Documents concernant Tamié de 1659 à 1847





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Documents concernant Tamié de 1659 à 1847

Cotheret dans Annales de Cisteaux - 1728

Les aumônes de Tamié 1701, 1707, 1783

État des bâtiments 1659, 1701, 1707

Révolte des paysans de Mercury en 1790

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Tamié dans les Annales de Cisteaux

par Nicolas Cotheret

moine de Cîteaux, bibliothécaire et archiviste de cette abbaye

1728

Manuscrit des Archives de l’Abbaye de Tamié

[Folio 16] (En 1177), Godefroi, abbé de Clairvaux qui avait quitté son abbaye de la manière qu'on a vu, succéda à Henry, abbé d'Hautecombe, en Savoie, diocèse de Genève, qui venait d'être élu abbé de Clairvaux, auquel Godefroi, étant déjà à Hautecombe, dédia le IVe livre de son commentaire sur les Cantiques qui est parmi les manuscrits de la bibliothèque de Cîteaux. Quelle apparence que les religieux d'Hautecombe l'eussent choisi pour leur abbé si l'Ordre eut reconnu sa destitution fondée sur des motifs bien légitimes.

La canonisation de saint Pierre de Tarentaise

Cinq ans après, c'est-à-dire en 1182, le Chapitre général ayant jugé à propos de demander la canonisation de saint Pierre, archevêque de Tarentaise, auparavant religieux de l'abbaye de Bonnevaux, au diocèse de Vienne en Dauphiné, et ensuite premier abbé de Tamié, en Savoie, au diocèse de Tarentaise même, fondé en 1133, députa l'abbé de Bellevaux, du diocèse de Besançon, et notre Godefroi d'Hautecombe pour aller à Rome solliciter de la part de l'Ordre de Cîteaux cette canonisation auprès du pape.

Lucius III qui tenait alors le siège de Saint-Pierre (f. 16v°) n'accorda pas d'abord ce que ces députés lui demandèrent. Il estima nécessaire, avant de passer outre à cette canonisation, d'écrire à Pierre, abbé de Cîteaux, et à Pierre, abbé de Clairvaux, de faire rédiger par écrit ce que ce grand archevêque avait fait de plus mémorable pendant le cours de sa vie, afin que sur les mémoires qu'ils enverraient à Rome on put s'assurer de la sainteté de ce digne prélat, de laquelle cependant la renomée avait déjà informé l'Église.

En exécution de ce bref, l'abbé de Cîteaux, qui venait d'être élu évêque d'Arras, écrivit de concert avec l'abbé de Clairvaux, à son vénérable ami Godefroi, abbé d'Hautecombe, de ramasser tous les actes qui pourraient faire un corps d'histoire et servir au dessein du pape.

Telle était l'estime que ces deux abbés faisaient du mérite de cette malheureuse victime de la politique et du respect humain, et laquelle le Chapitre général lui-même honora de la députation de l'Ordre prêt Lucius III, quoi quelle eut été disgraciée par les puissances de la terre. Voilà la vénération que l'Ordre de Cîteaux lui-même conserva pour Godefroi après qu'il eut été forcé d'abdiquer l'abbaye de Clairvaux, ou qu'il en fut destitué, car on ne trouve rien de bien clair sur lequel de l'un ou de l'autre de ces deux événements on doive se fixer (f. 17).

Godefroi, ayant accepté la commission qui lui était envoyée de la part de ses supérieurs, leur écrivit une lettre qui porte pour suscription: “ Aux révérends pères en J. C. monsieur Pierre élu évêque d'Arras, et à Dom Pierre, abbé de notre Sainte mère de Clairvaux, frère Godefroi de Haute Combe, qui est tout ce qu'il y a de plus petit ”.

Ces trois lettres sont transcrites à la tête de la vie de saint Pierre de Tarentaise qui se trouve entre celle de saint Bernard et de sait Malachie, dans un même volume in folio de la bibliothèque de Cîteaux.

