8. Transcription de l’entretien p. 13 à 16





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Invité : Frédéric Sojcher, cinéaste et écrivain

21/05/11


Niveau supérieur / C1

Public : diplomates, journalistes, personnes intéressées par la politique européenne.

Thèmes de l’émission : Le cinéma, la défense du cinéma européen

Compétences :

  1. Repérer des informations précises de l’émission.

  2. Identifier un tic de langage.

  3. Construire un plan pour faire un exposé.

  4. Identifier le passage d’un registre de langue à une autre.

Objectifs communicatifs :

  1. Parler du cinéma américain, français, européen.

  2. Rédiger une présentation sur le cinéma américain.

  3. Parler de ses propres tics de langage.

  4. Rédiger une pétition.

  5. Réaliser un exposé sur le thème : cinéma et propagande.

Objectifs linguistiques :

  1. Revoir, approfondir et employer le lexique du cinéma.

  2. Revoir, approfondir et employer les expressions de cause et de conséquence.

  3. Revoir et employer l’expression de l’opinion.

  4. Enrichir ses propos par l’emploi de synonymes.

Objectif interculturel :

  1. Découvrir les tics de langage utilisés en France actuellement.

  2. Découvrir le travail de Frédéric Sojcher.

Sommaire de la fiche :

1. Mise en route p. 2
2. Compréhension de l’entretien p. 2 à 4
3. Analyse du discours / Le point sur la question rhétorique p. 5 à 9
4. Production écrite et orale / Dossier sur la défense du cinéma européen p. 9

5. Production orale p. 10

6. Ressources de Courrier International p. 10

7. Liens pour aller plus loin p. 10 à 12

8. Transcription de l’entretien p. 13 à 16

9. Questions de compréhension orale p. 17 et 18

10. Extraits pour travailler l’expression de la cause et de la conséquence (activité 2) p. 19

11. Tableau à compléter (activité 4) p. 20
1. Mise en route

Cette étape de mise en route vise à aborder le thème central de l'émission, à savoir le cinéma américain et l’imaginaire qui y est associé.

En 1945, Théodore Roosevelt déclarait « Envoyez les films américains, les produits suivront ». Quels sont les produits qui ont suivi d’après vous ? Qu’en pensez-vous ?

Mettre en commun. Demander ensuite aux apprenants quels sont les clichés qui existent sur le cinéma américain et quelles sont, selon eux, les différences avec le cinéma de leur pays.
Pistes de corrections / Corrigés :

Depuis 1945 de nombreux produits américains ont été distribués dans le monde entier. Il y a eu par exemple le hamburger, le jean, le coca-cola, la musique jazz, les voitures américaines, etc.

Je pense que, ces produits ont tout d’abord enrichi l’Europe au niveau culturel mais qu’ils ont fini par l’appauvrir, les Européens ayant négligé peu à peu leurs propres créations culturelles nationales.
Les clichés associés au cinéma américain sont : les films se terminent toujours par un « happy end », les scénarii sont pauvres, l’accent est mis sur les effets spéciaux et sur la célébrité des acteurs, etc.

Comparé au cinéma américain, le cinéma de mon pays est beaucoup plus inventif mais moins spectaculaire.

2. Compréhension de l’entretien

Cette étape permet aux apprenants de repérer des informations précises dans l’émission et d’effectuer également le repérage lexical de certaines expressions.

Distribuer les questions (p. 17-18). Laisser le temps aux apprenants de lire les questions. Diffuser l’émission.

Prenez des notes et répondez aux questions.

Faire comparer avec un(e) autre apprenant(e). Rediffuser l’émission si nécessaire puis corriger, à l’oral.
Pistes de correction / Corrigés :

L’invité :

Frédéric Sojcher est un réalisateur, écrivain et universitaire belge né en 1967. Il a réalisé trois longs métrages et des dizaines de courts-métrages. Ses documentaires portent principalement sur le cinéma lui-même et abordent les rapports entre réalité et fiction.

