Le gendarme qui me précédait a ouvert une petite porte. Nous sommes entrés dans une sorte de grange assez vaste, longue, bien éclairée, poussiéreuse





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LE GRAND JEU

par Philippe Bauchard

philippe bauchard 9


Le gendarme qui me précédait a ouvert une petite porte. Nous sommes entrés dans une sorte de grange assez vaste, longue, bien éclairée, poussiéreuse.

Le gendarme m'a ôté mes menottes, m'a indiqué ma place sur un banc, au bord du box des accusés.

Des têtes me dévisageaient, bien au chaud dans leur vie, bien tranquilles, jouissant à l'avance du spectacle.
J'ai émergé progressivement de l'ambiance lourde de la petite salle d'Assises de Versailles. De jolies femmes parlaient d'une voix aiguë avec les avocats, des femmes à chapeau et voilette comme celles que j'avais rencontrées dans les bars où Stéphane m'avait traîné. Les robes avaient une forme que je ne connaissais pas. Certaines des femmes étalent en petit tailleur collant qui leur moulait les fesses.
Ma mère était au deuxième rang dans un petit renfoncement, à côté des flics. En noir, comme toujours, une voilette sur le chapeau que je lui avais toujours connu, éternellement rafistolé à la dernière mode. Je savais qu'elle m'en voulait de lui avoir fait "ça", de lui avoir imposé un affront public pour des histoires qu'elle ne comprenait pas. Les gens chuchotaient autour d'elle. Ils devaient savoir. Ils devaient dire « la pauvre femme, elle qui avait sacrifié toute sa vie », elle n'avait pas mérité cette épreuve»

L'avocat bien en chair, un peu sanguin, satisfait, épanoui, serrait les mains d'un air affable, ses mains aux doigts courts qui vous agrippaient. II dissertait sur le cas au milieu d'un cercle de robes noires.

« Veuillot est un enfant du siècle, une victime amenée par une logique impitoyable à commettre son crime. Sans la Résistance il n'aurait sans doute pas eu la révélation du meurtre et se serait contenté d'en rêver en allant voir des films de gangsters »

J'étais devenu un cas facile à classer, à étiqueter sous un bocal : « homme révolté,  espèce en voie de disparition »

La petite Morvandat m'apparut plus terne. Là-bas, en taule, elle était la seule personne que je désirais voir. Elle m'apportait toujours un reflet de la vie extérieure. Elle me parlait longuement : l’avocat n'avait pas le temps, je n'étais pas une cause payante. Par la suite seulement j'étais devenu une bonne affaire publicitaire.

Ici, la petite Morvandat se fondait dans le décor, s'affairant autour d'une petite table où s’empilaient des dossiers.

La femme de mon avocat avait un drôle de chapeau. Une hirondelle expirait sur un fond de cerises. Une épaisse voilette ajoutait au charme du mystère la séduction de la femme fatale.

Le commissaire n'avait plus l'air dur des interrogatoires. En dépit de sa veste de sport et de sa cravate à pois rouge, il se comportait en gentleman.

" C'était tellement intime notre dernière réception une soirée délicieuse... »

Ravie, elle tortillait des fesses.

« Je vous en prie, c'était une réunion toute simple ! Quelques amis reçus à la fortune du pot ».

Le commissaire protestait, exagérait sa raideur d'homme du monde, multipliait les prévenances. Un commissaire plein d'avenir, pas une de ces brutes sans culture. Il avait reçu une excellente éducation, ce commissaire ».

" Que devient votre grand garçon ? »

Avec des mines pudiques, Madame Chapoteau minaudait :

« C 'est trop aimable à vous, commissaire, de vous intéresser à Bob ». II est toujours chez les Oratoriens. Ils sont très modernes. Vous savez, l'éducation anglaise : le matin études, le soir sport, half and half. Ils ont installé récemment une piscine et un court de tennis. C'est très sain."

Le commissaire était tout sourire. Madame Chapoteau papotait, s'inquiétait de la femme du commissaire. On se sentait entre gens de bonne compagnie.