[Une grande partie du texte a été publié par Louis J. Lekai, OS, dans Analecta Cisterciensia, 1984, p. 150-303 ; 1985, p. 42-315 ; 1986, p. 265-330.]
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Les aumônes de l’abbaye de Tamié : 1675 - 1701 - 1707 - 1783

Rares sont les pièces d’archives d’avant 1793 qui sont actuellement disponibles. Deux cahiers de comptes nous sont parvenus, de juillet 1674 à juin 1675 et de mars à novembre 1677 et on peut y lire :

Comptes de 1675

- 21 avril - 14 sols pour les pauvres auxquels on a lavé les pieds le jeudi saint.

- 3 juin - 115 florins pour l’achat de 60 cartes de blé pour les pauvres. [Il est à noter que 26 août 1674 le laquais de l’abbé a reçu 98 florins pour ses gages de deux années.]

Comptes de 1677

- 5 juin - Aumône : livrer 3 cartes de froment et 30 florins d’argent = 39 florins

 

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1701

Après la mort de dom Jean Antoine de la Forest de Somont, abbé de Tamié, en décembre 1701, le Sénat de Chambéry envoya le Président Delasaunière procéder à l’inventaire des biens et revenus de l’abbaye. Dans son rapport, il note :

Nous avons demandé au Père Prieur et au Père Procureur de l’abbaÿe qu’ils nous donnent une note des denrées qu’ils avaient. Ils nous ont assuré qu’ils avaient dans les caves de l’abbaye de Tamié 200 charges de vin, savoir environ six-vingt (= 120) charges de vin vieux et quatre-vingt de nouveau et qu’ils avaient à peine 100 quartes de froment, la recette des blés ne se faisant qu’à la fin du mois de janvier prochain, que l’avoine, l’orge et le seigle était presque tout en farine pour l’aumône générale que l’on fait ordinairement à la vigile et fête de Noël et effectivement nous aurions vu une très grosse quantité de petits pains qui étaient destinés pour ladite aumône, autre ceux qu’on faisait encore tous les jours à cet effet, nous disant encore qu’ils font une semblable aumône le jour de la fête de saint Jean baptiste et les jours du dimanche gras et du lundi saint, assurant cependant qu’ils ne sont nullement obligés de faire ladite aumône, ne percevant aucune dîme et n’ayant aucun revenu affectés pour cela. Dans le cellier de Tournon il y pouvait avoir 140 charges de vin, savoir environ six-vingt charges de vin nouveau et le reste de vin vieux.

 

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1707

Après la mort de dom Jean François Cornuty, abbé de Tamié, en août 1707, le Sénat de Chambéry envoya le Président Raiberti procéder à l’inventaire des biens et revenus de l’abbaye. Dans son rapport, il note :

Ayant demandé si les moines avaient encore beaucoup de denrées, ils nous ont répondu qu’ils pouvaient encore avoir environ 300 cartes de froment (environ 3 300 kg), dont il leur en faut 50 par semaine, tant pour la communauté que pour l’aumône qui se fait de tout blé réduit en pain, 150 cartes de seigle, 80 d’orges et 80 aussi d’avoine, et environ 120 charges (156 hl) de vin.
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Incendie de Faverges : 18 avril 1783

 

Extrait du registre des baptêmes de la paroisse de Faverges, année 1783, page 135.

Le 18 avril 1783, le feu a pris à la maison qui domine sur le pont en entrant à droite du côté d’Ugine, sur les trois heures après-midi, et dans un quart d’heure l’incendie s’est étendu par devant et par derrière et a dévoré toutes les maisons et ce qui était dedans, depuis celle de M. Truchet, jusqu’à celle de MM. Casuet et Perret sur la place exclusivement, il s’est même porté au château. Il a brûlé le martinet de Deripes, la grange qui est devant et celle de la Biolle. Cinq personnes ont péri dans les plus rapides flammes.

Messieurs les religieux de Tamié ont donné un secours bien digne de mémoire. Ils ont fait distribuer d’abord quarante louis et de là deux charges [de mulet] de pain (chaque jour) jusqu’à la moisson. MM. Les religieux de Talloires ont aussi montré leur charité. Mgr Briod, évêque de Genève a montré le premier l’exemple en m’annonçant [au curé] les largesses qu’il m’a envoyées par une occasion sûre qu’il demandait.

Dans cet incendie, quatre-vingts deux ménages ont été dévorés et neuf maisons découvertes pour couper le feu et empêcher la perte du reste du bourg. Soixante maisons et une douzaine de granges ont été incendiées.

