Université de Toulouse-Le Mirail Département des Sciences du Langage





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Evolutions postérieures au XIIIe siècle




Positions

ANTÉRIEURES

POSTÉRIEURES

Labialité

Aperture

Étirées

Arrondies

Étirées

Arrondies


1 Fermées
2 Semi-fermées
Moyennes
3 Semi-ouvertes



 ←




662  ←



663


← 



()




4 Ouvertes


Situation actuelle




Positions

ANTÉRIEURES

POSTÉRIEURES

Labialité

Aperture

Étirées

Arrondies

Étirées

Arrondies


1 Fermées
2 Semi-fermées
Moyennes
3 Semi-ouvertes


















4 Ouvertes




-Première phase : Passage du latin classique au latin tardif, entre les IVe et Ve siècles.
-Seconde phase : Passage du latin tardif au proto-roman local ou proto-gascon occidental entre les Ve et VIe siècles,  >  / , sous l’effet d’une interférence de type substratique. La différence entre les deux solutions  et  n’est pas tellement étonnante si l’on en croit Jungemann, qui écrit que les voyelles du basque parlé en Vieille Castille étaient différentes de celles d’autres zones bascophones664. Celles des Aquitains du littoral pouvaient l’être tout autant d’une aire à l’autre. Mais on peut aussi supposer que la neutralisation  ~  >  est bien postérieure et n’a aucun lien avec le phénomène landais de labialisation.
-Troisième phase : Après le XIIe siècle, passage de  à  et/ou  puis rééquilibrage du système du fait de la palatalisation de l’occitan classique qui gagne le gascon, lequel connaît l’influence croissante de la prestigieuse koinè pendant son âge d’or, entre le XIe et le XIIIe siècle. Si l’on considère les définitions de substrat, d’adstrat et de superstrat665, le gascon aurait donc un substrat aquitain, langue supplantée par le roman mais qui a eu une influence sur celle qui l’a remplacée, un superstrat germanique (faible) et vascon, langues qui se sont introduites dans le domaine du proto-gascon et qui ont disparu en laissant des traces et enfin un adstrat occitan, langue voisine qui a fortement influencé le gascon du fait de son immense prestige international, entre le XIIe et le XIIIe siècle.

CONCLUSION :
Le travail de recherche que nous allons maintenant clore, même s’il ne permet pas d’apporter des réponses définitives aux interrogations que nous avions formulées en introduction, a peut-être ouvert quelques pistes. Qu’on le considère comme une langue d’oc autonome, c’est notre opinion, ou qu’on en fasse un simple variante dialectale de l’occitan, le gascon possède une indéniable originalité au sein du groupe occitanoroman et même dans la Romania. Ses variétés occidentale et a fortiori « noire » semblent d’ailleurs parfaitement illustrer cette originalité aquitano-pyrénéenne, que les plus éminents romanistes européens soulignent depuis maintenant cent vingt sept ans.
Ici comme ailleurs, ce sont les métropoles qui ont conditionné les évolutions et guidé les innovations que le gascon a adoptées. Or, si la Gascogne orientale a connu l’influence de Toulouse et du Languedoc - et nous sommes même tentés de dire que cette influence se fait sentir jusqu’en Béarn oriental, Pau regardant vers l’est et Orthez vers l’ouest - l’occident est resté à l’écart et fut mieux préservé, même si le rayonnement de Bordeaux, métropole de tout l’ouest gascon, explique l’orientation différente des isoglosses caractérisant les innovations des sous-dialectes girondins. Le faisceau septentrional court ainsi de l’ouest vers l’est quand les isoglosses orientales, témoignant du poids linguistique de Toulouse, dessinent des courbes nord-sud. Le premier forme une espèce de bourrelet qui descend jusqu’à la hauteur de l’actuelle limite départementale entre les Landes et la Gironde et les secondes épousent plus ou moins la ligne qui, de Labastide-Castel-Amouroux à Gurs, sépare le gascon occidental du gascon oriental. Le gascon « noir » est circonscrit dans sa quasi totalité au sud et à l’ouest des deux faisceaux « bordelais » et « toulousain ». Force est de constater qu’il occupe une zone dont le centre géographique et de gravité, vers Lévignacq (canton de Castets), est éloigné des deux métropoles régionales, lequel éloignement a longtemps rebuté les colons les plus aventureux et retardé ou empêché les innovations auxquelles les dialectes d’autres régions gasconnes, plus ouvertes et attractives, n’ont pas résisté. Le désert landais est ainsi comparable aux vallées pyrénéennes, dont le gascon est resté particulièrement conservateur et archaïque. L’aire du parler « noir » est une espèce de conservatoire linguistique, où a peut-être résisté un vocalisme primitif qui aurait reculé ailleurs.
Nous pensons que le vocalisme du gascon « noir » est sans doute beaucoup plus qu’une simple translation du système vocalique roman commun. Il semble en effet qu’on ait affaire à une réorganisation profonde dont on peut supposer, sans rien affirmer, qu’elle est due à des interférences de type substratique. C’est en tout cas un phénomène qui semble plus ancien qu’on a pu le croire et qui ne peut pas s’expliquer uniquement par des facteurs internes. Les indices plaidant pour l’interférence sont assez concordants et permettent d’envisager cette hypothèse. De plus, dans la mesure où les autres phénomènes de labialisation des voyelles antérieures trouvent des explications sensiblement différentes, la spécificité du gascon « noir » nous paraît bien réelle à l’intérieur de la Romania.
Cependant, le format et l’ambition mesurées d’un mémoire de D.E.A. ne permettent pas d’épuiser le sujet et notre travail pourra peut-être connaître d’utiles développements. Nous souhaitons en effet que les romanistes puissent lire ces quelques pages afin de les commenter et surtout de les critiquer à la lumière de leurs compétences. Puisse ce modeste travail apporter sa pierre à l’édifice de la philologie gasconne.


