Qui doivent servir pour l’histoire de dom gabet





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[30] - XIII - Installation de dom Gabet au Mont-Cenis

(La pièce suivante doit être classée immédiatement après le décret des consuls qui confie l’hospice du Mont-Cenis à dom Gabet)

Extrait des archives de l’Intendance de Maurienne. Volume 114.

Nous, François Marie Bellemin, sous-préfet de l’arrondissement de Maurienne, nous sommes transportés ce jourd’hui, vingt vendémiaire an dix, sur le Mont-Cenis, pour remplir la commission que le préfet du département nous a donnée par son arrêté du quatorze vendémiaire an neuf, de mettre le religieux Claude Gabet ex-abbé de Tamié, en possession de la maison de l’hospice du Mont-Cenis, pour la direction de l’établissement concernée par l’arrêté des consuls, du deux ventôse an neuf. Arrivés sur les lieux avec le citoyen Sauzay préfet du département, le religieux Gabet, les citoyens Mongenet ingénieur en chef, Lampoz ingénieur ordinaire, Bavoz juge de paix de Lanslebourg et Jorcin maire de la commune.

Le préfet présidait l’assemblée.

Nous avons d’abord fait lecture de l’arrêté du préfet portant notre commission et successivement de l’arrêté des consuls du deux ventôse dernier, des arrêtés de la commission exécutive et de l’administration générale du Piémont sous date des vingt-six ventôse et vingt-neuf prérial suivant, du rapport du citoyen Belloz directeur général des domaines, de la lettre du ministre de l’Intérieur du dix-huit Thermidor et enfin de la correspondance du prévôt de l’Ordre religieux du Grand-Saint-Bernard.

Après quoi nous avons en présence du premier magistrat du département et des autres fonctionnaires ci-devant désignés, mis le religieux Gabet en possession des bâtiments dépendant de l’hospice du Mont-Cenis et l’avons déclaré investi des pouvoirs civils qui lui étaient nécessaires pour l’exercice de la direction qui lui est confiée au nom du gouvernement.

[31] Nous avons reçu et donné acte au citoyen Gabet de la proteste qu’il fait de ne se considérer comme titulaire définitif de cet établissement ainsi que des biens qui en forment la dotation que lorsqu’il aura obtenu de l’autorité ecclésiastique l’approbation qu’il se croit dans ce cas de lui demander.

De tout quoi nous avons dressé le présent verbal qui sera signé par le préfet, par nous, le religieux Gabet, et les autres fonctionnaires dénommés.

Ampliation en sera remise à la préfecture et une copie laissée au directeur de l’établissement.

Signé à l’original Sauzay préfet, Bellemin sous-préfet, Jean-Claude Gabet ci-devant abbé de Tamié, Mongenet ingénieur en chef, Lampoz ingénieur ordinaire, Bavoz juge de paix, Jorcin maire.

XIV - Lettre du préfet du Mont-Blanc à dom Dupuis

Liberté Égalité

Chambéry le 27 frimaire an dix de le République française une et indivisible.

Le préfet du département du Mont-Blanc, au religieux Dupuy préposé à la direction de l’hospice du Mont-Cenis.

Le religieux Gabet directeur de l’hospice s’est empressé de me communiquer la lettre que vous lui avez écrite pour lui faire part des excès auxquels s’est porté à votre égard un militaire qui a méconnu votre autorité. J’ai été sensiblement affecté de la situation pénible dans la quelle vous vous êtes trouvé, tout en applaudissant à la conduite que vous avez tenue.

Je m’empresse de vous prévenir que j’ai fait invitation au général commandant les troupes dans le département, de donner des ordres pour qu’il vous soit fourni journellement [32] un sous-officier levé du poste de la Grande-Croix Chargé de faire respecter votre personne et exécuter vos ordres.

