l’art de l’écriture




    • Classe de préparation à l’entrée en vie professionnelle agricole

Question : Décrivez en quoi consiste ces classes et pourquoi elles participent à la socialisation des jeunes concernés.

Formation en alternance entre l’école pour reprendre les matières fondamentales du collège et le stage dans le domaine agricole pour découvrir un métier

2/ Analyse
A partir des vidéos précédentes, expliquez quelles sont les trois dimensions qui font de l’école un agent de socialisation primordial.
Remarque : Cet exercice peut, par exemple, être le support d’un travail (individuel ou collectif) sur la rédaction d’un paragraphe argumenté ou bien d’un présentation orale (individuelle ou collective).


  • Une première expérience de la vie en société et la construction des individus L’école doit permettre à l’enfant de développer sa personnalité, de s’épanouir, donc de construire son identité personnelle, par définition différente de celle des autres enfants. Cela peut paraître paradoxal de dire que la construction de l’identité individuelle concourt à l’intégration sociale, mais le paradoxe n’est qu’apparent : ce n’est que dans un cadre social, par opposition avec les autres et plus généralement dans l’interaction avec les autres que l’on peut affirmer une personnalité propre. Par ailleurs, le jeu, qui est d’abord une pratique ludique, va devenir rapidement un lieu où s’établissent des règles et des valeurs qui dépassent les jeux pour régir les relations entre copains ; c’est un peu comme un espace d’expérimentation de la vie collective où les enfants mettent à l ‘épreuve nos règles sociales et se construisent de par leur rapport à autrui (construction de la personnalité sociale chez Durkheim)

  • Le rôle traditionnel de l’école : la transmission d’une culture commune. L’ « école républicaine », celle qui s’est construite au cours de la 3è République, en particulier avec les lois de Jules Ferry rendant la scolarité obligatoire, est d’abord celle qui a comme objectif de « fabriquer  des bons français ». Elle a imposé la langue française au détriment des langues régionales de manière très systématique (et vous savez depuis la classe de première combien la langue est un élément essentiel de la culture d’une société). Elle a valorisé la science et la raison, et à travers elles, l’idée d’une culture universelle dépassant les particularismes religieux. Elle a diffusé tout un ensemble de valeurs patriotiques (les grandes dates de l’histoire de France, les « grands hommes », le drapeau français, la Révolution française, etc) qui ont contribué à construire réellement la Nation française : les enfants, une fois passés par l’école, avaient à la fois une langue, des références culturelles et des racines historiques communes, quelle que soit leur origine sociale, régionale, religieuse ou ethnique. On mesure à quel point ce fonctionnement était en effet intégrateur.

  • La préparation à la vie active. L’école prépare à l’entrée dans le monde du travail en dispensant des qualifications et en les validant par des diplômes. On retrouve dans cette fonction utilitaire de l’école un peu la même fonction intégratrice que la division du travail : donner une place à chacun en lui donnant une identité professionnelle. Le diplôme, c’est la reconnaissance de capacités et donc d’une sorte « d’utilité sociale », mais c’est aussi le début de l’appartenance à un monde professionnel.

Séquence 4 : La socialisation, un processus différencié
1/ Une différenciation selon le genre (durée prévisible : 1h30) 


  • Phase de sensibilisation :




Document 1 :

Boris Cyrulnik est neurologue, psychiatre, mais aussi enseignant en éthologie*. Une [de ses] expérience[s] consistait à projeter à deux groupes distincts d'étudiants un petit film montrant un bébé de neuf mois en larmes et à les questionner sur l'origine de ce chagrin: colère, selon les étudiants à qui on avait dit que le bébé était un petit homme ; peur, pour l'autre groupe à qui on avait certifié que le nourrisson était une fille D'autres chercheurs encore ont observé que les garçons étaient davantage stimulés sur le plan moteur, manipulés avec plus de vigueur. Les pères, notamment, adorent faire sauter en l'air leur petit garçon et jouent plus délicatement avec leurs filles. Ainsi s'amorce, en fonction du sexe de l'enfant, un jeu d'attentes et de présupposés. Il ne s'arrêtera plus.