Pistes de correction / Corrigés :

Les questions
1. À quelle occasion Frédéric Sojcher est-il invité au Bar de l’Europe ?

À l’occasion de la sortie de son film « Hitler à Hollywood ».
2. Comment Paul Germain qualifie-t-il l’œuvre de Frédéric Sojcher ?

Un mélange inclassable entre faux documentaire, thriller et bande-dessinée.
3. Quel sujet traite le film de Frédéric Sojcher ?

Il traite du pouvoir du cinéma sur notre imaginaire, sur nos goûts.

4. À votre avis, que veut dire Paul Germain quand il dit que le hamburger est « gouleyant » ?

Il fait de l’humour car « gouleyant » signifie « frais et léger », or ici le hamburger a l’air lourd et peu appétissant.
5. Qu’est-ce qui a poussé Frédéric Sojcher à réaliser son dernier film ?

L’idée du film est venue d’une phrase de Roosevelt qui disait « envoyez des films américains, les produits suivront ».
6. Que s’est-il passé en 1946, dans quel cadre et quelle en était la contrepartie d’après Frédéric Sojcher ?

Un accord a été signé en 1946 entre les États-Unis et la France. Ceci s’est fait dans le cadre plus général du Plan Marshall qui consistait à apporter une aide aux pays européens, dont la France, après la Seconde Guerre mondiale. Pour que ces aides soient accordées, apprend-on par Frédéric Sojcher, la France en particulier et les autres pays européens devaient accepter de diffuser des films américains.
7. Pourquoi, à votre avis, Frédéric Sojcher ajoute-t-il « entre guillemets », après avoir employé le verbe « débarquer » à propos des films américains ?

Frédéric Sojcher emploie ici le verbe « débarquer » dans son acception familière, qui signifie « arriver ». Mais le terme « débarquer » rappelle également le débarquement des Alliés sur les côtes normandes en 1944, surtout s’il est employé à propos des Américains, des Français et de la Seconde Guerre mondiale, comme c’est le cas ici.
8. Comment le film de Frédéric Sojcher est-il présenté par Paul Germain ?

Dans ce film, Maria de Medeiros joue son propre rôle, celui d’une actrice qui veut réaliser un documentaire sur Micheline Presle, « actrice de légende. »
9. Dans l’extrait, que nous apprennent les acteurs sur l’intrigue du film ?

Ils cherchent un film qui a disparu et ils tombent sur une bande-annonce d’un autre film qui n’existe pas et qui s’appelle « Hitler à Hollywood ».
10. Qu’apprend-on sur la relation qu’Hitler entretenait avec le cinéma ?

Hitler éprouvait une grande fascination pour le cinéma, et en particulier pour le cinéma américain comme tous les dictateurs au XXe siècle.
11. De quelle manière Frédéric Sojcher traite-t-il du pouvoir du cinéma dans son film ?

Il traite du pouvoir sous un mode ludique.
12. Quelle est la conviction de l’invité à propos du cinéma et à quel terme l’invité a-t-il recours pour l’évoquer ?

Il pense que le cinéma n’est pas seulement là pour divertir (« le cinéma c’est plus que le cinéma ») et qu’il imprègne notre imaginaire. Il emploie le terme religieux «credo » pour mentionner ce principe qu’il estime essentiel et auquel il croit.
13. Quel paradoxe Frédéric Sojcher soulève-t-il à propos du cinéma européen ?

Frédéric Sojcher dit que les seuls films que l’on voit de manière massive dans différents pays d’Europe sont des films américains. C’est pourquoi il reprend la formule pleine de dérision selon laquelle « le cinéma européen existe, il est américain ».
14. Selon Frédéric Sojcher, à quoi ce paradoxe est-il dû ?

Ce paradoxe est lié à la diversité culturelle, qui suppose qu’il existe un échange entre les pays or, il n’y en a pas.
15. Quelle expression le journaliste emploie-t-il pour signifier que les propos de Frédéric Sojcher arrivent au bon moment ?

« Ça tombe bien. »
16. Selon Patrick Chesnais, quel est le sujet du film de Frédéric Sojcher ?