Jusqu’à ce que l’hospice ait reçu sa complète organisation et qu’à des approvisionnements conséquents il puisse joindre la libre administration de ses ressources, vous êtes autorisé à faire au règlement de l’hospice du Grand-Saint-Bernard qui vous a été transmis, toutes les modifications convenables aux circonstances et surtout commandées par la nécessité. Les moyens de secours doivent être exclusivement réservés pour les malades et voyageurs assaillis par la tourmente. Cependant tous devront avoir la liberté de s’abriter dans la principale salle pour s’y chauffer et prendre de nouvelles forces. Il s’agira dès la présente reçue de vous occuper d’un règlement provisoire d’après les bases ci-dessus et les motifs énoncés dans la lettre écrite au directeur le 13 de ce mois. Vous la ferez afficher dans le premier vestibule afin que tous les étrangers puissent en prendre connaissance et restreindre leurs demandes en raison de ses dispositions.

Je m’occupe de la rédaction d’un mémoire propre à faire connaître au gouvernement la véritable situation de l’hospice et à obtenir les moyens les plus prompts de lui donner une organisation régulière et définitive. Je tâcherai de mettre en anticipation, à la disposition du religieux Gabet les plus urgents portés dans une note qu’il m’a remise.

Croyez que je ne négligerai rien pour donner à l’hospice des moyens dignes de son fondateur et adaptés au but de son institution. Croyez surtout que je me ferai un plaisir comme un devoir d’entourer de la force, de la confiance et du respect public ceux qui comme vous, s’honorent en se dévouant au service de l’humanité

Salut et considération. Pour le préfet absent, le conseiller de préfecture. Signé La Palme.

[33] XV - Lettre du préfet du Mont-Blanc au général Jordan

Liberté Égalité

Chambéry le 3 thermidor an dix de la République française une et indivisible.

Le préfet de département du Mont-Blanc, au Général Jourdan administrateur général du Piémont.Citoyen Général.

Le citoyen Gabet directeur de l’hospice du Mont-Cenis se rend en Piémont pour prendre possession au nom de cet hospice, des biens provenant d’un couvent de feuillants situé à la Novalaise, désignés par l’arrêté des consuls du six messidor, pour compléter la dotation de cet hospice, en les réunissant à ceux de l’abbaye de Selve, réunion que l’article 3 de cet arrêté vous charge de faire opérer. Je vous prie, citoyen Général, de faire tout ce qui dépendra de vous pour accélérer cette réunion de biens et procurer au citoyen Gabet toutes les facilités dont il aura besoin pour sa prise de possession.

L’intérêt que vous prenez à cet établissement et dont il a déjà ressenti les heureux effets, m’assure à l’avance de tout votre empressement à seconder les vues du gouvernement manifestées dans son arrêté précité que vous avez déjà sans doute reçu officiellement.

Salut et considération. Le conseiller de préfecture faisant les fonctions du préfet. (Signé :) La Palme.

XVI - Lettre du général Jordan à dom Gabet

Liberté Égalité

Turin le trente thermidor an dix.

Le général Jourdan conseiller d’État, administrateur général. A Monsieur l’abbé Gabet, directeur de l’hospice du Mont-Cenis.

Je vous dois des remerciements, Monsieur l’abbé, pour les poëllons que vous avez eu la bonté de m’envoyer. J’ai voulu attendre pour vous les adresser, de pouvoir vous transmettre en même temps expédition de mon arrêté qui met à votre disposition les biens situés à la Novalaise provenant de l’Ordre des feuillants. Vous trouverez ci-joint cette expédition. Vous pouvez vous faire mettre en possession de ces biens, et vous faire remettre les revenus de l’année courante.

[34] Vous me trouverez toujours disposé, Monsieur l’abbé, à faire tout ce qui dépendra de moi pour l’utilité du précieux établissement que vous administrez. Je ne serai pas moins empressé à faire pour vous personnellement tout ce qui pourra vous être agréable.

J’ai l’honneur de vous saluer. (Signé :) Jourdan.

XVII - Extrait d’une lettre

du préfet du Mont-Blanc à dom Gabet

Liberté Égalité

Chambéry le 10 thermidor an dix de la République française

Le préfet du département du Mont-Blanc, au religieux Gabet, directeur de l’hospice du Mont-Cenis.