Dans le fond, une longue table, un tableau un peu sombre de la Justice poursuivant le Crime, le buste en plâtre d'une République belle et assez grasse.

Tout cela était saugrenu, absurde, sans rapport avec l'idée que je me faisais des juges et des bourreaux.

Les gendarmes étaient courtois, l'avocat en prenait à son aise, les journalistes étaient chez eux. Il n'y avait que moi qui étais « en dehors du coup ». Tout le monde me portait tardivement un intérêt subit. J'ai trouvé assez flatteur que les flics, les juges, les journalistes, les demi-mondaines et les femmes du monde se dérangent spécialement pour moi.

Au milieu d'un léger brouhaha, un type a gueulé "La Cour" et tout le monde s'est levé comme au lycée au début d'une classe, avec la même absence d'ensemble, les cannes qui tombent, les gens qui se raclent la gorge.

Le Président était court, le ventre en avant, conscient de son importance. Les Jurés, guindés dans des habits de dimanche, se sentaient gênés comme moi. Un grand maigre nerveux s'agitait tout le temps ; j'ai su plus tard que c'était l’Avocat Général.

Le Président a ouvert l'audience puis m'a demandé d'une voix neutre mon état-civil. Cela m'a paru assez drôle qu'on attende trois ans pour vérifier que c'était bien de moi qu'il s'agissait.

Le Président a ajouté :

« Monsieur le Greffier, veuillez donner lecture de l'arrêt de renvoi et de l'acte d'accusation. »

Un petit maigre, sec, les cheveux clairsemés ramenés et collés sur le front, a ajusté un binocle et lu d'une voix de fausset une sorte de morceau de bravoure indigeste et compact :

« Le Procureur Général près la Cour d'Appel de Paris, vu l’arrêt rendu par la Cour d'Appel, Chambre des mises en accusation, contre le nommé Veuillot renvoyé devant la Cour d'Assises du Département de Seine-et-Oise comme accusé du crime d'assassinat, expose que des pièces de la procédure résultent les faits suivants :

Le 23 février 1944, Veuillot Jean rencontra Vanier Simon pour la première fois…"
Alors, tout a recommencé.
La première fois que j'ai rencontré Stéphane, il était naturellement en retard. J'avais beau prendre des airs dégagés, ça ne tenait pas. Une dizaine de fois je m’étais appliqué à lire consciencieusement l'affiche où le brave soldat français, musette et calot à pointes, proclamait sur un fond vert bouteille que c'était la relève qui commençait.

Puis le temps devint mort et je divaguais doucement. J'étais l'amoureux transi boutonneux qui attendait la femme idéale — il ne manquait que le bouquet et la grande fille mince, élancée et sportive des couvertures de Marie-Claire.

Et la peur recommençait, sans un soldat allemand, sans un flic, dans une rue toute bête avec son bistrot, le patron somnolent derrière son comptoir.

Ce n'était plus de la résistance.

Chaque fois, ils avaient la manie de vous fixer des rendez-vous dans des rues excentriques où les types venaient une fois sur deux sans raisons valables. C'était devenu une sorte de rite ; personne n'avait rien à se dire mais il fallait tout de même " se contacter ", échanger des messages enfantins comme au temps des boy-scouts et repartir avec l'impression que nous n'étions pas seuls, qu'il y en avait d'autres qui participaient au travail de la fourmilière, qui avalent la même petite peur latente, la même angoisse froide, qui étaient " dans le coup ", qui jouaient aux gendarmes et aux voleurs.

Nous n'avions pas l'assurance du Capitaine Benoît. Attendre éternellement le message secret qui devait nous donner les consignes décisives pour passer à l'action, c'était prolonger indéfiniment le plaisir de la peur la satisfaction confuse de la clandestinité.

C'était une drôle de petite peur froide qui vous chavirait d'un coup, vous foutait en l'air, elle vous prenait pour rien, pour une Onze légère qui s'arrêtait brusquement près de vous, pour un type à imperméable qui semblait vous suivre dans la rue, pour un flic qui faisait les cent pas ou simplement parce que le ciel était bas, les nouvelles des copains mauvaises, ou que la fatigue nous abrutissait.