Selon Patrick Chesnais, « Hitler à Hollywood » parle de la défense du cinéma européen par rapport au géant américain.
17. Quelle est la proposition de Patrick Chesnais ?

Il suggère de faire un cinéma européen qui serait fédérateur, et suggère que Frédéric Sojcher soit le précurseur de ce cinéma européen.
18. Quel état des lieux de l’Europe  Patrick Chesnais dresse-t-il ?

Il dresse un bilan assez négatif, affirmant qu’il y a des désaccords sur la politique économique à mener, qu’il y a des tensions linguistiques et que les nationalismes sont très forts.
19. Quelle métaphore navale P. Chesnais emploie-t-il pour évoquer le rôle potentiel de l’invité au plan culturel européen ?

Patrick Chesnais parle de « tête de proue » d’un véritable cinéma européen, c’est-à-dire ici la personnalité majeure de ce mouvement.
20. Comment Frédéric Sojcher caractérise-t-il son film ?

Il emploie l’adjectif « décalé », puis le terme « ovni », ce qui signifie qu’il considère que son film est vraiment original.
21. En quoi le cinéma est-il une manière de lutter contre le nationalisme pour Frédéric Sojcher ?

Pour lui, le cinéma, à travers la diversité culturelle permet d’empêcher des replis sur soi identitaires.
22. Qu’affirme Frédéric Sojcher à propos de l’identité culturelle ?

Frédéric Sojcher dit qu’on est tous portés par une identité culturelle qui peut conduire au pire : les nationalismes, comme au meilleur : l’échange. Il pense que quand on a une identité culturelle, on n’a pas à craindre d’être confronté à d’autres identités et qu’on s’enrichit à ces contacts, à ces échanges.
23. Quelles actions Frédéric Sojcher préconise-t-il pour défendre le cinéma européen ?

Il préconise des mesures concrètes, parmi lesquelles passer un film européen non-national une fois par mois sur une chaîne de télévision publique en « prime time », c’est-à-dire en première partie de soirée.
24. Selon vous, que veut dire Paul Germain quand il déclare que le « cinéma européen est à la traîne » ?

« Être à la traîne » signifie « être en arrière d’un groupe qui avance ». Paul Germain veut dire qu’en Europe même, le cinéma européen est toujours derrière le cinéma américain.
25. À quoi Frédéric Sojcher impute-t-il l’hégémonie du cinéma américain sur le cinéma européen ?

Il l’impute à la fragilité du cinéma européen. Il met d’ailleurs en cause l’absence de volontés au sein de l’Union européenne pour défendre la diversité culturelle, la faiblesse des programmes européens existant en terme d’impact financier. Il ajoute que c’est un problème d’éducation. Selon lui, il faudrait montrer des films européens aux enfants dès l’école primaire pour leur donner le goût de la différence.
Le plan Marshall :

C’est le plan américain (du nom du général George Marshall) d’aide à la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Ce plan a été préféré au plan Morgenthau qui prévoyait de faire payer des réparations à l’Allemagne comme ce fut le cas après le premier conflit mondial.
Patrick Chesnais :

C’est un réalisateur, acteur, dialoguiste et scénariste français né en 1946.
L’accord Blum-Byrnes

C’est un accord franco-américain, signé le 28 mai 1946 (par le secrétaire d'État des États-Unis James F. Byrnes et les représentants du gouvernement français Léon Blum et Jean Monnet) qui liquide une partie de la dette française envers les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale (deux milliards de dollars). Une des contreparties de l’accord est la fin du régime d'interdiction des films américains, imposé en 1939 et resté en place après la Libération. Byrnes voudrait un retour aux accords de 1933, qui prévoyaient un quota fixe de films américains par an projetés dans les salles françaises. De son côté, le secteur du cinéma français demande que sept semaines sur treize soient réservées uniquement à la diffusion de films français. Le compromis final est d'une part un abandon du quota de films américains et d'autre part une exclusivité accordée aux films français quatre semaines sur treize, ce qui correspond à une diminution de moitié de la diffusion de films français par rapport aux années 1941-1942. En réaction, le centre national de la cinématographie sera créé pour protéger la production cinématographique française. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_Blum-Byrnes

3. Analyse du discours / La structure du discours

L’étape 3 permet de travailler les particularités du discours et d’approfondir certains éléments culturels mentionnés dans l’émission. Plusieurs éléments peuvent en effet être pris en compte, seulement soulignés par l’enseignant ou faire partie d’une étude plus poussée en classe suivant les objectifs poursuivis et le temps dont l’enseignant dispose.