Monsieur l’Abbé, maintenant que j’ai une connaissance parfaite de la localité, j’ai pu me former une opinion exacte sur la situation et les besoins de l’hospice confié à vos soins. Je vais m’occuper de réaliser les moyens qui doivent compléter son organisation et amener sa prospérité.

(Le préfet entre ensuite dans le détail de tout ce qu’il fait et qu’il fera pour cela et termine sa lettre par ces paroles.)

Monsieur l’abbé je reçois à ce moment votre lettre du 25 août et les pièces qui y étaient jointes. Je les remets au citoyen Mongenet qui va partir à l’instant avec l’ingénieur en chef du département de l’Isère que je vous ai annoncé par une précédente. Je charge le citoyen Montgenet de traiter pour la portion de route qui fait l’objet de la proposition des deux entrepreneurs que vous a adressé le sous-préfet de Suze.

Je suis infiniment sensible aux choses obligeantes que contient votre lettre. Agréez en retour l’assurance de ma parfaite considération. J’ai l’honneur de vous saluer. Signé Verneilh.

[35] XVIII - Affaires concernant l’église du Mont-Cenis.

Columbanus Chiaveroti ordinis Si Benedicti Congregationis Camaldulensis Dei et Sta Sedis apostolica gratia Archiespiscopus Taurinensis.

(Texte en latin : Mg Hyacithe de Latour archevêque de Turin se transporte au Mont-Cenis sur la demande de dom Gabet et l’érige en paroisse conformément aux intentions de Napoléon.) (Signé :) Hyacintus archiepiscopus Taurinensis.

[37] XIX - Lettre du ministre de l’Intérieur

à dom Gabet

3ème division, Paris le 13 décembre 1806.

Bureau des hospices Le ministre de l’Intérieur à Monsieur l’abbé Gabet.

Monsieur, j’ai reçu votre lettre du 30 novembre, par laquelle vous m’annoncez que vous êtes instruit que des individus se disant religieux de l’hospice du Mont-Cenis et qui sont étrangers à l’établissement, vont faire des quêtes, tant en France qu’à l’étranger sous le prétexte de pourvoir à l’entretien de cette maison. Je vous préviens que cet avis a été inséré dans le Journal Officiel.

Je vous salue. (Signé :) Champey.

XX - Lettres du prince Eugène Napoléon

à dom Gabet

À Monsieur dom Gabet abbé du Mont-Cenis.

Je regrette aussi beaucoup, dom Gabet, de n’avoir pas eu le plaisir de vous voir chaque fois que je suis passé par le Mont-Cenis. J’ai toujours vu vos religieux avec plaisir et je leur porte un véritable intérêt.

J’ai reçu la pétition que vous m’avez adressée. Je la transmets aujourd’hui à M. le comte de Cessac et je l’accompagne d’une lettre dans laquelle je prie le ministre de faire pour vous et pour votre communauté tout ce qui sera juste et possible. J’apprendrai avec une véritable satisfaction que mon intervention ne vous ait pas été inutile.

Sur ce, dom Gabet, je vous donne l’assurance de mes sentiments et je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde.

Écrit à Milan le 24 7bre 1811. (Signé :) Eugène Napoléon

[38] XXI - A Monsieur l’abbé Gabet, supérieur de l’hospice du Mont-Cenis.

Je me fais un plaisir de m’informer, Monsieur l’abbé, que sur la transmission que j’avais faite à Monsieur le ministre directeur de l’administration de la Guerre, de votre réclamation tendant à obtenir une augmentation du prix des rations d’étape et de rafraîchissement fournis aux troupes de passage, le ministre vous a accordé une augmentation de 20 centimes par ration d’étape et de 10 centimes par ration de rafraîchissement. Sur ce, Monsieur l’abbé, je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde.

Écrit à Milan le 9 décembre 1811.(Signé :) Eugène Napoléon.

Projets de monuments pour le Mont-Cenis

Napoléon avait de grands projets sur le Mont-Cenis. On trouve dans le Moniteur du 11 juin 1813 deux décrets relatifs à ses projets à Klein-Baschovits le 22 mai 1813 Napoléon sur le champ de bataille décrète un monument sur le Mont-Cenis en mémoire des victoires remportées dans cette campagne.