« Auriez-vous l'obligeance de m'indiquer la station Villiers ?

— Je ne suis pas du quartier mais le patron du bistrot pourrait vous renseigner ».

Je répondais machinalement, surpris surtout par le tissu anglais anachronique, épais, confortable du grand type blond, l'air jeune, épanoui.

« Accepteriez-vous de boire un verre par cette chaleur ? »

Stéphane s'installa à la terrasse du café de l'angle où nous avions l'habitude de téléphoner.

Le patron, « un Auvergnat soupçonneux», se méfiait de tout le monde mais se préoccupait plus de marché noir que de ce qu'il qualifiait avec dédain de « politique ».
Stéphane commanda un porto. Je pris une citronnade. Il me tendit un paquet de lettres.

« Voici le courrier pour la Seine et Oise, les deux derniers numéros de Combat et de Résistance. Nous n'avons plus de cartes d'alimentation. Faudrait vous grouiller !

- Nous grouiller, c'est vite dit ! Le mois dernier les groupes de Pierre le Grand ont fait trois mairies autour de l'Isle-Adam. Ils disent que ce n'est pas discret, qu'ils commencent à être repérés. Les maires en ont assez. A force de nous laisser faire, ils se font engueuler ; et comme le débarquement n'est pas pour demain…

— Possible mais nous n'avons plus rien

— Et les dernières cinq cents cartes ? Déjà liquidées ?

— Qu'est-ce que tu crois, fit Stéphane nonchalant, on a des besoins, figure-toi. Comme nous étions fauchés, J'ai dû en vendre une partie. »

Ce sale con, il se vantait !

Il en était bien incapable, II aurait eu trop peur de se faire pincer. Tout ça rentrait dans le jeu, le tissu anglais, les besoins d'argent... Avec nos pantalons de flanelle pisseux ayant perdu le pli depuis longtemps, le fric qu'on nous accordait au compte-gouttes, nous étions les groupes d'Action Immédiate, joli nom pour un sale boulot ! Pendant ce temps-là, Stéphane se payait des portos avec l'argent des cartes d'alimentation.

Le pire c'est que tout était faux, archi-faux d'un bout à l'autre. L'argent et le costume venaient de la famille ou plutôt de la mère de Stéphane, petite dinde pleurnicharde dont l'unique vice était de se faire extorquer de l'argent par son fils.

Pour les cartes d'alimentation, c'était encore plus grotesque, Stéphane s'était empiffré les bonbons d'une partie des coupons des cartes de matières grasses, le reste avait été jeté à l'égout ou brûlé par petits paquets.

Georges grogna, eut une moue agacée : « Tu n'y comprends rien. Il a eu les foies, il fout le camp comme un salaud qui se dégonfle !

— Qu'est-ce que tu en sais ? »

Je voulais expliquer, comprendre les autres comme j'aurais aimé qu'on s'intéresse à moi.

Le petit Valin avait disparu. Il était fini, volatilisé.

«  Je vois la scène comme si j'y étais, fit Georges. L'autre jour, en rangeant ses papiers, Maman Valin était tombée sur des paquets de tracts entreposés pour le prochain lancer" .Valin, le petit bourgeois élevé dans le calme des institutions, dans le culte des petites affaires, « pauvre mais honnête » tu vois le genre, qui entrepose des papiers contenant des appels au meurtre où le héros de Verdun, le sauveur de la France, était traîné dans la boue. Maman Valin se tord les bras en hurlant que c'est le déshonneur de sa vie », qu'un enfant qu'on a couvé, gâté, ne peut pas faire " ça " à ses parents, Valin n'a manqué de rien ; même maintenant on achète des cartes de pain an marché noir (Valin avait participé au dernier raid contre la mairie de Prairiel où deux cents cartes avaient été fauchées).