«Comment on élève les filles », Le Point, 31 décembre 1992.

*Ethologie : étude des comportements




  1. Pourquoi les larmes d’un bébé ne sont-elles pas interprétées de la même façon selon qu’on pense que c’est une petite fille ou un petit garçon ?

Parce que chacun a une perception stéréotypée de la psychologie masculine et féminine, de la virilité et de la féminité. Les garçons sont censés s’affirmer et s’imposer alors que les filles sont supposées être plus passives et dociles.


  1. Quelles conséquences peuvent avoir les actes des adultes envers les bébés sur la personnalité des garçons et des filles ?

Les attitudes des adultes contribuent à reproduire les attitudes stéréotypées de chaque sexe. Les garçons sont stimulés sur le plan moteur et ils vont donc apprendre à s’affirmer et à avoir confiance en eux, quitte à prendre des risques. Les filles vont être plutôt incitées à la prudence, à l’écoute et à la discrétion.


  1. Pourquoi les parents jouent-ils un rôle déterminant dans la construction de la personnalité de l’enfant ?

Parce qu’ils agissent très tôt, dès la petite enfance, à un âge où l’enfant est très malléable car il n’a pas subi d’autres influences (socialisation primaire).

Parce que le lien parent-enfant est affectif et personnalisé.

Parce que les contacts entre les parents et les enfants sont très fréquents et durent la vie entière.


  1. Les parents ont-ils toujours conscience de leur influence sur la construction de la personnalité de leur enfant?

Non car les pères et les mères n’ont pas nécessairement conscience de se comporter différemment avec leurs garçons et leurs filles.

De plus le comportement des parents sert de modèle pour l’enfant malgré eux. Un petit garçon observe et reproduit les comportements de son père à son insu. Dans ce cas la socialisation est plus implicite qu’explicite.

  • Phase d’analyse :




  1. Une socialisation différenciée.....




Document 2 :

Cela nous ennuie que les petites filles apprennent à siffler, mais cela nous semble naturel chez un garçon. On sursaute d'horreur si une fillette dit des gros mots et on la punit, alors qu'on a envie de rire si c'est un garçon qui les dit. Si un petit garçon ne dit pas «merci» et «s'il vous plaît», nous nous excusons pour lui, s'il s'agit d'une petite fille, nous sommes contrariés. Si un garçon refuse d'aller nous chercher un objet, il nous semble que c'est son droit et nous allons le chercher nous-mêmes, si c'est une petite fille qui refuse, cela nous paraît être une rébellion ouverte. Nous tolérons qu'un garçon interrompe les conversations des grandes personnes beaucoup plus que nous l'acceptons dans le cas d'une petite fille. Nous tournons en ridicule un garçonnet qui a peur, cela nous semble très normal chez une petite fille. Si elle pleurniche, on lui dit qu'elle est ennuyeuse mais on lui prête attention, si c'est un garçon, on le traite de fillette. Nous incitons un petit garçon à jouer à la guerre, à grimper aux arbres, à s'endurcir physiquement, mais nous nous opposons à ce que la petite fille fasse la même chose. Si elle donne des coups de pied dans un ballon, nous lui apprenons qu'il vaut mieux le lancer à la main, alors que nous apprenons au garçon à shooter.
E. G. Belotti, Du côté des petites filles, Édition des femmes, ,7e édition de poche, 1994(1974).




  1. L’auteur fait référence à l’éducation des enfants dans les années 60 et 70. Comparez à l’aide du tableau les attitudes des adultes selon qu’il s’agit du comportement d’une fille ou d’un garçon.