Activité 1 : le lexique du cinéma

Activité 2 : l’expression de la cause et de la conséquence

Activité 3 : l’expression de l’opinion

Activité 4 : les tics de langage
Activité 1 – Le lexique du cinéma

Cette activité vise à faire repérer le lexique lié au cinéma dans l’émission et à être capable de le réemployer à bon escient dans un texte. Rediffuser l’émission.

Relevez le lexique du cinéma utilisé dans l’émission.

Mettre en commun et noter les mots au tableau puis, enrichir ce lexique ensemble.

Rédigez maintenant une courte présentation du cinéma américain en utilisant au minimum 10 mots de la liste établie avec la classe. Faites attention aux faux amis (réalisateur et non pas directeur, personnage et non pas caractère).

Demander aux apprenants de lire leur production à la classe puis de dire celle qu’ils ont préférée tout en justifiant ce choix.
Pistes de corrections / Corrigés :
Les termes liés au cinéma employés dans l’émission sont : le thriller, le road movie, la comédie et le documentaire, une intrigue, un rebondissement, une scène, un rôle, une actrice, un cinéaste, un spectateur, diffuser, un écran, une bande-annonce.
Termes supplémentaires : un drame, un film historique, un film policier, un film d’horreur, un film d’action, un film de guerre, un film fantastique, un western, un film documentaire, un personnage, la bande originale d’un film, le rôle principal, un second rôle, le réalisateur, le scénario, le script, une réplique culte, le jeu des acteurs, une critique de cinéma, le synopsis, la caméra, le tournage, etc.
On désigne sous l’appellation « cinéma américain » les films de cinéma réalisés aux États-Unis. Le cinéma américain regroupe des films appartenant à différents genres : le thriller, le road movie, le film policier, le film d'horreur. Les films de guerre et les films d’action aujourd’hui sont très populaires aux États-Unis.

La critique américaine Pauline Kael résuma en 1968 le style des films hollywoodiens par la formule devenue célèbre : « Kiss Kiss Bang Bang » qui traduit l'importance de l'action mais laisse de côté la maîtrise technologique le scénario, la mise en scène, les images, le montage, la musique, le son, et les effets spéciaux qui caractérisent aussi ce cinéma.

Le cinéma américain est également une industrie très puissante et l’une des sources de revenus à l’étranger les plus importantes des États-Unis. Les films produits aux États-Unis sont par exemple en Europe ceux qui réalisent la majorité des entrées en salle (62,5 % des entrées en Europe en 2001, 47,7 % des entrées en France en 2010). Le cinéma hollywoodien est considéré comme le premier vecteur de diffusion de la culture américaine à l'étranger conjointement avec les séries télévisées.
Activité 2 – L’expression de la cause et de la conséquence
Cette activité a pour objectif d’enrichir les différentes manières d’exprimer la cause et la conséquence. Distribuer les extraits sélectionnés aux apprenants (p. 19).

Dans les différents extraits, relevez les expressions de cause et de conséquence utilisées par Frédéric Sojcher. Que remarquez-vous ?

Reformulez les extraits en variant les expressions de cause et de conséquence. Que remarquez-vous à présent ?

