Premiere partie





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Puis ce fut le grand départ pour Toulon, étant pour une grande partie des gars du nord de la France c'était une grande joie de voir des horizons nouveaux, nous avions tous hâte de savoir ce que nous allions devenir, après un périple au travers de la France, car les détachements de la marine, ne pouvaient transiter par Paris, donc c'est par le centre que nous dûmes être acheminés, et des trains qui ne marchaient pas bien vite, beaucoup de changements et d'attentes dans les gares cela était assez pénible en plein mois de janvier, enfin nous arrivions à destination vers minuit, et cela par un froid de canard, en arrivant à Toulon 1 la terre était recouverte de givre, et pas un véhicule n'était venu pour nous quérir, ne serait-ce que pour le transport des bagages, il nous fallut faire le trajet qui sépare la gare du dépôt, c'est à dire au moins trois bons kilomètres que nous avons étés obligés de faire à pied, le sac sur le dos. Nous arrivons au dépôt de Toulon après une bonne heure de marche et complètement éreintés à l'aubette nous avons été reçus comme des chiens dans un jeu de quille, on entendit quelqu'un grogner ce n'est une heure pour rentrer au dépôt, c'est bien triste d'avoir coupé le sommeil de ce brave, mais cela ne faisait pas notre affaire car fatigués comme nous l'étions, et en rang dans la cour, par un froid qui nous piquait les doigts, mais il nous fallait attendre que le boscot se réveille et veuille bien venir nous délivrer des couvertures pour finir de passer la nuit, le plus serviable fut le cuistot qui lui daigna nous servir une boisson bien chaude, qui nous réconforta avant d'aller nous coucher et cela sur le ciment de la carrée, car les toiles de hamac ne nous avaient pas été fournies, d'ailleurs nous n'aurions pas eu le temps de les monter, du fait qu'il était déjà deux heures du matin quand nous sommes arrivés, on nous laissa dormir jusqu'a huit heures du matin nous allions donc au réfectoire pour boire le café puis ensuite nous attendions tous avec anxiété nos affectations, mais celle-ci arriva que dans le courant de l'après midi.

Je fus donc désigné pour le Rhin, ancien voilier transformé en bateau école pour les canonniers et surtout les gabiers en termes maritime les boscots moi j'étais considéré comme stagiaire, car nous étions déjà fin janvier, et de ce fait trop en retard pour commencer les cours du ler janvier, nous étions environ une douzaine dans ce cas il nous fallut attendre trois mois pour commencer nos écoles et pendant ce temps là, nous suivîmes les cours de gabier, et la formation militaire, et ce qu'on appelle en termes marines le matelotage, qui consiste à apprendre à faire les épissures et tous les existant dans la marines, et que à l'heure actuelle beaucoup de marins ne savent pas faire.

Le matin la journée commençait par le lavage du pont, pantalons retroussés au dessus des genoux et pieds nus, cela nous semblait dur au début mais je dois avouer que c'est une question d'habitude. Au bout de trois mois quand nous avons rejoins nos cours respectifs, nous avions déjà trois mois d'avance dans certaines disciplines, surtout en formation militaire et maritime, nous étions déjà vis à vis des autres.

