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E.Les difficultés spécifiques à l’annonce d’un cancer



La difficulté avec les cancers est liée à la représentation que l’on se fait de cette pathologie qui renvoie encore souvent dans la société à une image de mort, de souffrance induite par la maladie mais aussi par les traitements (mutilation chirurgicale, perte des cheveux, vomissements, postchimiothérapie, brûlure des rayons…)

Le praticien, comme tous les autres soignants, a sa propre représentation de la souffrance et de la mort (expérience personnelle et professionnelle).

Ces représentations sociales, la représentation que s’en fait le professionnel peuvent être

différentes de celles de la personne malade. La hiérarchie et les priorités que le patient

accorde à tel type de souffrance lui appartiennent et sont difficilement appréhendables par les soignants.

Pourquoi est-ce difficile à dire ?



Pour une maladie cancéreuse, on est souvent face à une personne qui sait ou appréhende

qu’on lui annonce une « mauvaise nouvelle » (même en cas de découverte fortuite lors d’un

dépistage ou lors d’une hospitalisation en urgence pour symptôme).

La principale difficulté consiste à cerner ce qu’on va pouvoir lui dire, ce qu’elle est capable

d’entendre, ce qui va pouvoir l’aider à comprendre sa maladie et les traitements (la prise en

charge) dont elle va bénéficier.

Les objectifs généraux du dispositif d’annonce tel qu’il est organisé depuis la mise en oeuvre

du plan cancer 2003-2007 sont de permettre à la personne malade :

  • d’acquérir des connaissances et développer les capacités nécessaires pour gérer les

symptômes pénibles

  • de vivre au quotidien avec la maladie

  • de prévenir les complications et pactiser avec les limitations

  • de faire face à l’incertitude et donner un sens au parcours de vie.

Il faut sans cesse se rappeler qu’il faut s’adapter à la personne unique que l’on a en face de

soi. Dans le moment de l’annonce, le praticien doit être attentif aux réactions, à l’expression

des besoins et des valeurs de la personne qui le consulte à ce moment-là.

Il faut aussi tenter de s’adapter au rythme de la personne pour apporter à la fois les éléments

d’information nécessaires à la qualité et la sécurité de la prise en charge en évitant d'anticiper

des explications non demandées ou de répondre à des questions clairement formulées.

Enfin savoir aussi dire qu’on ne sait pas ou qu’on ne sait pas pour l’instant (besoin de temps

pour assurer le diagnostic ou le projet thérapeutique, besoin de concertation avec d’autres

confrères…).

Quels sont les pièges et écueils ?





  1. Se laisser piéger par l’organisation de sa propre consultation ou des conditions de l’annonce :




  • mauvaises conditions d’annonce par difficulté d’anticipation de situations telle que :

patient(e) qui arrive avec « ses images » (scanner, IRM…) sans que l’on soit averti ;

patient(e) ou entourage qui réclame un diagnostic par téléphone ;

  • mauvaises conditions d’entretien : interruption par coup de téléphone ou par personne

pendant l’échange, entretien dans une chambre ou pièce en présence de personnes

imposées de fait au patient (voisin de chambre, autre professionnel...)


  1. Etre inattentif à la personne et formater une façon d’annoncer :



Eviter par exemple de se lancer dans une longue explication sur les traitements et leurs bénéfices sans voir que la principale préoccupation de la personne est l’avenir immédiat de sa famille (que vont-ils devenir pendant mon hospitalisation… ou si je meurs ?)




  1. Etre intolérant aux réactions/ préoccupations du malade que l’on juge paradoxales




  • déni pendant de longs mois de symptômes alarmants puis impatience d’être pris en

charge ;

  • attention portée à des échéances de travail ou de loisirs, alors que l’on est en train de

parler de calendrier de traitement ou d’examens de surveillance.

Ce type de réactions est en réalité, pour la personne, une manière de se protéger de

l’inquiétude ou de la violence de la mauvaise nouvelle.


  1. Projeter sur la personne ses propres valeurs, ne pas lui laisser l’espace et le loisir de les exprimer




  • tel effet secondaire n’est pas important et il est provisoire ;

  • tel traitement a des effets secondaires moins graves, moins péjoratifs, moins

invalidants…(exemple : à 75 ans, la libido c’est moins important…).


  1. Considérer que l’on peut, seul, répondre à toutes les préoccupations de la personne ou au contraire adopter une stratégie d’évitement en renvoyant sur les collaborateurs.


Lors de l’annonce de la mauvaise nouvelle, les réponses apportées comme solutions (traitements, prise en charge…) et les moyens qu’a la personne de s’y adapter sont bien sûr une affaire d’équipe, mais ne pas oublier que la qualité de la relation entre le médecin et son malade se construit là aussi et qu'elle va être essentielle dans les suites.

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