Ainsi malheureusement est arrivé. L’incendie a pris à des fascines derrière le foyer, de là s’est porté à des pailles qui pendaient du plancher dessus.

 

Relation rédigée par Père Jérôme Verniolle, moine de Tamié, recueillant les souvenirs des voisins de l’abbaye, en 1865

Les habitants de cette ville se rappelleront longtemps encore les bienfaits de Tamié et les rediront à leurs arrières neveux, ils leur raconteront que, presque anéanti par le feu, Faverges dut en très grande partie sa résurrection à la charité des enfants du grand thaumaturge de la Savoie, saint Pierre de Tarentaise ; qu’outre les secours pécuniaires et du pain, les forêts de l’abbaye furent mises à la disposition des malheureux incendiés pour reconstruire leurs maisons, que les bûcherons et les charpentiers abattirent ces forêts, les équarrirent, les transportèrent à Faverges pour le refaire à neuf et que l’abbaye fournissait aux frais de tous ces travaux et de ces constructions, c’est ainsi que le répètent encore aujourd’hui les descendants de ces incendies, c’est ainsi que je l’ai appris de l’un d’eux dans le bourg de Sillingy, à deux lieues de la ville d’Annecy.

 

Des recherches sur les incendies de la paroisse Sainte-Colombe et de celle de Marlens ne manqueraient d’obtenir aussi d’heureuses découvertes, car on ne peut douter que l’abbaye de Tamié ne vint généreusement à leur secours. Ste-Colombe fut incendiée deux fois dans l’espace de trois ans, c’était environ 1789 jusqu’en 1791. La tradition dit que les moines de Tamié firent alors pour Ste-Colombe de beaux actes de charité. Les mulets de l’abbaye descendaient tous les jours chargés de provision pour les malheureux incendiés de l’endroit et que les secours continuèrent tant que durèrent les besoins urgents où le fléau avait jeté cette paroisse. Des maisons de cette localité conservent encore des meubles que leur donna l’abbaye pour les aider à remonter leurs ménages.

Marlens fut entièrement brûlé, l’église et le presbytère furent seuls épargnés, un témoin oculaire l’a écrit sur le registre de l’église de Ste-Colombe.
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Conclusion sur les aumônes de Tamié

À partir de fragments d’archives on peut trouver plusieurs mentions d’aumônes importantes effectuées régulièrement par la communauté des moines de l’abbaye de Tamié. On put conclure qu’entre les périodes non documentées, il devait en être ainsi : Tamié était la pourvoyeuse de secours pour les pauvres de la région, ainsi que les autres monastères.

La Révolution française voulut prendre en charge les indigents, elle fut souvent loin de pourvoir aux besoins.

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État des bâtiments en 1701

Extrait d’une lettre du Président Delasaunière d’Yenne, au marquis  de Saint-George

 

J’ai trouvé cette abbaye dans tout le bon état qu’on pourrait souhaiter par les soins du dernier abbé qui y a mis la réforme et qui vivait comme tous les autres religieux sans avoir jamais rien eu en propre, de sorte que l’on peut dire qu’on y mène une vie très réglée et très exemplaire. On a bâti toute cette abbaye à neuf d’une manière belle, solide et dispendieuse, au lieu qu’auparavant le bâtiment de cette abbaye [en 1659] ressemblait qu’à un méchant village, toutes les maisons étant séparées et couvertes de chaume. Nous avons trouvé aussi tous les terriers de cette abbaye en fort bon état, de même que les titres, dont le dernier abbé avait faire faire un inventaire.

 

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Excursion à Tamié le 22 août 1788, par Pison de la Gravière

 

En partant de Sainte-Hélène, à cheval, et en se dirigeant vers le nord, un peu ouest, on commence par passer l’Isère, sur le port nommé aussi de Sainte-Hélène, de là, en continuant de traverser la Combe de Savoie, on arrive au pied de la montagne opposée, on la monte ensuite par le village paroisse de Tournon et en deux heures et demi on est rendu au monastère de Tamié.

Les religieux, gouvernés par un abbé et au nombre de 15 à 18, suivent la règle de la Trappe qu’ils n’ont embrassée que vers le milieu du dernier siècle. C’était auparavant une maison ordinaire de l’Ordre de Cîteaux.