Un second décret donné à Saint-Cloud par Marie-Louise impératrice régnante et contresigné Cambarris duc de Cadore, en date du 10 juin 1813, ordonne la nomination d’une commission par les Instituts de France, du Royaume d’Italie, de Florence et de Rome pour présenter différents projets et pour juger ceux qui leur seraient présentés. Le projet du monument devait offrir un avantage d’utilité publique. Une somme de 23 millions y était affecté. Les projets ne manquèrent pas, mais Napoléon n’eut pas le temps d’en adopter aucun ni d’élever le monument.

Lettre de

[40] XXII - Nomination à la cure du Mont-Cenis

Extrait des archives de l’archevêché de Turin, année 1808.

En exécution des devoirs attachés à mon ministère j’ai fait dans les derniers jours une tournée de visite pastorale dans la vallée de Suze, Sesana, Oulx et Bardonnèche qui formaient l’ancien diocèse de Suze. Cette intéressante partie de mon diocèse est devenue d’autant plus l’objet chéri de mes soins qu’elle n’avait joui depuis 40 ans de la présence de son évêque. J’ai été témoin, Monseigneur, de la piété d’un peuple montagnard qui au sein de la misère élève son cœur à Dieu et trouve dans la religion une véritable ressource qui lui rend moins pénible sa situation peu aisée du côté de la fortune.

L’érection définitive de la nouvelle paroisse du Mont-Cenis a ajouté aux motifs qui m’ont déterminé à entreprendre cette visite pastorale. Par ma lettre du 13 mars dernier, en réponse à celle que Votre Éminence m’a fait l’honneur de m’écrire le 4 du même mois, j’ai eu l’honneur de l’assurer que toutes les dispositions avaient été faites pour que les ordres de Sa Majesté impériale à cet égard fussent remplis. Dans ces vues j’ai d’abord écrit à mon provicaire général à Suze et au très révérend Père abbé de l’hospice du Mont-Cenis pour obtenir les renseignements qui m’étaient nécessaires et faire les premières dispositions, en attendant la belle saison où j’aurais été dans le cas de procéder moi-même à l’érection définitive de la paroisse.

Je fus en effet au Mont-Cenis sur la proposition que le très révérend Père abbé Gabet m’a faite. J’ai nommé curé de la nouvelle paroisse le révérend Père Marietti Antoine dont la capacité a été attestée par suite d’examen. Les confins de la cure ont été réglés d’après le décret impérial du 27 Xbre 1807.

La seule église paroissiale manque et on est obligé de se servir pour le moment d’une petite chambre absolument insuffisante pour [41] contenir la population. Par suite du décret sus-énoncé une église paroissiale doit être bâtie. Sa Majesté fixa le 1° jour du mois d’avril pour que le devis lui en fut présenté. Il le fut effectivement mais jusqu’à présent nul ordre a été donné à cet égard, de sorte qu’on n’a rien commencé. Il est cependant indispensable que l’église paroissiale soit bâtie au plus tôt pour profiter de la belle saison et jeter du moins les premiers fondements de cette campagne. Je prie par conséquent Votre Excellence de vouloir bien solliciter l’exécution des ordres de Sa Majesté impériale.

Je la prie également d’avoir la bonté de soumettre à l’approbation impériale la nomination ci-dessus et celle que j’ai faite il y a quelques temps du curé de (Stupinis ?).

Ci-joint le tableau de nomination.

J’ai l’honneur etc.

Titre du registre : Archevêque de Turin : Registro delle Lettere di S.E.R. Monigr Giacinto della Torre archeviscovo de Torino.

Ce registre commence en 1805.

[42] XXIII - Registrum provisionum. Ab anno 1809 usque ad annum 1812

1809 die 8° 9bris. Mons-Cenisius.

(L’archevêque de Turin sur la demande de dom Gabet nomme le curé de Bardonèche administrateur de la paroisse du Mont-Cenis en l’absence de dom Marietti curé.) (Texte en latin. Signé :) + Huacinthus Archiepiscopus.