Pistes de corrections / Corrigés :
Extrait 1 :
Paul Germain

Alors, c’est une des choses qu’on découvre dans votre film, c’est qu’un accord a été passé entre Paris et Washington en 1946, qui exigeait en fait, des Européens de diffuser des films américains.
Frédéric Sojcher

Voilà, donc ce qu’on ne sait pas et donc, d’où le film, qui part sur la théorie du complot, parce que dans des films américains, y a souvent des complots, même parfois c’est le président des États-Unis lui-même qui est, qui est au centre de complots, et donc j’ai voulu m’inspirer justement des films américains que j’apprécie, pour inventer une intrigue, avec plein de rebondissements, mais aussi avec plein de faits réels. Et parmi ces faits réels, y a eu par exemple au lendemain de la Seconde Guerre mondiale le plan Marshall, qui était là pour aider l’Europe à se reconstruire, et la contrepartie, ce qu’on sait peu aujourd’hui, c’est que c’était que les écrans français, en particulier, s’ouvrent aux films américains. Et donc il fallait que les films américains puissent débarquer entre guillemets en Europe pour que ce plan Marshall soit accordé.
Reformulation proposée :
Voilà en effet ce qu'on ne sait pas. C'est pour cette raison que le film part sur la théorie du complot car dans les films américains, y a souvent des complots, même parfois c’est le président des États-Unis lui-même qui est au centre de complots. Aussi, me suis-je inspiré des films américains que j’apprécie, pour inventer une intrigue, avec plein de rebondissements, mais aussi avec plein de faits réels. Et parmi ces faits réels, y a eu par exemple au lendemain de la Seconde Guerre mondiale le plan Marshall, qui était là pour aider l’Europe à se reconstruire, et la contrepartie, ce qu’on sait peu aujourd’hui, c’est que les écrans français, en particulier, s’ouvrent aux films américains. Dès lors il fallait que les films américains puissent débarquer entre guillemets en Europe pour que ce plan Marshall soit accordé.
Extrait 2 :
Frédéric Sojcher

Ben Hitler comme tous les dictateurs au XXe siècle était fasciné par le cinéma et en particulier par le cinéma américain. Et sous un mode ludique, parce qu’il y a plein de scènes de comédie dans le film, il y a plein de rebondissements, il y a un thriller, il y a un road movie européen aussi, on passe dans toute l’Europe, dans tous les lieux de cinéma d’Europe, c’était la question de savoir quel est le pouvoir du cinéma, car c’est mon credo, je pense que le cinéma, c’est plus que le cinéma, quand on voit des films, ça imprègne notre imaginaire, et c’est pourquoi je pense qu’il est si important qu’il y ait un cinéma européen justement qui soit vivant, et divers et pas seulement le cinéma américain. J’apprécie beaucoup les films américains, mais, le problème, c’est que – et c’est un paradoxe, une boutade, même, et une réalité en même temps – c’est qu’on dit « le cinéma européen existe, il est américain », puisque les seuls films qu’on voit partout en Europe de manière massive, ce sont des films américains, et je pense que c’est un vrai problème, qui n’est pas qu’un problème lié au cinéma, qui est problème lié directement à la diversité culturelle, parce que si on parle de diversité culturelle et qu’il n’y a pas d’échanges culturels entre les pays, notamment à travers le cinéma, c’est un vrai problème, je pense.
Reformulation proposée :
Hitler comme tous les dictateurs au XXe siècle était fasciné par le cinéma et en particulier par le cinéma américain. Et sous un mode ludique, en effet, il y a plein de scènes de comédie dans le film, il y a plein de rebondissements, il y a un thriller, il y a un road movie européen aussi, on passe dans toute l’Europe, dans tous les lieux de cinéma d’Europe. C’était la question de savoir quel est le pouvoir du cinéma, car tel est mon credo : je pense que le cinéma, c’est plus que le cinéma, que quand on voit des films, ça imprègne notre imaginaire, si bien que je pense qu’il est important qu’il y ait un cinéma européen qui soit vivant, et divers et pas seulement le cinéma américain. J’apprécie beaucoup les films américains, mais, le problème, c’est que – et c’est un paradoxe, une boutade, même, et une réalité en même temps – c’est qu’on dit « le cinéma européen existe, il est américain », sous prétexte que les seuls films qu’on voit partout en Europe de manière massive, ce sont des films américains, et je pense que c’est un vrai problème, qui n’est pas qu’un problème lié au cinéma, qui est problème lié directement à la diversité culturelle. Et si on parle de diversité culturelle et qu’il n’y a pas d’échanges culturels entre les pays, notamment à travers le cinéma, c’est un vrai problème, je pense.
Extrait 3 :
Paul Germain