Tamié se trouve situé vers le milieu d’un charmant vallon, médiocrement élevé au-dessus de la plaine, d’un aspect cependant très retiré, ayant son entrée par une large ouverture de montagne du côté de la Combe de Savoie, et son issue dans la même forme du côté opposé de la plaine d’Annecy, vers l’orient du lac.

Le vallon entier de Tamié offre l’aspect le plus vert, avec des mélanges de bois bien conservés, et des arbres fruitiers de tout rapport. Un ruisseau de belle eau où  se rendent encore diverses fontaines, arrose le bas de ce vallon et va du côté de Faverges, sur la route d’Annecy, mouvoir aux fabriques de fer appartenant au monastère.

La maison n’est que d’une médiocre grandeur, mais solide et bien entretenue. L’église, sans décoration, assez grande et sous une voûte en plein cintre aussi assez élevée. Le clocher dédommage par son élégance. Réparé depuis peu, il semble sortir des mains des ouvriers. C’est un octogone parfaitement reluisant du fer blanc qui le couvre, avec de grands panneaux en jalousie, dont la peinture verte récrée les yeux.

Nous dînâmes avec les religieux dans leur réfectoire. Tous les détails sont tristes et édifiants. On ajouta à notre portion, composée comme celle des religieux, d’un petit potage blanchi avec du lait, d’une assiette d’oeufs brouillé et d’une autre de haricots verts, on ajouta, dis-je, une moitié de truite médiocre, cuite au bleu et accompagnée d’une burette d’huile et de vinaigre. Vinrent ensuite un morceau de fromage et quelques poires et pêches peu engageantes. La lecture d’une portion de la vie de saint Bernard dura pendant tout le repas, après lequel on se rendit à l’église, par les cloîtres, en procession et en chantant, sur une modulation très creuse et très lente, le psaume Miserere. La communauté des religieux se munit incessamment de fourches et de râteaux, et partit en silence pour aller s’occuper de la récolte des foins dans les environs.

Je n’ai pas pu, pendant tout le repas et ses accessoires surprendre un seul religieux qui ait levé les yeux ou interrompu autrement son air de profond recueillement. Ce sont deux d’entre eux qui font le service des tables, et qui, chaque fois qu’ils s’en approchent saluent par une très profonde inclination. L’abbé placé derrière la table qui occupe le fond du réfectoire vis-à-vis la porte d’entrée, exerce la police la plus attentive et la plus silencieuse. Tous les religieux pour la moindre coulpe, vient se coucher tout de son long devant sa table pour demander miséricorde et l’abbé n’en manifeste sa volonté que par un léger coup du manche de son couteau, seul bruit qui, avec la lecture, se fasse entendre dans cette salle.

Au reste, l’abbé, nommé dom Desmaisons, originaire de Chambéry, est un grand et gros homme, de fort bonne mine et du teint le plus vermeil, paraissant âgé d’environ 50 ans. On dirait qu’il ait vécu longtemps dans un monde bien élevé. Sa conversation est animée, quoique modeste, instructive et intéressante. Il ne me surprit pas peu, lorsque sur la demande en termes discrets que je lui en fis, il me répondit qu’il était entré dans la maison à 19 ans et qu’il avait trouvé que c’était tard. Le respectable abbé jouit d’une réputation de grand mérite et est traité comme tel par le prince et la princesse de Piémont, lorsqu’ils viennent pendant leurs voyages en Savoye, faire leurs dévotions et passer quelquefois deux jours à Tamié.

Après la procession du Miserere, que nous suivîmes convenablement, l’abbé ayant alors avec lui le religieux procureur de la maison, nous conduisit dans un petit appartement particulier, communément et proprement meublé. La conversation devint familière et libre, quoique toujours bien réglée, et l’on nous servit de fort bon café, dont Mr l’abbé et le procureur prirent comme nous leur tasse.

Nous prîmes congé vers trois heures, étant arrivé entre neuf et dix. L’abbé et le procureur vinrent poliment nous voir monter à cheval et nous nous séparâmes avec ces francs et honnêtes témoignages qui ne se trouvent que dans les lieux où règnent les moeurs et la parfaite probité religieuse.