Mais il m'arriva un avatar lors du transbordement des paquetages, mon grand sac n'arriva pas à destination, et ce qu'il y a de mieux personne ne savait où il avait pu passer, si bien que je n'avais plus de linge plus rien du tout du le contenu du petit sac où l'on met habituellement le couvert et les articles de toilette. Sur ordre du capitaine d'armes du cuirassé condorcet, il me fallait rechercher mon paquetage, et pour cela une vedette fut mise à ma disposition, car il me faut signaler que nous étions en rade des Salins- d'Hyères, je dus me rendre sur les trois bateaux de la division des écoles, après visite des trois bâtiments je revins bredouille à mon grand regret, tout le monde était au courant de ma mésaventure, ce fut ainsi que l'officier de service de jour décida de communiquer avec ces trois bateaux se trouvant sur rade, donc sur son ordre les recherches se mirent en train, et dans la demi journée je prenais le canot de service pour me rendre à bord de l'Ernest Renan chercher mon sac retrouvé, alors que la veille personne n'avait rien vu, peut-être quelqu’un avait-il l'intention de garder le contenu du sac et de le partager entre les copains. Je fus heureux de retrouver mon sac, et ainsi tout rentra dans l'ordre, j'allais pouvoir commencer mon cours de torpilleur au programme assez chargé dans la journée le matin théorie et travaux divers, et cela après avoir effectué le poste de propreté, car ceci est le premier travail à bord d'un bateau, et là chacun à son secteur bien précis pour ma part j'avais une salle de bain d'un officier à astiquer c'était un travail monstre car tout était en cuivre rouge et me fallait faire ça avec du tripoli et de l'huile, cela ne me plaisait guère aussi je laissais tomber un peu l'astiquage, et demandais à l'officier à aller travailler avec les autres dans les batteries, ce qui fut fait sans trop de mal et j'en fus bien heureux, après la propreté terminée nous avions le casse-croûte qui consistait à une boule de pain pour huit et une tablette de chocolat, pour c'était les cours théoriques jusqu'à midi, après la soupe de midi nous allions à l'atelier pour la pratique nous apprenions à tenir une lime une scie et pas mal de chose pour moi c'était un peu de l'hébreu car je ne connaissais rien en la matière mais je mis fis assez vite et cela ne marcha pas trop mal au bout de six mois.

Deux fois par semaine nous allions sur le terrain de manœuvre musique en tête pour l'entrainement au fusil et sport de groupe et retour à bord en fin d'après midi tous bien alignés sur les bancs des canots remorqués par un vapeur qui en remorquait quelques fois cinq à six à la fois, la remontée à bord par les échelles de coupées, et en ligne sur le pont pour aller remettre les armes au râtelier de la salle d'armes, la journée était bien remplie ; étant complètement dépaysé à bord de ce navire énorme où la discipline était pénible, au bout de dix jours je tombais malade d'une furonculose qui me tiens huit jours à l'infirmerie du bord, puis les cours recommencèrent avec entrain, car il me fallait rattraper le temps perdu, à cause de ma maladie, ce que je fis avec ardeur car il me tardait de voir finir ce séjour à bord du Condorcet navire disciplinaire. Mon chef instructeur voyant que je mettais beaucoup de bonne volonté me donna un bon coup de main en m'envoyant souvent lors des exposés faire les descriptions sur les planches qui nous étaient exposés si bien que au bout de quelques semaines j' étais au même niveau que les autres, mais il y a toujours des jaloux, ce qu'on appelle en termes maritimes des sauteurs mais cela ne me gênait guère, mais ces derniers étaient prêts à faire n'importe quoi pour arriver à être bien classés à la fin des écoles, et ceci en employant quelques fois des moyens peu recommandables.

Ce qu'il y avait de plus pénible à bord c'était la nourriture qui était infecte, et en plus de trop faible quantité, cela nous obligeait souvent à manger du pain sec, il nous arrivait souvent de rendre visite au légumier pour trouver une tête d'ail ou quelques oignons afin de composer un casse-croute, et tout ceci en cachette car il fallait toujours se méfier des mouchards, ces derniers étaient très nombreux, il est assez pénible de le dire, pourtant c'était la réalité.

Bien heureux étaient ceux qui de leur famille recevaient des colis de temps à autre, car la vie à bord était très pénible autant que la discipline en tant que navire Amiral de la division des écoles. C'est avec un grand plaisir que nous voyons la fin de septembre arriver, ce qui nous indiquait la fin de notre cauchemar, et à cet effet les examens qui donnaient à chacun sa valeur, les premiers avaient le droit de choisir leur région maritime et leur embarquement, et pour cela chacun essayait de faire de son mieux ; pour mon compte mon rang me permettait de choisir. C'est ainsi que je revins à Cherbourg à la première escadrille de sous-marins (à l'époque escadrille d'essais) mais auparavant nous partions tous en congé de dix jours, nous étions tous heureux de changer cette vie de discipline et de tout oublier de notre séjour à bord du Condorcet.