Comportement de l’enfant

Attitude des parents s’il s’agit d’une fille

Attitude des parents s’il s’agit d’un garçon

siffler

Ça ennuie

Ça semble naturel

Dire des gros mots

Contrariété des parents

L’enfant est excusé

Refuser d’aller chercher un objet

C’est une rébellion

On le fait à sa place (c’est son droit)

Interrompre les conversations

Forte tolérance

Faible tolérance

Avoir peur

C’est normal

C’est ridicule

Pleurer

On lui prête attention

C’est une fillette

Jouer à la guerre

Opposition

Incitation

Jouer avec un ballon

Le lancer à la main

Jouer au pied




  1. Distinguez des sanctions négatives et des sanctions positives.

Négatives : afficher sa contrariété, tourner en ridicule, traiter un garçon de fillette, s’opposer

Positives : trouver le comportement naturel ou normal (donc laisser faire), tolérer, prêter attention.


  1. Qu’appelle-t-on dans le langage courant un « garçon manqué » ? Une « femmelette » ? Existe-t-il alors une différence entre le sexe et le genre ?

Un garçon manqué est une fille virile et une femmelette un garçon efféminé.

Pour être reconnu comme un garçon il faut adopter une attitude virile, être « un vrai mec », pas une « femmelette » ni une « tapette ». Cette virilité est accessible aux filles (les « garçons manqués »).

Le sexe est biologique, il est de l’ordre de l’inné. Le genre est social, il est de l’ordre de l’acquis. Pour être viril(e) ou au contraire être féminin(e), il faut se conformer aux normes sociales qui déterminent chacun des genres. Celles-ci peuvent varier selon les sociétés et les époques.



  1. .... qui débouche sur une forme de domination masculine....




Document 3 : Extrait du film « La squale » : http://www.dailymotion.com/video/x7yyoo_la-squale-partie-2-by-6moha9_shortfilms (en commençant à 6’18 et en finissant à 10’50, soit un temps total de 4’32)




  1. Comment se comportent les filles du groupe au début de l’extrait ?

Comme des garçons. Elles adoptent une attitude virile (gros mots, dénigrement des filles faciles).


  1. Comment comprendre l’attitude du petit frère à l’entrée de sa sœur ?

Il imite le grand frère. La norme familiale veut que les femmes servent les hommes. Donc il ne craint pas de sanctions de la part de sa mère.


  1. Commentez la réaction du grand frère.

Il devient violent car sa sœur conteste les rôles prescrits et refuse de se soumettre aux ordres de ses frères. En étant violent il manifeste un des caractères de la virilité et se démarque de sa sœur.


  1. Pourquoi la sœur finit-elle par servir ses frères ?

Pour faire plaisir à sa mère.

Pour ne pas à avoir à affronter la violence de son frère aîné.

Elle accepte son statut de femme et se substitue même à sa mère qui est alitée.


  1. En quoi assiste-t-on à une domination masculine dans cette scène ?

Les hommes donnent des ordres et peuvent gagner du temps de loisir en faisant travailler les femmes de la famille.

La sœur a subi l’agression du groupe de filles viriles. Elle pourrait avoir besoin de la protection de son frère.


  1. Quelle fonction joue l’existence de rôles sexués pour la famille ?

La division des tâches favorise dans une certaine mesure la cohésion sociale. Chacun reste à la place qui lui a été assignée.


  1. ...et qui se retrouve à l’école.





Document 4 :

Christian Baudelot et Roger Establet* expliquent le paradoxe de la meilleure réussite globale des filles et de leur autosélection/élimination des filières d’excellence scientifique par une socialisation précoce toujours différente de celle des garçons : dès la prime enfance, elles apprennent l’obéissance, la docilité, l’attention à autrui, la persévérance dans la tâche, l’usage limité de l’espace ; ils apprennent la compétition, l’affirmation du moi, l’usage somptuaire de l’espace. Elles sont donc mieux adaptées aux exigences de l’école mais les garçons prennent le dessus quand la compétition s’avive et que se précisent les choix professionnels. Les filles seraient plus enclines à se sous-estimer et les garçons à se surévaluer dans les mathières -mathématiques, physique, apprentissages techniques- et à l’âge -l’adolescence- où s’affirment les identités sexuées. Elles tendraient donc à s’autoéliminer des filières où dominent ses matières. Les enseignants renforceraient ce mécanisme en imputant leurs difficultés dans ces matières à leur absence de dons, celles des garçons au manque de travail. L’inverse est observé dans les matières connotées comme féminines.
*sociologues, auteurs notamment de « Allez les filles ! », édition du Seuil, 1992.