[44] XXIV -

Nel libro dei Mo Parrocchia Metropolitana per l’anno 1813 al f° n. 73. si legge quanto segue

Gabet Sacerdote Religioso Gioanni Claudio, Abbate di Tamier, gia sotto il nome di D. Antonio, Abbate Generale degli Ospizii di Moncenisio, e Montegenevra, di anni 64 nativo di Chambéry, dipartimento di Montebianco, figlio dei furono Sig. Giov Batta, e Pietrina Cuénot. Mariés - morto li 21 9bre 1813 e li 22 detto trasportato a Susa, fu ivi seppellito. - Si é sottoscritto all’originale.

Teol. Carlo Arnosio Canonico Curato.

Per copia conforme, in fede ea Torino li 14 Agosto 1863.

Giuseppe Danufso Vicecurato.

[45] (En une colonne tenant le quart de la feuille, non à l’encre)

Le Chevalier Philibert colonel en retrait mort à Chambéry en 1861.

Le chevalier Marc Gabet colonel du 3ième Régiment des grenadiers de Sardaigne.

Le chevalier Gustave Gabet colonel du 72ème régiment d’infanterie.

Un Gabet bon théologien précepteur du marquis de Saint-Thomas, mort en 1866.

Charles Balaillard, lieutenant général en retraite, mort à Turin le 6 janvier 1861.

Antoine Gabet, major général en activité.

Le baron Alexis, major général en retraite.

Le général Le Borgne, comte de Boigne.

[46] XXV - Le calice en argent doré que Pie VII envoya à dom Gabet est maintenant dans le trésor de la cathédrale de Suze ainsi qu’un autre calice appartenant avant la révolution à l’abbaye de Tamié.

Quand les bénédictins renoncèrent définitivement au Mont-Cenis, ils emportèrent tout le mobilier à l’abbaye de la Novalaise. Ce fut en 1834 ou 35.

Les deux calices, lors de la suppression de la Novalaise en 1856, ont été envoyés par le roi du Piémont à la cathédrale de Suze qui les a reçus en dépôt seulement, attendu que le gouvernement sarde n’avait pas le droit de s’emparer de cette abbaye et de disposer de ses biens.

Inscription qui est dans l’intérieur du pied du calice dont Pie VII fit présent à dom Gabet en 1805

Pius VII Pontifex maximus consecravit die secunda Julii 1805 et dono dedit

Inscription qui est dans l’intérieur du pied du calice de Tamié :

Ce calice appartient à l’abbaye de Tamié.
XXVI - M. de Costa qui cherche partout des antiquités, n’a pas manqué de visiter Tamié. La porte du chœur de l’église qui donne dans les cloîtres et un devant de cheminée fort remarquables par leurs sculptures fixèrent son attention. Il forma le projet de les marchander et il chargea M Faudrin d’Albertville, marchand d’antiquités, de se transporter à l’abbaye de Tamié pour conclure cette acquisition. Fort heureusement pour ces belles sculptures qui, d’un lieu saint, allaient être transportées dans un bazar d’antiquités, l’abbaye était alors proposée aux trappistes et le propriétaire ne crut pas devoir conclure le marché avec M de Costa par l’entremise de M Faudrin duquel nous tenons ce récit.

[47] XXVII - Anecdote sur dom Mouthon et un général de ses amis

Nous avons appris cette anecdote de Mr le curé de Tournon : elle mérite d’être consignée dans ce mémoire.

Dom Mouthon se fit capucin après sa conversion. Dans ses tournées de quête il apprit qu’un général son grand ami pendant qu’il exerçait la profession des armes, ne demeurait pas loin du lieu où il faisait la quête. « Quoi ! s’écria-t-il, Untel demeure dans ce pays. Untel avec lequel j’ai fait tant de parties de plaisirs. Il n’est pas possible que je passe sans lui faire visite. » Et il résolut d’aller chez lui.