«  Alors, la mère clame l'ingratitude des enfants, les mauvaises fréquentations. La scie revient : Valin a été un enfant pur, ignorant de la vie, élevé dans du coton, ce sont les copains qui l'ont entraîné et qui ont profité de son inexpérience.

Tout cela, Valin s'en serait peut-être foutu mais le père a été plus habile. Il parle de sa lassitude, de ses fatigues, il ne croît pas que le risque corresponde à un enjeu militaire quelconque, se battre encadré dans le rang d'une armée, c'est autre chose ; mais là, seul, risquer l'étouffement, la torture pour quelques journaux qu'on se passe de main en main... J'ai sué ma vie d'homme, acceptant des humiliations, des concessions pour que tes frères et toi soyez quelque chose, je ne savais pas très bien quoi mais probablement quelque chose d'un peu mieux que le fonctionnaire inquiet de son avancement, préoccupé de ses fins de mois pénibles que j'avais pu être. Je ne savais pas ce que tu pouvais être, je n'ai jamais cherché le contact avec toi, jamais je n'ai tenté de t'influencer, et voilà qu'au moment où tu vas t'évader de ce milieu familial peut-être étriqué, tu gâches tout, tu fausses tout, pour rien, pour les copains ! »

« Alors le petit Valin avait été touché par cette peine d’homme et il avait lâché

  • Tu vois, dit Georges, il n'y a pas de quoi t'exciter ! Pas de quoi pleurer, c'était un mou !

— Nous lui avions forcé la main ; rappelle-toi. Au début, il n'acceptait de jouer le jeu que dans les règles. Tu lui avais promis de ne pas le mettre dans les groupes d'Action Immédiate et, après les lancers de tracts, tu lui as donné une pétoire pour protéger les opérations les plus risquées. Il n'a pas osé refuser car nous l'aurions traité de dégonflé mais progressivement il a dû se mettre à la clandestinité avec des réticences constantes. »

Une fois de plus, je m’identifiais aux autres. Le petit Valin était un autre moi, qui avait eu le courage de flancher.

« Dis-donc, toi...»." fit Georges, saisi d'un doute. Il me jeta un drôle de de regard et soudain soupçonneux :

« Si jamais l'envie t'en prenait d'en faire autant...

—Tu ne vois pas qu'il te fait marcher ! »

Bernard, toujours un peu lointain, me croyait plus chevaleresque que je n'étais.

«  Après tout, il a fait ça pour ses parents. C'est humain ! Tu tranches sans savoir. C'est facile! »

D'une de ses poches bourrées de paperasses, il sortit Je Suis Partout.

« Écoute donc ce que disait Cousteau. »

A mi-voix il lut avec soin, surveillant Georges.

« Ce qui est insolent dans Je Suis Partout c'est qu'on y méconnaît avec insolence cette règle d'or des manuels scolaires. On me dirait que les rédacteurs de cette feuille collectionnent relativement peu de diplômes universitaires que je n'en serais pas autrement surpris car il faut être singulièrement analphabète pour afficher à ce point le mépris des fins nuancées et des restrictions mentales. Un esprit vraiment supérieur n'a pas de ces réactions-là ; il accepte de composer avec l'ennemi. Il le comprend. Il le dissèque et il l'excuse. Au besoin, il lui offre l'assistance fraternelle d'une souple dialectique. Surtout, cher bon jeune homme, l'esprit supérieur ne s'amuse pas à faire sauter les ponts derrière lui. Il maintient jalousement quelque passerelle en vue d'un repli sur des positions qu'il est toujours fâcheux de n'avoir pas préparées à l'avance.

Sur ce point, vous en conviendrez, cher bon jeune homme, les gens de Je Suis Partout mettent vraiment un peu trop d'insistance à nous démontrer qu'ils ne sont pas intelligents. A quoi riment, je vous le demande, ces grands mots sonores, ces poses plastiques terrifiantes ? Voilà des gens qui se compromettent avec une affolante inconscience, qui compromettent avec eux les pauvres égarés qu'ils entraînent dans leur sillage. »

« Pourquoi, par exemple, s'obstinerait-on à accabler Vichy et son double Jeu ? Dans la mesure même où ce double jeu est une réalité, ne voit-on pas que c'est un gage de sécurité pour ceux qui ont mis leur fortune à la remorque de l'état sous-préfectoral ? Et les prélats gaullistes qui planquent les réfractaires, qui réchauffent le zèle apostolique des maquisards, est-il vraiment opportun de s'en faire des ennemis ? Ne parlons pas, si vous voulez bien, des francs-maçons qui sont d'excellents citoyens..."