Et qu’est-ce que qui fait qu’aujourd’hui le cinéma européen est toujours à la traîne par rapport au cinéma américain ?
Frédéric Sojcher

Je pense que c’est notamment pour une raison politique. Parce que je pense qu’il n’y a pas assez de volontés au sein de l’Union européenne pour défendre cette diversité, et y a des programmes qui existent mais qui sont très faibles en terme d’impact financier, et que c’est aussi un problème d’éducation, parce que le goût du plaisir, le goût de la différence, ça commence très tôt, faudrait montrer des films européens à l’école primaire, par exemple.
Reformulation proposée :
Je pense que c’est notamment pour une raison politique. En raison du manque de volonté au sein de l’Union européenne pour défendre cette diversité le cinéma européen reste à la traîne. Il y a pourtant des programmes qui existent mais qui sont très faibles en terme d’impact financier, et c’est aussi un problème d’éducation, étant donné que le goût du plaisir, le goût de la différence, ça commence très tôt. Il faudrait montrer des films européens à l’école primaire, par exemple.
Remarques :

Dans les trois extraits, « parce que » est très souvent employé. Notons que dans le premier extrait c'est surtout le « donc » qui est utilisé. Ces articulateurs se trouvent souvent en début de phrase comme pour faire le lien avec l'idée précédente mais, ici on remarque qu’il n’y a pas nécessairement de véritable lien de cause ou de conséquence. C'est pourquoi lors de la reformulation, certains articulateurs de cause ou de conséquence peuvent être remplacés par « en effet », « et » voire être supprimés.
Enfin, on remarque que le fait de varier les expressions de cause et de conséquence induit en soi une modification au niveau du registre de langue employé, on passe vers un registre plus soutenu, en tout cas plus formel.
Activité 3 – L’expression de l’opinion
Cette activité permet de revoir l’expression de l’opinion et sensibilise les apprenants à l’impact que produisent les répétitions sur l’interlocuteur. Distribuer la transcription.

Relevez toutes les expressions utilisées par l’invité pour exprimer son opinion. Que remarquez-vous ?

Pointer le nombre d’utilisation de « je pense que » et la faiblesse du lexique employé pour exprimer l’opinion dans cet entretien.

En petits groupes, faites la liste des manières d’exprimer son opinion que vous connaissez. Remplacez ensuite le plus souvent possible « je pense que » par une autre expression de l’opinion.

Mettre en commun. Rappeler éventuellement aux apprenants que lorsqu'on utilise l'expression « je ne pense pas que », l'utilisation du subjonctif est requise tout comme lorsqu'on utilise les formes impersonnelles telles que « il est important que... », « il est indispensable que ».
Pistes de corrections / Corrigés :

L’invité utilise très fréquemment « je pense que » et n’emploie pas tellement de synonymes. Cela peut nuire à F. Sojcher, voire le décrédibiliser étant donné que l’entretien semble du coup presque trop informel, peu sérieux.


Expression « je pense que »

Autres expressions

  1. Ligne 78 : « je pense que le cinéma, c’est plus que le cinéma »

  2. Ligne 79 : « c’est pourquoi je pense qu’il est si important qu’il y ait un cinéma européen justement qui soit vivant »

  3. Ligne 82 : « les seuls films qu’on voit partout en Europe de manière massive, ce sont des films américains, et je pense que c’est un vrai problème »

  4. Ligne 84 : « si on parle de diversité culturelle et qu’il n’y a pas d’échanges culturels entre les pays, notamment à travers le cinéma, c’est un vrai problème, je pense »