Le bruit s’en répandit bvien vite et le général sut qu’un capucin viendrait le voir bientôt. La religion faisait peur à cet homme de guerre et un capucin était à ses yeux un monstre. « Que ce capucin, s’écria-t-il, n’approche pas de ma maison, jamais je ne lui en permettrai l’entrée. Comment un capucin a l’audace de publier partout qu’il viendra et qu’il me verra ! Ah ! Je verrai plutôt (mille diables) qu’un capucin. Il porte l’habit d’une bête fauve, qu’il s’en aille avec elle, qu’il cesse d’attrister le pays par sa présence. » Telle était l’opinion du général sur les religieux.

On alla bien vite rapporter à dom Mouthon ces propos de son ancien ami qui tant de fois, lorsqu’ils étaient frères d’armes, lui avait dit : « Mouche, Mouthon, que tu as bien fait de jeter le froc et de t’habiller à la militaire. Tu es un brave maintenant, tu défends la patrie. Quand tu habitais les bois, habillé en moine, tu étais un lâche. Tu l’as reconnu, tu es revenu au bon sens. » — « Retournez bien vite au général et dites lui que je le verrai. » Enfin Mouthon arriva dans la cour tandis que le général ne cessait de protester qu’il n’entrerait pas. Quand il fut assez près le capucin lui dit : « Je suis Mouthon, Mouthon, entendez-vous, Mouthon, votre vieil ami, je viens vous voir, je viens renouer chez vous cette vieille amitié. » — « Comment, tu es Mouthon !Tu as de nouveau fait le plongeon. Te rappelles-tu ce que tu me disais en présence du bourgogne et du champagne : “Général, voilà mon bonheur” et en même temps nous vidions les bouteilles à la santé l’un de l’autre. » — « Général, embrassons-nous et puis nous causerons. » Stupéfait déconcerté le général se laissa embrasser. Mouthon lui dit : « Général, vous m’avez vu soldat, capitaine, aide de camp. Vous m’avez vu boire le champagne et le cognac et vous (… …) avec moi. J’étais un lâche alors parce que j’avais déserté mon parti, aussi, malgré mes propos j’étais le plus malheureux des hommes. J’étais moine, je devais rester moine, d’autant que c’est la plus belle, la plus noble des milices ; comme vous général, vous devez restez général. Vous êtes fier de vous entendre nommer ainsi et moi je le suis bien davantage de m’entendre appeler capucin. » — « Mouthon; as-tu donc renoncé au champagne, ne veux-tu pas vider encore une bouteille avec ton ami, puisque tu as osé me visiter avec ton froc. Si tu veux que je te le pardonne, tu boiras encore une fois à ma santé comme je veux boire à la tienne. » — « Général, je peux le faire, mais je ne viderai qu’un verre et il faut me promettre de vous réconcilier avec la religion. » [48] — « Commençons par boire un coup ! » — « Général, je ne m’y refuse pas, mais à condition que vous vous raprochiez du Sauveur du monde si digne de votre amour et de votre admiration. Pouvez-vous le méconnaître encore après les grands coups qu’il vient de vous (… …) pour anéantir ses °°° (…) ? Il est temps, Général, que vous étudiez la religion et que vous reconnaissiez la vérité et la beauté de ces vers d’un poëte chrétien :

À la religion soyez toujours fidèle,

Les peuples ni les rois ne peuvent rien contre elle.

Général, c’est maintenant que je vous prouve que je suis votre ami et si de votre côté vous voulez être le mien bien mieux que lorsque nous faisions la ribote dans les hôtels. Revenez à Dieu et vous verrez que lui seul peut contenter le cœur de l’homme et le fairejouir d’un vrai bonheur. »

Pendant que Mouthon parlait ainsu au général, celui(-ci) témoignait par [49] son silence et pas son air doux et calme que le conseil de son ami ne déplaisait point.

Nous ignorons si le général finit pas se rendre, mais nous savons q’uil remercia Mouthon de sa visite et que l’habit de capucin ne fut plus pour lui unobjet d’horreur et de mépris. Les deux amis se séparèrent dans les meilleurs termes et se comblèrent de politesse.

[50] XXVIII - Supplément
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