Je n'écoutais plus, sensible à la douceur vieillotte de la Place Dauphine. Les cafés aux boiseries chocolat, les maisons d'édition de Droit, les marchands de gravures, les cabinets de notaires, les arbres et la vespasienne conservaient un charme désuet qui donnait à nos conversations de conspirateurs un air quarante-huitard.

La violence m'énervait. Chaque semaine nous achetions Je Suis Partout que nous lisions avec un intérêt d'autant plus vif que son ton rappelait par sa violence celui de nos propres journaux. Nous suivions également Combats Miliciens pour avoir des détails sur les opérations menées contre les copains.

Bernard ne lâchait pas Georges.

« Il suffit, cher bon jeune homme, de bien vous pénétrer de ces vérités essentielles pour comprendre que décidément les gens de Je Suis Partout ne sont pas intelligents. »

Et c'est pour cela que j’insiste tout particulièrement pour vous déconseiller de continuer à lire ce journal frénétique car il s'en dégage tout de même une sorte de sincérité persuasive qui risque de porter les cervelles légères à des excès regrettables. Jeux de mains, jeux de vilains ; un mauvais coup est vite arrivé.
Je sais, cher bon jeune homme, que, par tempérament vous ne répugnez pas à la prudence. II me revient pourtant que parfois vous jouez au boy-scout avec d'autres bons jeunes gens autour d'un feu de camp en récitant du Péguy et en expliquant que la jeunesse française ne peut avoir de meilleur guide que Marcel Proust : en soi, ce divertissement renouvelé de Fenimore Cooper et de Socrate n'est ni absolument périlleux ni absolument condamnable. Mais il fleure tout de même un peu trop le fascisme. C’est mettre le doigt dans l'engrenage. On commence par le camping culturel et on finit dans la franc-garde de la Milice ou de la LVF.

Non décidément, cher bon jeune homme, soyez raisonnable, soyez intelligent ! Méfiez-vous des furieux. Cessez de lire Je Suis Partout mouillez-vous l'index pour voir d'où vient le vent."

« Pas mal, hein », fit Bernard, excité par sa lecture comme si Cousteau s'adressait précisément à Georges.

Georges ricana :

« II te baise, ce salaud ! Et tu donnes dans le panneau. Tu ne sais plus où tu en es et l'amertume de ce type qui n'a plus rien à perdre t'atteint dans tout ça que tu as de pourri, d'intellectuel. Veuillot est prêt à se dégonfler. Toi, tu te cherches des raisons. Moi, je sais, j'ai la conviction que notre cause est juste. Je ne suis pas un fanatique. Je suis un croyant. »

La raideur de Georges était désespérante. Comme Bernard, j'aurais aimé qu'un jour les durs dans les deux camps fauchent les mous dans une apothéose tricolore. J'en avais assez des Jécistes virulents, des boy-scouts opportunistes, des petits cons en uniforme des Équipes Nationales. Les articles de Rebatet, de Brasillach, nous touchaient plus que les nuances littéraires de La Gerbe. Notre désarroi était trop grand pour que nous ne cherchions avec une certaine complaisance à retrouver nos sentiments dans le fascisme gueulard des gens d'en face. Affolés par la peur, par le désir de nous justifier, nous n’éprouvions même plus de haine.

La douceur de la vie nous inquiétait. Nous tournions autour des bancs par petits groupes. Georges présidait, allant d'un groupe à l'autre, Fromont, bénisseur et affecté, intervenait dans la discussion, soignant les nuances, concédant habilement à son interlocuteur :
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