  5. Ligne 113 : « je pense que c’est une vraie chance d’avoir toute cette diversité »

  6. Ligne 115 : « je pense que le Belges sont tous un peu décalés… »

  7. Ligne 122 : « je pense que… Y a la globalisation dont on parle beaucoup, et donc la globalisation, elle est aussi culturelle »

  8. Ligne 123 : « ça entraîne directement je pense des replis sur soi identitaires »

  9. Ligne 124 : « je pense que le propre de l’homme, c’est d’être porté par une identité »

  10. Ligne 126 : « je pense que quand on a une identité culturelle, et on a, tous, une identité, on n’a pas à craindre d’être confronté à d’autres identités »

  11. Ligne 150 : « je pense que c’est notamment pour une raison politique »

  12. Ligne 150 : « je pense qu’il n’y a pas assez de volontés au sein de l’Union européenne pour défendre cette diversité »

  1. Ligne 77 : « c'est mon credo »

  2. Ligne 25 : « j’apprécie beaucoup les films américains »

  3. Ligne 80 : « j’aime beaucoup Patrick Chesnais »

  4. Ligne 127 : « le cinéma est un formidable outil comme ambassadeur culturel, dont l’Europe à mon avis ne se.. ne développe pas assez »

  5. Ligne 136 : « je crois aux vertus de la politique »





On peut remarquer que l'expression « je pense que » est abondamment utilisée alors que les autres expressions ne sont qu'au nombre de cinq et ne sont pas employées de manière répétitive.
D’autres verbes d’opinion pour remplacer « je pense que » :

penser, croire, juger, trouver, savoir, être d’avis, supposer, penser, être sûr, être certain, être persuadé, être convaincu, remarquer, constater, estimer, espérer, comprendre, se douter, se rendre compte, avoir l’impression, etc.
D'autres expressions pour remplacer « je pense que » :

- Pour moi,…

- Il me semble que…

- Quant à moi…

- À mon avis…

- Je suis certain/ sûr que…

- Moi, personnellement…

- Pour ma part…

- Mon sentiment c’est que…

- Mon opinion c’est que…

- À mon sens…

- Pour ma part…

- En ce qui me concerne…
Activité 4 – Les tics de langage
Cette activité vise à sensibiliser les apprenants à l’emploi des tics de langage. Diffuser le début de l’émission et demander aux apprenants de repérer le tic de langage du journaliste.

Quel tic de langage repérez-vous chez le journaliste ? Quand l’utilise-t-il ? Quelle fonction principale donne-t-il à ce mot ?

Mettre en commun. Puis, demander aux apprenants quels sont leurs tics de langage en français, dans d’autres langues étrangères et dans leur langue. Puis, élargir un peu la thématique en précisant qu’il y a souvent un lien entre le langage et le système de représentation mentale visuel, auditif ou kinesthésique.

Distribuer le tableau (p 20) et leur demander de le compléter en binômes.

Mettre en commun et écrire les expressions proposées au tableau en guise de correction et en discuter.

Vous définiriez-vous plutôt comme visuel, auditif ou kinesthésique ? Est-ce que cela se ressent dans les expressions que vous employez ?
Pistes de corrections / Corrigés :

Le journaliste emploie très souvent le mot « alors » et l’on constate qu’il s’agit d’un tic de langage car « alors » perd sa valeur de conséquence ou sa valeur temporelle au profit d’une fonction d’amorce de la phrase. En effet, un tic de langage se repère au fait que le mot perd son sens initial.

Les tics de langage souvent employés en français actuellement sont : voilà, euh, donc, bon, bien, tout à fait, quoi, quand même, à la base, au final, clairement, franchement, vraiment, évidemment, hallucinant, c’est énorme, etc.
Expressions révélatrices des systèmes de représentation mentale visuel, auditif ou kinesthésique.


visuels

auditifs

kinesthésiques

Exemple : Montre-moi

Regarde !

C'est clair !

Tu vois ? / T’imagines ?

Visiblement

Vous voyez le concept ?

Tu vois le tableau !

Si je vois bien

C'est encore flou

Il est aveugle ou quoi ?