Après avoir reçu nos diplômes et galons de breveté torpilleur, nous quittâmes 1 la division des écoles pour un congé dans nos familles et ensuite rejoindre nos unités, et d'un seul coup nous disions adieu à toutes nos misères endurées pendant notre séjour, et à toutes les séances de sport au terrain des Salins d'Hyères, aux marches avec musique en tête, aux remontées par le tangon avec armes et bagages, adieu aux bons moments lors des retours de corvée de vivres ou caches sous la bâche de protection des denrées pour éviter que ces dernières soient détériorées par l'eau de mer, nous en profitions pour faire une razzia dans les vivres du maître commis en particulier parmi les fruits, abricots & pêches etc.. et souvent une boule de pain avec un peu de viande crue, car la faim nous tiraillait souvent l'estomac, je me souviens qu’un jour lors d'un exercice au terrain de sport nous avions fait une descente en règle dans le jardin du chef de gare du gapeau ; mais hélas nous avions été vus par sa femme qui était au premier de l'immeuble, et cela a failli mal tourner, tous nous avons du payer les dégâts, grâce à Dieu cela nous est pas revenu trop trop cher chacun, et heureusement que notre chef de compagnie était chic, et n'a pas porter le motif, car nous aurions tous écopé de plusieurs jours de salle de police.

Adieu aux postes d'évacuation effectués de nuit en particulier où il nous fallait mettre les canots de sauvetages à la mer, faire le tour du navire à l'aviron, et ensuite remettre les canots sur les portes -manteaux, et les cordages bien lovés dans les canots et sur le pont du navire, avant de pouvoir aller se reposer un peu, mais quelques fois à peine étions nous couchés que le clairon sonnait le branlebas, et la journée commençait comme si rien ne c'était passé.

Donc c'est le cœur content que nous partions chez nous pour oublier toutes ces petites misères, et aussi de connaître avec hâte ce que l'avenir nous réservait dans notre nouvelle affectation. c'est ainsi que je passais une grande partie de mes congés à travailler à la maison en effectuant quelques améliorations et aussi en remettant mon paquetage en ordre, et plié au carré comme il se doit pour les inspections, chose très importante dans la marine, paré ainsi je serai prêt à toute éventualité.

Mon congé terminé, je repris le train comme au premier jour, à la seule différence que je n'étais plus un novice, connaissant très bien où je devais aller c'est ainsi que je me rendis à l'arsenal, puis de là à la base des sous-marins fière escadrille, après mettre rendu à l'aubette de la base, je fus affecté à un groupe et en attente d'une destination, quand après manger vint un planton m'apportant un ordre d'embarquement et de me rendre à bord du Prométhée voir le commandant ce dernier me fit connaître qu'il venait d' affecter à son bord un jeune matelot de la même promotion que la mienne, et que n’ayant aucune préférence me demanda de bien vouloir m'arranger avec ce dernier afin de pouvoir permuter. Ayant visité le sous-marin ce dernier me sembla trop grand à ma convenance, et beaucoup de copains me conseillèrent de plus demander les petits sous-marins de six cents tonnes, où la discipline était beaucoup plus douce, et en particulier c'était la vie de famille, de ce fait je retournais donc à mon groupe d'attente.

Le lendemain après-midi, un planton est venu me tirer de ma lecture, pour me demander de me rendre au bureau des affectations, ce que je fis avec rapidité car j'avais hâte de savoir où j'allais être affecté, à ma grande surprise, j'étais destiné pour le sous-marin Antiope en construction au Trait (aux ateliers et chantiers de la seine Maritime). Je pris donc le train de dix-sept heures pour arriver à Rouen à vingt trois heures trente, là il me fallut attendre le train de Barentin à cinq heures, et de là il y avait une machine qui faisait le transport des ouvriers se rendant aux ateliers du trait, dans la salle d'attente de Rouen je fis la connaissance d'un militaire se rendant au trait, car avant son service il travaillait en qualité de peintre il me ré conforta en m'annonçant que je serais heureux comme un roi, car les marins étaient très bien vus par les ouvriers ainsi que par la population du pays.

Après avoir passé la nuit dans la salle d'attente de la gare de Rouen, nous sommes arrivés au trait via Barentin vers sept heures bien fatigués, nous fûmes allés boire un bon café régénérateur ce qui nous remit un peu de toutes nos insomnies de la nuit.