Catherine Marry, Filles et garçons à l'école in Agnès Van Zanten (dir), « L’école, l’état des savoirs, Paris, La Découverte, 2000.





  1. Pourquoi les filles sont-elles à priori mieux adaptées au système scolaire ?

Les valeurs transmises aux filles les aident à mieux réussir à l’école que les garçons car elles ont appris à être plus disciplinées, à respecter les consignes, à travailler avec plus d’attention et de régularité. En effet les valeurs dans lesquelles sont socialisées les filles, à savoir l’obéissance, la docilité, l’attention à autrui, la persévérance dans la tâche ou encore l’usage limité de l’espace sont conformes aux attentes du système scolaire. Ces valeurs une fois intériorisées permettent de respecter les normes scolaires. La qualité de la prise de note est par exemple généralement meilleure chez les filles.


  1. Selon les auteurs, quelles sont les matières connotées comme féminines ? Et celles connotées comme masculines ? Comment le constate-t-on en pratique ?

Les mathématiques et plus généralement les sciences et les techniques sont associées au monde masculin. Le français et plus généralement les matières littéraires (langues, sociologie, psychologie…) au monde féminin. On le constate à travers la surestimation des garçons en sciences et inversement la sous-estimation des filles dans ces matières. Et vice-versa pour les matières littéraires.


  1. En dehors des parents, qui peut également influencer le choix scolaire des filles ?

Les enseignants car ils auraient intériorisé les stéréotypes sexués et pourraient parfois décourager inconsciemment les filles à s’identifier aux matières scientifiques au prétexte d’un manque supposé de don.

On peut aussi penser aux médias, par exemple aux rôles féminins dans les séries télévisées ou aux publicités.


  1. Pourquoi la socialisation risque-t-elle paradoxalement de limiter la réussite sociale des filles ?

La socialisation des filles réduit leurs ambitions sociales de deux façons. D’abord parce qu’elles risquent de se sous-estimer. Les valeurs de docilité et d’attention à autrui les tournent vers les tâches d’exécution, d’autant plus que les garçons sont éduqués a contrario avec les valeurs de compétition et d’affirmation de soi. Ensuite parce que les filles intériorisent leur futur statut de mère ou d’épouse et choisissent des métiers qui leur permettront d’être facilement disponibles pour tenir les rôles familiaux attachés à ce statut : servir leurs proches. Il y a ici un paradoxe car, bien que mieux dotées scolairement que les garçons, les filles ne rentabiliseraient pas assez leur investissement scolaire.
2/ Une socialisation différenciée selon le milieu social (durée prévisible : 30 min)


Document 5 : A partir de quelques extraits (par exemple, les scènes de repas) du film La vie est un long fleuve tranquille, il s’agit de mettre en évidence les différences de normes et de valeurs et de montrer en quoi les modalités de socialisation diffèrent selon les milieux sociaux.




  1. A partir de quelques exemples, opposez les normes et valeurs de ces deux familles.



Famille

Le Quesnoy


Groseille


Vocabulaire









Façon de parler









Programmes télé









Rites de la table









Vêtements









Loisirs











  1. Montrez que ces pratiques culturelles différentes proviennent d’une socialisation différenciée




  1. A l’aide d’exemples, indiquez quels sont les moyens qu’utilisent les deux familles pour rendre conformes les comportements de leurs enfants ? (Distinguer entre socialisation implicite et explicite)



Famille

Socialisation explicite


Socialisation implicite



Le Quesnoy











Groseille












  1. A partir du moment où Maurice intègre sa famille « biologique », qu’est-il obligé de faire ?



Conclusion :


  • Construisez un schéma d’implication à l’aide des notions suivantes :

Famille / Ecole, amis, collègues de travail / Intégration sociale / Socialisation secondaire / Socialisation primaire / Apprentissage de normes et de valeurs / Socialisation différentielles selon le genre, l’origine sociale…

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