ANNEXES
Annexe 1 : Liste et nom des communes du gascon occidental, d’après l’A.L.G. :


Numéro A.L.G.

Nom de la commune

Numéro A.L.G.

Nom de la commune

548

Saint-Vivien-de-Médoc

672NO

Biscarrosse

549

Cissac

674

Sabres

549N

Saint-Yzans

674N

Moustey

630S

Saint-André-de-Cubzac

674O

Luë

641

Pessac

675

Grenade

641O

Saint-Jean-d’Illac

675N

Mazerolles

643

La Sauve

676NO

Saint-Sever

643 E

Blasimon

675O

Aire

643NE

Grézillac

676O

Geaune

643NO

Beychac

680

Mézos

645

Saint-Côme

680N

Mimizan

645NE

Blaignac

680S

Castets

645NO

Pujols

681

Soustons

645S

Captieux

681N

Vielle-Saint-Girons

647NO

Labastide-Castel-Amouroux

681S

Tarnos

650

Lacanau

681SE

Saint-Martin-de-Hinx

650N

Hourtin

682

Tartas

650E

Castelnau

682N

Ygos

653

Hostens

683

Pouillon

653N

Saucats

683N

Saint-Vincent

653O

Salles

683E

Pomarez

656

Houeillès

684

Hagetmau

656SO

Lubbon

685

Artix

662

La Teste/Lanton-Biganos

685NE

Cabidos

664

Luxey

685NO

Arthez

664N

Saint-Symphorien

685SO

Gurs-Jasses

664S

Labrit

690

Biarritz

665

Sarbazan

690E

Urt

665S

Villeneuve

691

Sauveterre-de-Béarn

665SE

Saint-Justin

691NE

Sainte-Suzanne

667NO

Parleboscq

691N

Salies-de-Béarn

672

Parentis

691O

Labastide-Clairence


Annexe 2 : Abréviations et signes conventionnels, d’après l’A.L.G.666 :
1-Classes verbales : I < cantar > , « chanter » ; II < créder > , « croire » ; IIIa < dromir > ; dormir (IP 1 dròmi ), IIIb < bastir > , « bâtir » (IP 1 /).
2-Tiroirs verbaux : IF infinitif, P participe passé, G gérondif, IP indicatif présent, IIMP indicatif imparfait, PT prétérit, F futur, C conditionnel, SP subjonctif présent, SIMP subjonctif imparfait, IM impératif.
3-Personnes : Numérotées de 1 à 6.

Annexe 3 : Système de transcription des voyelles667 (d’après l’A.P.I.):


Positions

ANTÉRIEURES

POSTÉRIEURES

Labialité

Aperture

Étirées

Arrondies

Étirées

Arrondies


1 Fermées
2 Semi-fermées
Moyennes
3 Semi-ouvertes












/ 











4 Ouvertes




Annexe 4 : Textes anciens.
Nous reproduisons ici un échantillon des textes que nous avons étudiés au cours de nos recherches. Nous avons mis en évidence, à l’aide de caractères gras, les voyelles prétoniques internes et posttoniques finales issues de A ainsi que les articles définis féminins.
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