Vers huit heurs je me présentais donc au bureau qu'occupait la maîtrise de notre sous-marin, et ainsi je fis la connaissance des officiers et des officiers mariniers, je fus reçu par l'officier en second, qui lui aussi venait de Toulon et sortait de l'école de torpilleur pour officiers qui était basée sur un torpilleur de haute mer, à bord duquel il m'était arrivé d'aller à bord pour l'embarquement des torpilles et procéder au lancement pour le compte de ces derniers, il me reconnu et de ce fait me pris en estime, quand à mon patron (maître torpilleur lui était un bien brave homme, et d'un âge où il attendait bien sagement la retraite nous étions vraiment comme me l'avait dit le militaire des coqs en pâte, et bien heureux, bien nourris par un quartier maître cuistot, mécanicien de métier, mais connaissant bien la cuisine comme le font la plupart des alsaciens, comme logement nous étions dans un chalet servant pour les équipages des bateaux en armement et se trouvant à l'entrée des chantiers avec tout le confort à l'intérieur douches, chauffage central et muni d'un lavoir rappelant les lavoirs du midi.

Dès l'après-midi avec empressement je me rendis à bord avec mon nouveau patron faire la visite du sous-marin que j'avais envie de connaître et au plus tôt, je fis également connaissance avec les membres de l'équipage déjà présents nous n'étions pas très nombreux une douzaine en tout, j'étais le seul matelot torpilleur travaillant de ce fait avec les mécaniciens a confectionner des clefs pour les gros écrous de dimension peu courante, c'est ainsi que je fis un sérieux apprentissage à la mécanique forge et ajustage.

En plus j'étais très heureux étant souvent à bord avec les ouvriers qui effectuaient les montages des appareils et de ce fait je suivais le cours des montages que nous étions invités de suivre avec le plus grand soin, afin de bien connaître les tuyauteries, les manœuvres à faire, les pompes d'assèchement et d'épuisement les compresseurs, les diesels, les tubes lance torpilles etc..etc... et les travaux en atelier. Nous menions une vie rêvée, surtout pour moi qui sortais de la fournaise jamais de garde, seulement une fois tous les douze jours, nous couchions à tour de rôle à bord afin de veiller aux amarres à chaque coup de bélier du mascaret qui aux fortes marées était beaucoup plus puissant et brutal et aussi en automne où les vents étaient beaucoup plus forts dans la vallée de la Seine, dans le fond la corvée n'était pas terrible, cela nous causait un peu de distraction et de changement.

Les dimanches et jours fériés étaient le matin consacrés au lavage de linge et quelques sorties dans le pays, où nous étions très bien vus par la population car en général nous étions des gens tranquilles.

L'après-midi j'allais souvent en compagnie d'un copain visiter les environs en général très jolis surtout en suivant la vallée de la Seine où se trouve le monument de Guilbault ainsi que les environs de la Mailleraye et sa forêt de Brotone, par mauvais temps nous partions à Rouen avec le car de treize heures nous avions largement le temps d'assister à une pièce de Théatre, ou de visiter la ville, que moi je connaissais assez bien, car Rouen à été un peu la ville de mon enfance, et nous étions de retour par le car de 18 H30 c'est souvent ainsi que tous deux nous passions nos dimanches mais c'était déjà l'hiver, et les fêtes de Noël que le chantier organisait il fallait s'organiser, ayant le temps, je fus désigné pour donner un coup de main, et en accord avec les officiers du bord, nous étions chargés d'effectuer ce travail pour cela nous étions une équipe de huit hommes, il nous fallait cueillir le gui comme au temps des gaulois et le houx que nous allions chercher dans les bois nous étions heureux de nous dépenser. Le soir nous rentrions fatigués d'avoir marcher toute la journée dans les marais car le gui nous l'avions sur des peupliers et le houx nous le trouvions dans les buissons en bordure de la forêt, le soir nous étions bien fatigués, mais heureux d' avoir respirer le grand air, et aussi d' avoir trouvé ce que nous désirions pour décorer la salle des fêtes du Trait.
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