En quittant Tamié, nous quittâmes aussi la direction du vallon vert où il est situé et prenant notre chemin au nord, un peu ouest, autant que j’ai pu en juger, nous commençâmes à gravir une rude montagne entremêlée de bois et de pâturages. Arrivé au sommet par des zigzags plus ou moins prolongés, nous nous trouvâmes engagés dans d’autres montagnes à pâturages, qu’il fallut parcourir successivement, en montant et descendant à l’alternative, souvent très rapidement et en traversant aussi quelquefois des défilés profonds et étroits. Rien cependant de plus attachant que tous ces sites et tous ces aspects singulièrement variés. L’intérêt augmente beaucoup par la vue des hautes roches qui sous toutes les formes entourent et couronnent ces montagnes vertes. On est reposé d’ailleurs par la rencontre des troupeaux de vaches et de chèvres qui les habitent pendant l’été, et au besoin on trouve d’excellent lait et du fromage qui l’on dit fort bon dans les grands chalets appartenant à chaque montagne. Les pâtres et les fromagers parmi lesquels on voit quelques femmes et quelques filles et des jeunes gens, paraissent de l’humeur la plus accueillante. C’est une espèce d’humains bien peu ressemblant à ceux de nos plaines. Leur rencontre dans ces vastes et tortueux déserts est souvent utile, même nécessaire pour vous rectifier dans le choix des chemins, suivant les points auxquels vous voulez aboutir. Ces chemins ne sont que des sentiers souvent très âpres et très raboteux, et fort entrecoupés qui vous jettent dans la perplexité et qui peuvent vous égarer diamétralement d’un point à l’autre. Les pâtres qui vous suivent des yeux par leurs sommités, vous ramènent par leurs cris et leurs signes, dans ceux que vous avez à tenir, et nous en fîmes la rassurante épreuve plus d’une fois.

 

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Tamié 1790
La révolte des paysans de Chevron


 

Contexte : En France, la Révolution a aboli les privilèges, supprimé les impôts féodaux, toute l’organisation de la société est contestée. En Savoie, partie intégrante des États du roi de Sardaigne, la contestation a fait école, les anciennes rancoeurs contre les gros propriétaires et les notables trouvent un terrain favorable à leur manifestation.

 

Archives de Turin - Lettere di particolari B 19 - Lettre du Président Bavoz du 9 juin 1790

 

Mémoire en date du 10 juin 1790, du Sénateur Vautier, venu enquêter sur cette affaire le 8 juin 1790.

La montagne contestée est celle du Pommaret : bois et pâturages, situés au-dessus de l’abbaye, qui rend 3 à 400 £. La communauté de Chevron estime que l’abbaye l’a usurpée à ses dépens. Elle est convaincue qu’elle n’a perdu le procès que pour avoir été mal défendue. (Le conflit est très ancien : procès en 1673, 1699, jusqu’en 1755, etc.)

Extraits du Mémoire Vautier - Émeute le vendredi 4 au matin

Le notaire Vautier, secrétaire de Chevron, le conseil et les notables de l’endroit n’ayant pas pu contenir le peuple qui s’était rassemblé vendredi denier, au nombre de près de trois cents personnes, cette foule alla jusqu’au village de la Ramaz qui est à vingt minutes de distance de l’abbaye de Tamié. Quelques-uns avaient des fusils, d’autres des haches et des tridents et plusieurs n’avaient aucune arme. Le secrétaire vint à bout de déterminer cette foule à s’arrêter au village de la Ramaz et à envoyer le syndic, deux conseillers et sept autres particuliers de la paroisse avec lui à l’abbaye, sans armes. Ils y allèrent. Malheureusement M. l’abbé disait la grand-messe et il ne put sortir de l’église qu’une heure et demie après l’arrivée de cette députation. Les mutins, voyant que l’on tardait si longuement de leur aller rendre réponse, allèrent au nombre d’une centaine environ jusqu’à l’abbaye, peu de temps avant que l’on puisse parler à M. l’abbé. Le secrétaire les détermina à cacher leurs armes, ce fut lui qui porta la parole et qui dit à M. l’abbé que la communauté lui demandait des fonds (= terrains) que l’abbaye avait usurpé à ce que l’on prétendait. Plusieurs de ces particuliers prirent la parole proposèrent différents griefs à M. l’abbé, mais lui parlèrent chapeau bas et avec beaucoup de respect. (...)