Exemple : Ça me parle

Tu m'écoutes ?

Bien entendu !

J'entends bien ce que tu me dis

Il y a un bémol

Il y a un couac

Ça sonne bien !

Ça ne me dit rien

Il ne veut rien entendre, etc.



Exemple : main dans la main

Je sens que

Je le sens bien

Tu saisis ?

Ça me touche

Il est sensible à,

Je prends les choses en main,

Faire un geste,

C’est le pied,

Ça ne me fait ni chaud ni froid

J'en ai la chair de poule, etc.


4. Production écrite et orale / Dossier sur la défense du cinéma européen
Cette étape a pour objectif la rédaction d’une pétition à la Commission européenne pour la défense du cinéma européen. Former des groupes de 4. (Il est possible de distribuer les articles de Courrier International (cf. p 10) comme base documentaire).

Discutez entre vous afin de lister les arguments que vous mettrez en avant dans la pétition.

Mettre en commun et noter les arguments proposés par les différents groupes au tableau. Faire un remue-méninges sur le format de la pétition.

Rédigez une pétition par groupe. Veillez à réemployer les expressions de cause et de conséquence vues précédemment (cf. activité 2) et à varier l’expression de l’opinion (cf. activité 3).

Demander à chaque groupe de présenter sa pétition à la classe. Ramasser les pétitions et les corriger.
Pistes de correction / Corrigés :

Nous, citoyens et cinéphiles européens sommes extrêmement inquiets face à l’hégémonie du cinéma américain. Cette domination est notamment due à la persistance de quotas émanant des accords Blum-Byrnes ! De plus, nous déplorons le manque de soutien des instances européennes, qui, loin de renforcer les aides accordées au secteur cinématographique parle de les réduire. Pourtant, la circulation des films européens est d’autant plus nécessaire à l’éducation du jeune public, à la création de goûts culturels diversifiés dans un environnement audiovisuel très concurrencé par des acteurs d’autres continents. Etc.

5. Production orale

a) Proposer une discussion à partir des questions suivantes : Que pensez-vous du cinéma français ? Quels films incarnent le mieux ce cinéma d’après vous ? Quant au cinéma européen, a-t-il une identité selon vous ? Si oui laquelle ? Si non, pourquoi ? Préciser aux apprenants qu’ils devront varier les verbes d’opinion.

b) Faire réaliser un exposé sur le thème : cinéma et propagande. Demander aux apprenants de rédiger leur plan, puis de présenter directement leur exposé à la classe.

Piste de correction/ Corrigés :

a) - J’estime que le cinéma français est l’un des plus intimistes qui soient. En effet, il s’intéresse de près aux relations humaines, dépeignant souvent des couples, des histoires de famille et plongent les spectateurs dans des huis clos infernaux ou passionnants. Il me semble que les films de Jean-Pierre Bacri et d’Agnès Jaoui sont vraiment représentatifs de ce cinéma. Etc.

- Le cinéma européen n’a pas de réelle identité, selon moi. Celle-ci est morcelée étant donné que l’identité culturelle européenne est multiple. J’ose espérer que le cinéma en Europe conservera cette richesse qui fait tout son intérêt…

- Pour ma part, je dirais que le cinéma européen n’a pas d’identité faute de vision politique au niveau européen, ce qui est tout à fait regrettable. Il y a eu une forme de cinéma européen par le passé, je me réfère à l’exemple franco-italien, par conséquent je suis convaincue qu’une dynamique positive pourrait faire émerger un cinéma véritablement européen. Etc.

b) Mon exposé traitera du lien entre propagande et cinéma. Dans une première partie, j’aborderai le contexte qui permit l’émergence d’une propagande politique par l’image, en développant notamment les révolutions technologiques et l’émergence en sociologie de « la psychologie des foules », puis je m’attacherai à présenter les règles fondamentales de la propagande politique et à démontrer par le biais d’exemples célèbres qu’elles ont été transposées au cinéma. Etc.

6. Ressources complémentaires de Courrier International
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