(Résumé de la suite) On parlementa beaucoup ce jour-là et aussi le lendemain à Chevron où le sénateur s’est rendu. On a fini par convaincre les habitants de l’inanité de leurs prétentions que l’arrêt du Sénat de Savoie de 1755 avait définie.

Question tranchée.

Cependant l’abbé a promis quelques arrangements mineurs au profit de la communauté (des villageois). Vautier écrit : « Douceur de l’abbé, mais on s’est plaint beaucoup de dom Pichon, procureur de l’abbaye parce qu’il a porté un peu trop de sévérité dans l’exercice de ses droits » et on s’est aussi plaint des domestiques de l’abbaye qui ont quelques fois maltraité des habitants de Chevron, sous prétexte que leurs bestiaux causaient des dommages dans les fonds de l’abbaye.

 

Dans sa lettre du 9 juin, Bavoz écrit : « ... point de chef, que des personnes nuisibles et méprisables. Tous les bons et les possesseurs qui sont le grand nombre ne verraient qu’avec satisfaction la rigueur mise en oeuvre. Mais pour cela, il faudrait une loi qui ordonnât de procéder ex abrupto, qui imposât la peine de mort aux auteurs de ces attroupements armés ou non armés. »
Archives d’État de Turin - Lettere di particolari, C 119, Lettre de l’agent fiscal général Curti qui évoque le contexte.

« A Chevron un garde de l’abbaye blessa d’un coup de fusil, il y a deux ans, une femme qui avait conduit sa vache boire à la fontaine située dans la pièce des Pères. Le père Pichon, honnête religieux d’ailleurs, passe pour un homme droit... »

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Neige à Faverges le 26 mai 1826

En la solennité de l’Ascension [jeudi 26 mai] 1826, il neigea à Faverges, les flocons épouvantaient tant ils étaient gros, alors se faisait dans cette ville le grand jubilée publié par le pape Léon XII.

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Tamié en 1832

 

Voyage à la Grande Chartreuse, 8e journée) [Töpffer, Voyage en zigzag]

Tamié n’est qu’un grand bâtiment délabré que l’on s’occupe de restaurer, mais qui n’offre pas ces pittoresques accessoires, ces avantages de situation et de vue qu’on vient ordinairement chercher à coup sûr dans les retraites que se sont choisies les moines. Ce que nous y trouvons d’admirable pour le quart d’heure, c’est une grande salle voûtée, obscure, fraîche, où l’on nous sert quelques vivres et d’excellent vin [sans doute la partie arrière de l’église réservée aux séculiers, alors séparée du chœur par une cloison de bois).

 

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1844

 

Lettre de dom Stanislas Lapierre, abbé du Gard, à l’abbé du Port-du-Salut, 3 octobre 1844

Je suis revenu au Gard le 14 septembre. J’ai vu Tamier, c’est une belle abbaye située dans une solitude parfaite et bâtie très régulièrement. Il faut gravir pendant deux heures des rochers presque inaccessibles pour y parvenir, mais une fois arrivé, on jouit d’un spectacle ravissant. Il faut redescendre pour arriver au monastère qui se trouve au milieu d’un vallon charmant tout entouré de hautes montagnes. Malheureusement les Bernardins d’Hautecombe s’y établiront très probablement, quoique le prieur à qui j’en ai parlé pendant le dîner de Sainte-Croix ne m’ait rien dit. Puis toute la communauté [du Gard] irait-elle volontiers en pays étranger et dans  un pays si renommé pour sa misère ?

 

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Tamié au Chapitre général de 1847

Actes des Chapitres généraux de la Congrégation de La Trappe, Session IX.

La fondation proposée à Tamiers en Savoie, n’a pas occupé sérieusement le Chapitre général, toute sa sollicitude s’est portée sur l’Amérique bien plus importante.

Par Amérique, il faut entendre : La Martinique. La fondation, toute prochaine de Gethsémani n’est pas prévue, puisqu’elle se fera avec le contingent destiné à La Martinique et brusquement détourné de sa première destination par les événements politiques de 1848, le nouveau Ministre des Colonies ayant refusé de donner suite au projet. (Note de Vincent Hermans)


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